Spécial Avignon : “Oh Oh”, au Théâtre du Chêne noir

©Compagnie Baccalà

Comment vous parler d’un tel spectacle ?

Sans un mot, uniquement dans la gestuelle que manient si bien les clowns, les voilà tous les deux sur scène. Un couple pas comme les autres, fagotés de gris et de rouge. Elle en jupe rouge et lui en chemise rouge, tout en harmonie de contraires, le couple se taquine, se survole, s’élève, retombe… aidé d’une simple échelle en corde, de musique et d’un brin de fantaisie bien entretenue.

Les deux clowns, Camilla Pessi et Simone Fassari, sont un peu acrobates, un peu musiciens, un peu danseurs… ou plutôt équilibristes, artistes, mimes, comiques.

Avec peu de moyens, leur spectacle est une vraie réussite car ils possèdent un réel sens du burlesque où n’importe quelle situation se transforme, grâce à une alchimie de détails, en un moment désopilant.

Tout ça pour vous dire qu’assister à leur spectacle vaut vraiment le déplacement, qu’on y rit, qu’on y rêve et qu’on s’y élève loin de tout ce que l’on connaît dans le genre.

Plûme

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Jusqu’au 28 juillet, tous les jours à 14 h 30 (relâche les 16 et 23 juillet)
Théâtre du Chêne noir
8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon

De et avec Camilla Pessi & Simone Fassari
Mise en scène : Valerio Fassari & Louis Spagna
Aide à la recherche artistique : Pablo Ariel Bursztyn
Musique : Antonio Catalfamo
Création lumière : Marco Oliani
Création des costumes : Fleur Marie Fuentes
Costumes supplémentaires : Ruth Mäusli
Technique aérienne : Françoise Cornet
Management : Kate Higginbottom
Production : Compagnia Baccalà
En coproduction avec : Teatro Sociale Bellinzona & Quai des Arts Rumilly

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Spécial Avignon : “Ça va, ça va le monde !” au jardin de la rue Mons

Édouard Elvis Bvouma (Cameroun), Prix Théâtre RFI 2017,
auteur de La Poupée barbue. ©Pascal Gély/RFI

De grands arbres donnent l’ombre nécessaire à l’écoute attentive des textes qui seront lus pendant une courte semaine. Organisées par RFI, ces séances de lecture feront entendre la voix d’auteurs africains et haïtiens à travers leurs écrits, dans le cadre du festival IN.

Aujourd’hui, c’est le lauréat du Prix Théâtre RFI 2017, Edouard Elvis Bvouma (Cameroun), dont on lira le roman La Poupée barbue. Au micro, Charlotte Ntamack scande le texte. Les répétitions qui abondent apportent un rythme percutant qu’accompagne Wilfried Manzanza à la batterie par ses improvisations, dans une mise en scène d’Armel Roussel. L’émotion est là qui palpite.

C’est un cri de révolte qui sort de la bouche de cette enfant. Avec ses mots de petite fille, elle raconte le viol collectif, la fuite, l’enfant dans son ventre, sa haine, ses parents assassinés, la guerre, les violences, les injustices, l’horreur et son amour naissant pour un garçon de son âge. Une œuvre puissante qui ne laisse aucun repos au lecteur-auditeur, l’emmenant jusqu’au bout de nuit, sa main dans celle d’une fillette.

Plûme

Cette lecture sera diffusée sur l’antenne de RFI dimanche 29 juillet à 12h10.

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Jusqu’au 19 juillet, le programme de “Ça va, ça va le
monde !” à 11 h tous les jours, au jardin de la rue Mons, Avignon.

Dimanche 15 juillet 2018 :
« Les cinq fois où j’ai vu mon père », de Guy Regis Junior (Haïti)

Lundi 16 juillet 2018 :
« Que ta volonté soit Kin », de Sinzo Aanza (République démocratique du Congo).

Mardi 17 juillet 2018 :
« Retour de Kigali », collectif (Rwanda/France)

Mercredi 18 juillet 2018 :
« Sœurs d’ange », de Alfi W. Gbegbi (Togo).

 Jeudi 19 juillet 2018 :
« Le bal de Ndinga », de Tchicaya U Tam’si (Congo-Brazzaville).

Toutes les lectures seront diffusées sur l’antenne RFI tous les dimanches, du 29 juillet au 2 septembre à 12h10.

Spécial Avignon : “L’Établi”, au Présence Pasteur

 

« Trois sensations délimitent cet univers nouveau. L’odeur : une âpre odeur de fer brûlé, de poussière de ferraille. Le bruit : les vrilles, les rugissements des chalumeaux, le martèlement des tôles. Et la grisaille : tout est gris, les murs de l’atelier, les carcasses métalliques des 2 CV, les combinaisons et les vêtements de travail des ouvriers. Leur visage même paraît gris, comme si s’était inscrit sur leurs traits le reflet blafard des carrosseries qui défilent devant eux. »

Extrait de L’Établi, de Robert Linhart

Comment la Cie du Berger pouvait-elle recréer l’atmosphère de la chaîne où le jeune Robert Linhart, intellectuel « établi », travaillait en tant qu’OS2 (ouvrier spécialisé 2e échelon) en 1969 ?

Bruit, fureur, éclats de limailles, martèlements, grincements, chocs… on y est. La rapidité des déplacements des contremaîtres, la précision et la répétition des gestes des ouvriers, les cadences, les ordres hurlés, on verrait presque les carcasses de 2 CV défiler devant les postes de soudure.

La tôle pesante du décor, la musique composée pour l’occasion, les va-et-vient du personnel de l’usine Citroën, le choix des comédiens… la mise en scène, signée d’Olivier Mellor, relève le défi d’adapter un livre au théâtre de façon particulièrement talentueuse.

Au micro, le comédien qui incarne l’auteur, Aurélien Ambach-Albertini, raconte ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Il dresse le tableau d’un monde dur où le travail répétitif ne laisse pas de repos mais où chacun a sa stratégie pour ne pas se faire broyer, pour garder son humanité.

Ses compagnons de chaîne, principalement immigrés, endurent comme lui les brimades, les vexations et en plus le racisme. Même s’ils ne connaissent pas toujours les mots, ils ont un sens aigu de la solidarité, de la fraternité. On s’entraide à l’usine.

Et quand la direction de Citroën décide de faire travailler 3/4 d’heure de plus chaque jour, revenant sur les acquis de la lutte de mai 68, c’est la grève.

Réunions au café des sports, tracts et cet élan qui transforme les hommes, qui leur donne la joie, la force, la dignité.

Robert Linhart qui, en tant qu’intellectuel révolutionnaire, espérait ce moment, trouve l’énergie, les mots et, sans syndicat, les ouvriers s’organisent et dirigent leur grève. Partir à 17 h, comme avant, n’est pas simple ; les petits chefs, les commandos de la direction font pression et aussi le coup de poing…

Tout ce bouillonnement, cette grève est vécue par les comédiens – et les spectateurs – pleinement. Tous jouent avec justesse leur rôle, et parfois plusieurs. Sur le mur de tôle du décor apparaissent des images d’archives, des visages de prolos en grève, en mai 68… écho bien réel de la lutte qui se re-joue sur scène.

Un spectacle excellent à ne pas manquer au Festival Off d’Avignon.

Plûme

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Jusqu’au 29 juillet (relâche tous les lundis) à 12 h 50
Présence Pasteur
13, rue du Pont Trouca, Avignon

Mise en scène : Olivier Mellor
Adaptation : Marie Laure Boggio, Olivier Mellor avec le concours de Robert Linhart d’après le roman éponyme (les Éditions de Minuit)
Avec Aurélien Ambach-Albertini, Mahrane Ben Haj Khalifa, François Decayeux, Hugues Delamarlière, Romain Dubuis, Éric Hémon, Séverin “Toskano” Jeanniard, Olivier Mellor, Stephen Szekely, Vadim Vernay et la voix de Robert Linhart
Musiciens, musique originale : Séverin “Toskano” Jeanniard, Romain Dubuis, Vadim Vernay, Olivier Mellor
Création son : Séverin Jeanniard, Benoit Moreau, Vadim Vernay
Régie son : Benoit Moreau
gie générale, costumes : Marie Laure Boggio, Caroline Corme
Scénographie : Olivier Mellor, François Decayeux, Séverin “Toskano” Jeanniard avec le concours du Collectif La Courte Echelle
Création et régie lumière : Olivier Mellor
Photos, vidéos : Ludo Leleu, Mickael Titrent
gie vidéo : Mickaël Titrent
Affiche : Philippe Leroy

Spécial Avignon : “Les enfants, c’est moi”, au Présence Pasteur

  ©Fabien Debrabandereimg – ©Jeanne Roualet (affiche)

D’elle, on sait peu de choses. Est-elle une femme ou une enfant ? Sa voix juvénile trahit son âge tendre… Mais elle dit être mère. Mère d’un enfant, réel ou imaginaire ?

La présence de poupées sur scène, le décor de la forêt où elle aime se promener en compagnie de son enfant – ou alors le laisser seul parce que trop encombrant – appartient au monde de l’enfance et du conte.

Dans cette histoire, Marie Levavasseur nous perd, elle mélange le regard adulte à celui des enfants, et les limites disparaissent. Où est le dedans, le dehors ? Où est le vrai, l’imaginaire ?

Qu’est-ce que l’abandon si ce n’est une métaphore pour dire que l’enfant grandit, gagne en autonomie jusqu’à… abandonner sa mère.

Dans ce décor magique et poétique, Marie Levavasseur joue avec les mots, percute les poncifs, tourne et retourne les phrases pour mieux captiver son auditoire où les enfants se pressent, ravis d’écouter une langue qui leur parle. Enfin !

Musique rock, arbres tourmentés, marionnettes bavardes, présences incongrues… le spectacle fait tout pour nous désorienter, loin de tout code.

C’est une réussite totale, on aime cette atmosphère à la fois étrange et complice, et cette femme clown (Amélie Roman, superbe) en robe de madone, fleurs dans les cheveux et baskets aux pieds.

Plûme

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Jusqu’au 29 juillet, tous les jours à 11 h 25 (relâche les 16, 21 et 28 juillet)
En langue des signes, les 23 et 24 juillet
Présence Pasteur
13, rue du Pont Trouca, Avignon

Écriture et mise en scène Marie Levavasseur, la Cie Tourneboulé
Assistanat à la mise en scène : Fanny Chevallier
Collaboration artistique : Gaëlle Moquay
Conseils dramaturgiques : Mariette Navarro
Jeu : Amélie Roman
Musique et jeu : Tim Fromont Placenti
Scénographie et construction : Gaëlle Bouilly
Marionnettes : Julien Aillet
Costumes et accessoires : Mélanie Loisy
Construction : Amaury Roussel et Sylvain Liagre
Création lumière : Hervé Gary
Régie plateau : Gaëlle Bouilly et Amaury Roussel
gie générale, lumière et son : Sylvain Liagre
Avec la collaboration de metalu.net, chantier numérique de Métalu A Chahuter

Spécial Avignon : “Rosa Luxemburg Kabarett” au théâtre des Carmes

©Pascal Gély

Nous sommes au Kabarett. Chansons !

Quatre comédiens racontent Rosa Luxemburg, grande révolutionnaire allemande assassinée en janvier 1919 par les Corps francs, prémices du nazisme.

Entre discours, anecdotes, saynètes, se pose la voix d’Anna Kupfer, bouleversante de beauté, accompagnée au piano par Géraldine Agostini, pour chanter les mélodies yiddish, tziganes ou allemandes.

Petite bonne femme pleine d’énergie, Rosa dénonce les trahisons de la social-démocratie qui votait les crédits de guerre en 1914. Avec Karl Liebknecht, elle se détachera de ses anciens camarades pour fonder le mouvement spartakiste, résolument marxiste et révolutionnaire.

Rosa, interprétée par Sophie de la Rochefoucauld, balance entre deux époques, la sienne et la nôtre. De ces va-et-vient naît un spectacle brûlant d’actualité.

La lutte est toujours à l’ordre du jour, les nationalismes reprennent des forces dans la vieille Europe, l’exploitation capitaliste est toujours là, même si elle se pare de nouveaux concepts comme l’auto-entreprenariat…

Cette pièce aimerait tout raconter, et c’est peut-être là son défaut. Trop longs, les discours reflètent les luttes de partis, les débats d’idées et il faut suivre, sans se perdre, toutes les subtilités.

100 ans ont passé. Les mots porteurs d’idéaux ont été avilis, pourtant les paroles de Rosa résonnent toujours dans notre actualité.

 Plûme

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Jusqu’au 25 juillet, tous les jours à 16 h 25 (relâche le 19 juillet)
Théâtre des Carmes
6, place des Carmes, Avignon


Texte et mise en scène : Viviane Théophilidès
Avec : Géraldine Agostini (piano), Sophie de La Rochefoucauld, Anna Kupfer (chant), Viviane Théophilidès et Bernard Vergne
Lumières : Philippe Catalano
Son : Guillaume Siron
Affiche : Ernest Pignon Ernest
Costumes : Joan Bich

Fin de journée aux Langagières, au TNP Villeurbanne

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Dernier jour, dernières heures… Samedi 2 juin, petits moments croqués à pleines dents par une amoureuse des langues.

Tout d’abord lecture de poèmes et pensées en archipel, aujourd’hui présentation de la revue États provisoires du poème, le numéro 17 est consacré au Japon.

Sur scène, Jean-Pierre Siméon, l’un des créateurs des Langagières et Benoît Reiss, co-directeur de Cheyne Éditeur, deux piliers de la revue. L’un jouant les Candide et demandant à l’autre, qui a travaillé dix ans au Japon, pourquoi appelle-t-on ce pays « monde flottant ».

Embarras, flottement… parce que ce sont des îles. Tout de suite déferle la vague d’Okusaï dans mon cerveau, eh bien oui, c’est ça ! Cette définition me va.

Sur scène, deux comédiens, feuilles chargées de poèmes sur pupitre, et voilà notre monde flottant qui surgit. Yves Bressiant et Fany Buy lisent (et c’est bien plus que ça), se répondent, enchaînent haïkus et impressions au soleil levant. La poésie est là, qui palpite de beauté, chuchotée, clamée, scandée.

Je plonge dans un onsen (bain japonais) avec Benoît Reiss et sa petite fille et je tends l’oreille pour saisir quelques notes du chant des grenouilles, venu du fond de la terre. Je suis la flèche que Jean-Pierre Jourdain pourrait peut-être un jour tirer…

J’écoute la colère du poète Ôoka Makoto :
Alors mes camarades
Messieurs les poètes
à nous aussi d’un cœur tranquille
de nous y mettre et de remplir dans son entier
d’un geste sûr la carte de la poésie

 Sans transition, le temps de monter plusieurs volées d’escalier au pas de course et me voilà langue pendante à devoir exercer mes papilles.

Vin blanc, fromage de chèvre m’attendent pour une première dégustation.

Voilà qui colle, si on peut dire, à la langue dans tous ses états…

Un fromager et un caviste, Benoît Charron et Jean-françois Bernard venus en voisins, nous entretiennent de leur passion… instant suspendu entre croûte riche, pâte molle et effluves biodynamiques…

Passage par le hall, où jeunes et moins jeunes montent sur la scène de la brasserie partager une tranche de vie slamée et le marathon des Langagières continue.

Grand tour de l’Afrique racontée et chantée avec l’orchestre Soro Solo pour le bal de clôture. Aux rythmes effrénés, je me trémousse et je transpire dans le dernier bain de langues de la saison.

Aperçu d’une fin de journée aux Langagières (il y en douze), histoire que l’année prochaine, vous vous précipitiez sur le programme du TNP Villeurbanne sans hésitation.

À bientôt !

Plûme

TNP Villeurbanne
8, place Lazare-Goujon
69627 Villeurbanne Cedex
https://www.tnp-villeurbanne.com/

 

“Les Langagières”, au TNP Villeurbanne

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Balade dans « la langue dans tous ses états ». Le maître d’œuvre, Christian Schiaretti, court sur tous les plateaux, anime les débats, félicite un groupe d’élèves, présente les invités, raconte…

Dans le bouillonnement de ces deux semaines de Langagières, pas de pause pour les amoureux de la langue, des langues…

Ils pourront aller en famille écouter les Contes du chat perché et assister avec quelque frayeur à la transformation de Delphine et Marinette en deux beaux navets plantés d’une fourchette.

Se laisser happer par une Brève histoire de la Méditerranée au gré des mythologies, des guerres, de la biodiversité marine, pour enfin échouer comme tous les exilés, sur un rivage…

Boire les paroles d’Apollinaire à la source de son Cœur pareil à une flamme renversée.

S’embarquer avec Ceux qui m’aiment… grâce à la voix de Pascal Gregory, écho de ses échanges avec Patrice Chéreau sur le théâtre, les comédiens, la Reine Margot, et assister dans le même élan à la rencontre avec Danièle Thompson et à la projection du film.

Se frotter aux langues « universiTerre » dans un atelier radiophonique déroutant.

S’émouvoir de l’intensité des voix des élèves du cycle d’orientation professionnelle du Conservatoire de Lyon s’emparant du texte d’Eschyle, brûlant d’actualité sur les Danaïdes, menacées de viol, qui cherchent asile.

Se laisser emporter par la correspondance de Paul Gauguin et des Sanglots de l’Aigle pêcheur au son du dub polynésien.

Rencontrer par hasard Flaubert dans la peau d’un ours mal léché, Jacques Weber.

Attendre le cœur battant la rencontre épistolaire d’Albert Camus et de Maria Casarès, dans la peau de Lambert Wilson et d’Isabelle Adjani.

Oui, c’est bien la fête au TNP de Villeurbanne et comme l’écrit Jean-Pierre Siméon, poète et complice de Christian Schiaretti : « Seule obligation : accepter de ne pas savoir où donner de l’oreille et encourir le risque de l’inconnu. »

Entre consultation poétique, récital, cabaret, lecture, carte blanche, spectacle… vous avez l’embarras du choix.

Attention… plus que quelques jours !

Plûme

Jusqu’au 2 juin
Tous les jours à partir de 14h30
TNP Villeurbanne
8, place Lazare-Goujon
69627 Villeurbanne cedex
Renseignements billetterie : 04 78 03 30 00
www.tnp-villeurbanne.com/manifestation/les-langagieres/

 

“7 d’un coup” au Théâtre Paris-Villette

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crédit : Frédéric Desmesure

 

D’emblée, nous voilà prévenus : « Eteignez vos portables et, pas de “chut !” pendant le spectacle, laisser entrer les enfants dans la pièce », prévient la maîtresse des lieux. Et elle a raison…

Le narrateur entre en scène et plante le décor : « Le théâtre a quelque chose à voir avec la nuit […] et la nuit fait un peu peur. »

Et voilà tout le théâtre Paris-Villette embarqué dans l’histoire du petit Olivier. Les plus petits – dès 6 ans – expriment leur compassion devant ce héros, trop petit, trop maigre, trop maladroit, pas assez malin, pas assez grand, pas assez fort… –interprété par l’excellent Olivier Pauls. Leur empathie est palpable dans l’obscurité de la salle.

Et lorsque ce dernier tue 7 mouches d’un coup, d’un seul, ils crient leur admiration devant un tel exploit.

Et commence l’aventure onirique d’Olivier… Armé d’une belle assurance, il n’est plus la victime des plus grands qui le harcelaient dans la cour de récré, il est l’auteur d’un exploit qu’il inscrit sur son tee-shirt : 7 d’1 coup !

Il part seul à l’aventure, emportant quelques provisions dans sa besace et s’enfonce dans la forêt profonde. Là, nous entrons dans le domaine du conte, celui des frères Grimm dont il est tiré…

Il fait la rencontre d’un méchant géant qu’il affronte vaillamment et dont il sort vainqueur grâce à la ruse ; il se débarrasse des fantômes qui hante ses nuits ; entre à la cour d’un roi… Dame conscience, qu’il appelle « confiance » toujours à ses côtés pour l’aider en toute circonstance.

Des situations rêvées ou vécues par les plus petits, qui touchent juste leur public. Surtout quand elles sont portées par une mise en scène de qualité, où les voix, les bruitages, les costumes concourent à créer la magie d’un vrai beau spectacle.

C’est tout le talent de Catherine Marnas, auteure et metteure en scène, qui revendique : « Un spectacle jeune public est un spectacle à part entière et non pas un sous-domaine du théâtre »

Donc, pas question de théâtre au rabais, les enfants sont de véritables spectateurs, de jeunes spectateurs.

Au fil de l’action qui se déroule dans un décor minimaliste : la charpente d’une maison, place est laissée à l’imagination, au rêve, à la nuit et à toutes les créatures qui la peuplent.

Le texte rappelle qu’il ne faut pas se fier aux apparences, que le roi doit être fidèle à sa parole donnée…

Une leçon pour tous les adultes qui parfois ne font pas ce qu’ils disent sous prétexte qu’ils ont en face d’eux des enfants.

Un excellent spectacle où il faut à tout prix emmener les enfants, oui ! et cela dès 6 ans, il n’est jamais trop tôt pour découvrir le vrai théâtre !

Plûme

 

Jusqu’au 29 avril
au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris
Jours et heures :
– vendredi 13 avril à 19h
– dimanche 15 avril à 16h
– mercredi 18 avril à 14h30
– jeudi 19 avril à 14h30
– vendredi 20 avril à 14h30
– dimanche 22 avril à 16h
– jeudi 26 avril à 14h30
– vendredi 27 avril à 14h30
– samedi 28 avril à 17h
– dimanche 29 avril à 16h

 

Texte et mise en scène : Catherine Marnas,
inspiré du Vaillant petit tailleur des Frères Grimm
Assistante à la mise en scène : Annabelle Garcia
Avec : Julien Duval, Carlos Martins, Olivier Pauls et Olivier Pauls
Scénographie : Carlos Calvo
Son : Madame Miniature, assistée de Jean-Christophe Chiron
Lumières : Michel Theuil, assisté de Clarisse Bernez Cambot Labarta
Conception et réalisation des costumes : Edith Traverso, assistée de Kam Derbali
Construction décor : Nicolas Brun et Maxime Vasselin
Production : Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, en partenariat avec le Réseau Canopé

Lettres à Elise, au Théâtre de l’Atalante

crédit : ©GuyDelahaye

Non, vous n’entendrez pas la célèbre Lettre à Elise jouée au piano lors de ce spectacle. Non, ici il s’agit des lettres qu’envoie Martin à sa femme Elise pendant les quatre longues années de la Première Guerre mondiale.

Jean-François Viot, l’auteur, a compilé nombre lettres de poilus pour nous donner à entendre cette correspondance, somme toute banale, d’un couple éloigné par 600 kilomètres de distance. Lui, instituteur, envoyé au front, elle, restée à l’arrière avec leurs deux enfants.

On y retrouve la joie du début, où l’on part la fleur au fusil avec les camarades ; le Noël de 1915, où les hommes des tranchées allemandes et françaises fraternisent l’espace d’une nuit ; les combats inutiles où l’on avance et on recule ; les pluies d’obus ; l’arrogance et le mépris des gradés ; les fusillés pour l’exemple…

De l’autre côté, il y a Elise, mère de maintenant trois enfants qui tricote des paires de chaussettes, cherche du bois pour chauffer l’école et la maison, puis avec les autres femmes, c’est les travaux des champs, l’usine, l’école, les devoirs, le froid…

Il se raconte, elle se raconte, pas tout à fait… de leurs échanges émane une douceur, révélatrice de la profondeur de leurs sentiments. Au fil de l’intensification et de l’enlisement de la guerre, on passe des petits riens rapportés sur le mode tendre et humoristique aux drames de vie et de mort.

Martin, le maître d’école, prend la craie pour tracer les cartes de géographie, faire comprendre les alliances, les victoires, les défaites. Il aime aussi penser à ses enfants, grâce à leurs dessins qu’il reproduit minutieusement sur le tableau, ou plutôt sur la paroi industrielle de verre opaque que le metteur en scène, Yves Beaunesne, a dressé entre lui et sa femme Elise – Lou Chauvain et Elie Triffault, émouvants de sincérité – symbole matériel de leur séparation..

De ces lettres, que restera-t-il ? Un long poème d’amour qui nous émeut et une question qui nous taraude : de quoi les hommes sont-ils capables ? Du meilleur ou du pire, voilà bien le message pacifiste de ces vies sacrifiées. Pas seulement des mots, des lettres, mais aussi de la douleur, et surtout de l’espoir en un monde débarrassé de guerres.

 

Plûme

Jusqu’ 14 avril 2018
Les lundis, mercredis et vendredis à 20h30
Les jeudis et samedis à 19h
Les dimanches à 17h
au Théâtre de l’Atalante
10 place Charles-Dullin, Paris XVIIIe

Auteur : Jean-François Viot
Mise en scène : Yves Beaunesne
Avec : Lou Chauvain et Elie Triffault

“Mamma” à La Loge

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L’année dernière, j’avais étais surprise agréablement par Cœur Sacré, une pièce que j’avais qualifiée de « gonflée » tant elle bousculait avec talent les idées reçues et l’air du temps dans ce qu’il a de plus nocif pour la société : la peur de l’autre.

Aujourd’hui, Christelle Saez s’attaque à nouveau à un sujet difficile, la condition des femmes.

Dès les premières minutes de la pièce, je reconnais ce qui m’avait tant plu dans Cœur Sacré, l’à-propos du ton, la phrase juste qui se déplie, cette fois-ci à plusieurs voix. Christelle Saez sait visiblement écouter ses contemporains et en deux coups de pinceaux leur donner chair dans une mise en scène efficace.

Sa démarche, comme elle l’écrit, est de faire de son texte « le porte-parole de femmes nées au milieu du XXe siècle, de cette génération et de cette construction sociale ».

Cette jeune auteure donne vie aux femmes de l’ombre, Des Mères, qui ont éduquer leurs filles en transmettant tout ce que la société par l’éducation transmet de stéréotypes et de préjugés sur « ce qu’a le droit de faire une fille », « parce qu’une fille ne s’élève pas comme un garçon, il faut y faire plus attention »…

Non sans humour, les trois comédiennes endossent tous les rôles, mère un moment, petite fille ou grand-mère, un autre. Elles vivent et incarnent leur condition de jeune fille forcée au mariage dans un pays du Maghreb, de femme de mineur, de vigie de la virginité de leur fille…

La deuxième partie Des Épouses, que j’ai moins aimée parce que trop axée sur le point économique – mais comment faire autrement ? –, c’est le départ du mari, le divorce. Pour ces femmes « au foyer », pas de possibilité de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), pas de CV. Alors comment vivre – ou survivre – dans la société quand on a fait qu’élever ses enfants, s’occuper de son mari et de la maison… Le seul recours est de faire « payer » l’autre, le mari… sur tous les tons et le plus cher possible.

Ce que dénonce Christelle Saez avec sa complice de Cœur Sacré, Tatiana Spivakova, et par la voix magnifiquement juste d’Aymeline Alix, de Céline Bodis et de Maly Diallo, c’est que : « Lorsqu’on grandit dans un modèle, on hérite en soi d’un système. Et qu’il faut aller contre soi pour ne pas reproduire le tableau que nous avons pris inconsciemment pour modèle. »

Un combat pour toutes les femmes.

J’attends avec impatience le troisième volet, celui Des Femmes, pour voir comment les trentenaires comme Christelle Saez, mènent ce combat au quotidien.

Plûme

Jusqu’au 13 avril à 21h
à La Loge, 77 rue de Charonne, 75011 Paris
Tél. 01 40 09 70 40
www.lalogeparis.fr

Texte et mise en scène : Christelle Saez
Collaboration artistique : Tatiana Spivakova
Avec : Aymeline Alix, Céline Bodis et Maly Diallo
Scénographie : Cristobal Castillo
Lumières : Geoffrey Kuzman
Création sonore : Malo Thouément
Production : la Compagnie Memento Mori

“Parfois le vide”, au Tarmac

 

Crédit photos : Jocelyn Maillé

Tel un grand oiseau sur scène, les bras déployés comme des ailes qui s’agitent au gré du texte, il sautille sur ses jambes au rythme des musiques, au rythme des mots.

Raharimanana scande, comme il le dit, « le scandale du monde ».

L’artiste malgache reprend la tradition du poète diseur, celui qui abat les frontières entre écrit et oral, entre musique et scansion, et pas seulement.

Il retrouve la trace, la poésie du « tromba », lorsque la violence du monde est telle qu’il faut oser être le réceptacle des anciens, et aussi celui qui porte la parole de ceux qui souffrent aujourd’hui, dans un mélange de poésie et de musique.

Raharimanana n’est pas seul, les musiciens et la soprano-flutiste font monter avec lui le verbe scandé, parlé, martelé, chanté. Ses complices – devrait-on dire – l’accompagnent dans ce poème au monde.

Jean-Christophe Feldhandler raconte à coups de percussions, de froissement de papier, de bruits, le fracas, la violence, la folie qui précipite l’humanité du haut de la falaise.

Quant à Tao Ravao aux cordes, ses guitares de toutes tailles donnent magistralement la réplique au chanteur pour mieux pétrir une musique venue d’une terre commune tout en se laissant pénétrer d’influences d’ailleurs.

On capte des morceaux de phrases, on voudrait les garder, mais d’autres viennent les bousculer, et on se retrouve au bord du vide, rattrapés par la flûte et la voix de Géraldine Keller, à la fois légère et forte, qui nous empêche de tomber parfois dans le vide.

Un spectacle rare, dense, magnifique !

Plûme

Mercredi 21 mars 2018 à 20h au Tarmac
159, avenue Gambetta, 75020 Paris
(voir la pétition Défendons le Tarmac)
https://www.change.org/p/défendons-le-tarmac?

Texte, mise en scène : Raharimanana
Regard extérieur : Nina Villanova
Musiques : Tao Ravao (cordes), Jean-Christophe Feldhandler (percussions)
Interprétation, voix : Raharimanana, Géraldine Keller
Sons : Claude Valentin

 

Tournée 2018

• Vendredis 16, 23 et 30 mars, jeudis 22 et 29 mars, samedi 31 mars : Théâtre Antoine Vitez, Ivry-sur-Seine.
• Vendredi 20 et samedi 21 avril : Théâtre Studio, Alfortville.
• Dimanche 30 septembre et lundi 1er octobre : Festival des Francophonies en Limousin.
• Vendredi 9 novembre : Plumes d’Afrique, St Pierre des Corps.

“Kisa Mi lé”, au TNP de Villeurbanne

 

image Kisa

Un homme jeune, seul dans la pénombre appelle celui qui l’a abandonné.

On pourrait penser que son imprécation s’adresse à Dieu, mais non. Lui, crie sa solitude de jeune « zoreille », arraché à son île, enfant, empêché de parler sa langue maternelle, le créole, et ne se reconnaissant ni dans l’histoire, ni dans la culture de la mère-patrie.

Seul sur scène, il crie son désarroi.

Kisa Mi Lé, qui suis-je ?

Sa voix s’élève, de plus en plus fort, il appelle ce frère, cet autre lui-même, empreint de couleurs, de senteurs et de saveurs réunionnaises, celui qui lui manque tant.

Lui, dont l’expression en langue française est parfaite, se retourne sur les moments de son enfance avec nostalgie… avant le déracinement. Il comprend peu à peu la part de lui-même qui lui a été volée.

Sa voix ne reste pas sans écho… Enfin, l’autre répond, surgit, s’empare de lui et prend langue.

Un dialogue s’installe alors, balloté entre deux idiomes, deux réalités, deux visions. Le ressenti de l’autre s’exprime dans la langue de ceux qui sont restés, en créole, pour dire que malgré l’absence de reconnaissance de ce qu’ils sont, ils existent bien là.

La verve de Daniel Léocadie nous emporte dans le tourbillon de sa vie, où roulent les mots créoles et français mêlés.

L’auteur-interprète laisse éclater sa colère posant avec talent une question existentielle et philosophique : pourquoi une identité serait-elle supérieure à une autre ? Ne sommes-nous pas tous faits d’identités multiples ?

Plûme

 

Kisa Mi Lé
au TNP de Villeurbanne les 14 et 15 mars
dans le cadre du Festival En Acte(s),
semaine de la francophonie.
tnp-villeurbanne.com
04 78 03 30 00

Texte, mise en scène et jeu : Daniel Léocadie,
Compagnie Les Non Alignés
Lumière : Gaspard Gauthier
Collaboration artistique : Jérôme Cochet
Spectacle bilingue créole réunionnais / français

“Être là”, en tournée dans les Hauts-de-France

© Ludo Leleu

Être là, simplement, quoi de plus naturel… mais savoir vivre, savoir vieillir, savoir mourir, rien de plus difficile ! Et en plus… avec les autres, ses proches.

De cette interrogation qui peut paraître métaphysique, Vincent Ecrepront en fait un spectacle des plus vivants et remuants… et pas seulement sur scène.

Trois comédiens décident de nous faire entrer dans leur vie, ils se transforment, miment, interprètent leur famille à des moments décisifs de leur parcours.

Acteurs mais aussi décorateurs, ils réinventent le plateau en tirant, poussant le mobilier pour chaque situation. On se retrouve ainsi en Ehpad, chez un vieux monsieur, en hôpital. Mais ne paniquez pas, tout cela est mené avec humour, gravité, légèreté et à-propos.

Les comédiens excellent dans le changement total de personnages, ils deviennent jeunes ou très vieux avec peu d’artifices, une paire de lunettes, une ceinture, un gilet, des talons… et hop ! ils incarnent celui qui les habite, celui qui souffre ou qui fait souffrir, et surtout celui ou celle qui aime, qui aime bien, qui aime mal.

Les moments croqués reflètent la difficulté de bien vieillir. Dix tableaux où se mêlent le questionnement des enfants – comment vont vieillir nos parents ? comment allons-nous vieillir ? où ? – et les réflexions des comédiens qui, entre deux, disent leur ressenti.

C’est dense, important et traité sans pathos mais avec une belle sensibilité qui sonne juste. Il faut dire que l’auteur s’est inspiré de témoignages recueillis pendant trois années au centre hospitalier de Beauvais.

De tous ces morceaux de vie, il en ressort une pièce qui interroge avec talent notre société face à ses anciens et pas seulement ceux qui sont directement impliqués (personnel soignant ou proches).

Une réflexion essentielle sur la vie. Bien vieillir, bien mourir… Autant de questions qui tombent à pic, au moment où tous les personnels d’Ehpad se mobilisent pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils travaillent et, donc, les conditions dans lesquelles sont traités les hommes et les femmes dont ils s’occupent.

Plûme

Texte et mise en scène : Vincent Ecrepont
Collaboration artistique : Laurent Stachnick
Comédiens : Céline Bellanger, Véronic Joly, Sylvain Savard
Scénographie : Caroline Ginet
Création costumes : Fabienne Desflèches
Création lumière et vidéo : Benoît André
Création sonore : Christine Moreau
Administration : Agathe Clanet

En tournée
Vendredi 16 mars :
Maison de la culture de Nevers Agglomération (58)
Jeudi 22 mars : Théâtre des Tisserands – Lille (59)
Vendredi 30 mars : tournée décentralisée/Comédie de Picardie à Beauquesne (80)
Jeudi 12 avril : Salle des 3 villages – Savignies (60)

 

“Orestie, Opéra Hip Hop”, à la MC93 Bobigny

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Une scène en escalier pour seul décor et des comédiens-chanteurs-rappeurs qui donnent la réplique, faisant se dérouler la tragédie d’Eschyle sous nos yeux et nos oreilles étonnés.

« Orestie », un opéra hip-hop, quoi de plus déconcertant ? et pourtant…

Cette idée un peu folle est née de la rencontre d’un amoureux de la Grèce antique, Arnaud Churin et du rappeur D’ de Kabal, artiste touche-à-tout.

Tous les deux ont monté cet opéra en reprenant « L’Orestie » d’Eschyle, vaste saga familiale où infanticide, fratricide, matricide se succèdent sans répit dans une soif de vengeance jamais assouvie.

Cassant, ou peut-être mieux « digérant » les codes de la tragédie grecque, voilà un mélange réussi, assaisonné de rap, de slam et de hip-hop.

Le rythme est là, et bien là, donné par trois rappeurs qui ponctuent le spectacle en « beat box » avec le choeur impressionnant, principal protagoniste, comme il se doit.

Tous les artistes sur scène – et ils sont nombreux et talentueux – offrent au public une partition magnifique de la pièce en trois tableaux.

L’énergie déborde de la scène et se transmet à la salle, le rythme du rap, la chorégraphie d’un seul qui raconte sans mots les événements, toutes les trouvailles scéniques font écho au présent, malgré les 2500 ans d’écart entre l’écriture et la représentation.

Du coup, « L’Orestie » prend des accents plus modernes – tout en respectant scrupuleusement l’esprit du texte –, et les histoires de vengeance qui s’enchaînent les unes aux autres sont rattrapées par le désir de justice du peuple.

Plus question de laisser les dieux décider de tout, de faire les humains leurs pantins, il est temps que les hommes s’emparent de leur destin et arrêtent de s’entretuer. Mais pour cela, il faut l’égalité, l’égalité réelle, pour que la même justice s’applique à tous, que l’on soit riche et puissant ou pauvre et malade…

Un très beau spectacle, fort, plein de convictions !

Plûme

Texte : D’ de Kabal d’après Eschyle
Mise en scène : Arnaud Churin et D’ de Kabal
Musique : Création collective sous la direction d’Arnaud Vernet Le Naun et Franco Mannara
Scénographie : Philippe Marioge
Avec : Arnaud Churin, Murielle Colvez, D’ de Kabal, Mia Delmaë, Marie Dissais, Didier Firmin, Hutch, KIM, Kohndo, Mike Ladd, Franco Mannara, Nina, Raphaël Otchakowski, Emanuela Pace, Guillaume Rannou, Scouilla, Arnaud Vernet Le Naun, Alexandre Virapin, Isabelle Zanotti

Jusqu’au 13 mars
Mardi, mercredi, vendredi à 20 h 30, jeudi à 14 h 30
Samedi à 18 h 30 et dimanche à 16 h 30
MC93 — Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
9, boulevard Lénine
93000 Bobigny

Le 22 mars à 19 h 30 à L’Avant Seine, Théâtre de Colombes
Le 30 mars à 20 h 30 au  Pôle culturel d’Alfortville

“La Cerisaie”, au Théâtre-Studio d’Alforville

 

Crédit photo : Simon Gosselin

La Cerisaie – lieu unique mentionné dans le dictionnaire encyclopédique russe – seul élément vivant qui continue sa floraison face à une maison en déclin.

Christian Benedetti, metteur en scène et acteur, a voulu traiter cette pièce du théâtre de Tchekhov en toute simplicité.

Sa mise en scène, virevoltante, donne encore plus d’intensité aux personnages, obligés de jouer vite et juste. Une belle performance pour les douze comédiens.

Pas de décor, si ce n’est les murs de béton du Théâtre-Studio d’Alfortville et bien peu d’éléments : un banc, un paravent, une armoire… et l’on ressent l’attachement viscéral de tous les personnages aux lieux.

Le texte rebondit dans un ping-pong verbal où les mots fusent à la vitesse des émotions chamboulées par la situation. La grande histoire malmène les héros de la petite…

Nous voilà donc en ce début de XXe siècle, au centre des passions de cette famille noble, et ruinée, dont la maison et la cerisaie vont être vendues aux enchères. Le seul qui peut se porter acquéreur, n’est autre que l’ancien valet, Lopakhine, le moujik… Tout un symbole !

À voir !

Plûme

D’Anton Tchekhov
Mise en scène : Christian Benedetti
Assistante à la mise en scène : Nina Villanova
Traduction : Brigitte Barilley, Christian Benedetti et Laurent Huon
Avec : Brigitte Barilley, Alix Riemer, Hélène Viviès, Philippe Crubézy, Christian Benedetti, Antoine Amblard, Philippe Lebas, Laurent Huon (en alternance), Lise Quet, Nicolas Buchoux, Hélène Stadnicki, Jean-Pierre Moulin et Christophe Carotenuto

Jusqu’au 24 mars 2018
du lundi au samedi à 20 H 30
THÉÂTRE-STUDIO
16, rue Marcelin Berthelot
94140 Alfortville
www.theatre-studio.com