La Femme rompue au Théâtre Hébertot

Seule dans le noir, personne ne l’avait vue sur la scène. Depuis combien de temps nous observait-elle ? Les rideaux étaient déjà ouverts.
La salle plongeant dans l’obscurité, une lumière jaune inonde un  lit aux draps orange. Là, dans un grand pyjama noir, sa chevelure blanche remontée dans un élastique, assise en tailleur, elle se tait.
Dans un soupir, elle se couche sur son matelas, respire, se retourne, ne sachant quelle position adopter. Ses pieds nus s’agitent.

Enfin, elle s’exprime. « Les cons ! » : le ton est donné pour 1h10 où Josiane Balasko seule en scène va brailler envers et contre tous, cette nuit de réveillon, ce qui la taraude et l’empêche de trouver le sommeil quand ses voisins du dessus se permettent de faire la fête.

Amère, aigrie mais parce qu’elle est aussi intègre – « Moi, j’étais droite, pure, intransigeante. Dès l’enfance, j’ai eu ça dans le sang de ne pas tricher » –, cette mère de famille va livrer ses souffrances, ses attentes non comblées, dans une franchise sans ambages.

Car des déboires, elle n’en manque pas. Non plus d’une rage de vivre que les autres ne pourront lui prendre quand la vie lui a retiré définitivement sa fille, son fils dont elle souhaite récupérer la garde et… l’amour.

Les mots de Simone de Beauvoir glissent avec naturel dans la bouche de Josiane Balasko qui rend fidèle ce texte intégré à une époque où la femme au foyer devait s’oublier au profit de son mari et de ses enfants sans parvenir à trouver sa place. Avec sensibilité, Josiane Balasko sait rendre ce récit touchant. On pourrait s’attendre cependant qu’il soit interprété avec plus de force. Un jeu d’actrice qui semble voulu par Hélène Fillières, la metteure en scène. Un petit regret quand on connaît l’énergie de Josiane Balasko qui aurait pu apporter à Monologue encore plus d’intensité émotionnelle et nous faire vibrer davantage.

Carole Rampal

D’après Monologue : un texte extrait de La Femme rompue de Simone de Beauvoir
Avec Josiane Balasko
Mise en scène : Hélène Fillières
Lumières : Éric Soyer
Costumes : Laurence Struz
Scénographie : Jérémy Streliski
Création musicale : Mako
Assistante à la mise en scène : Sandra Choquet

Depuis le 15 février 2018
Du mardi au samedi à 19h
Théâtre Hébertot
78 bis boulevard des Batignolles
75017 Paris
https://theatrehebertot.com/la-femme-rompue/

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Affaires courantes, au Théâtre de Belleville

Grandeur et décadence d’un grand patron d’industrie qui a réussi dans les affaires, mais dont la vie privée part en lambeaux.

Achille Harlay de Thou, patron cynique et sociopathe d’une transnationale d’essuyage industriel, dont le produit phare est le « papier toilette », est tellement puissant qu’il s’arroge tous les droits… manipuler, maltraiter, acheter tout et tout le monde, du moment qu’il en tire un profit.

Il faut dire que ses talents d’orateur et son chéquier lui facilitent grandement la tâche ; des ouvriers en grève à ces proches collaborateurs en passant par les propriétaires d’une maison qu’il convoite, il arrive toujours à ses fins. Tout a un prix, peu importe lequel !

Mais ce personnage odieux a une faille, une blessure secrète qui le dévore de l’intérieur et qui lui fera prendre une décision radicale.

Grâce à l’écriture de Xavier-Valéry Gauthier, d’une grande précision et d’une grande férocité, les comédiens sont convaincants et à l’aise dans cette critique d’une société ultracapitaliste et inhumaine. Mention spéciale à Brontis Jodorowsky qui joue de manière subtile un patron dénué d’empathie, qui ne sait pas comment gérer ses émotions les plus intimes.

La mise en scène qui utilise les ouvriers de l’usine pour modifier le décor en fonction des lieux où se situe l’action est une idée plutôt réussie.

C’est une pièce à voir car elles ne sont pas si nombreuses à montrer de façon aussi crue la réalité d’une société vue des deux faces d’une même « pièce » !

Armelle Gadenne


Texte :
Xavier-Valéry GAUTHIER
Mise en scène : Diane CALMA et Xavier-Valéry GAUTHIER
Distribution : Brontis JODOROWSKY, Juliette CROIZAT, Christophe LABAS-LAFITE, Marjorie de LARQUIER, Diane CALMA, Xavier-Valéry GAUTHIER, Manuel MARTIN

Théâtre de Belleville
94 rue du Faubourg du Temple
75011 Paris
http://www.theatredebelleville.com/programmation/affaires-courantes

Peer Gynt, d’après Henrik Ibsen, aux Bouffes du Nord

 

crédit © Gaële Simon

 

Qui es-tu Peer Gynt ?

Pas de réponse de la part du jeune vaurien sans cesse en représentation, chevauchant un renne imaginaire, enlevant une belle juste avant son mariage, négligeant sa vieille mère ; un jour marin, un autre star du rock…

Irina Brook, que le chef d’œuvre d’Ibsen a marquée quand elle était gamine, renoue avec l’émotion de son enfance en réunissant autour du projet un nombre impressionnant de talents.

D’emblée, on est surpris – et ravis – par ces musiciens qui occupent la scène, instrument en main, et qui changent en un rien de temps d’aspect, de costume, pour incarner un, deux, plusieurs personnages.

La musique rythme la vie de Peer Gynt et pas n’importe laquelle, une joyeuse, enlevée, rockeuse faite, entre autres, de morceaux choisis écrits par Iggy Pop.

La pièce de plus de deux heures vole de tableau en tableau, on est dans le foisonnant, dans le multiple, tout comme l’est le héros, jeune homme égoïste qui rêve de gloire, abandonne sa mère et vend son âme au roi des Trolls mais que le remords assaille parfois.

Un spectacle intense ou l’on suit Peer Gynt tantôt poète, tantôt abject, dans le monde du conte où la quête d’identité faite d’errements reste centrale.

Être soi-même, recherche philosophique inépuisable à laquelle répondait Antoine Vitez en citant Stanislavski, « Cherchez dans l’autre qui est en face de vous, car en vous-même il n’y a rien. »

Plûme

Jusqu’au 18 février au Théâtre des Bouffes du Nord
37 bis, boulevard de La Chapelle, 75010 Paris

Adaptation et mise en scène Irina Brook
Poèmes Sam Shepard
Chansons Iggy Pop
Chorégraphie Pascale Chevroton
Scénographie Noëlle Ginefri
Masques cile Kretschmar assistée de Sarah Dureuil
Lumière Alexandre Toscani
Assistant à la mise en scène Simon Courtois

Avec
Helene Arntzen, Frøydis Arntzen Dale, Diego Asensio,
Jerry Di Giacomo, Scott Koehler, Mireille Maalouf, Roméo Monteiro, Damien Petit, Margherita Pupulin, Pascal Reva, Augustin Ruhabura, Gen Shimaoka,
Shantala Shivalingappa et Ingvar Sigurdsson.

En tournée
Le 6 mars : Scène nationale, Narbonne
Les 9 et 10 mars : Théâtre Saint Louis, Pau
Le 13 mars : Théâtre Jean Vilar, Saint-Quentin-dans l’Aisne
Les 19 et 20 mars : La Coursive, La Rochelle
Les 22 et 23 mars : Théâtre Angoulême, scène nationale
Les 27 et 28 mars : L’Apostrophe, Cergy-Pontoise

 

Baby de Jane Anderson, au Théâtre de l’Atelier

Photo Baby

Dans une Louisiane des années 90, Wanda (Isabelle Carré) et Al (Vincent Deniard) ont déjà quatre enfants et en attendent un cinquième. En situation financière précaire, ils décident afin d’assurer à l’ensemble de la famille et à ce nouveau venu une meilleure qualité de vie de le faire adopter. Rachel (Camille Japy) et Richard (Bruno Solo), un couple aisé, issu du milieu du cinéma, passe une annonce pour avoir un bébé « blanc en parfaite santé ». Les deux couples prennent rendez-vous.

Dire qu’il s’agit de la rencontre de deux mondes serait trop facile. Le racisme, le puritanisme, les préjugés et les tabous se mélangent et nous font découvrir tour à tour, la face tantôt assumée tantôt cachée de chaque personnage. Nos convictions sont mises à mal sans que l’on s’y attende.

Les arguments et les faiblesses humaines des uns et des autres nous mènent habilement sur le sentier du débat mais nullement sur celui du jugement. La boussole de notre cœur s’affole sans vraiment savoir où est le nord. Y en a-t-il seulement un ? C’est d’ailleurs semble-t-il le vœu de Jane Anderson, l’auteure de la pièce, qui nous invite au recul et à la compassion : « Merci de porter sur eux un regard indulgent : ce ne sont pas des gens mauvais, mais simplement des âmes blessées, cherchant à travers cet espoir d’enfant, un salut. » Cette dramaturge américaine aux nombreux prix cisèle finement une histoire ô combien touchante, grâce à la profondeur de ses personnages. Elle reconnaît elle-même que s’ils sont fictifs ; la situation, elle, est bien ancrée dans la réalité des années 90 aux États-Unis.

L’adaptation de la pièce en France est merveilleusement bien menée par Camille Japi et la mise en scène d’Hélène Vincent met en lumière des comédiens dont la réputation n’est plus à faire. Bien que l’on regrette que l’interprétation de la femme enceinte, incarnée par Isabelle Carré, manque parfois d’un soupçon de réalisme, les acteurs, tous brillants, nous livrent une performance puissante et juste. On en ressort ému, en colère, touché ou dérangé mais pas indemne. On déguste cette pièce avec la même surprise de l’effet d’un bonbon sucré et doux qui révélerait au cours des minutes un goût piquant voire acide. Une mention spéciale à l’avocat de Rachel et Richard, interprété par Cyril Couton, qui équilibre délicieusement la pièce, la saupoudrant délicatement d’une touche de légèreté.

Si vous avez l’envie de voir une comédie dramatique profonde au cours de laquelle toute remise en question est possible, alors courez la voir !

Christel Haber

Baby.jpg
De Jane ANDERSON
Adaptation : Camille JAPY
Mise en scène de Hélène VINCENT
Avec Isabelle CARRÉBruno SOLOCamille JAPYVincent DENIARD et Cyril COUTON
Théâtre de l’Atelier
À partir du 19 janvier 2018

Du mardi au samedi à 21h00
Matinée le dimanche à 15h00

“Dans la peau de Don Quichotte”, au Nouveau Théâtre de Montreuil

Dom QUichotte HD

nouveau théâtre de Montreuil

Comment vous faire partager l’émotion, la joie, le bonheur d’avoir assisté à un tel spectacle ?

La Cordonnerie – qui revendique une création pluridisciplinaire – arrive sur scène avec armes et bagages : instruments de musique, trucages sonores, balais, vieille radio, seau, vélos, micros, vidéos, cinéma… La troupe nous présente sa mise en scène… directement sur scène.

Imaginez Don Quichotte réincarné dans la peau d’un bibliothécaire étriqué, chargé de numériser les livres, la veille du passage en l’an 2000… On craint le bug du changement de millénaire, mais c’est le bibliothécaire qui disjoncte !

« Dans un village de Picardie, dont j’ai oublié le nom… le chevalier à la triste figure » arpente les bois, les plaines portant secours à la veuve et l’orphelin (d’aujourd’hui).

Fidèle au livre de Cervantès, la troupe nous régale de morceaux choisis, où il est question de femme libre, de salarié exploité, d’éoliennes géantes…

Mais pas question que je vous raconte tout ce qui se passe sur scène pendant une heure et demie ! Non, je préfère vous laisser la surprise de savourer ce spectacle hors du commun, où le cinéma fait un clin d’œil au théâtre ; où l’imaginaire est rattrapé par le réel.

Courez-y vite, emmenez vos amis, votre familles, vos voisins !

Ne loupez pas ce joyau d’inventivité. D’ailleurs la salle ne s’y est pas trompée, elle qui applaudit à tout rompre ce spectacle total !

Plûme

Au Nouveau théâtre de Montreuil
10, place Jean-Jaurès, 93100 Montreuil
Jusqu’au 7 février tous les jours à 20h,
sauf les samedis à 19h relâche dimanche
puis du 8 au 10 fév à 19h

Avec Samuel Hercule, Timothée Jolly, Mathieu Ogier,
Philippe Vincenot, Métilde Weyergans (en cours)
D’après l’œuvre de Cervantès
Adaptation, réalisation, mise en scène Métilde Weyergans, Samuel Hercule
Musique originale Timothée Jolly, Mathieu Ogier

En tournée :
27 et 28 février 2018 : Théâtre de Villefranche-sur-Saône
7 et 8 mars 2018 : Le Granit – Scène nationale, Belfort
13 et 14 mars 2018 : Les 2 Scènes-Scène nationale de Besançon
4 au 6 avril 2018 : Comédie de Caen – Centre Dramatique National de Normandie
10 et 11 avril 2018 : Maison de la Culture de Bourges-Scène nationale/centre de création
4 au 6 mai 2018 : Théâtre Am Stram Gram, Genève (Suisse)
15 au 19 mai 2018 : Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon
25 mai 2018 : L’Apostrophe-Scène nationale Cergy-Pontoise et Val d’Oise/Théâtre de Jouy-le-Moutier
1er au 9 juin 2018 Théâtre de la Ville–Paris/Théâtre des Abbesses

Festival VIS-À-VIS, au Théâtre Paris-Villette

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L’année dernière, l’Iliade en 10 tableaux était interprétée par des détenus et connaissait un énorme succès (cf. chronique du 5 mai 2017 : https://dmpvd.wordpress.com/2017/05/05/iliade-au-theatre-paris-villette/).

Fidèle à son engagement, le Théâtre de la Villette a remis à l’honneur sur trois jours, les 26, 27 et 28 janvier, un festival de la création artistique en milieu carcéral.

La réussite de ce festival tient à un faisceau d’énergies : des propositions artistiques de qualité ; l’implication des personnes détenues, des partenaires institutionnels, associatifs et artistiques ainsi que l’engouement du public pour ces œuvres à part entière.

Ce samedi 27 janvier était sur les planches Fahrenheit 451, une rencontre artistique entre la Compagnie Zaï, le Studio Bretzel-Lab et la Maison d’arrêt des Hauts-de-Seine pour une création théâtrale, visuelle, sonore et marionnettique, librement inspirée du livre de Ray Bradbury et du film de Truffaut.

Petites maisons de bois, marionnettes, musique, texte… Tout a été fabriqué, inventé, créé par les détenus, sous l’œil bienveillants des artistes. Cela donne une pièce à la voix grave où il est question de livres, d’interdits et de libération. Ovation pour tous les acteurs !

En deuxième partie, changement de décor pour Les Flibustiers du Qlassik. Le quatuor à cordes de l’Orchestre de chambre de Paris accompagne le rappeur Ménélik et trois chanteurs-compositeurs du centre pénitentiaire de Meaux. Le mélange est réussi : les textes nous touchent, nous bouleversent, Bach, Philip Glass ou Purcell soutiennent la tristesse de ces hommes, eux qui ont trouvé les mots pour raconter leur peines. Un magnifique « Je me souviens » chanté en créole ; un bouleversant « je suis là, je ne suis pas là, je suis là-bas » ; un réaliste « Le clando et le clodo » et une phrase de rap qui résonne fort de cette expérience inédite : « Toute la mélancolie s’est manifestée quand j’ai entendu cette musique symphonique ».

Double exploit pour ces personnes détenues : approcher la musique classique et découvrir le rap. Là aussi le public n’a pas ménagé ses applaudissements à ce mélange étonnant et réussi des genres.

À bientôt pour de nouvelles créations !

Plûme

Fahrenheit 451
Mise en scène et ateliers de jeu : Arnaud Préchac.
Avec les participants détenus de la maison d’arrêt des Hauts-de-Seine.
Création visuelle et ateliers de marionnettes : Florence Garcia
Ecriture sonore et ateliers Son : Nicolas Judelewicz
Éclairage : Romain Le Gall.

Les Flibustiers du Qlassik
Violons : Franck Della Valle et Raphaël Aubry,
Alto : Claire Parruitte.
Violoncelle : Sarah Veilhan.
Chanteurs-compositeurs : Ménélik, Magicien, Zizou, Diabla, Medhi, Salem, Alfarock, Mozart.

Bientôt sur les planches au Théâtre Paris-Villette
Les Petites Reines (dès 10 ans)
d’après le roman de Clémentine Beauvais
Sur une adaptation de Justine Heynemann 
/ mise en scène de Rachel Arditi
du 1er au 11 février 2018

Le Garçon du dernier rang
de Juan Mayorga
Mise en scène de Paul Desveaux
Du 8 au 24 mars 2018

Mais aussi pour les plus jeunes
Dès 2 ans
Le Monde par la Cie Moteurs Multiples
Mise en scène de 
Lise Ardaillon / texte Sylvain Millio
du 15 février au 4 mars 2018

Dès 7 ans
Nuit blanche par la Cie HKC

Mise en scène Antoine Colno / texte Anne Rehbinder
du 21 février au 8 mars 2018

www.theatre-paris-villette.fr


 

 

 

“Hotel Paradiso”, au théâtre Bobino

Markus Michalowski et Hajo Schüler, les fondateurs du collectif Familie Flöz, ont été formés à l’école Folkwang, université d’arts libéraux située à Essen, en Allemagne, qui a notamment accueilli dans ses murs des artistes comme Pina Bausch, célèbre danseuse et chorégraphe allemande.

Leurs spectacles, qui allient principalement la danse, le mime, la musique et l’acrobatie, sont un hommage au cinéma muet. Chaque émotion ou attitude est jouée de façon appuyée jusqu’à rendre les situations cocasses, drôles ou émouvantes. Tout est prétexte à faire réagir le public et c’est réussi.

Les masques imaginés et réalisés par Hajo Schüler sont disproportionnés – grands nez, grandes oreilles – par rapport aux corps des comédiens qui sont comme des marionnettes douées de vie.

Hotel Paradiso est un spectacle plein de fraîcheur, extrêmement drôle et un rien loufoque, qui joue aussi sur le comique de situation et de répétition.

Comme son titre l’indique, l’histoire a lieu dans un hôtel quatre étoiles situé à la montagne et tenu par la famille Flöz. Elle est composée de la grand-mère qui joue beaucoup de sa canne, du frère et de la sœur qui se battent comme des chiffonniers pour en prendre la direction – cela donne lieu à de vilains tours de haut vol comme déchirer les nouveaux rideaux installés par la sœur ou casser les disques préférés du frère…, car la musique, et aussi la danse, sont très présents dans ce spectacle.

L’un des lieux centraux étant quand même « la cuisine », dont on ne voit que la porte et qui est occupée par le cuisinier à tête de cochon ou de veau… on ne sait pas trop, et son chien qui aboie dès que quelqu’un veut y entrer. Jusqu’au moment où les morts commencent à défiler de façon de plus en plus soutenue, y compris le chien, donnant beaucoup de travail en cuisine, à entendre la scie circulaire qui découpe les os.

Je vous invite à aller découvrir ce spectacle original et inventif où se croisent plus d’une quinzaine de personnages joués par seulement quatre comédiens, autant dire que le rythme est soutenu. Vous y croiserez d’autres héros ordinaires comme la femme de ménage cleptomane, amoureuse du fils de famille, et les clients de l’hôtel, tous aussi loufoques les uns que les autres.

Armelle Gadenne

Auteur : la Familie Flöz
Interprètes : Sébastien Kautz, Marina Rodriguez-Llorente, Thomas Rascher, Frederik Rohn, Hajo Schüler, Michael Vogel et Nicolas Witte
Réalisateur/Metteur en Scène : Michael Vogel

Du 16 janvier au 4 février 2018
Bobino
14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris
Tél. : 01 43 27 24 24
http://bobino.fr/?fiche=1167

 

“The Elephant in the Room”, au théâtre Bobino

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Le spectacle débute dans le salon fumoir de Miss Betty – le seul élément féminin de la troupe, mais à la personnalité aussi affirmée que celle de ses partenaires – qui vient tout juste de se marier. Éclairages tamisés, tableaux au mur, nous voici transportés dans le décor raffiné d’une belle demeure du début des années 1930. L’ambiance est à mi-chemin entre le cinéma muet et le cabaret burlesque. Trois personnages masculins – John Barick, le mari de Miss Betty (?), Jeune Bouchon, leur domestique, et Mr. Chance – vont faire irruption dans ce fumoir et tenter de conquérir à tour de rôle l’exigeante reine du bal. De son côté, la fausse ingénue œuvre dans l’ombre pour se débarrasser (au propre comme au figuré) de son encombrant conjoint.

L’intrigue n’est qu’un prétexte à une suite de scènes cocasses qui lorgnent du côté des comédies américaines en noir et blanc et à des tableaux d’un esthétisme revendiqué. Ainsi, certaines acrobaties telles que les pyramides humaines ne sont pas sans évoquer les compositions de Michel-Ange, avec leurs nudités sculpturales. La musique originale d’Alexandra Stréliski, à la fois légère et mélancolique, contribue parfaitement à la création de cet univers onirique.

Prouesses acrobatiques, danses et bagarres sont parfaitement maîtrisées et mâtinées d’esprit de dérision. Le quatuor excelle aussi bien dans le jeu théâtral et la danse que dans la pure performance physique – à noter, notamment, un époustouflant numéro de mât chinois –, chacun d’entre eux apportant sa touche singulière à l’ensemble. Une palme à Philip Rosenberg, alias Mr. Chance, qui se distingue par sa capacité à se livrer à des acrobaties particulièrement périlleuses avec une facilité déconcertante.

Ce soir-là (fêtes obligent), beaucoup de jeunes et très jeunes dans la salle, qui riaient et applaudissaient à tout rompre… Un signe que la qualité peut être partagée par le plus grand nombre.

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Charlotte Saliou
Avec : Lolita Costet, Grégory Arsenal, Philip Rosenberg, Yannick Thomas
Intervenant / Œil  extérieur : Raymond Raymondson
Chorégraphie, claquettes et adagio : Brad Musgrove
Musique originale : Alexandra Stréliski
Création costumes : Philip Rosenberg et Grégory Arsenal

Jusqu’au 7 janvier 2018

Théâtre Bobino
14-20, rue de la Gaîté
75014 Paris
http://bobino.fr/

MariaFausta, au théâtre de Nesle

Pochette ©GianmarcoVetrano

Pantalon et bottes de cuir, veste noire aux manches retroussées, MariaFausta, tout en sobriété, éclaire la scène de sa chevelure rousse et sa voix déchire l’espace pour nous emmener loin dans des vibrations où résonne l’émotion.

Elle chante, son violon calé contre sa joue, en parfaite harmonie avec son ami, son maître, Didier Lockwood, le grand violoniste de jazz. Pour ce concert exceptionnel, il est venu l’accompagner sur les compositions de son élève pour laquelle il ne tarit pas d’éloges.

MariaFausta – qui a plus d’une corde à son violon – connaît la musique… Elle est aussi chef d’orchestre. D’ailleurs la voilà au piano. Elle a convié des musiciens hors pair, ses amis, Matthieu Chazarenc à la batterie, Kevin Reveyrand à la basse et Olivier Ker Ourio à l’harmonica.

Ses pulsations, sa voix, son tempo, raconte son parcours hors normes qui l’a conduite de sa Sicile natale aux planches parisiennes en passant par la Suisse, au rythme du jazz et de ses exigences. A ne pas en douter, MariaFausta est exigeante, elle sait exactement ce qu’elle veut, et peut attendre treize ans pour obtenir d’être accompagnée à l’harmonica par l’un des plus grands.

Elle respire l’énergie de ceux qui connaissent leur sujet et sont portés par une passion qui vibre dans tout leur corps et s’exprime en musique et en chansons.

Sa voix monte, descend, se fait légère, grave, profonde, et ne laisse jamais indifférent. Elle incarne, tous vibratos dehors, la puissance de ses compositions.

Même si elle chante en anglais, elle traduit de temps en temps quelques passages ou nous en donne la teneur. Et alors, on se sent raccord avec ce qu’elle exprime, où il est question de rapports humains, de leur fragilité… où parfois seul le silence convient à ce qu’on voudrait dire.

Mais elle ne se tait pas… pour notre plus grand plaisir.

Aux applaudissements, elle répond en toute simplicité et on n’a qu’une hâte : la retrouver sur son album, Million Faces. Alors n’hésitez pas à l’écouter, vous ne serez pas déçu.

Plûme

Concert exceptionnel de MariaFausta le 10 décembre à 21 h 30,
au Théâtre de Nesle
avec :
Didier Lockwood au violon,
Matthieu Chazarenc
à la batterie,
Kevin Reveyrand à la basse
et Olivier Ker Ourio à l’harmonica

Le nouvel album Million Faces est sorti le 12 novembre 2017.
« Look Over » (single)
https://www.youtube.com/watch?v=xU1Vpz3RJU0

 

 

“Le Rap est une littérature”, à l’Institut du monde arabe

 

Joli titre pour un programme qui ne l’était pas moins… Marier l’énergie brute du rap avec la poésie ciselée de grands auteurs tels que Changhor, entre autres, c’était le pari audacieux (et réussi) de la Maison de la poésie, ce 15 novembre, dans le cadre du festival Paris en toutes lettres. L’autre pari, c’est Issam Krimi, pianiste, compositeur et producteur, qui en a eu l’idée : convier les rappeurs Sadek et S. Pri Noir à interpréter textes et chansons, accompagnés par un piano, un quatuor à cordes ainsi que par le DJ Dtweezer.

Dans l’auditorium de l’Institut du monde arabe, calés dans leurs confortables fauteuils « business class d’Air France » (pour reprendre les termes de Sadek), les jeunes spectateurs bouillonnaient d’enthousiasme. Visiblement, ils connaissaient les lascars et leurs chansons sur le bout des lèvres : notamment, « La Vache », « Petit Prince », de Sadek, et « La Nuit », de S. Pri Noir. Après un démarrage un peu hésitant – le quatuor à cordes couvrait trop la voix de Sadek, qui était inaudible –, le spectacle a décollé, nous entraînant dans un univers original et captivant. L’interprétation de S. Pri Noir, au phrasé impeccable et à l’indéniable présence sur scène, m’a plus marquée que celle de Sadek, qui jouait la carte de la provocation. J’ai été aussi plus sensible à son univers, sortant un peu des clichés habituels du rap pour parler avec des mots percutants de la famille, de la politique (ou plutôt du non-engagement), du racisme, etc.

Les morceaux joués au piano ou par le quatuor à cordes ont apporté une touche de douceur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié la lecture des textes ponctuant le spectacle, qui a ajouté « quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ». Dommage que l’on n’ait pas jugé bon de citer leurs auteurs, cela n’aurait pourtant pas nui à la qualité de l’ensemble.

Une initiative originale à saluer… et à renouveler !

Véronique Tran Vinh

Jusqu’au 20 novembre 2017
Festival Paris en toutes lettres
À la Maison de la poésie et dans d’autres lieux
Le programme ici :
http://www.maisondelapoesieparis.com/

A écouter :
S. Pri Noir, Ensemble, Believe Rec, 2016.
Sadek, Violent, Vulgaire et Ravi d’être là, Industreet music, Rec. 118, Warner Music, 2017.

“Ex anima”, au théâtre Zingaro

© Marion Tubiana

Une ode au dieu cheval

Dépouillement, c’est le premier mot qui vient à l’esprit en voyant ce spectacle de Bartabas. Pas de cavalcade effrénée, pas de numéro de voltige spectaculaire comme l’artiste nous y a habitués. Non, pour cette (ultime ?) représentation, on découvre le cheval à l’état brut, dans toute sa primitive beauté et sa majesté. Comme si Bartabas, en lui rendant hommage, était guidé par le besoin d’aller à l’essentiel.

D’entrée de jeu, le ton est donné. Des chevaux s’ébrouent devant nous sur la piste. Ils se couchent, se roulent par terre et se redressent avec grâce. En toute liberté, ou presque. Vêtus de noir de la tête aux pieds, les dresseurs ne sont que des ombres discrètes au service de l’animal.

Le son des instruments à vent (allusion à l’anima, le souffle de l’âme ?) vient rythmer harmonieusement les apparitions des chevaux : flûtes de Chine, d’Irlande, d’Inde du Nord et du Japon. Des percussions aussi. Le bruit de la pluie qui tombe, les cris des animaux qui se répondent. Des nuées de brume envahissent soudain la scène, les silhouettes des équidés composent des tableaux d’une beauté onirique. Nous voici plongés avec eux au cœur de leur nature sauvage. En état de grâce.

Étrangement, ce dépouillement rend les chevaux très proches de nous : à la fois sensibles, chamailleurs, joueurs, travailleurs. Un cheval qui marche sur une poutre, un autre qui s’élève dans le ciel… on retient son souffle, en mesurant toute la virtuosité du dressage. Et la nécessaire symbiose entre l’animal et l’homme.

Dans ce nouvel opus, Bartabas montre son animal fétiche sous différentes facettes : le cheval au service de l’homme (tirant une charrue), le cheval à l’état sauvage (jouant, seul ou à plusieurs) mais, surtout, le cheval sanctifié, élevé au rang de demi-dieu. Comme le dit le metteur en scène écuyer à propos de son théâtre : « […] ici, le spectacle est un rituel, la musique une vocation, et l’amour des chevaux une religion… »

Une très belle cérémonie qui s’achève, comme il se doit, par le son de cloches d’une église après la messe.

Véronique Tran Vinh

Conception, scénographie et mise en scène de Bartabas
Musique originale : François Marillier, Véronique Piron, Jean-Luc Thomas, Wang Li
Avec, dans leur propre rôle : les trente-six chevaux de Zingaro

À partir du 17 octobre
À Zingaro Fort d’Aubervilliers
Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20 h 30, dimanche à 17 h 30
Réservation : 01 48 39 54 17
http://bartabas.fr/theatre-zingaro/

 

“Cirkopolis”, au 13e art

 

©Patrick Lazic

Le cirque canadien Eloize et sa troupe d’artistes pluridisciplinaires (cirque, danse et théâtre) débarquent pour la première fois à Paris !

Dans un décor évoquant à la fois Metropolis et Les Temps modernes, des employés de bureau, vêtus d’impers gris à l’identique, d’abord robotisés – comme semblent le suggérer leurs allées et venues saccadées et les roues de machines omniprésentes –, vont laisser peu à peu éclater leur individualité et leur joie de vivre. Après une mise en place un peu longue, des tableaux éblouissants de performance se succèdent et, notamment, un très beau solo de danse dans un cerceau, une démonstration d’un virtuose du diabolo (discipline de la jonglerie) et un numéro de mât chinois avec deux acrobates époustouflants.

Ce show “à l’américaine” a indéniablement de l’énergie à revendre… un peu trop peut-être. Musique grandiloquente, chorégraphies très rythmées, prouesses physiques : on en prend plein les mirettes, parfois un peu au détriment de l’émotion. Ainsi, en regardant la danse du comédien avec le portemanteau, on ne peut s’empêcher de songer à la poésie qu’un Charlie Chaplin aurait insufflée à cette scène. On peut aussi regretter que le spectacle paraisse un peu décousu, faute de fil rouge entre les différentes séquences.

Malgré ces quelques réserves, on se laisse entraîner par le rythme effréné des numéros et la fantaisie de cette troupe de jeunes artistes plus doués les uns que les autres. Une palme spéciale aux acrobates danseuses – dont une contorsionniste exceptionnelle – qui conjuguent grâce et virtuosité.

Attention, énergie contagieuse ! N’hésitez pas à y aller en famille, qui sait ? vous susciterez peut-être des vocations…

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Jeannot Painchaud, Dave St-Pierre
Production : Juste pour rire et Cirque Eloize

Jusqu’au 29 octobre
Le 13e Art
au Centre Commercial Italie 2 dans le 13e.
Du mardi au samedi à 21 h
Le mercredi et le samedi à 16 h également
Le dimanche à 15 h
http://www.le13emeart.com/les-evenements/cirque-eloize-cirkopolis/

“Noces”, au théâtre Rive Gauche

« Nous marchons à la rencontre de l’amour et du désir. Nous ne cherchons pas de leçons, ni l’amère philosophie qu’on demande à la grandeur. »
« Qu’est-ce que le bonheur, sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène. »

Ces noces, ce sont celles d’Albert Camus avec le site romain de Tipasa et avec tous les paysages de son enfance algérienne, c’est une communion totale et érotique avec le soleil et la mer. Noces à Tipasa – mon texte préféré, avec La Mer au plus près – est empreint d’une sensualité magnifique, c’est un hymne païen à la beauté de la nature, mais c’est aussi un éloge de la contemplation – et c’est là sa force – qui nous invite à plonger au fond de nous-mêmes pour réfléchir à notre rapport au monde en tant qu’hommes. L’exil, la révolte, la mort… et à l’opposé, le désir, le bonheur, la présence au monde… autant de thèmes chers à Camus que l’on trouve dans le recueil Noces, suivi de L’Été.

Michel Voïta s’empare de ces textes, se les approprie et fait littéralement corps avec eux, allant parfois jusqu’à mimer les sensations qui l’habitent : l’eau qui glisse le long de son corps, le souffle du vent qui le traverse… Avec un grand respect pour l’auteur, il réussit à nous restituer le souffle lyrique et l’ampleur du verbe de Camus, dans un exercice de haute voltige.

Ne serait-ce que pour la beauté des mots et la profondeur de la pensée de l’écrivain – encore si actuelle – , ce spectacle est indispensable.

Véronique Tran Vinh

Texte d’Albert Camus
Adaptation et mise en scène de Michel Voïta
Avec Michel Voïta

À PARTIR DU 27 SEPTEMBRE 2017
Le mercredi à 19 h
Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté
75014 Paris
http://www.theatre-rive-gauche.com/a-l-affiche-noces.html

 

 

“Anne Baquet, soprano en liberté”, au Lucernaire

DMPVD : THÉÂTRE – SPECTACLES – CULTURE

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi…

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Enfin vieille ! au BO Saint-Martin

Une jolie brune qui parle à son doudou, ce n’est pas banal, et le doudou qui répond, ça l’est encore moins. Et pourtant, Laura Elko, seule en scène, discute et obéit à ce bout de marionnette bleue qui lui ordonne de faire le bilan de sa vie à 30 ans.

Tout y passe, vie professionnelle, amoureuse… sans oublier les concours ratés de danse et de piano quand elle avait 9 ans, tout ça raconté avec beaucoup d’humour. Dans cet échange, la petite voix de sa conscience lui démontre qu’elle est dans l’erreur et qu’il est temps de prendre une autre direction.

Si ce doudou a la parole, c’est que Laura Elko lui prête ses cordes vocales sans remuer les lèvres… Et de ses cordes vocales, elle sait – ô combien ! – en faire usage. Vous l’aurez compris, Laura Elko est ventriloque mais aussi chanteuse d’opéra, et bien d’autres choses encore. Cette comédienne étonnante nous emporte de tranche de vie en tranche de vie (la sienne mais aussi un peu la nôtre).

On rit beaucoup, on applaudit souvent à ce one-woman-show original. Avec elle, inutile de vous recroqueviller sur votre siège, elle vient vous chercher, vous apostrophe et parfois vous fait monter sur scène. Gonflée à bloc, pétillante, elle convoque la seule qui ne soit pas dans la salle, sa grand-mère, femme hongroise fantasque et libre qui, au soir de sa vie, prononce la phrase-titre : « Enfin vieille ! » Comme une invitation à prendre sa vie en main et donner de la voix, qu’elle a belle, comme sa grand-mère.

Venez donc passer un moment joyeux, original et intelligent avec une trentenaire talentueuse qui trace sa route loin des sentiers battus.

Plûme

Auteur et artiste : Laura Elko
Metteur en scène : Trinidad
En juin, tous les jeudis à 20 h
BO Saint-Martin
19, bd Saint-Martin
75003 Paris
http://www.theatrebo.fr/LAURA-ELKO_a330.html

Et au Festival d’Avignon
du 7 au 30 juillet (relâche les mercredis)
BO Avignon
Novotel centre – salle 2 (84)