“MisaTango” de Martín Palmeri, à l’église de la Madeleine

AFFICHE(1)

 

C’est la version originale de MisaTango pour quatre bandonéons du compositeur et chef d’orchestre argentin, Martín Palmeri, qui sera jouée le 1er février 2020, par La Grossa (un des orchestres de tango les plus renommés de France), accompagné du Chœur de l’Université de Trèves, Allemagne, et du Chœur symphonique des Grandes Écoles France (fusion des chorales de Polytechnique et d’HEC).
Sous la houlette de Mariano Chiacchiarini, 150 instruments et bandonéons (petit accordéon adopté pour la musique folklorique d’Amérique du Sud, notamment le tango… parfois le jazz) se déploieront au sein de l’église de la Madeleine pour nous faire vivre en grandeur cette messe chorale, créée en 1996.

Une première en Europe.

À ne pas manquer. C’est avec plaisir que DMPVD s’y rendra.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Renseignements et réservations
Association Caminos
24 rue Robert-Lindet, 75015 Paris
association.caminos@gmail.com
+33 (0)9 83 88 83 13

Billetterie
www.lagrossa.fr/misatango

De gauche à droite : Martín Palmeri (auteur également de  nombreuses œuvres dont l’Opéra Mateo, Fantasia Tanguera, le Concerto pour Bandonéon…) ; Mariano Chiacchiarini (directeur du Chœur de l’Université de Trèves) ; Federico Sanz (fondateur et directeur musical de l’orchestre La Grossa).
Le Chœur symphonique des Grandes Écoles France est dirigé par Nicolas Agullo pour l’Orchestre Symphonique, et Jean-Sébastien Nicolas pour le Chœur Symphonique.

 

 

 

 

 

 

“Ah ! Félix (n’est pas le bon titre), aux Trois Baudets

 

© Simon Gosselin (affiche) – Édouard Richard (La pampa)

Sur la scène trône dans un coin de la scène une étrange composition surmontée par un crâne. Une voix surgie du ciel commence à nous raconter la légende du moine Félix, parti à la recherche de la tête de saint Jean-Baptiste. Non, ce n’est pas la voix de Dieu mais celle de Philippe Katerine ! On comprend alors qu’on ne va pas s’ennuyer. Quand deux jeunes bardes surgissent sur scène avec leurs guitares (électroacoutisque pour l’une, électrique pour l’autre), notre première impression se confirme. Malgré le lieu, ce n’est pas un spectacle classique auquel nous allons assister, ni religieux, ni même historique.

Sous couvert de légende, l’auteure et metteuse en scène Sonia Bester nous livre une farce musicale réjouissante, aux dialogues absurdes, mais parfaitement ciselés. Son propos s’appuie cependant sur des archives historiques. La musique tient un rôle à part entière dans la pièce, revisitant en fonction des péripéties des morceaux de musique sacrée et baroque aussi bien que de variété ou de pop. On a même droit à des œuvres (l’opéra Salomé, et le fameux Also sprach Zarathoustra de Richard Strauss en version électrique !) Les comédiens et chanteurs s’en donnent à cœur joie et interprètent une galerie de personnages tous plus déjantés les uns que les autres.

Un joyeux délire à travers les genres et les époques

 Dans le rôle d’Adémar, Jean-Luc Vincent est hilarant en gourou aux diatribes politico-philosophiques, habillé d’un costume digne d’un chanteur de variété des années soixante-dix. Il est tout aussi savoureux en tête de Turc de la très directive Mme Chavigné. Avec son air faussement rêveur, JP Nataf (du groupe Les Innocents) apporte sa touche décalée au moine Félix et communique son énergie rock à travers les morceaux et les chorégraphies qu’il interprète. Quant à Diane Bonnot, alias Mme Chavigné, elle se révèle excellente en prof hystérique de catéchisme, qui prend très à cœur son rôle de metteuse en scène pour le spectacle de fin d’année commandé par le Département. Son jeu survolté m’a fait penser aux meilleurs numéros de Valérie Lemercier. Cerise sur le gâteau : la participation des Voisins du Dessus, la célèbre chorale qui fait chanter le public lors de ses spectacles.

En compagnie de cette bande de joyeux loufoques (et artistes talentueux !), on saute sans crier gare d’une époque à une autre, d’un personnage à un autre, le seul lien étant la fameuse tête de saint Jean-Baptiste et le texte d’Oscar Wilde sur le mythe de Salomé (qui, in fine, est la responsable des tribulations de cette tête…. ). Les numéros musicaux et chantés s’enchaînent, jonglant entre les styles avec aisance.

L’hilarité que le spectacle déclenche devrait être prescrite par la sécurité sociale. Courez vite le voir, car il ne reste plus que quelques dates à Paris. Souhaitons que ce spectacle jubilatoire trouve d’autres salles à la mesure de sa démesure !

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Sonia Bester et Isabelle Antoine
Avec
Stéphanie Acquette, Diane Bonnot, Vincent Mougel, JP Nataf et Jean-Luc Vincent
Texte : Sonia Bester en collaboration avec Jean-Luc Vincent
Arrangements et compositions :  Simon Dalmais, Vincent Mougel et JP Nataf
Voix off : Philippe Katerine
Coordination musicale : Simon Dalmais
Scénographie : François Gauthier Lafaye
Costumes : Elisabeth Cerqueira
Lumière : Gaël Honnoré
Son : Audrey Schiavi
Avec la participation des Voisins du Dessus

Prochaines représentations :
Paris : Les Trois Baudets
Lundi 16 décembre – 20h30 Dernières places
Mercredi 22 janvier 2020 – 20h30
Mardi 18 février 2020 – 20h30
Réservez ici :
https://www.lestroisbaudets.com/spectacle/loc-ah-felix-2-tbc-1/

Aleçon – Scène nationale 61 : 3 et 4 décembre
Flers – Scène nationale 61 : 5 décembre

 

 

“ABC d’airs”, au théâtre du Lucernaire

©Michel Nguyen

Elles sont quatre sur scène. Quatre drôles de dames qui nous entraînent dans un tourbillon endiablé de musique, de danse et de chant. J’ai retrouvé avec plaisir la fraîcheur naturelle et la fantaisie débridée d’Anne Baquet, que j’avais adorée dans « Soprano en liberté », (ici : “Anne Baquet, soprano en liberté”, au Lucernaire ), déjà en compagnie de Claude Collet au piano.

Ses trois complices sont des musiciennes accomplies qui rivalisent de talent au piano, au hautbois/cor anglais ou à la contrebasse. Mais loin des codes figés d’un concert, elles s’adonnent également à de réjouissants numéros de comédie, de chant et de danse (et même de diction !), le tout avec une bonne humeur communicative. J’ai particulièrement aimé le sensuel numéro d’Amandine Dehant sur une espagnolade, mêlant danse et jeu avec sa contrebasse ; ou, dans un autre registre, son interprétation pleine d’humour dans la pièce de Jon Deak, B.B. Wolf, qui combine narration et musique.

Ses camarades ne sont pas en reste et débordent de créativité. Sur des airs de grands compositeurs –allant de Kurt Weill à John Cage en passant par Astor Piazzola –, ces quatre drôles de musiciennes affichent une belle complicité, se donnant la réplique musicale ou chantée sans jamais se prendre au sérieux.

La mise en scène de Gérad Rauber, conçue comme une suite de saynètes, réussit à nous captiver de A à Z (eh oui ! même le Z y passe… ). C’est drôle, c’est enlevé, c’est bourré de talent. Le public, ravi, applaudit à s’en rompre les mains et en redemande.

Merci, mesdames ! Grâce à vous, l’hiver nous paraîtra moins morose.

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Gérard Rauber
Avec : Anne Baquet (chant), Claude Collet (piano), Amandine Dehant (contrebasse) et Anne Régnier (hautbois & cor anglais)

 JUSQU’AU 27 JANVIER 2019
Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 16 h
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr/

“Les Franglaises”, à la Seine musicale

Ce diaporama nécessite JavaScript.

©Victor Delfilm

N’oubliez pas les paroles

Dans l’immense salle de la Seine musicale, le démarrage du show se fait un peu attendre. Le public, déjà chaud, tape dans les mains avec enthousiasme. Après deux ou trois gags pour le faire patienter, ils arrivent enfin : une bande de quatre filles et dix garçons, dont un maître de cérémonie qui lance le spectacle. Le principe : faire deviner au public des standards anglo-saxons traduits en franglais (c’est-à-dire en français littéral), ce qui donne, évidemment, matière à rire. C’est drôle, déjanté, et diablement efficace.

Quelques perles relevées ici et là : « Bonjour, au revoir » des Scarabées donne lieu à un sketch désopilant, avec un chanteur désorienté devant l’inanité des paroles. Dans un autre sketch, malgré l’avis de ses partenaires, l’une des chanteuses veut interpréter coûte que coûte un tube des Filles Épice. Enfin, dans « Tu peux garder ton chapeau » de Joe Cocker, le danseur découvre les paroles en même temps que le chanteur, ce qui l’oblige à un strip-tease hilarant.

Mais le spectacle ne se limite pas à des parodies de standards anglophones. Tous les membres des Franglaises sont des musiciens, chanteurs et danseurs accomplis. Ils se livrent donc à un show à la scénographie parfaitement étudiée, où leur complicité et leur plaisir de s’exprimer sont évidents.

Malheureusement, la deuxième partie du spectacle est un peu moins réussie. La faute au manque de proximité avec les interprètes ? à la durée du spectacle (1 h 40) ? Dans l’intention louable de renouveler le concept, le blind-test se mue en une comédie musicale loufoque qui lorgne du côté des Monty Python. Les gags s’enchaînent à un rythme d’enfer, sous les yeux atterrés du maître de cérémonie, censé avoir perdu le contrôle de son spectacle. Certains auraient cependant gagné à être écourtés.

Malgré ce léger bémol, on passe une excellente soirée en compagnie de ces joyeux drilles et on ressort de la salle, le sourire aux lèvres et la tête pleine de refrains… en franglais, bien entendu !

À souligner au passage, la belle prestation de Pokemon Crew, en première partie, qui en met plein la vue avec ses chorégraphies de breakdance, chroniqué ici :
https://bit.ly/2G8ms7d

Véronique Tran Vinh

http://www.lesfranglaises.fr/
La Seine musicale
Île Seguin
92100 Boulogne-Billancourt
https://www.laseinemusicale.com/

MariaFausta, au théâtre de Nesle

Pochette ©GianmarcoVetrano

Pantalon et bottes de cuir, veste noire aux manches retroussées, MariaFausta, tout en sobriété, éclaire la scène de sa chevelure rousse et sa voix déchire l’espace pour nous emmener loin dans des vibrations où résonne l’émotion.

Elle chante, son violon calé contre sa joue, en parfaite harmonie avec son ami, son maître, Didier Lockwood, le grand violoniste de jazz. Pour ce concert exceptionnel, il est venu l’accompagner sur les compositions de son élève pour laquelle il ne tarit pas d’éloges.

MariaFausta – qui a plus d’une corde à son violon – connaît la musique… Elle est aussi chef d’orchestre. D’ailleurs la voilà au piano. Elle a convié des musiciens hors pair, ses amis, Matthieu Chazarenc à la batterie, Kevin Reveyrand à la basse et Olivier Ker Ourio à l’harmonica.

Ses pulsations, sa voix, son tempo, raconte son parcours hors normes qui l’a conduite de sa Sicile natale aux planches parisiennes en passant par la Suisse, au rythme du jazz et de ses exigences. A ne pas en douter, MariaFausta est exigeante, elle sait exactement ce qu’elle veut, et peut attendre treize ans pour obtenir d’être accompagnée à l’harmonica par l’un des plus grands.

Elle respire l’énergie de ceux qui connaissent leur sujet et sont portés par une passion qui vibre dans tout leur corps et s’exprime en musique et en chansons.

Sa voix monte, descend, se fait légère, grave, profonde, et ne laisse jamais indifférent. Elle incarne, tous vibratos dehors, la puissance de ses compositions.

Même si elle chante en anglais, elle traduit de temps en temps quelques passages ou nous en donne la teneur. Et alors, on se sent raccord avec ce qu’elle exprime, où il est question de rapports humains, de leur fragilité… où parfois seul le silence convient à ce qu’on voudrait dire.

Mais elle ne se tait pas… pour notre plus grand plaisir.

Aux applaudissements, elle répond en toute simplicité et on n’a qu’une hâte : la retrouver sur son album, Million Faces. Alors n’hésitez pas à l’écouter, vous ne serez pas déçu.

Plûme

Concert exceptionnel de MariaFausta le 10 décembre à 21 h 30,
au Théâtre de Nesle
avec :
Didier Lockwood au violon,
Matthieu Chazarenc
à la batterie,
Kevin Reveyrand à la basse
et Olivier Ker Ourio à l’harmonica

Le nouvel album Million Faces est sorti le 12 novembre 2017.
« Look Over » (single)
https://www.youtube.com/watch?v=xU1Vpz3RJU0

 

 

“Le Rap est une littérature”, à l’Institut du monde arabe

 

Joli titre pour un programme qui ne l’était pas moins… Marier l’énergie brute du rap avec la poésie ciselée de grands auteurs tels que Changhor, entre autres, c’était le pari audacieux (et réussi) de la Maison de la poésie, ce 15 novembre, dans le cadre du festival Paris en toutes lettres. L’autre pari, c’est Issam Krimi, pianiste, compositeur et producteur, qui en a eu l’idée : convier les rappeurs Sadek et S. Pri Noir à interpréter textes et chansons, accompagnés par un piano, un quatuor à cordes ainsi que par le DJ Dtweezer.

Dans l’auditorium de l’Institut du monde arabe, calés dans leurs confortables fauteuils « business class d’Air France » (pour reprendre les termes de Sadek), les jeunes spectateurs bouillonnaient d’enthousiasme. Visiblement, ils connaissaient les lascars et leurs chansons sur le bout des lèvres : notamment, « La Vache », « Petit Prince », de Sadek, et « La Nuit », de S. Pri Noir. Après un démarrage un peu hésitant – le quatuor à cordes couvrait trop la voix de Sadek, qui était inaudible –, le spectacle a décollé, nous entraînant dans un univers original et captivant. L’interprétation de S. Pri Noir, au phrasé impeccable et à l’indéniable présence sur scène, m’a plus marquée que celle de Sadek, qui jouait la carte de la provocation. J’ai été aussi plus sensible à son univers, sortant un peu des clichés habituels du rap pour parler avec des mots percutants de la famille, de la politique (ou plutôt du non-engagement), du racisme, etc.

Les morceaux joués au piano ou par le quatuor à cordes ont apporté une touche de douceur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié la lecture des textes ponctuant le spectacle, qui a ajouté « quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ». Dommage que l’on n’ait pas jugé bon de citer leurs auteurs, cela n’aurait pourtant pas nui à la qualité de l’ensemble.

Une initiative originale à saluer… et à renouveler !

Véronique Tran Vinh

Jusqu’au 20 novembre 2017
Festival Paris en toutes lettres
À la Maison de la poésie et dans d’autres lieux
Le programme ici :
http://www.maisondelapoesieparis.com/

A écouter :
S. Pri Noir, Ensemble, Believe Rec, 2016.
Sadek, Violent, Vulgaire et Ravi d’être là, Industreet music, Rec. 118, Warner Music, 2017.

“Anne Baquet, soprano en liberté”, au Lucernaire

DMPVD : DES MOTS POUR VOUS DIRE

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi…

Voir l’article original 198 mots de plus

Chansons sans gêne, au théâtre de la Vieille Grille

@ Arnold Jerocki

Elle inspira Toulouse-Lautrec, qui croqua son portrait, lui qui fréquentait les cabarets assidûment devant un verre d’absinthe… Freud, lui, ne loupait jamais un de ses spectacles lors de ses venues à Paris pour rencontrer le Dr Charcot… Personnage multiple que celui d’Yvette Guilbert, femme de spectacle et femme engagée, « la diseuse fin de siècle » revient au théâtre.

C’est donc ce personnage haut en couleur que campe Nathalie Joly. Accompagnée de son complice de toujours, Jean-Pierre Gesbert, elle utilise à nouveau le parlé-chanté, une invention d’Yvette Guilbert, qui a inspiré des chanteuses comme Piaf, Barbara et bien d’autres. Elle, au franc-parler, portait haut le féminisme, l’engagement prolétarien et le verbe anarchiste. La grande dame a trouvé aujourd’hui sa petite sœur, celle qui la fait revivre en interprétant comme elle les chansons tristes, réalistes, coquines ou enjouées de Xanrof, de Gaston Couté ou de Jean Lorrain.

Voici donc Nathalie Joly qui pousse Les Chansons sans gêne, et c’est tout naturellement dans une cave intimiste de la rive gauche qu’a lieu le spectacle. Peu de décor ou d’artifices : un piano, un micro, un zeste de vidéo, quelques ombres chinoises… et la gouaille de la chanteuse résonne aux accents du piano de Jean-Pierre Gesber.

Nathalie Joly interprète Yvette Guilbert alors que cette dernière est une femme mûre et qu’elle a déjà une solide carrière derrière elle. C’est en effet le troisième volet de la trilogie que la chanteuse consacre à sa pygmalion. Pas question de lui raconter de bobards, elle connaît la chanson et égrène un répertoire qui se fait souvent l’écho des maux de la société de ce début de XXe siècle : Elle était toujours enceinte, Pauvre buveuse d’absinthe, Maintenant que t’es vieux , Le Blues de la femme, Pourquoi n’êtes-vous pas venu ? etc. Et comme le raconte Simon Abkarian, le metteur en scène : « Cette femme fut et reste une exploratrice de la scène, donc de la vie. »

Pour que le spectacle soit réussi, il fallait donc une femme de tempérament, fière de chanter ces textes rentre-dedans. Yvette Guilbert interprétée par Nathalie Joly, c’est l’histoire d’une rencontre de deux femmes à près d’un siècle d’écart. Magnifique !

Plûme

Jusqu’au 27 mars 2017
Le samedi à 18 h, le dimanche à 17 h et le lundi à 20 h 30
Théâtre de la Vieille Grille
1, rue du Puits-de-l’Ermite
Paris 5e
01 47 07 22 11
http://www.vieillegrille.fr

Mise en scène : Simon Abkarian
Texte, conception et chant : Nathalie Joly
Piano et interprétation : Jean-Pierre Gesbert
Collaboration artistique : Pierre Ziadé
Conseiller artistique : Jacques Verzier
Lumière : Arnaud Sauer
Costumes : Louise Watts, Claire Risterucci
Vidéo : Simon Abkarian, Arnaud Sauer, Nathalie Joly, Rima Samman
Création sonore : Samir Seghier
Affiche : Jean-Jacques Gernolle

Les Goguettes en trio (mais à quatre), au théâtre Trévise

@David Desreumaux

Goguettes ? On se demande, bien sûr, ce que signifie ce terme festif. Tout simplement des parodies de chansons populaires pour parler de l’actualité.

Au fil des événements, riches en surprises en tout genre, le trio déroule ses textes, chantés et mimés avec talent, élégamment accompagnés par la pianiste… la quatrième ! Il faut tirer un coup de chapeau à la mise en scène qui enchaîne avec un rythme soutenu ces sketches courts et pertinents.

Sans jamais une once de vulgarité, ils nous entraînent dans un rire léger, nous faisant (re)découvrir les derniers faits d’actualité et leurs protagonistes. Que ce soit sur le président sortant, les « sauveurs » en « on », les écolos-bobos, les morts de l’année (même Bowie), les totalement inattendues réalités (« on n’a rien vu venir »), les rejets («  toi, t’es pas Gaulois »), ce ne sont que des pépites d’humour et de bonheur.

À noter, un délicieux intermède avec la talentueuse Clémence Monnier évoquant son avenir de virtuose classique jugulé par les trois machos et, ce, avec une voix remarquable. C’est elle qui incarne notre « futur ex-président » avec le trio : très drôle.

Les applaudissements furent ce jour-là chaleureux. Une heure de légèreté pour oublier vos soucis, vos tracas, vos emmerdes… courez-y vite.

Et souhaitons un bel avenir à ce magnifique quatuor !

Anne Warembourg

Mise en scène :
Yeshé Henneguelle

Acteurs :
Stan
Aurélien Merle
Valentin Vender
Pianiste :
Clémence Monnier

Jusqu’au 13 juin 2017
Tous les mardis à 19 h 45
Théâtre Trévise
14, rue de Trévise
75009 Paris
Tél. : 01 48 65 97 90
www.theatre-trevise.com

Concert “Athalie” au Temple des Batignolles

Premiers pas réussis pour VociHarmonie

Le 30 janvier 2016 et le 4 février 2016, au Temple des Batignolles, l’ensemble vocal VociHarmonie, fondé et dirigé par Daniel Gàlvez-Vallejo, se produisait sur scène dans un programme entremêlant habilement le mélodrame musical (La Fiancée du timbalier), l’opéra (L’Enfant prodigue) et l’oratorio (Athalie). Qualité de l’interprétation et originalité de la programmation étaient au rendez-vous.

flyer_athalie_v7_flyer

Le hasard a voulu que le 4 février, je sois placée sur le côté de la scène, « côté coulisses » en quelque sorte. Ce fut l’occasion, pour la novice musicale que je suis, de mieux apprécier les dessous du spectacle et, notamment, la très bonne interprétation des musiciens : Genaro Pereira (piano) et Nao Matzda (orgue et piano).

Si la mauvaise acoustique du lieu a desservi le mélodrame de Victor Hugo (la récitante était quasiment inaudible malgré ses efforts louables), en revanche, elle n’a pas réussi à ébranler l’interprétation pleine d’allant de VociHarmonie. L’enthousiasme des chanteurs, ainsi que celui de leur chef de chœur, était palpable et communicatif. Grâce à eux, j’ai pu découvrir l’oratorio – un genre très codifié et très prisé au XVIIIe siècle, mais quasiment abandonné aujourd’hui.

L’ensemble de trente chanteurs était accompagné par des solistes de talent : Édouard Billaud (ténor), Daniel Gàlvez-Vallejo (baryton), Maria Cristina Villasmil (alto), Catherine Manandaza et Véronique Chevallier (toutes deux sopranos). À souligner, la très belle prestation vocale et scénique de cette dernière – alliant intensité et sobriété – dans L’Enfant prodigue.

Précipitez-vous pour écouter les prochains concerts de ce jeune ensemble qui n’a pas fini de grandir !

 Véronique Tran Vinh

Association VociHarmonie,
11 rue Charcot, 92200 Neuilly-sur-Seine.
Contact : Anne Depaulis
ens.vociharmonie@yahoo.com

 

Programme du 4 février 2016 :
La Fiancée du timbalier”, de Francis Thomé, texte de Victor Hugo. Récitante : Laura Lascourrèges.
L’Enfant prodigue”, de Claude Debussy (scène biblique).
Athalie” (Opus 74), musique de Felix Mendelssohn, textes de Jean Racine en français.

Prochain spectacle :
Les 2 et 8 avril au Temple des Batignolles : Stabat Mater, de Pergolèse.

 

“Duel, Opus 2” au Théâtre du Palais Royal

 

Deux avis valent mieux qu’un, Isabelle Lévy et Véronique Tran Vinh se sont rendues respectivement voir Opus 2. Regards croisés.

 

Chroniqué par Véronique Tran Vinh

Les Laurel et Hardy de la musique

Créé en 2002, à Paris, par Agnès Boury, le premier Duel a connu un succès international. Duel, opus 2, créé au Festival d’Avignon en 2009, reprend le thème de la rivalité supposée entre deux musiciens virtuoses (un pianiste et un violoncelliste) avec le même brio.

Ces deux-là sont des Laurel et Hardy en puissance ! Paul Staïcu, le pianiste, plutôt petit et fluet, Laurent Cirade, le violoncelliste, grand et d’allure robuste. À eux deux, ils font la paire. Ça démarre doucement, puis les numéros s’enchaînent à un rythme effréné et avec un humour croissant.

Chacun essaie d’attirer la lumière sur soi (au propre comme au figuré), ce qui donne lieu à des scènes cocasses, à des duels musicaux insensés, d’une grande virtuosité. Ils s’emparent du répertoire musical et le réorchestrent à leur façon. Classique, variétés, jazz, rock, et même le Velvet Underground : ils abordent tous les styles, avec une inventivité sans cesse renouvelée. Leurs instruments : un piano et un violoncelle bien sûr, mais aussi un fil de pêche, une scie… tout est prétexte à musique et à rire.

Absurde et poésie
Quant aux accessoires, ils sont aussi incongrus que le reste : le violoncelliste bataille avec le pied de son violoncelle, puis avec une chaise longue récalcitrante, qui finira sous les fesses de son comparse au piano.

Les deux compères nous embarquent dans des scènes dignes des meilleures comédies burlesques américaines, dans lesquelles l’absurde côtoie la poésie. Ainsi, Laurent le violoncelliste tombe amoureux de son instrument qui s’est personnifié en femme ; Paul le pianiste invente une berceuse pour un bébé violoncelle pleurnicheur ; Laurent, à son tour, fait danser une ballerine sur un fil (hommage à Charlie Chaplin et à ses petits pains dansants), et ainsi de suite.

Laurent Cirade utilise brillamment son talent pour le chant et le mime, livrant une composition savoureuse en crooner déjanté et retors, tandis que Paul Staïcu joue avec brio le faux naïf, victime des mauvais tours de son comparse. Ils forment un duo irrésistible de loufoquerie, qui communique dans un langage incompréhensible mêlé de grognements et d’une sorte d’esperanto.

Un spectacle pour rire et pour tout public !


 

Chroniqué par Isabelle Lévy

Lorsqu’un pianiste talentueux (Paul Staïcu) provoque en duel musical un violoncelliste talentueux (Laurent Cirade)…  la salle exulte.

Archet contre clavier, ces deux concertistes classiques virtuoses se livrent un combat sans merci depuis 2001, date de leur premier Duel Opus, qui les a menés dans tous les pays du monde pendant huit ans. Ils reviennent aujourd’hui au Palais Royal avec un nouveau spectacle désopilant : Duel Opus 2, mis en scène par Agnès Boury.
Piano contre violoncelle, scie musicale contre fil de pêche, tambourin contre crécelle…  Pour notre plus grand bonheur, ils revisitent avec brio de nombreux morceaux de musique : classique, jazz, blues, Ennio Morricone, Bee Gees, Lou Reed… et tout le public rit de leurs gags comme de leurs délires tout aussi surprenants que les situations déjantées dans lesquelles ils se retrouvent. Et les spectateurs en redemandent : Encore ! Encore ! Encore !

Paul Staïcu et Laurent Cirade, autant irrésistibles qu’excellentissimes, nous offrent un spectacle de pur bonheur à l’imaginaire débordant de fantaisie. À voir et à entendre sans modération.


Jusqu’au 15 avril 2016
Théâtre du Palais-Royal
,
38 rue de Montpensier, 75001 Paris.
Tél. 01 42 97 40 00
Du mercredi au samedi à 19h
bit.ly/1SCae79

American Gospel JR au Théâtre Rive Gauche

AMERICAN GOSPEL JR (Théâtre Rive Gauche - Paris 14ème) - 5 - Light AMERICAN GOSPEL JR (Théâtre Rive Gauche - Paris 14ème) - 2 - LightLes chanteurs et les musiciens d’American Gospel Junior – catholiques et protestants originaires des USA, de la Martinique ou d’Afrique – sont parmi les plus talentueux de leur génération. La chef de chœur est la prodigieuse Jean Carpenter dont la voix est d’une puissance hors du commun.

Ensemble, ils visitent avec bonheur les standards du répertoire gospel – les éternels « When the Saints » et « Oh Happy Days » – comme des chants moins connus alliant subtilement tradition et modernité.

Pendant 1h15, ils partagent avec le public pour son plus grand plaisir, leur ferveur religieuse pour louer le Seigneur Jésus-Christ. La communion entre la salle et la scène est totale, pure, magique, formidable.

Ils ont tous autant de talent que d’énergie, aussi bien lorsqu’ils interprètent une chanson en solo ou lorsqu’ils sont dans les chœurs, qu’ils partagent avec le public en liesse.

Si assister à un concert des American Gospel Jr ne vous donnera peut-être ni la foi ni la grâce, vous partagerez avec eux un pur moment de bonheur absolu !

Isabelle Lévy

Jusqu’au 3 janvier 2016
Théâtre Rive Gauche
www.theatre-rive-gauche.com
6, rue de la Gaité, 75014 Paris.
Tél. : 01 43 35 32 31
Métro Edgar Quinet.

Les mardis, mercredis et vendredis à 21h.
Les jeudis (sauf 24 et 31/12) et samedis à 19h.
Les dimanches à 17h.
Jeudi 24 décembre à 18h et 20h .
Jeudi 31 décembre* à 20h et 22h (* tarifs majorés).
Relâches exceptionnelles les 5, 20 et 25 décembre 2015 et le 1er janvier 2016.