« Chat-necdotes », Benjamin Valliet, édition Favre

Chats alors… il fallait y penser. C’est fait.

Benjamin Valliet, historien de formation, passionné des chats, a choisi de réunir dans un livre les récits les plus anecdotiques et rebondissantes des 400 000 millions de nos amis poilus. Il parcourt le globe terrestre pour nous rapporter les histoires les plus incroyables mais vraies.

On visitera sur quatre pattes le lycée Leland aux États-Unis, un petit bureau à Tokyo… sous le regard amusé de Bayrou qui ne loupe pas une ligne de celles écrites par son maître, son maître ?, bref Benjamin. Enorgueilli des exploits de ses confrères, il est ravi quand est contée l’histoire de La Poste belge ou quand le lecteur apprend que la CIA a pensé à eux lors de missions top secrètes.

Il détourne la tête au « chat-pitre des sacrés chat-lopards ». Mais retrouve sa fierté au « chat-pitre  des lieux, rien que pour eux » que les bipèdes leur dédient. Apeuré à l’écoute d’aventures traversées par ses petits camarades, il reprend du poil de la bête aux récits de chats héros, et de sa morgue considère naturelles les amitiés dévoilées tissées avec eux entre Dali, Churchill, Freddie Mercury, Frida Kahlo, Matisse. La liste est longue.

À ses côtés le vétérinaire, le Dr Philippe Dauty, n’hésite pas à nous transmettre ses connaissances pour mieux saisir et comprendre ce joli petit félin, vénéré selon les époques – comme au temps des Égyptiens – ou cloué aux portes au Moyen Âge.

Un livre détente et instructif, émaillé de petites photos souvenirs réalistes, pour petits et grands.

Carole Rampal

« Chat-necdotes »
Benjamin Valliet
Edition Favre

Bérénice à La Scala, avec Carole Bouquet

Quand la raison d’État domine celle de l’amour, sous la plume de Racine, les mots courent en alexandrins :

Titus
J’espérais de mourir à vos yeux,
Avant que d’en venir à ces cruels adieux.

Bérénice
Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D’un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,
M’ordonnât elle-même une absence éternelle.

Un texte fort à l’élégance racinienne qui relate l’amour impossible entre Bérénice, reine de Palestine, et Titus, nommé empereur : les mœurs de Rome n’admettent pas le mariage avec une étrangère. Bérénice se révolte : Titus ne peut-il pas tout dans ses nouvelles fonctions. Son choix ne traduit-il pas une trahison à son encontre, à leur passion ?

L’intrigue se complique : Antiochus, roi de Comagène et ami de Titus, avoue à la reine la flamme qui le dévore secrètement depuis des années pour elle.

Carole Bouquet (Bérénice), Frédéric de Goldflem (Titus) et Jacky Ido (Antiochus) incarnent avec brio ces trois personnages hauts en couleur qui traversent tour à tour colère et désespoir.

Muriel Mayette-Holtz apporte sa touche à ce texte grandiose : la mise en scène minimaliste, composée d’un lit principalement qu’encadrent des murs saumon-rosé à la douceur de l’idylle, laissant filtrer par les fenêtres des bleus diaphanes ou ténébreux, renseigne le défilé des jours ou de la nuit, l’atmosphère des âmes, et apporte une grandeur poétique. La musique originale de Cyril Giroux rythme la salle au diapason cardiaque des comédiens.

Une pièce magistrale à aller voir absolument.

Carole Rampal

Avec :
Carole Bouquet, Frédéric de Goldflem (Titus) et Jacky Ido (Antiochus),
Augustin Bouchacourt (confident de Titus) et Ève Pereur (confidente de Bérénice)
Décor et costumes : Cyril Giroux

La Scala Paris
Du mardi au samedi à 21h15
Les dimanches à 17h30
Du 15 septembre au 12 octobre 2022

13 boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30

Une soirée avec Jean Rochefort à La Scala

Quand le rideau s’ouvre, Edwart Vignot (historien, collectionneur…), Mario Choueiry au piano, Clémence bien sûr (la plus jeune fille de Jean Rochefort) et ce 20 septembre, Thierry Lhermitte, sont là sur scène pour ouvrir la soirée. Jean, représenté sous forme d’un mannequin, disparaît vite, caché derrière un écran. Mais son esprit flotte dans la salle durant toute la soirée.

Le spectateur le découvre dans son intimité par Clémence, qui, dans un humour que l’acteur n’aurait pas décrié, relate des anecdotes cocasses sur son caractère fantasque, ses fragilités loin des projecteurs, des événements de sa vie personnelle mais aussi les liens qu’elle entretenait avec lui.

Un vibrant hommage rendu aussi avec Thierry Lhermitte par la lecture de passages du livre le Louvre à cheval, signé par l’acteur lui-même et coécrit avec Edwart Vignot. Une passion née à 30 ans lors du tournage Cartouche, qui ne le quittera pas : excellent cavalier, expert réputé en matière équestre, il ira jusqu’à construire un haras dans les Yvelines.

Des tableaux de Géricault, Delacroix, Rubens, Van Dyck, des photos d’enluminure iranienne, de tissus coptes, défilent sur l’écran.

Jean Rochefort par la bouche de Thierry Lhermitte les commente. L’homme à la grande moustache continue de faire rire et d’intriguer : son imaginaire sans borne, décalé, son sens du détail, la pertinence de son analyse, ne cessent de surprendre. On reconnaît sa verve habituelle.

Peut-être d’ailleurs, est-il dans la salle ?
Les dernières minutes, Clémence s’adresse directement à son père…

Carole Rampal

Vincent Delerm, Marina Hands, Alex Vizorek, Alex Lutz, sont selon les dates de présentation sur scène.

Du 20 septembre au 20 décembre
La Scala Paris
13 boulevard de Strasbourg
75010 Paris
http://www.lascala-paris.com
Tél. : 01 40 03 44 30

Respire à La Piccola Scala

Lou Sarda

Aux confins de la lumière glaciale des couloirs d’une maternité… la pénombre. Là une petite fille tout juste née. Debout, face à elle, derrière la vitre, une mère. Une mère remplie d’un souffle que rien n’épuise, prête à défier la mort. Durant une nuit entière, elle s’adressera à elle, l’invitant à découvrir l’effervescence du monde, l’exhortant à venir les rejoindre, elle, sa sœur et son père. De l’autre côté où un nid d’amour l’attend.

C’est avec une sensibilité animale et beaucoup de talent que Romane Bohringer se tient devant la salle et, pendant une heure, nous livre avec réalisme le texte finement ciselé de Sophie Maurer. Au rythme parcimonieux de la guitare et du piano joués par Bruno Ralle, la poésie s’en mêle, les mots s’harmonisent, la tendresse, la tristesse, la joie s’entrechoquent. La salle est émue.

Ovation…

Carole Rampal

Du 15 septembre au 8 octobre
Du 13 février au 1er avril 2023
Du jeudi au samedi 19h30
La Piccola Scala
Metteur en scène : Panchika Velez
Scénograpie et Lumières : Lucas Jimenez
Musique : Baloo Productions
Collaboration artistique : Mia Koumpan

Deux mains, la liberté, au Studio Hébertot

Une histoire vraie impensable, sortie de l’oubli de la Grande Histoire, que la mémoire du passé avait incroyablement ensevelie. L’histoire d’une relation entre deux hommes qui, sans changer le cours des évènements, infléchira sur le destin de plus de 100 000 Hommes en les ramenant à la vie.

Nous sommes pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1939, en Allemagne, à Berlin. Le Dr Felix Kersten, spécialisé en thérapie manuelle, dont la notoriété n’est plus à démontrer, se rend au QG de la SS : il a rendez-vous avec Heinrich Himmler souffrant de problèmes d’estomac que rien ni personne ne soigne. Dès la première séance, le chef de la Gestapo ressent un soulagement insoupçonné sous les mains prodigieuses de Kersten qui a alors l’ingénieuse idée de convertir ses honoraires par la liberté de prisonniers.

Des honoraires de plus en plus élevés que Himmler accepte progressivement, dépendant de celui qu’il considère très vite comme son ami, tant il soulage son corps et imperceptiblement son âme…

À travers les mois et les années, le médecin du diable s’interroge sur l’éthique de sa position : coincé entre son devoir professionnel, sa conscience et ses valeurs opposées à celle du nazisme.

Il s’impliquera aussi à protéger sa famille et échappera à deux attentats, soupçonné d’être un espion, mais ne faiblira jamais en sauvant du camp de l’enfer indifféremment juifs, homosexuels, handicapés, Allemands, Suédois…

C’est entouré sur scène de Philippe Bozo (Himmler) et Franck Lorrain (le conseiller personnel de Himmler) que Antoine Nouel incarne cet homme d’exception et retrace sa vie dans une pièce qu’il a lui même adaptée et écrite. Inspiré du roman Les mains du miracle de Joseph Kessel, il dédie son spectacle à « toutes celles et ceux qui font passer les ressemblances avant les différences ».

Une pièce poignante d’humanité où la salle est saisie par l’émotion.

Carole Rampal

Jusqu’au 6 novembre 2022
Studio Hébertot
78 bis boulevard des Batignolles,
75017 Paris

De Antoine Nouel avec la participation de Frank Baugin
Mis en scène par Antoine Nouel
Avec Philippe Bozo, Franck Lorrain et Antoine Nouel
Lumière : Denis Schlepp
Son et images : Philippe Bozo

Une Idée Géniale au Théâtre Michel

Après J’ai envie de toi, Sébastien Castro a « une idée géniale » en signant cette comédie où Agnès Boury, José Paul, Laurence Porteil et lui-même se réunissent sur scène pour notre plus grand plaisir.

Une comédie qui nous entraîne dans les méandres d’un scénario loufoque d’un homme résolu à évincer un rival et bien déterminé à garder sa femme pour lui, même s’il ne s’est jamais décidé auparavant à se marier avec elle.

Inspiré de Ray Cooney dont il adore l’humour et qu’il connaît bien pour avoir déjà travaillé avec lui à plusieurs reprises, Sébastien Castro excelle dans l’écriture de cette nouvelle pièce. Il adapte aussi pour l’occasion certaines répliques en fonction des comédiens qu’il a préalablement choisis.

Sur les planches, il enfile les costumes de trois personnages – qu’il campe avec beaucoup de justesse (Cédric, un agent immobilier ; Thomas, sosie de Cédric et dans la vie apprenti comédien, et son frère jumeau, Jules, un plombier) – et à une vitesse éclair qui laisse le spectateur pantois : les trois protagonistes se retrouvent quasiment en même temps sur scène !
Quel est ce trucage digne d’un prestidigitateur ?


Amoureux du théâtre de boulevard, n’hésitez pas une seconde à y aller : fous rires garantis et sans relâches. Vous ne serez pas déçus.

Carole Rampal
DMPVD

Jusqu’au 31 décembre 2022
Théâtre Michel

38, rue des Mathurins, 75008 Paris

Avec Sébastien Castro, Agnès Boury, José Paul, Laurence Porteil
Mise en scène : José PAUL, Agnès BOURY
Assistant mise en scène : Guillaume Rubeaud
Lumières : Laurent BEAL
Décor : Jean HAAS
Musique : Winogradoff

Le Horla de Maupassant à la Folie Théâtre

Du noir absolu apparaît, dans un cadre de tableau que contient un autre cadre plus petit, un homme à l’allure imposante, aux cheveux plaqués en arrière, au regard droit et vif qu’abritent des sourcils broussailleux. Sa barbe, sa moustache, sa tenue nous rappellent celles des maîtres de la seconde moitié du XIXe siècle.

Trois autres cadres évidés, également suspendus par des fils invisibles, interrogent le spectateur par leur présence.

Guillaume Blanchard, le narrateur et le protagoniste du conte, s’exprime au présent et nous raconte avec enthousiasme le défilé de navires glissant sur la Seine qu’il observe de son jardin normand. L’odeur des prémices du printemps l’exalte et les rosiers qui s’ épanouissent l’enchantent. Nous sommes le 8 mai.

Mais la vivacité de sa nature emballée laisse vite place à l’inquiétude : il se sent malade. Des douches et du bromure de sodium lui sont prescrits par son médecin. En vain. Son état s’empire au fil des jours, des semaines et l’angoisse le saisit : une présence invisible habite ses nuits, s’agenouille sur sa poitrine, marche sur ses talons, respire derrière lui, engloutit l’eau et le lait des verres posés sur la table de sa chambre qu’il a pris soin de remplir. Aspire sa vie !

Une excursion pour visiter le mont Saint-Michel et un séjour à Paris, en juillet, ne lui rendront pas la santé espérée. Il gardera en mémoire de son premier voyage le récit d’une légende locale relatée par un moine de l’abbaye qui l’interroge : « Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? » Et de la capitale, le souvenir frappant d’une séance d’hypnose sur sa cousine.

Le personnage plonge dans la terreur et la salle aussi. Guillaume Blanchard, dans un rythme haletant, possède la scène durant une heure vingt et entraîne le spectateur aux confins de cet univers fantastique cauchemardesque. Jolie performance.

L’adaptation personnelle du Horla par Frédéric Gray, dans une scénographie originale et subtile (les objets semblent flotter, les yeux d’une étrange créature percent l’espace …), rend fidèlement l’histoire de Maupassant.

Sous les traits de trois personnages* qui donnent la réplique à Guillaume Blanchard, on reconnaît les traits du metteur en scène.

Carole Rampal

  • Olivier Troyon (absent ce jour-là) interprète également tous les rôles secondaires en alternance avec Frédéric Gray, et est assistant dans la mise en scène.

Jusqu’au 30 janvier 2022.
Le jeudi à 19h30, samedi à 18h et dimanche à 16h30

A La Folie Théâtre : 6, rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris
Renseignements et / ou réservation : 01 43 55 14 80

“Le Voisin de Picasso”, au Théâtre de La Contrescarpe

crédit photos : Fabienne Rappeneau

Il ne surgira pas de votre mémoire. Mais d’un passé glorieux. Cet illustre inconnu au bataillon des plus grands peintres de son époque (Sisley, Monet, Renoir, Bazille…) était pourtant l’objet de toutes les attentions de la société et le plus adulé quand d’autres s’essayaient encore dans les ateliers de Gleyre. Peintre officiel, il décorera notamment plafonds et décors de théâtre, comme celui de la salle Richelieu de la Comédie-Française, ou celui de l’Opéra Garnier. Il sera salué par la presse et recevra la légion d’honneur.

Alexis-Joseph Mazerolle – oui c’est son nom au Voisin incognito de Picasso, juste dans la galerie voisine – s’adonnait dans une exigence de travail à servir sa passion : sublimer le réel, rapprocher les gens du divin. Académique, il se voulait aussi libre.

Alors, qu’est devenu Mazerolle ? Apollon le garderait-il jalousement près de lui, loin des hommes et de leurs réminiscences ? Et ses œuvres ?

Rémi Mazuel retourne le sablier du temps, réécrit son histoire et nous invite sur une mise en scène de Marie-Caroline Morel à découvrir les traits de son visage, de son histoire, de sa fin controversée (suicide ou maladie ?).

Dans une éloquence qui lui est familière (il a remporté le Concours d’Éloquence de l’association Forum Event à Bordeaux), Rémi Mazuel, dans la peau d’un gardien de musée, répare cette injustice et lui rend hommage non sans humour. De quoi passer une bonne soirée.

Carole Rampal

Théâtre de La Contrescarpe
https://theatredelacontrescarpe.fr/
5 rue Blainville, 75005 Paris

Du 7 octobre au 30 décembre 2020,
les mercredis à 21h

Texte et Interprétation : Rémi MAZUEL
Mise en scène : Marie-Caroline MOREL
Costumes : Leslie PAUGER
Musique : Charles TUMIOTTO
Conception & Décors : Alix COHEN

Pour ceux qui veulent faire un pied de nez à Apollon, certaines œuvres de Mazerolle sont encore visibles ?
À la Bourse de commerce de Paris, à l’hôtel InterContinental de Paris (le plafond du salon), au Conservatoire de musique de Paris (décor de scène), à l’Opéra Garnier à Paris, (huit cartons des tapisseries de la rotonde du glacier), au grand théâtre d’Angers (plafond du foyer), au musée de Roubaix (« Éponine implorant la grâce de Sabinus »).

Depuis 2006, afin de promouvoir son œuvre, l’Association des Amis du peintre A.-J. Mazerolle a été créée et répond à vos questions.
http://www.ajmazerolle.com/index.html

“Jouer sa vie sur un vaudeville”, William Malatrat, Le Guichet Montparnasse

Comédien, metteur en scène de nombreuses pièces dont Le journal d’une Femme de Chambre, primé aux P’tits Molières 2015 « Meilleure comédienne dans un premier rôle », William Malatrat dirige aussi l’Atelier d’art dramatique du Guichet Montparnasse.

Sa passion du théâtre, il l’a découverte dès l’âge de 13 ans en découvrant une représentation de Jean Anouilh, Antigone.

Un auteur qu’il n’a pas oublié au fil du temps. Ce soir-là, Jouer sa vie sur un vaudeville est une adaptation modelée, parfois réécrite par William Matrat du  Rendez-vous de Senlis. Le prologue est constitué de textes de différentes œuvres de Anouilh.

Le tourbillon des faux-semblants, la vérité avec le désordre… l’insolence de ce grand dramaturge du siècle passé mais résolument moderne… séduisent William Malatrat qui dans cette nouvelle mise en scène sait les transcender et adhérer le public à sa perception.

Une intrigue captivante qui mêle interrogations, rires et indignations.

Pour ceux qui auraient oublié le début :
Georges, marié par intérêt à une riche bourgeoise, s’éprend d’une jeune femme rencontrée au musée du Louvre. Pour la séduire davantage, il loue une villa qu’il veut lui faire croire pour sienne et fait appel à deux comédiens qui ont pour instruction d’incarner ses parents…

Une représentation qui fait appel à neuf comédiens.

Coup de cœur pour Fanny Blanchard.

Carole Rampal

Jusqu’au 23 septembre
Le Guichet Montparnasse
15 rue du Maine
75014 Paris
01 43 27 88 61

Avec
Agnès Aubert
Fanny Blanchard
Jean-Pierre Chouraqui
Charles Falanga 
Marc Gemayel 
Katy Odoard  
Lauriane Schneider
Dimitri Vasiljevic 
Myriam Vergnol 
Collaboration artistique
Alicia Bluteau
Patricia Alonso

De Vers en Verres, à la Comédie Nation

Affiche juillet 20

 

De vers en verres… c’est une rencontre avec des grands auteurs classiques – Goldoni, Hugo, Marivaux, Molière, Musset, Racine, Rostand, Tchekhov – dont les textes connus ou beaucoup moins donnent toujours une saveur particulière.

Ces extraits sont proposés aux spectateurs à la carte avant d’entrer en salle. Chacun passe commande et participe ainsi à la composition du spectacle. Et là…

[Il y a la scène et la salle…] [Et ne sachant de rien comment cela commence ou finit…] [Et il (le spectateur) se regarde lui-même….] [Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c’était vrai…]… Oui, trois comédiens en costume d’époque comme si on y était nous mettent l’eau à la bouche par ce très beau texte de Paul Claudel. Puis, un avant-goût de Victor Hugo se glisse sous nos papilles avec Ruy Blas.

Sous les accords d’une guitare, on arrive aux entrées avec Andromaque de Racine, Le Médecin malgré lui de Molière.

Avant d’arriver aux plats de résistance : La Manie de la villégiature (Goldoni), Lucrèce Borgia (Victor Hugo), Le Mot (Victor Hugo), Platonov (Tchekhov). Il y en a pour tous les goûts.

Et avec excès de gourmandise seront servis pour le dessert : Le Prince travesti (Marivaux), Cyrano de Bergerac (Rostand).

Ce soir-là, les comédiens présents, Yannick Barnole, Anne-Dorothée Lebard, Julia Régule, s’expriment sur un ton très juste dans un répertoire varié. Un coup de cœur pour la talentueuse Anne-Dorothée Lebard.

Pour ceux qui veulent mieux les connaître, il est possible de trinquer avec les comédiens après le spectacle de Vers en « verres ».

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

À la Comédie Nation
77 rue de Montreuil, 75011 Paris

Les 22, 24, 29 et 31 juillet, et les 19, 21, 26 et 28 août 2020 à 20h30.

Durée : 1h20

Mise en scène
Laetitia Leterrier
Costumes d’époque
Mélodie Alves
Comédiens et musiciens
Yannick Barnole
Pierre Koch (à la guitare)
Anne-Dorothée Lebard
François Lis
Julia Régule
Loren Troubat

L’HISTOIRE DU THÉATRE DE GENNEVILLIERS

1. facade © Sami Benyoucef - ville de Gennevilliers
© Sami Benyoucef

De la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, que de chemins parcourus par le Centre dramatique national (CDN). Un théâtre qui a su conserver son âme et l’essence même de son existence. Zoom arrière…

Fin du XIXe siècle-début du XXe, Gennevilliers est en plein essor économique dû à son activité industrielle. Sa population ne cesse de s’accroître : ce sont avant tout des familles de travailleurs modestes qui viennent s’installer. L’administration réorganise alors la ville.

En 1930, la municipalité vote le projet de la construction d’une halle de marché et dans le même temps la création d’une salle de fêtes afin de favoriser l’accès à la culture.

En 1934, le parti communiste remporte les élections. Le chantier débute cette année-là et dure quatre ans. La conception globale de ce gigantesque complexe est confiée à l’architecte Louis Brossard qui signera d’autres œuvres dans la commune comme le bureau de poste du quartier des Grésillons, place Jaffeux.

En 1938, la salle des fêtes est inaugurée.

La halle, marché hebdomadaire, accueille des manifestations diverses telles que des expositions. Tandis que la salle des fêtes se révèle le lieu d’une activité tant culturelle que politique où des représentations de théâtre amateurs, professionnels, des opéras, des expositions, des concerts de l’École de musique de Gennevilliers, des manifestations sportives côtoient des meetings, des réunions syndicales.

À savoir que des cours de leçons d’art dramatique étaient déjà proposés depuis 1947 dans les locaux de la Maison pour tous. L’apprentissage de la musique dans le droit fil des grands projets d’éducation populaire est également dispensé à tous les enfants désireux d’évoluer dans cette discipline. L’école de musique est créée en 1935. Des formations musicales, à Gennevilliers, qui ne datent pas d’hier : en 1871, une musique municipale existait déjà.

 

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Après guerre, le service public développe une politique de décentralisation culturelle conduite par Jeanne Laurent, membre du gouvernement de la IVe République, à la Direction générale des Arts et Lettres

 

Jean Vilar
JEAN VILAR

Jean Vilar (fondateur du futur Festival d’Avignon) prend la direction du Théâtre national populaire (TNP), en 1951. Waldeck L’Huillier, dirigeant du PCF et alors maire de Gennevilliers, met à la disposition du metteur en scène et de sa troupe, la salle des fêtes des Grésillons.

En 1952, Le Cid de Pierre Corneille et Mère courage de Bertolt Brecht y seront notamment joués. Ce sera l’occasion d’un gala où Yves Montand est invité. Plus de 2200 personnes, ouvriers en bleu, représentants des industries, acteurs politiques – Auguste Lecœur, secrétaire général du PCF, Théodore Vial, membre du Comité central, le maire L’Huillier – sont réunis autour d’un repas collectif qui nourrit des conversations sur les mises en scène.

En 1954, Le Prince de Hombourg de Kleist et Dom Juan de Molière sont représentés. En 1956, Macbeth de Shakespeare, L’Avare de Molière.

De grands acteurs – Maria Casarès, Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Charles Denner… – défilent sur les planches. Des allers-retours en car sont organisés pour voir les spectacles. La municipalité participe à la réalisation d’un théâtre ambulant parcourant les communes de la région parisienne.

L’idée du théâtre populaire prend forme.

Bernard Sobel
@ Laurent Troude BERNARD SOBEL

En 1962, Jean Vilar présente à Waldeck L’Huillier, Bernard Sobel, son assistant durant la création de La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht qui ne tarde pas à créer sa troupe et à fonder le Théâtre populaire de Gennevilliers qui deviendra Ensemble théâtral de Gennevilliers (ETG). À ses côtés : Michèle Raoul-Davis et Yvon Davis (assistanat et dramaturgie), Antoine Dutèpe (décors) ou encore Jacques Schmitt (costumes). Dans des conditions matérielles parfois difficiles, Tanker Nebraska, de Herb Tank, Antigone de Brecht sont les premières représentations jouées.

En 1964, Waldeck L’Huillier préside lui-même une association Des Amis du Théâtre et a pour ambition son rayonnement auprès des municipalités communistes environnantes. Par ailleurs, il s’arrange pour que les prix de places soient très bas tout en garantissant des manifestations artistiques de qualité.

En 1966 et 1967, un festival est organisé avec le concours du Centre culturel et de la Direction municipale des Affaires culturelles. Soirées théâtrales et musicales, animations culturelles et expositions sont au programme. Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht, dans une mise en scène de René Allio, ouvre les festivités. Patrice Chéreau met en scène un classique, L’affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche ; la comédie Cœur ardent d’Alexandre Ostrovski et montée par Bernard Sobel est saluée par la presse.

En 1968, L’Exception et la règle de Bertolt Brecht, mise en scène par Bernard Sobel, est jouée plus de trente fois.

L’ETG jouit d’une notoriété de plus en plus forte et marquera le tournant d’une carrière de nombreux metteurs en scène et créateurs (Patrice Chéreau, Bruno Bayen, Jacques Lassalle, Jean-Louis Hourdin, Alain Ollivier, Olivier Perrier, André Diot…).

En 1970, il bénéficie de subventions de l’État.

1974  verra le jour de la revue Théâtre/Public, un magazine créé par Bernard Sobel qui a pour objet de mener des réflexions et de croiser les points de vue sur les courants et l’actualité au sens large du théâtre. Dirigée pendant quarante-cinq ans par Alain Girault, Olivier Neveux en est le rédacteur en chef depuis 2013.

En 1983, l’ETG est labellisé Centre dramatique national et devient le Théâtre de Gennevilliers.
La même année, l’architecte et urbaniste, Claude Vasconi, redessine les plans de ce lieu de vie qu’il agrandit. La cage de scène atteint désormais plus de 30 m de hauteur. Le peintre et décorateur Italo Rota repense l’intérieur du bâtiment et l’aménagement scénographique est confié à Noël Napo. Au total, le T2G est composé de deux salles de répétitions et de deux salles de représentations d’une jauge pour l’une de 300 personnes et l’autre de 400. Cet énorme espace permet aussi de disposer d’un studio de tournage au service du cinéma ou des chaînes de télévisions locales.

En 2006, Bernard Sobel signe sa dernière mise en scène, Don, mécènes et adorateurs d’Alexandre Ostrovski, en tant que directeur du Théâtre de Gennevilliers. En un peu plus de quarante ans, il aura réalisé quelque quatre-vingts mises en scène, fait découvrir de nombreux auteurs (Isaac Babel, Guan Hanqin, Richard Foreman, Christian Dietrich Grabbe…). Le Théâtre de Gennevilliers sera aussi marqué par des artistes tels Maria Casarès, Stéphane Braunschweig, Marc François, Didier-Georges Gabily, François Tanguy, Philippe Clévenot… et les peintres et scénographes Titina Maselli, Nicky Rieti et Lucio Fanti.

Pascal Rambert
@ Patrick Imbert PASCAL RAMBERT

De 2007 jusqu’à 2016, sous la houlette de Pascal Rambert, qui en devient son directeur, le théâtre se transforme en un haut-lieu de création contemporaine, ouvert à toutes les pratiques  – théâtre, danse, opéra, art contemporain, philosophie, cinéma – et sur le monde. Le T2G (acronyme créé sous sa direction) accueille des artistes de toute nationalité et diffuse ses créations à l’international. Pendant cette période, Pascal Rambert engage des travaux qui seront réalisés par l’architecte Patrick Bouchain et son associée Nicole Concordet. Il s’agit de créer un espace de vie, ouvert sur la rue, permettant de réunir l’accueil du théâtre, la billetterie et le restaurant tels que nous les connaissons aujourd’hui. La cage de scène est repeinte en rouge et mise en lumière par le plasticien Yann Kersalé, la signalétique conçue par Daniel Buren.

Durant ses dix années, il sera entouré notamment par le chorégraphe Rachid Ouramdane, l’artiste photographe américaine Nan Goldin, les plasticiens Felice Varini et Céleste Bourcier-Mougenot, la philosophe Marie-José Mondzain ou encore le scénographe et le metteur en scène Philippe Quesne.

En janvier 2017, le metteur en scène et scénographe Daniel Jeanneteau prend la direction du Théâtre de Gennevilliers. Son projet, basé sur le partage des processus de création, s’attache à ancrer la vie du théâtre dans le voisinage de proximité, tout en continuant de l’inscrire dans un vaste réseau national et international. Convaincu que l’art est fait pour troubler, son ambition pourrait se résumer dans cette pensée de Diderot qu’il reprend à son compte : “Il est une impression plus violente encore, et que vous concevrez, si vous êtes nés pour votre art et si vous en pressentez toute la magie : c’est de mettre un peuple comme à la gêne. Alors les esprits seront troublés, incertains, flottants, éperdus, et vos spectateurs tels que ceux qui dans les tremblements d’une partie du globe, voient les murs de leurs maisons vaciller, et sentent la terre se dérober sous leurs pieds.”

Et il fait mouche. Le public accourt, DMPVD aussi : “Le reste vous le connaissez par le cinéma” (metteur en scène Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/3ayXTeF ; “Iphigénie” (Chloé Dabert), https://bit.ly/2KmZVUG ; “Tristan” (Éric Vigner), https://bit.ly/2S1ft4H ; “Item” (François Tanguy), https://bit.ly/3eMBjD0 ; “La Ménagerie de verre” (Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/3cJhsCv ; “Pauvreté, Richesse, Homme et Bête” (Pascal Kirsch), https://bit.ly/2XWLLS5 ; “Price” (Création collectiv), https://bit.ly/2yxfpCW ; “Les Aveugles” (Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/2VuLWCE ; “Alerte, est-ce que c’est là”  (Clémentine Baert), https://bit.ly/2VrOiSJ.

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© Olivier Roller

DEUX QUESTIONS À DANIEL JEANNETEAU

– Comment est née en vous la passion du théâtre ?
D. J. : De l’observation de la vie. Le théâtre, c’est l’art de la rencontre, de la relation, du rapport. C’est de l’entre-deux, de l’intervalle, du vide. Rien de fixe, rien de durable. L’intersection de la vie intérieure et du monde. La vie comme mouvement. C’est ce qui m’a permis de rassembler tout ce qui compose mon existence en une seule action, et de lui trouver, parfois, du sens.

– Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre la direction de ce théâtre ?
D. J. : Son bâtiment, son équipe, la ville, la banlieue. Je connaissais la maison pour y avoir travaillé. Je vis en banlieue depuis trente ans et j’aime ce territoire. Je n’ai été candidat qu’à ce théâtre, il a des qualités qu’on ne trouve dans aucun autre en France. C’est ici que je me sens le plus utile.

 

Remerciements chaleureux à Philippe Boulet qui m’a permis d’accéder aux archives du théâtre et validé les informations contenues dans ce dossier.

 

Carole Rampal
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“Un peu de sculpture”, interview avec Krislo

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C’est avec plaisir que DMPVD s’est rendu début mars dans l’atelier du sculpteur Christophe Loton. Un accueil réservé des plus sympathiques où l’artiste a répondu avec beaucoup d’ouverture aux techniques de ses œuvres. Zoom.

– Quel rapport entretenez-vous avec la matière ?
C. L. : Jusqu’à présent je n’utilise jamais la matière brute, elle me sert de support, de base.

– Quel matériau préférez-vous ?
C. L. : L’argile et le béton cellulaire. L’argile me permet de créer de petites pièces en modelant. Le béton cellulaire quant à lui me permet de réaliser des pièces de dimensions plus importantes en collant un à plusieurs blocs ensemble. Ces matériaux sont comme l’âme de l’œuvre, viennent ensuite différentes patines qui finalisent celles-ci.

– Comment  vous vient l’inspiration ?
C. L. : De l’observation autour de moi : le corps humain, la nature, une photo, d’autres œuvres…

– Comment se déroule une séance de travail ? : suivez-vous le même processus de création pour chacune de vos œuvres ?
C. L. : Le processus de création est variable en fonction de l’inspiration. 
Un croquis ou directement j’attaque la matière. La base peut être de l’argile : le contact y est sensuel, tout en douceur. Le béton cellulaire est un matériau que j’apprécie car il se travaille au marteau, au burin, à la râpe, comme un tailleur de pierres. 

– Avez-vous des thèmes préférés ?
C. L. : Non pas particulièrement mais je reste dans l’abstraction.

– Quels courants artistiques vous ont le plus marqué ?
C. L. : L’art africain est une source d’inspiration importante tout comme des artistes contemporains tels que Jean Arp, Henry Moore, Barbara Hepworth, Yayoi Kusama…

– Vous avez déjà exposé en 2012, à La Nuit des artistes de Saint Germain-en-Laye ; en 2013 à Sèvres ; depuis 2016 en Normandie (Granville, Saint-Pair-sur-Mer, Bréville-sur-Mer). Avez-vous aussi des projets d’exposition en 2020 ?
C. L. : En Normandie, trois expositions sont prévues*. En avril mais celle-ci a été annulée. En mai* en Normandie, Sculptures/peintures. Une autre en août*.

– Y a-t-il une autre forme artistique qui vous attire ou que vous pratiquez en dehors de la sculpture ?
C. L. : Depuis peu je réalise des peintures sur toile à l’acrylique.

– Merci Krislo

Propos recueillis par Carole Rampal

Des mots pour vous dire

* Au vu des circonstances du confinement, nous souhaitons à Christophe Loton de pouvoir maintenir celle en août. DMPVD s’engage à vous transmettre en temps venu les dates de ses expositions pour l’été.

En attendant, nous vous invitons à consulter ses deux sites :
– celui dédié à la sculpture : https://krisgrafik.wixsite.com/sculptures/a-propos
– son tout nouveau site, celui-là dédié à la peinture :
https://krisgrafik.wixsite.com/peintures

 

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“Les Carnets de Harry Haller”, au Théâtre du Roi René

HARRY 2© Hervé Vallée

 

Allemagne. Un peu avant les années 30. Ce soir-là, il pleut. Des night-clubs s’échappent du piano les notes de Honeysuckle Rose du célèbre jazzman Fats Waller.

Harry Haller, écrivain, enfermé chez lui dans une solitude qu’il recherche autant qu’elle l’étouffe, cherche sens à sa vie et se désespère devant son absurdité. Poussé par un besoin d’échapper à son angoisse existentielle, il décide dans un élan de sortir de ses murs. L’effervescence de la ville le revigore jusqu’à stimuler son imaginaire.

Frédéric Schmitt incarne avec profondeur le personnage des Carnets de Harry Haller de Hermann Hesse dont il ne dénature aucune des pages qu’il nous rapporte avec beaucoup de receptivité. En complicité avec la salle à qui il se livre en toute transparence dans son intériorité, il nous entraîne dans sa déambulation nocturne à travers les rues et les ruelles où connecté pleinement à lui-même tout l’interpelle :  un escalier, des plantes, les lampadaires, des reflets dans l’eau, un mur, le goût d’un bon verre de vin, mais aussi un théâtre magique dont les lettres lumineuses rouges dansent pour mieux l’éclairer.

Frédéric Schmitt brise le quatrième mur, et derrière ses lunettes noires imposantes qui cachent des yeux verts, s’immobilise devant les spectateurs dont ils accrochent le regard.

Il n’hésite pas non plus à s’inviter au dernier rang dans un fauteuil pour mieux relater, la salle dos tournée, l’histoire d’Harry Haller.

Le comédien porte avec beaucoup de prestance et de variation dans les tons de voix, ce très beau texte dans un seul en scène à aller voir et qui donne envie de découvrir le roman pour ceux qui ne l’auraient pas lu.

Point faible : sa scénographie, pratiquement absente volontairement au début de la pièce, mais qui semble décalée et peu recherchée à certains moments.

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire
Du jeudi au samedi à 19h30 jusqu’au 7 mars 2020
Théâtre du Roi René
http://theatreduroirene.com/
12 rue Edouard-Lockroy
75011 Paris
Métro : Parmentier

théâtre roi réné

Extrait du roman des premières pages des Carnets de Harry Haller jusqu’au Traité du Loup des Steppes de Hermann Hesse
Mise en scène : Jean-Christophe Barbaud
Interprétation : Frédéric Schmitt
Lumière : Sophie Corvellec
Création graphique : Vincent Treppoz

 

“Cyrano” d’Edmond Rostand, au Théâtre le Funambule Montmartre

 

Cyrano comme vous ne l’avez jamais vu.

Sous le masque d’où dépasse un nez magistral, un roc, un pic, un perchoir à oiseaux se cachent tour à tour Iana-Serena de Freitas, Macha Isakova et Mathilde Guêtré-Rguieg qui campent chacune tous les personnages de la pièce (Cyrano, Roxane, Montfleury, le patissier Ragueneau, le beau Christian de Neuvillette, l’affreux et puissant comte de Guiche, La Duègne). Masquées, démasquées, remasquées, elles investissent le plateau mais aussi la salle du Théâtre du Funambule dans une aisance corporelle, revêtues de costumes commedia dell’arte qui font rêver.

Dans une ambiance feutrée aux bougies, le spectateur est transcendé par cette scénographie haute en couleurs, signée Bastien Ossart, où l’humour a sa place, entre autres quand Ragueneau explique avec facétie comment confectionner des tartelettes amandines et descend dans le public pour l’inviter à les manger, ou la vieille Duègne, chargée de surveiller Roxane, se trémousse dans une robe gonflante aussi laide qu’elle.

Du rire… de la tristesse, de l’émotion… qui atteint son apogée à la dernière scène.

Ces trois comédiennes talentueuses clament les vers dans une énergie  rendant littéralement vivants tous les protagonistes qu’elles incarnent.

Les alexandrins d’Edmond Rostand sont restitués avec originalité et brio. Bravo !

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

À partir du 2 février,
du mercredi au samedi à 19h ou 21h
et les dimanches à 15h30.

Mise en scène : Bastien Ossart
Avec Iana-Serena de Freitas, Macha Isakova, Mathilde Guêtré-Rguieg
Une production Théâtre Les Pieds Nus
& Le Funambule Montmartre
Lumières : & Le Funambule Montmartre
Funambule Montmartre
Une production Théâtre Les Pieds Nus
https://www.funambule-montmartre.com/cyrano
53, rue des Saules, 75018 Paris

#theatreparisien

 

 

“sspeciess” de Daniel Linehan (Hiatus), au Théâtre de la Cité internationale

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Le vent souffle fort sur la scène du Théâtre de la Cité internationale, ce jeudi 6 février. Cinq danseurs semblent sortir de la torpeur d’une nuit urbaine. Sous des néons à la lumière trop crue, ils se réveillent avec lenteur. Quand “l’une” d’entre eux, allongée près de son compagnon, lui révèle qu’elle a une vision : un oiseau entre deux nuages, puis surgit un écureuil, un chien, une lueur…

Les bruits stridents de la cité déchirent l’aube. Il est l’heure de se lever.
Cinq corps s’animent dans un mouvement de balancement comme soumis à l’apesanteur. Pendant une heure trente, dans une synergie commune, ils chancèleront, dodelineront, cahoteront, balleront bras, jambes, oscilleront comme des astres inéluctablement reliés entre eux et à la nature.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’homme inexorablement relié à son univers lui appartient, et se fond en lui comme les détritus qu’il génère et tapissent l’espace. À l’instar de la mer qui s’agite, s’approche et fuit dans un jeu de va-et-vient, Gorka Gurrutxaga Arruti, Anneleen Keppens, Victor Pérez Armero, Louise Tanoto et David Linehan se retouveront mêlés au creux de la vague dans un éternel recommencement.

L’obscurité prendra place : le spectacle est terminé.

C’est inspiré des écrits du philosophe et écologiste britannique Timothy Morton que le danseur et chorégraphe américain, Daniel Linehan (lui-même sur scène), a choisi d’en proposer une lecture par la “non-danse” et présente pendant deux jours “sspeciess” au Théâtre de la Cité internationale.

Il prolongera sa tournée, le 4 février 2020 : Théâtre de Liège, Festival Pays de Danses ; les 12 et 13 mars 2020 : La Filature, Mulhouse ; les 12 et 13 juin 2020 : Kaaitheater, Bruxelles.

Un chorégraphe à continuer de suivre..

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Théâtre de la Cité internationale
www.theatredelacite.com
17, boulevard Jourdan, 75014 Paris
Avec le festival Faits d’hiver

Concept & chorégraphie :
Daniel Linehan (Hiatus)
Dramaturgie : Alain Franco
Assistant artistique :
Michael Helland
Scénographie : 88888
Costumes : Frédérick Denis
Lumière : Gregory Rivoux
Son : Michael Schmid &
Raphaël Henard

Création & interprétation :
Gorka Gurrutxaga Arruti,
Anneleen Keppens, Daniel Linehan, Victor Pérez Armero, Louise Tanoto