Spécial Avignon : “Oh Oh”, au Théâtre du Chêne noir

©Compagnie Baccalà

Comment vous parler d’un tel spectacle ?

Sans un mot, uniquement dans la gestuelle que manient si bien les clowns, les voilà tous les deux sur scène. Un couple pas comme les autres, fagotés de gris et de rouge. Elle en jupe rouge et lui en chemise rouge, tout en harmonie de contraires, le couple se taquine, se survole, s’élève, retombe… aidé d’une simple échelle en corde, de musique et d’un brin de fantaisie bien entretenue.

Les deux clowns, Camilla Pessi et Simone Fassari, sont un peu acrobates, un peu musiciens, un peu danseurs… ou plutôt équilibristes, artistes, mimes, comiques.

Avec peu de moyens, leur spectacle est une vraie réussite car ils possèdent un réel sens du burlesque où n’importe quelle situation se transforme, grâce à une alchimie de détails, en un moment désopilant.

Tout ça pour vous dire qu’assister à leur spectacle vaut vraiment le déplacement, qu’on y rit, qu’on y rêve et qu’on s’y élève loin de tout ce que l’on connaît dans le genre.

Plûme

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Jusqu’au 28 juillet, tous les jours à 14 h 30 (relâche les 16 et 23 juillet)
Théâtre du Chêne noir
8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon

De et avec Camilla Pessi & Simone Fassari
Mise en scène : Valerio Fassari & Louis Spagna
Aide à la recherche artistique : Pablo Ariel Bursztyn
Musique : Antonio Catalfamo
Création lumière : Marco Oliani
Création des costumes : Fleur Marie Fuentes
Costumes supplémentaires : Ruth Mäusli
Technique aérienne : Françoise Cornet
Management : Kate Higginbottom
Production : Compagnia Baccalà
En coproduction avec : Teatro Sociale Bellinzona & Quai des Arts Rumilly

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“Blanche Neige”, à la Grande Halle de la Villette

Blanche Neige-Jean-Claude Carbonne CMJN

©Jean-Claude Carbonne

Ce ballet, créé en 2009 et magistralement interprété par les 24 danseurs de la compagnie Angelin Preljocaj, se veut une « parenthèse féérique et enchantée » dans l’œuvre du chorégraphe d’origine albanaise. Durant 1 h 50, nous sommes happés par la magie des décors de Thierry Leproust, le lyrisme de la musique de Malher et la beauté de la chorégraphie.

Au-delà du célèbre mythe des frères Grimm, Preljocaj nous offre une version de Blanche Neige très charnelle, ancrée dans la réalité : parcours initiatique d’une jeune fille qui devient femme pour Blanche Neige, poursuite de l’éternelle jeunesse et lutte pour la conserver pour sa marâtre.

Certaines scènes frappent particulièrement par leur créativité, comme celle où les sept nains (des mineurs de fond !) semblent jaillir d’une falaise abrupte où ils effectuent un surprenant ballet en suspension ; ou encore, celle où la marâtre poursuit Blanche Neige pour lui enfoncer la pomme dans la gorge, avec un sadisme non dénué de volupté. De même, la scène où le prince désespéré danse avec Blanche Neige, présumée morte, captive.

Les costumes de Jean Paul Gaultier apportent leur touche incongrue à l’univers de Preljocaj et contribuent à sublimer le corps des danseurs. Ah ! la tunique de Blanche Neige hardiment fendue sur les hanches… et le pantalon orange à bretelles du prince (clin d’œil au style Gaultier des années quatre-vingt dix !), sans oublier la tenue de la marâtre, très réussie, à mi-chemin entre celle de Madonna et d’une dominatrice sexy.

Mirea Delogu, dans le rôle de Blanche Neige, fait preuve d’une belle expressivité dans la danse. Face à elle, Cecilia Torres Morillo, d’une sensualité redoutable, campe une marâtre aussi fascinante que maléfique, prête à tout pour conserver sa jeunesse et sa beauté. Les scènes où elle apparaît, escortée par ses deux chats (telle Catwoman) ou face à son miroir, sont d’une grande force dramatique.

En résumé, un spectacle plein de créativité et de sensualité, porté par une chorégraphie enlevée, qui permet de parler aux petits comme aux grands, et qui nous prouve, si besoin était, que Blanche Neige est un conte très actuel.

Véronique Tran Vinh

Chorégraphie Angelin Preljocaj
Costumes Jean Paul Gaultier
Musique Gustave Mahler – Musique additionnelle 79 D
Décors Thierry Leproust
Lumières Patrick Riou
Avec Mirea Delogu (Blanche Neige), Redi Shtylla (le prince), Cecilia Torres Morillo / Anna Tatarova (la reine), Sergi Amoros Aparicio (le roi), Margaux Coucharrière, Manuela Spera (les chats).
Création 2008 – Chorégraphie primée aux Globes de cristal 2009.

Du 5 au 8 juillet 2018
Grande Halle de la Villette
https://lavillette.com/evenement/angelin-preljocaj-blanche-neige/#utm_source=blog&utm_medium=DMPVD


Fin de journée aux Langagières, au TNP Villeurbanne

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Dernier jour, dernières heures… Samedi 2 juin, petits moments croqués à pleines dents par une amoureuse des langues.

Tout d’abord lecture de poèmes et pensées en archipel, aujourd’hui présentation de la revue États provisoires du poème, le numéro 17 est consacré au Japon.

Sur scène, Jean-Pierre Siméon, l’un des créateurs des Langagières et Benoît Reiss, co-directeur de Cheyne Éditeur, deux piliers de la revue. L’un jouant les Candide et demandant à l’autre, qui a travaillé dix ans au Japon, pourquoi appelle-t-on ce pays « monde flottant ».

Embarras, flottement… parce que ce sont des îles. Tout de suite déferle la vague d’Okusaï dans mon cerveau, eh bien oui, c’est ça ! Cette définition me va.

Sur scène, deux comédiens, feuilles chargées de poèmes sur pupitre, et voilà notre monde flottant qui surgit. Yves Bressiant et Fany Buy lisent (et c’est bien plus que ça), se répondent, enchaînent haïkus et impressions au soleil levant. La poésie est là, qui palpite de beauté, chuchotée, clamée, scandée.

Je plonge dans un onsen (bain japonais) avec Benoît Reiss et sa petite fille et je tends l’oreille pour saisir quelques notes du chant des grenouilles, venu du fond de la terre. Je suis la flèche que Jean-Pierre Jourdain pourrait peut-être un jour tirer…

J’écoute la colère du poète Ôoka Makoto :
Alors mes camarades
Messieurs les poètes
à nous aussi d’un cœur tranquille
de nous y mettre et de remplir dans son entier
d’un geste sûr la carte de la poésie

 Sans transition, le temps de monter plusieurs volées d’escalier au pas de course et me voilà langue pendante à devoir exercer mes papilles.

Vin blanc, fromage de chèvre m’attendent pour une première dégustation.

Voilà qui colle, si on peut dire, à la langue dans tous ses états…

Un fromager et un caviste, Benoît Charron et Jean-françois Bernard venus en voisins, nous entretiennent de leur passion… instant suspendu entre croûte riche, pâte molle et effluves biodynamiques…

Passage par le hall, où jeunes et moins jeunes montent sur la scène de la brasserie partager une tranche de vie slamée et le marathon des Langagières continue.

Grand tour de l’Afrique racontée et chantée avec l’orchestre Soro Solo pour le bal de clôture. Aux rythmes effrénés, je me trémousse et je transpire dans le dernier bain de langues de la saison.

Aperçu d’une fin de journée aux Langagières (il y en douze), histoire que l’année prochaine, vous vous précipitiez sur le programme du TNP Villeurbanne sans hésitation.

À bientôt !

Plûme

TNP Villeurbanne
8, place Lazare-Goujon
69627 Villeurbanne Cedex
https://www.tnp-villeurbanne.com/

 

“La Fiesta”, à la Villette

 

 

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©Jean-Louis Duzert

« Je crois que la fête est à la fois l’expression et la nécessité de ma culture. » Dans sa dernière création, qui a fait sensation au dernier festival d’Avigon, Israel Galván évoque ce moment précis et codifié du spectacle flamenco au cours duquel les artistes sonnent le final en changeant de rôle (fin de fiesta).

La Fiesta, c’est d’abord et avant tout une histoire d’amitié et une histoire de troupe. Des femmes et des hommes qui partagent la même passion pour la culture flamenca et la musique au sens large. La participation d’une chanteuse venue d’ailleurs qui « s’exprime » dans plusieurs langues, d’une étrange violoniste et d’un ensemble byzantin (à la musique magnifique) en témoigne. Tout cela forme un ensemble furieusement iconoclaste.

Dans ce spectacle, il est question de sons plutôt que de musique à proprement parler, des sons produits avec la voix, mais aussi avec la bouche, les mains, et même les pieds. Il est question aussi du chaos, du sacré, et comme le sous-entend le titre, du sens de la fête présent partout en Espagne. Et évidemment, une fête ne se fait jamais seul…

Ici, pas de scénographie réglée au millimétre, mais plutôt un bouillonnement de vie, des tables qu’on renverse pour danser dessus, des coquillages qu’on s’amuse à jeter en l’air ou à piétiner allègrement, des défis que l’on se lance à travers la maîtrise des voix et des corps.

Même si l’on est parfois un peu déconcerté, on se laisse happer par le rythme de la danse, le rythme de la vie. Parfois, cela ressemble à une longue transe comme dans le ballet final – véritable morceau de bravoure – où le maître sévillan évolue au milieu de sons qui évoquent la semana santa (cris, pleurs, prières…).

C’est ce bordel, cette effervescence, cette fratrie liée par une culture artistique très forte qui donnent envie d’entrer dans la fête à notre tour… n’en déplaise aux esprits chagrins. Que viva la fiesta !

Véronique Tran Vinh

Jusqu’au 11 juin 2018
Grande halle de la Villette, dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre de la Ville
Tous les jours à 20 h 30, sauf dimanche à 16 h
https://lavillette.com/evenement/israel-galvan-la-fiesta/#utm_source=blog&utm_medium=DMPVD
Toute la programmation de la Villette ici :
https://lavillette.com/agenda/

Conception, direction artistique, chorégraphie Israel Galván
Direction musicale Israel Galván et Niño de Elche
Avec Eloísa Cantón, Emilio Caracafé, Israel Galván, El Junco, Ramón Martínez, Niño de Elche, Alejandro Rojas-Marcos, Alia Sellami, Uchi et le Byzantine Ensemble Polytropon
Dramaturgie Pedro G. Romero

“Rien à dire”, au 13e Art

©Alejandro Ardilla

« C’est quoi l’utilité du clown ? Quels sont ses matériaux ? La fonction du clown est de créer un “trou”. Pour regarder l’humanité d’une façon différente. Ses matériaux sont : l’empathie, la surprise, le rire. C’est un espace entre l’optimisme et la nostalgie, d’où peut jaillir la beauté. La poésie. » Leandre Ribera

Artiste catalan issu du spectacle de rue, Leandre Ribera a peaufiné Leandre clown dans Rien à dire au fil des années jusqu’à en faire ce pur moment de drôlerie, de poésie et d’humanité.

Utilisant le mime et l’acrobatie, il prend littéralement son public par la main pour l’emmener dans son imaginaire, et ça marche. Tout le monde joue le jeu avec enthousiasme et bonne humeur, y compris les spectateurs qu’il invite sur scène pour en faire des acteurs à part entière de son histoire. Son adaptabilité et la subtilité de son jeu rendent très intéressante et touchante la façon qu’il a d’accueillir avec douceur et bienveillance le jeu de l’artiste en herbe avec qui il a choisi de jouer une partition. Il a l’art de solliciter et de libérer son acolyte d’un moment sans dire un mot, en se servant juste de son corps, avec un naturel désarmant.

Lorsque le public arrive dans la salle, il découvre une scène meublée de bric et de broc comme si le maître des lieux était en rupture avec la société et tentait de recréer un semblant de foyer. Les meubles de récup, de guingois, sont prétexte à des sketches hilarants. Il y a notamment une table à trois pieds, une commode aux tiroirs sans fond… et surtout, une armoire hantée remplie de chaussettes. Car les chaussettes jouent un grand rôle dans l’histoire que nous propose ce clown tendre et attachant.

Mais chut ! J’arrête là ma chronique et vous invite à aller découvrir ce spectacle original dans lequel chacun peut jouer un rôle, rire et se lâcher. C’est une belle rencontre avec les autres et surtout avec un comédien délicieux et tellement créatif.

Armelle Gadenne

Jusqu’au 20 mai 2018
Mise en scène :
Leandre clown ou Leandre Ribera
Scénographie : XescaSalvà
Lumière : Marco Rubio
Composition musicale : Victor Morato
Prix de Circ Ciutat de Barcelona 2014
Prix de Circ de Catalunya meilleure mise en scène 2014

Théâtre le 13e Art
Place d’Italie
75013 Paris
Tél. : 01 53 31 13 13
www.le13emeart.com

En tournée :
MAI

Du mardi 22 au vendredi 25 : Festival Mai-Li-Mai-Lo – CHATEAU ARNOUX – Saint-Auban (04)
Samedi 26 : Mur à gauche – SAINT-MARTIN-DE-SEIGNANX (40)

JUIN
Samedi 8 : Kaldearte – VITORIA( ES) – Version rue
Vendredi 15: Sous châpiteau – PITRES (27)
Samedi 16: Festival Vassy fait-moi rire – VALDALIÈRE (14)

JUILLET
Vendredi 6 : Festival Vie à la Rue – BORDEAUX – rue
Samedi 7 : MÉRIGNAC – rue
Samedi 28 : Un p’tit Air de Festival- LOURNAND (71) – Version rue

 

 

 

“La Conférence des oiseaux”, à l’Athénée

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© Pascal Chantier

Oiseaux négligents, il faut partir ! Volez ! Volez !
Sous les imprécations de la Huppe, personnage central de ce poème lyrique, des myriades d’oiseaux s’apprêtent à s’envoler pour un long voyage destiné à rejoindre leur roi, le mystérieux Simorgh. Ils hésitent, se consultent, puis renoncent. Vont-ils enfin se décider à prendre leur envol ?

La scène du théâtre de l’Athénée bruit de cris étranges, d’interpellations, de battements d’aile… Même si les oiseaux en question ne sont que des comédiens, interprétés avec talent par Lucas Hérault (qui joue des rôles multiples) et les musiciens de l’ensemble 2e2m. Leurs hochements de tête, leur regard de côté, leur démarche sautillante évoquent à merveille les différentes espèces : le hibou, le paon, le faisan, la perdrix (celle-ci est particulièrement drôle !)

Les costumes s’ouvrent, se déplient, suggérant ici des ailes, là une crête… Ainsi, en jouant simplement avec le plissé de sa jupe, la soprano Raquel Camarinha, (magistrale), se transforme en La Huppe, l’oiseau mythique au plumage chamarré, qui émet d’étranges onomatopées (houp-oup-oup).

La musique contemporaine, signée Michaël Levinas, volontairement dissonante, contribue à rendre cet univers inquiétant. Sons tour à tour stridents, graves, métalliques. Sifflements, claquements, bourdonnements. Nous voilà décontenancés, emportés par le son tournant. Propulsés hors de nos références habituelles, et en même temps, envoûtés.

La voix grave de Hervé Pierre, le narrateur, nous entraîne dans l’univers onirique du poète soufi Fardi Al-Din Attar, daté du XIIe siècle. La mise en scène de Lilo Baur, pleine d’inventivité, souligne l’intemporalité du texte. Que signifie cette quête des oiseaux ? Qui est ce Simorgh que la Huppe exhorte les oiseaux à rejoindre pour un voyage initiatique ? Existe-t-il vraiment ?

Ce poème philosophique – monté par Peter Brook en son temps – n’en finit pas de nous surprendre et de nous interroger sur nous-mêmes. Alors, volez à tire-d’aile pour assister à ce spectacle d’une grande richesse sonore et visuelle.

Véronique Tran Vinh

Livret Michaël Levinas
d’après un conte persan de Farid Al-Din Attar dans l’adaptation de Jean-Claude Carrière 
Musique Michaël Levinas
Mise en scène  Lilo Baur
Direction musicale Pierre Roulier
Avec l’Ensemble 2e2m, Raquel Camarinha (La Huppe), Lucas Hérault (Les Oiseaux), Hervé Pierre, sociétaire de la Comédie-Française (Le narrateur)

Mardi 10 avril et mercredi 11 avril

Athénée Théâtre Louis-Jouvet
7, rue Boudreau
75009 Paris
http://www.athenee-theatre.com/saison/spectacle/la_conference_des_oiseaux.htm

 

#Hashtag 2.0, à Bobino

 

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Quand Pokemon Crew, collectif lyonnais de jeunes danseurs de breakdance – rien de moins que champion de France, d’Europe et du monde dans le circuit des battles, et invité en résidence à l’Opéra de Lyon – s’empare de la scène de Bobino, il met le feu avec ses figures de haut vol alternant avec des chorégraphies contemporaines très maîtrisées.

Avec ce neuvième spectacle, le chorégraphe Riyad Fghani entend dénoncer avec humour la toute-puissance du numérique et des réseaux sociaux. Regards rivés sur leur écran, obnubilés par les tweets et les selfies, ses personnages en oublient de regarder le monde qui les entoure.

Exit le rap, trop convenu, le choix musical est éclectique, passant allégrement de la musique contemporaine au jazz et au flamenco. À noter, un ballet flamenco détonnant, où les corps semblent irrésistiblement attirés vers le sol, contrairement au flamenco traditionnel.

Les chorégraphies de groupe sont particulièrement réussies, jouant sur les complémentarités techniques et physiques des danseurs. Ceux-ci – dans l’ensemble de corpulence plutôt fluette – réalisent d’étonnantes prouesses. La coupole, la vrille, le spin… à chacun sa figure et à chacun son style. Les danseurs enchaînent les acrobaties avec une fluidité et une énergie déconcertantes. Corps désarticulés, twerk (mouvement de hanches accentué de manière provocante), la gestuelle est exagérément expressive et empreinte d’humour.

Au-delà de l’exploit physique, la bonne humeur et l’énergie de la troupe sont contagieuses. En témoignent les interactions sur scène de Riyad Fghani avec ses danseurs ou les performances finales individuelles, où chaque artiste se donne à fond, provoquant les applaudissements enthousiastes du public.

Ce soir-là, beaucoup d’ados et de plus jeunes étaient venus accompagnés de leurs parents, ce qui prouve que le langage de la danse peut, parfois, être fédérateur… on like sans modération !

Véronique Tran Vinh

Pièce chorégraphique pour 9 danseurs (Pokemon Crew)
Direction artistique Riyad Fghani
Création lumière Arnaud Carlet
Création musicale Flavien Taulelle / DJ Duke
Création vidéo Angélique Paultes
Création costumes Nadine Chabannier

Jusqu’au 31 mars 2018
Du mercredi au dimanche à 19 h
Bobino
14-20, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tél. : 01 43 27 24 24
http://bobino.fr/?fiche=1097

 

“Emma mort, même pas peur”, à Bobino

 

Crédit photo : Pascal Gély

Et si au lieu d’éviter l’inéluctable, on essayait d’apprivoiser la mort, de s’y préparer, de la regarder en face ? Peut-être qu’on aurait moins peur ? C’est le postulat de départ du spectacle d’Emma la clown qui se propose d’aborder ce sujet éminemment grave à sa manière, sensible et décalée. Une drôle de clown, en chemise et cravate, jupe plissée informe et démarche maladroite, qui va faire sa « répétition finale » devant nous.

Tout commence donc par la liste des « choses pratiques » qu’Emma règle avant son grand départ dans l’au-delà. D’abord le testament, qui donne lieu à des plaisanteries savoureuses avec les spectateurs et spectatrices des premiers rangs. Puis l’autopréparation corporelle. Ensuite, les demandes de pardon. L’objectif étant d’entrer dans son cercueil sans peur ni regrets.

Pas si facile de se coucher dans le cercueil qui l’attend, là, sur la scène, impressionnant par sa taille et sa symbolique. Alors, comme les enfants, Emma fanfaronne, plaisante, gambade, s’agite. Histoire de nous convaincre que ce n’est qu’un mauvais moment à passer. D’ailleurs, regardez son doudou (son double en chiffon), comme il se couche de bon gré dans son cercueil…

Quand même, elle fait appel à une petite séance de chamanisme (drôlissime) afin de conjurer la peur… eh oui ! elle l’avoue, Emma, ça lui fait quand même quelque chose, l’idée de passer de l’autre côté. À tel point qu’elle est même saisie de bouffées lyriques, durant lesquelles elle se met à chanter… la vie, et Luis Mariano. Grâce à la mise en scène délicate de Kristin Hesdat, ses interventions loufoques sont nimbées de poésie.

Après l’amour, Dieu, la science… Emma la clown continue de nous faire rire tout en nous interpellant sur des sujets métaphysiques avec sa sensibilité si personnelle et son humour toujours bienveillant. Je l’avais découverte lors de son duo jubilatoire avec Catherine Dolto, Grand symposium : tout sur l’amour (chroniqué sur ce blog).

Lorsqu’elle se dépouille de ses oripeaux de clown, à la fin du spectacle, on est surpris de découvrir une jeune femme comme tout le monde, souriante et chaleureuse. Et si, au fond, sa leçon sur la mort n’était qu’une leçon sur la vie ?

Véronique Tran Vinh

Prochaine représentation : lundi 5 mars 2018
De et avec Meriem Menant
Mise en scène Kristin Hesdat
Bobino
14-20, rue de la Gaîté
75014 Paris
Tél. : 01 43 27 24 24
http://bobino.fr/?fiche=1229

 

 

 

 

“Le Rap est une littérature”, à l’Institut du monde arabe

 

Joli titre pour un programme qui ne l’était pas moins… Marier l’énergie brute du rap avec la poésie ciselée de grands auteurs tels que Changhor, entre autres, c’était le pari audacieux (et réussi) de la Maison de la poésie, ce 15 novembre, dans le cadre du festival Paris en toutes lettres. L’autre pari, c’est Issam Krimi, pianiste, compositeur et producteur, qui en a eu l’idée : convier les rappeurs Sadek et S. Pri Noir à interpréter textes et chansons, accompagnés par un piano, un quatuor à cordes ainsi que par le DJ Dtweezer.

Dans l’auditorium de l’Institut du monde arabe, calés dans leurs confortables fauteuils « business class d’Air France » (pour reprendre les termes de Sadek), les jeunes spectateurs bouillonnaient d’enthousiasme. Visiblement, ils connaissaient les lascars et leurs chansons sur le bout des lèvres : notamment, « La Vache », « Petit Prince », de Sadek, et « La Nuit », de S. Pri Noir. Après un démarrage un peu hésitant – le quatuor à cordes couvrait trop la voix de Sadek, qui était inaudible –, le spectacle a décollé, nous entraînant dans un univers original et captivant. L’interprétation de S. Pri Noir, au phrasé impeccable et à l’indéniable présence sur scène, m’a plus marquée que celle de Sadek, qui jouait la carte de la provocation. J’ai été aussi plus sensible à son univers, sortant un peu des clichés habituels du rap pour parler avec des mots percutants de la famille, de la politique (ou plutôt du non-engagement), du racisme, etc.

Les morceaux joués au piano ou par le quatuor à cordes ont apporté une touche de douceur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié la lecture des textes ponctuant le spectacle, qui a ajouté « quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ». Dommage que l’on n’ait pas jugé bon de citer leurs auteurs, cela n’aurait pourtant pas nui à la qualité de l’ensemble.

Une initiative originale à saluer… et à renouveler !

Véronique Tran Vinh

Jusqu’au 20 novembre 2017
Festival Paris en toutes lettres
À la Maison de la poésie et dans d’autres lieux
Le programme ici :
http://www.maisondelapoesieparis.com/

A écouter :
S. Pri Noir, Ensemble, Believe Rec, 2016.
Sadek, Violent, Vulgaire et Ravi d’être là, Industreet music, Rec. 118, Warner Music, 2017.

“Cirkopolis”, au 13e art

 

©Patrick Lazic

Le cirque canadien Eloize et sa troupe d’artistes pluridisciplinaires (cirque, danse et théâtre) débarquent pour la première fois à Paris !

Dans un décor évoquant à la fois Metropolis et Les Temps modernes, des employés de bureau, vêtus d’impers gris à l’identique, d’abord robotisés – comme semblent le suggérer leurs allées et venues saccadées et les roues de machines omniprésentes –, vont laisser peu à peu éclater leur individualité et leur joie de vivre. Après une mise en place un peu longue, des tableaux éblouissants de performance se succèdent et, notamment, un très beau solo de danse dans un cerceau, une démonstration d’un virtuose du diabolo (discipline de la jonglerie) et un numéro de mât chinois avec deux acrobates époustouflants.

Ce show “à l’américaine” a indéniablement de l’énergie à revendre… un peu trop peut-être. Musique grandiloquente, chorégraphies très rythmées, prouesses physiques : on en prend plein les mirettes, parfois un peu au détriment de l’émotion. Ainsi, en regardant la danse du comédien avec le portemanteau, on ne peut s’empêcher de songer à la poésie qu’un Charlie Chaplin aurait insufflée à cette scène. On peut aussi regretter que le spectacle paraisse un peu décousu, faute de fil rouge entre les différentes séquences.

Malgré ces quelques réserves, on se laisse entraîner par le rythme effréné des numéros et la fantaisie de cette troupe de jeunes artistes plus doués les uns que les autres. Une palme spéciale aux acrobates danseuses – dont une contorsionniste exceptionnelle – qui conjuguent grâce et virtuosité.

Attention, énergie contagieuse ! N’hésitez pas à y aller en famille, qui sait ? vous susciterez peut-être des vocations…

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Jeannot Painchaud, Dave St-Pierre
Production : Juste pour rire et Cirque Eloize

Jusqu’au 29 octobre
Le 13e Art
au Centre Commercial Italie 2 dans le 13e.
Du mardi au samedi à 21 h
Le mercredi et le samedi à 16 h également
Le dimanche à 15 h
http://www.le13emeart.com/les-evenements/cirque-eloize-cirkopolis/

“Anne Baquet, soprano en liberté”, au Lucernaire

DMPVD : THÉÂTRE – SPECTACLES – CULTURE

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi…

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Anne Baquet, soprano en liberté, au Lucernaire

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi à l’aise dans le registre de l’humour que dans celui de l’émotion, elle est d’une féminité rayonnante, mise en valeur par ses tenues et surtout, par une perruque… décoiffante !

Sur scène, Anne Baquet se donne sans compter. Elle chante, elle danse, elle joue la comédie… et elle nous emballe. Sa jolie complicité avec sa pianiste – Claude Collet, ce soir-là – fait plaisir à voir. Les chansons présentées sont à 95 % des créations, ce qui apporte une fraîcheur indéniable à ce récital pas comme les autres.

On sort de la salle du Lucernaire dans un état de douce euphorie, avec plein de notes légères dans la tête (comme cette chanson de Juliette, par ex.) :

« Affranchis de toute harmonie,
Si vous saviez comme j’vous envie,
Chantez, chantons, c’est important
Sans complexe et n’importe comment
Ça sera pas pire et même plus beau
Que ce qu’on entend à la radio…»

Véronique Tran Vinh

avec Anne Baquet
Pianiste Claude Collet, Christophe Henry ou Grégoire Baumberger
Mise en scène Anne-Marie Gros
Accessoiriste Kham-Lhane Phu
Lumière Jacques Rouveyrollis

 Jusqu’au 27 août 2017
Du mardi au samedi à 21 h
Dimanche à 19h00
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr/theatre/1592-anne-baquet-soprano-en-liberte-.html

 

Les Voisins du dessus, à la Gaîté-Montparnasse

Dossier de presse Voisins du Dessus - 2016Chansons à tous les étages
J’échange mes voisins du dessus contre cette chorale en noir et fushia, qui arbore en signe de reconnaissance des objets hétéroclites : cuillères, tours Eiffel, éponges, barrettes… (qu’importe, pourvu qu’ils soient rose fluo) accrochés aux vêtements ou dans les cheveux des chanteurs.

À l’origine, ils étaient une bande d’amis, maintenant, la troupe compte environ 100 chanteuses et chanteurs qui se relaient sur scène et partagent sans réserve leur bonne humeur et leurs chansons avec un public familial et amical conquis, toujours plus important.

Ce soir-là (le 15 mai), nous fêtions vingt ans d’amitié franco-russe avec le chœur Sokolyata, en première partie du concert. Car Les Voisins aiment inviter d’autres artistes sur scène pour des moments de partage.

Comment ne pas tomber sous le charme de ces joyeux lurons, de tous âges et de tous horizons que je retrouve régulièrement, avec un plaisir d’autant plus grand qu’à chaque concert, il m’est permis de chanter et de me prendre pendant quelques minutes pour l’une des leurs. Car, dès la création des Voisins du dessus, Jean-Marie Leau, le maître de chœur, a eu la bonne idée d’instaurer la distribution d’un feuillet reprenant le texte d’une chanson de leur répertoire, à l’entrée du théâtre. Après une répétition faite sous sa bienveillante direction, dans le chaos et la bonne humeur, tous les spectateurs chantent, transformant la salle en chorale géante. Il faut le vivre pour ressentir cette générosité diffusée par la troupe répartie dans la salle pour aider le public, c’est réellement impressionnant et enthousiasmant.

Eh oui ! Non contents de chanter des chansons aux textes originaux, souvent drôles et décalés – qui parlent de haricots, des gens qu’ils détestent ( ;-)) ou de lits qui grincent, de Bison futé, d’accordéons, de violoncelles… –, ils nous disent aussi que « la vie nous invite à danser » et qu’« ils sont zinzins ». Ils réveillent ce petit grain de folie que nous avons tous au fond de nous et qui nous fait du bien.

Un « clap » spécial à Patrick Delage à l’humour potache et à la diction parfaite (ah !  la liste des chanteurs débitée à la vitesse de la lumière à la fin du spectacle…)

Si la vie nous invite à danser, moi, je vous invite à aller sur leur site :
http://www.lesvoisinsdudessus.fr/wordpress/tag/chorale-virtuelle/
et
Twitter/VoisinsDuDessus
Instagram/LesVoisinsduDessus

Armelle Gadenne

Prochaines apparitions publiques

Vendredi 19 mai à 19 h 30 :
place de la République, à Paris, pour clôturer la journée mondiale des MICI. https://www.afa.asso.fr/article/nos-actions/mobilisation/journee-mondiale-des-mici.html)

Samedi 24 juin après-midi à Cergy dans le cadre de « La folle journée de Cergy » : Animations dans toute la ville, dans les lieux sportifs et culturels.

Dimanche 25 juin vers 18 h au Festival de chorales « Voix sur berges », quai de Jemmapes et quai de Valmy dans le 10e arrondissement.
http://www.voixsurberges.com/

Z’humains ! Conférence anti-fin du monde, au théâtre de Belleville

Nous faire réfléchir aux fléaux qui menacent notre planète : agriculture et élevage intensifs, réchauffement climatique, nucléaire…, mais avec légèreté et humour !

Pari réussi de la part de Catherine Dolto (pédiatre et haptothérapeute de son métier), enseignante bienveillante, et Emma la clown, à l’énergie communicative et tout aussi bienveillante, qui font l’état des lieux de l’influence de l’humain sur son biotope. Les deux comparses ponctuent leurs échanges d’animations ludiques et didactiques sur “Poyer Punt” (pour Power Point) projetées sur écran. Elles nous rappellent nos origines et les principales étapes de l’évolution de l’espèce humaine, mais aussi la disparition des dinosaures (tués par un gros caillou en pâte à modeler) ou le mode de vie de l’« homo sapiens sapiens », notre ancêtre direct.

Les interactions avec le public sont nombreuses ; le gros ballon en forme de globe terrestre que l’on se renvoie, notamment, nous fait comprendre que nous jouons avec la terre, alors qu’elle est fragile. Les interventions d’Hubert Reeves, filmées et projetées sur l’écran, mais aussi celles de Matthieu Ricard et José Bové, qui ont prêté leur voix à des chaussettes transformées en marionnettes, viennent conforter leur propos.

On rit beaucoup des facéties d’Emma la clown, mais aussi des fous rires de Catherine Dolto. Elles nous rappellent, avec bonne humeur et un peu de sérieux quand même, qu’il serait temps et judicieux de réfléchir à une autre façon d’envisager notre avenir et celui de notre planète, qui sont quand même étroitement liés.

Un spectacle aussi réjouissant qu’indispensable… ne le manquez pas !

Armelle Gadenne

Avec Emma la clown et Catherine Dolto
De /par Catherine Dolto et Meriem Menant
Mise en scène Kristin Hestad
Lumière Nicolas Lamatière
Son et régie générale Romain Beigneux-Crescent
Costumes Anne de Vains
Vidéo Yann de Sousa
Conception musicale Patrice et Henry Blanc-Francart
Production Compagnie La Vache Libre

Jusqu’au 30 avril 2017
Du mardi au samedi à 21 h 15, dimanche à 14 h 30
Théâtre de Belleville
Entrée : Passage Piver
94, rue du Faubourg-du-Temple
75011 Paris
http://www.theatredebelleville.com/saison-16-17/item/365-z-humains

En tournée les 23 et 24 mai à 21 h
au Théâtre de l’Atelier,
1, place Charles-Dullin
Paris 18e
Retrouvez tous les spectacles sur le site : www.emmalaclown.com

Un Festival d’Histoire à Montbazon

 

Les 23 et 24 juillet 2016 se tenait, à Montbazon (37), la 2e édition de la rencontre abonnés internautes Nota Bene, organisée par Ben, sa femme Calie, et en partenariat avec La Forteresse du Faucon noir.

Avant de détailler plus en avant, je dois vous présenter Benjamin Brillaud (alias Ben, alias Nota Bene, le barbu dans le médaillon à gauche). Après avoir exercé pendant six ans en qualité de caméraman et monteur pour une société de production audiovisuelle, il décide de se lancer en tant que vidéaste indépendant. Passionné par l’histoire, il crée une émission sur Internet, Nota Bene, avec pour objectif de faire (re)découvrir, et surtout dans le plaisir, des anecdotes, des événements sur ce thème mais aussi des mythes et légendes. Des vidéos d’un format très différent de 3 minutes à 25 minutes, qui aiguisent notre curiosité et donnent envie d’en savoir davantage à chaque fois qu’on en termine une. De la découverte de la Mythologie Aztèque à Qui était l’homme de fer en passant les Fortifications d’Asgard… j’ai fini par m’abonner à cette chaîne

Tranquillement dans mon fauteuil, j’aurais pu y rester un peu plus cet été, si Allan, 17 ans, internaute averti, n’avait pas été à l’initiative d’une sortie : se rendre à Montbazon, un week-end de juillet, où se déroulait, ce Festival axé sur le Moyen Âge.

Un univers pour moi jusqu’alors inconnu où se sont rencontrés plus de 2 200 visiteurs – la plupart des abonnés – qui attendaient de rencontrer leurs vidéastes, soit 18 youtubeurs* au total, qui animaient des conférences aussi variées que Prédire l’histoire, Le Banquet au Moyen Âge, Le Moyen Âge a-t-il réellement existé ou plus éloignées du sujet Études des origines et des évolutions de l’œuvre de fiction télévisuelle.

Une ambiance très bon enfant où chacun semble partager avec les autres des qualités telles que la curiosité, la simplicité et la gaieté.

C’est donc dans ce climat qu’étaient proposés des ateliers, d’une qualité très disparate, autour des métiers de cette époque. Parmi les plus éducatives : le travail du forgeron (top !), le travail du bois et taille de tuiles…

Montbazon6
crédit photo : Romain Gibier

 

Le site de Montbazon qui abrite le dernier donjon féodal de France encore debout se prête aussi volontiers à découvrir deux sports de plein air comme le Troll Ball ou les combats de Behourd avant de s’essayer à l’arbalète ou plus tranquillement visiter ce lieu historique avec un guide.

Un festival à ne pas manquer et qui se tiendra également en 2017. Quelques points logistiques seront certainement réglés comme la longue file d’attente d’une heure trente pour dîner ou un parking affiché complet à l’arrivée prévu à l’usage des visiteurs.

Une initiative à saluer par ceux qui aspirent à rester en dehors du star system. Et c’est tout ce qu’on peut leur souhaiter : faire grandir ce bel événement sans surtout perdre leur âme (à certains moments un peu trop de congratulation) par le succès certain qu’il ne manquera pas de générer…

Pour les passionnés du Moyen Âge, l’histoire continue avec le projet de la reconstruction d’un village médiéval avec les techniques de l’époque par la Forteresse de Montbazon. Si vous souhaitez porter votre pierre à l’édifice, vous pouvez présenter vos candidatures : archeositedemontbazon@gmail.com ou en savoir plus http://www.forteressedufauconnoir.com/

À l’année prochaine.

Carole Rampal

* Coordonnées de Ben qui pourra vous rediriger sur ces youtubers
https://www.youtube.com/user/notabenemovies?sub_confirmation=1

Les photos (médaillons) qui illustrent cet article sont du photographe Romain Gibier.