“Jouer sa vie sur un vaudeville”, William Malatrat, Le Guichet Montparnasse

Comédien, metteur en scène de nombreuses pièces dont Le journal d’une Femme de Chambre, primé aux P’tits Molières 2015 « Meilleure comédienne dans un premier rôle », William Malatrat dirige aussi l’Atelier d’art dramatique du Guichet Montparnasse.

Sa passion du théâtre, il l’a découverte dès l’âge de 13 ans en découvrant une représentation de Jean Anouilh, Antigone.

Un auteur qu’il n’a pas oublié au fil du temps. Ce soir-là, Jouer sa vie sur un vaudeville est une adaptation modelée, parfois réécrite par William Matrat du  Rendez-vous de Senlis. Le prologue est constitué de textes de différentes œuvres de Anouilh.

Le tourbillon des faux-semblants, la vérité avec le désordre… l’insolence de ce grand dramaturge du siècle passé mais résolument moderne… séduisent William Malatrat qui dans cette nouvelle mise en scène sait les transcender et adhérer le public à sa perception.

Une intrigue captivante qui mêle interrogations, rires et indignations.

Pour ceux qui auraient oublié le début :
Georges, marié par intérêt à une riche bourgeoise, s’éprend d’une jeune femme rencontrée au musée du Louvre. Pour la séduire davantage, il loue une villa qu’il veut lui faire croire pour sienne et fait appel à deux comédiens qui ont pour instruction d’incarner ses parents…

Une représentation qui fait appel à neuf comédiens.

Coup de cœur pour Fanny Blanchard.

Carole Rampal

Jusqu’au 23 septembre
Le Guichet Montparnasse
15 rue du Maine
75014 Paris
01 43 27 88 61

Avec
Agnès Aubert
Fanny Blanchard
Jean-Pierre Chouraqui
Charles Falanga 
Marc Gemayel 
Katy Odoard  
Lauriane Schneider
Dimitri Vasiljevic 
Myriam Vergnol 
Collaboration artistique
Alicia Bluteau
Patricia Alonso

“Une histoire d’amour”, La Scala de Paris

Avec cette pièce Alexis Michalik – auteur, metteur en scène et interprète – entraîne le spectateur dans les méandres du sentiment amoureux. Des prémices d’une rencontre avec tout ce qu’elle porte d’espoirs et de déceptions au dénouement, l’auteur nous fait vivre mille émotions.

Tout commence lors d’une soirée par la rencontre de deux jeunes femmes, Katia et Justine. Rapidement vient l’emménagement, le mariage symbolique célébré par William le frère de Katia, un désir d’enfant, l’une tombe enceinte l’autre pas et c’est le début de la fin de cette histoire d’amour. Jeanne vient au monde et on vérifie que la vie ne tient pas toujours ses promesses, et que certaines décisions ont des conséquences qui rejaillissent sur les autres de façon cruelle et irrémédiable. Il faudra aux personnages beaucoup de courage et d’amour pour faire face aux drames qui les attendent.

Grâce à un bon de douze ans dans le temps nous découvrons Jeanne, jeune ado surdouée et mal dans sa peau, qui vit une relation très forte et exclusive avec sa mère malade, et William désespéré et perdu après un accident de voiture qui a coûté la vie à sa femme. Les événements feront que cette ado et son oncle qui ne se connaissent pas n’auront d’autre choix que de veiller l’un sur l’autre et d’apprendre à s’aimer pour se reconstruire.

Tous les comédiens sont magnifiques, portés par des dialogues simples mais efficaces et sans pathos. Au salut, la salle s’est levée comme un seul homme, enthousiaste, pour célébrer aussi ce retour au théâtre. J’étais émue car j’ai pensé à toutes ces compagnies en grande difficulté à cause du confinement et à ces comédiens qui ne rejoueront pas de sitôt.

Certaines productions restent encore très fragiles.

Armelle Gadenne

Un spectacle d’Alexis Michalik
Avec Pauline Bression, Juliette Delacroix, Alexis Michalik, Marie-Camille Soyer, et en alternance Loir Chabat, Leontine d’Oncieu, Violette Guillon et Amélia Lacquemant

En ce moment, à La Scala
13 boulevard de Strasbourg
75010 Paris
lacalaparis.com
01 40 03 44 30

C-o-n-t-a-c-t, expérience théâtrale distanciée

Gabrielle Jourdain, coproductrice et porteuse de l’idée originale, et Samuel Sené, développeur du concept et metteur en scène (on lui doit le remarquable spectacle « Comédiens ! » qui a triomphé il y a deux ans au Théâtre de la Huchette) ont réuni autour d’eux une bande de jeunes talents : musiciens, informaticiens, comédiens. De là est née l’étonnante performance à laquelle j’ai pu assister dans le quartier Montorgueil.

La technologie au service du théâtre
Une adresse m’avait été communiquée la veille du spectacle. Juste une rue, un numéro et une heure. C’est donc devant une boutique que la vingtaine de spectateurs masqués s’est retrouvée pour un périple déambulatoire dans les petites rues de ce quartier.

Avant que le spectacle ne démarre chacun d’entre-nous a téléchargé une application sur son téléphone portable et, muni.e. d’écouteurs, a commencé à entendre une musique légèrement jazzy suivie peu de temps après par la voix intérieure d’une comédienne qui est apparue au coin d’une rue.

Nous partageons quelque temps l’intimité de cette jeune femme puis ses interrogations concernant un type qui essaye de l’aborder – le second comédien de cette aventure.

Je pense qu’il est inutile de dévoiler l’objet de la relation des deux personnages, tout ce que je peux dire c’est que l’un aidera l’autre à dépasser une douloureuse période de deuil.

Une balade étonnante
Le texte que nous n’entendons que par les écouteurs de notre téléphone est fluide et intelligent, et il est surprenant d’entendre alternativement et de façon bien différenciée et les dialogues entre les acteurs et leurs voix intérieures.

Cette promenade, où les haltes sont fréquentes, est assez déroutante et nous déconnecte bien de la réalité de la rue. Parfois des passants intrigués se mêlent de façon absurde au spectacle, car ils ne peuvent pas s’intégrer à notre petit groupe n’ayant pas les codes pour pénétrer dans notre bulle théâtrale. Ils finissent d’ailleurs par abandonner.

Le spectacle dure cinquante minutes environ, et si la narration est somme toute relativement classique ce sont les conditions de déroulement du spectacle, la bande son, la prouesse artistique et l’ingéniosité technologique qu’il faut louer pour leur créativité.

Espérons qu’avec les nouvelles mesures à venir, et l’éventuelle nouvelle vague de la pandémie, ce spectacle continuera d’exister. 

Recommencez à sortir, allez au théâtre.

Armelle Gadenne




Ce soir-là nous avons vu June van der Esch et Gilles Vajou
(En alternance avec Inès Amoura et Jacques Verzier)
Spectacle conçu par Gabrielle Jourdain et Samuel Sené
Mise en scène de Samuel Sené
Texte de Eric Chantelauze
Musique et design sonore de Cyril Barbessol
Développement technologique : tooaregs 
www.c-o-n-t-a-c-t.fr
Pour tout l’été

De Vers en Verres, à la Comédie Nation

Affiche juillet 20

 

De vers en verres… c’est une rencontre avec des grands auteurs classiques – Goldoni, Hugo, Marivaux, Molière, Musset, Racine, Rostand, Tchekhov – dont les textes connus ou beaucoup moins donnent toujours une saveur particulière.

Ces extraits sont proposés aux spectateurs à la carte avant d’entrer en salle. Chacun passe commande et participe ainsi à la composition du spectacle. Et là…

[Il y a la scène et la salle…] [Et ne sachant de rien comment cela commence ou finit…] [Et il (le spectateur) se regarde lui-même….] [Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c’était vrai…]… Oui, trois comédiens en costume d’époque comme si on y était nous mettent l’eau à la bouche par ce très beau texte de Paul Claudel. Puis, un avant-goût de Victor Hugo se glisse sous nos papilles avec Ruy Blas.

Sous les accords d’une guitare, on arrive aux entrées avec Andromaque de Racine, Le Médecin malgré lui de Molière.

Avant d’arriver aux plats de résistance : La Manie de la villégiature (Goldoni), Lucrèce Borgia (Victor Hugo), Le Mot (Victor Hugo), Platonov (Tchekhov). Il y en a pour tous les goûts.

Et avec excès de gourmandise seront servis pour le dessert : Le Prince travesti (Marivaux), Cyrano de Bergerac (Rostand).

Ce soir-là, les comédiens présents, Yannick Barnole, Anne-Dorothée Lebard, Julia Régule, s’expriment sur un ton très juste dans un répertoire varié. Un coup de cœur pour la talentueuse Anne-Dorothée Lebard.

Pour ceux qui veulent mieux les connaître, il est possible de trinquer avec les comédiens après le spectacle de Vers en « verres ».

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

À la Comédie Nation
77 rue de Montreuil, 75011 Paris

Les 22, 24, 29 et 31 juillet, et les 19, 21, 26 et 28 août 2020 à 20h30.

Durée : 1h20

Mise en scène
Laetitia Leterrier
Costumes d’époque
Mélodie Alves
Comédiens et musiciens
Yannick Barnole
Pierre Koch (à la guitare)
Anne-Dorothée Lebard
François Lis
Julia Régule
Loren Troubat

L’HISTOIRE DU THÉATRE DE GENNEVILLIERS

1. facade © Sami Benyoucef - ville de Gennevilliers
© Sami Benyoucef

De la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, que de chemins parcourus par le Centre dramatique national (CDN). Un théâtre qui a su conserver son âme et l’essence même de son existence. Zoom arrière…

Fin du XIXe siècle-début du XXe, Gennevilliers est en plein essor économique dû à son activité industrielle. Sa population ne cesse de s’accroître : ce sont avant tout des familles de travailleurs modestes qui viennent s’installer. L’administration réorganise alors la ville.

En 1930, la municipalité vote le projet de la construction d’une halle de marché et dans le même temps la création d’une salle de fêtes afin de favoriser l’accès à la culture.

En 1934, le parti communiste remporte les élections. Le chantier débute cette année-là et dure quatre ans. La conception globale de ce gigantesque complexe est confiée à l’architecte Louis Brossard qui signera d’autres œuvres dans la commune comme le bureau de poste du quartier des Grésillons, place Jaffeux.

En 1938, la salle des fêtes est inaugurée.

La halle, marché hebdomadaire, accueille des manifestations diverses telles que des expositions. Tandis que la salle des fêtes se révèle le lieu d’une activité tant culturelle que politique où des représentations de théâtre amateurs, professionnels, des opéras, des expositions, des concerts de l’École de musique de Gennevilliers, des manifestations sportives côtoient des meetings, des réunions syndicales.

À savoir que des cours de leçons d’art dramatique étaient déjà proposés depuis 1947 dans les locaux de la Maison pour tous. L’apprentissage de la musique dans le droit fil des grands projets d’éducation populaire est également dispensé à tous les enfants désireux d’évoluer dans cette discipline. L’école de musique est créée en 1935. Des formations musicales, à Gennevilliers, qui ne datent pas d’hier : en 1871, une musique municipale existait déjà.

 

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Après guerre, le service public développe une politique de décentralisation culturelle conduite par Jeanne Laurent, membre du gouvernement de la IVe République, à la Direction générale des Arts et Lettres

 

Jean Vilar
JEAN VILAR

Jean Vilar (fondateur du futur Festival d’Avignon) prend la direction du Théâtre national populaire (TNP), en 1951. Waldeck L’Huillier, dirigeant du PCF et alors maire de Gennevilliers, met à la disposition du metteur en scène et de sa troupe, la salle des fêtes des Grésillons.

En 1952, Le Cid de Pierre Corneille et Mère courage de Bertolt Brecht y seront notamment joués. Ce sera l’occasion d’un gala où Yves Montand est invité. Plus de 2200 personnes, ouvriers en bleu, représentants des industries, acteurs politiques – Auguste Lecœur, secrétaire général du PCF, Théodore Vial, membre du Comité central, le maire L’Huillier – sont réunis autour d’un repas collectif qui nourrit des conversations sur les mises en scène.

En 1954, Le Prince de Hombourg de Kleist et Dom Juan de Molière sont représentés. En 1956, Macbeth de Shakespeare, L’Avare de Molière.

De grands acteurs – Maria Casarès, Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Charles Denner… – défilent sur les planches. Des allers-retours en car sont organisés pour voir les spectacles. La municipalité participe à la réalisation d’un théâtre ambulant parcourant les communes de la région parisienne.

L’idée du théâtre populaire prend forme.

Bernard Sobel
@ Laurent Troude BERNARD SOBEL

En 1962, Jean Vilar présente à Waldeck L’Huillier, Bernard Sobel, son assistant durant la création de La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht qui ne tarde pas à créer sa troupe et à fonder le Théâtre populaire de Gennevilliers qui deviendra Ensemble théâtral de Gennevilliers (ETG). À ses côtés : Michèle Raoul-Davis et Yvon Davis (assistanat et dramaturgie), Antoine Dutèpe (décors) ou encore Jacques Schmitt (costumes). Dans des conditions matérielles parfois difficiles, Tanker Nebraska, de Herb Tank, Antigone de Brecht sont les premières représentations jouées.

En 1964, Waldeck L’Huillier préside lui-même une association Des Amis du Théâtre et a pour ambition son rayonnement auprès des municipalités communistes environnantes. Par ailleurs, il s’arrange pour que les prix de places soient très bas tout en garantissant des manifestations artistiques de qualité.

En 1966 et 1967, un festival est organisé avec le concours du Centre culturel et de la Direction municipale des Affaires culturelles. Soirées théâtrales et musicales, animations culturelles et expositions sont au programme. Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht, dans une mise en scène de René Allio, ouvre les festivités. Patrice Chéreau met en scène un classique, L’affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche ; la comédie Cœur ardent d’Alexandre Ostrovski et montée par Bernard Sobel est saluée par la presse.

En 1968, L’Exception et la règle de Bertolt Brecht, mise en scène par Bernard Sobel, est jouée plus de trente fois.

L’ETG jouit d’une notoriété de plus en plus forte et marquera le tournant d’une carrière de nombreux metteurs en scène et créateurs (Patrice Chéreau, Bruno Bayen, Jacques Lassalle, Jean-Louis Hourdin, Alain Ollivier, Olivier Perrier, André Diot…).

En 1970, il bénéficie de subventions de l’État.

1974  verra le jour de la revue Théâtre/Public, un magazine créé par Bernard Sobel qui a pour objet de mener des réflexions et de croiser les points de vue sur les courants et l’actualité au sens large du théâtre. Dirigée pendant quarante-cinq ans par Alain Girault, Olivier Neveux en est le rédacteur en chef depuis 2013.

En 1983, l’ETG est labellisé Centre dramatique national et devient le Théâtre de Gennevilliers.
La même année, l’architecte et urbaniste, Claude Vasconi, redessine les plans de ce lieu de vie qu’il agrandit. La cage de scène atteint désormais plus de 30 m de hauteur. Le peintre et décorateur Italo Rota repense l’intérieur du bâtiment et l’aménagement scénographique est confié à Noël Napo. Au total, le T2G est composé de deux salles de répétitions et de deux salles de représentations d’une jauge pour l’une de 300 personnes et l’autre de 400. Cet énorme espace permet aussi de disposer d’un studio de tournage au service du cinéma ou des chaînes de télévisions locales.

En 2006, Bernard Sobel signe sa dernière mise en scène, Don, mécènes et adorateurs d’Alexandre Ostrovski, en tant que directeur du Théâtre de Gennevilliers. En un peu plus de quarante ans, il aura réalisé quelque quatre-vingts mises en scène, fait découvrir de nombreux auteurs (Isaac Babel, Guan Hanqin, Richard Foreman, Christian Dietrich Grabbe…). Le Théâtre de Gennevilliers sera aussi marqué par des artistes tels Maria Casarès, Stéphane Braunschweig, Marc François, Didier-Georges Gabily, François Tanguy, Philippe Clévenot… et les peintres et scénographes Titina Maselli, Nicky Rieti et Lucio Fanti.

Pascal Rambert
@ Patrick Imbert PASCAL RAMBERT

De 2007 jusqu’à 2016, sous la houlette de Pascal Rambert, qui en devient son directeur, le théâtre se transforme en un haut-lieu de création contemporaine, ouvert à toutes les pratiques  – théâtre, danse, opéra, art contemporain, philosophie, cinéma – et sur le monde. Le T2G (acronyme créé sous sa direction) accueille des artistes de toute nationalité et diffuse ses créations à l’international. Pendant cette période, Pascal Rambert engage des travaux qui seront réalisés par l’architecte Patrick Bouchain et son associée Nicole Concordet. Il s’agit de créer un espace de vie, ouvert sur la rue, permettant de réunir l’accueil du théâtre, la billetterie et le restaurant tels que nous les connaissons aujourd’hui. La cage de scène est repeinte en rouge et mise en lumière par le plasticien Yann Kersalé, la signalétique conçue par Daniel Buren.

Durant ses dix années, il sera entouré notamment par le chorégraphe Rachid Ouramdane, l’artiste photographe américaine Nan Goldin, les plasticiens Felice Varini et Céleste Bourcier-Mougenot, la philosophe Marie-José Mondzain ou encore le scénographe et le metteur en scène Philippe Quesne.

En janvier 2017, le metteur en scène et scénographe Daniel Jeanneteau prend la direction du Théâtre de Gennevilliers. Son projet, basé sur le partage des processus de création, s’attache à ancrer la vie du théâtre dans le voisinage de proximité, tout en continuant de l’inscrire dans un vaste réseau national et international. Convaincu que l’art est fait pour troubler, son ambition pourrait se résumer dans cette pensée de Diderot qu’il reprend à son compte : “Il est une impression plus violente encore, et que vous concevrez, si vous êtes nés pour votre art et si vous en pressentez toute la magie : c’est de mettre un peuple comme à la gêne. Alors les esprits seront troublés, incertains, flottants, éperdus, et vos spectateurs tels que ceux qui dans les tremblements d’une partie du globe, voient les murs de leurs maisons vaciller, et sentent la terre se dérober sous leurs pieds.”

Et il fait mouche. Le public accourt, DMPVD aussi : “Le reste vous le connaissez par le cinéma” (metteur en scène Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/3ayXTeF ; “Iphigénie” (Chloé Dabert), https://bit.ly/2KmZVUG ; “Tristan” (Éric Vigner), https://bit.ly/2S1ft4H ; “Item” (François Tanguy), https://bit.ly/3eMBjD0 ; “La Ménagerie de verre” (Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/3cJhsCv ; “Pauvreté, Richesse, Homme et Bête” (Pascal Kirsch), https://bit.ly/2XWLLS5 ; “Price” (Création collectiv), https://bit.ly/2yxfpCW ; “Les Aveugles” (Daniel Jeanneteau), https://bit.ly/2VuLWCE ; “Alerte, est-ce que c’est là”  (Clémentine Baert), https://bit.ly/2VrOiSJ.

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© Olivier Roller

DEUX QUESTIONS À DANIEL JEANNETEAU

– Comment est née en vous la passion du théâtre ?
D. J. : De l’observation de la vie. Le théâtre, c’est l’art de la rencontre, de la relation, du rapport. C’est de l’entre-deux, de l’intervalle, du vide. Rien de fixe, rien de durable. L’intersection de la vie intérieure et du monde. La vie comme mouvement. C’est ce qui m’a permis de rassembler tout ce qui compose mon existence en une seule action, et de lui trouver, parfois, du sens.

– Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre la direction de ce théâtre ?
D. J. : Son bâtiment, son équipe, la ville, la banlieue. Je connaissais la maison pour y avoir travaillé. Je vis en banlieue depuis trente ans et j’aime ce territoire. Je n’ai été candidat qu’à ce théâtre, il a des qualités qu’on ne trouve dans aucun autre en France. C’est ici que je me sens le plus utile.

 

Remerciements chaleureux à Philippe Boulet qui m’a permis d’accéder aux archives du théâtre et validé les informations contenues dans ce dossier.

 

Carole Rampal
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“Un peu de sculpture”, interview avec Krislo

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C’est avec plaisir que DMPVD s’est rendu début mars dans l’atelier du sculpteur Christophe Loton. Un accueil réservé des plus sympathiques où l’artiste a répondu avec beaucoup d’ouverture aux techniques de ses œuvres. Zoom.

– Quel rapport entretenez-vous avec la matière ?
C. L. : Jusqu’à présent je n’utilise jamais la matière brute, elle me sert de support, de base.

– Quel matériau préférez-vous ?
C. L. : L’argile et le béton cellulaire. L’argile me permet de créer de petites pièces en modelant. Le béton cellulaire quant à lui me permet de réaliser des pièces de dimensions plus importantes en collant un à plusieurs blocs ensemble. Ces matériaux sont comme l’âme de l’œuvre, viennent ensuite différentes patines qui finalisent celles-ci.

– Comment  vous vient l’inspiration ?
C. L. : De l’observation autour de moi : le corps humain, la nature, une photo, d’autres œuvres…

– Comment se déroule une séance de travail ? : suivez-vous le même processus de création pour chacune de vos œuvres ?
C. L. : Le processus de création est variable en fonction de l’inspiration. 
Un croquis ou directement j’attaque la matière. La base peut être de l’argile : le contact y est sensuel, tout en douceur. Le béton cellulaire est un matériau que j’apprécie car il se travaille au marteau, au burin, à la râpe, comme un tailleur de pierres. 

– Avez-vous des thèmes préférés ?
C. L. : Non pas particulièrement mais je reste dans l’abstraction.

– Quels courants artistiques vous ont le plus marqué ?
C. L. : L’art africain est une source d’inspiration importante tout comme des artistes contemporains tels que Jean Arp, Henry Moore, Barbara Hepworth, Yayoi Kusama…

– Vous avez déjà exposé en 2012, à La Nuit des artistes de Saint Germain-en-Laye ; en 2013 à Sèvres ; depuis 2016 en Normandie (Granville, Saint-Pair-sur-Mer, Bréville-sur-Mer). Avez-vous aussi des projets d’exposition en 2020 ?
C. L. : En Normandie, trois expositions sont prévues*. En avril mais celle-ci a été annulée. En mai* en Normandie, Sculptures/peintures. Une autre en août*.

– Y a-t-il une autre forme artistique qui vous attire ou que vous pratiquez en dehors de la sculpture ?
C. L. : Depuis peu je réalise des peintures sur toile à l’acrylique.

– Merci Krislo

Propos recueillis par Carole Rampal

Des mots pour vous dire

* Au vu des circonstances du confinement, nous souhaitons à Christophe Loton de pouvoir maintenir celle en août. DMPVD s’engage à vous transmettre en temps venu les dates de ses expositions pour l’été.

En attendant, nous vous invitons à consulter ses deux sites :
– celui dédié à la sculpture : https://krisgrafik.wixsite.com/sculptures/a-propos
– son tout nouveau site, celui-là dédié à la peinture :
https://krisgrafik.wixsite.com/peintures

 

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“Humans” par la troupe Circa à La Scala de Paris

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Les acrobates de la compagnie australienne Circa proposent un spectacle impressionnant qui mélange la danse, l’acrobatie et la musique. Ils nous interrogent sur ce que cela signifie d’être humain dans notre relation à l’autre.

Sur une scène sans décor, les corps sont poussés à l’extrême, avec des mouvements violents qui les jettent au sol ou les uns contre les autres, et des portés aux limites du raisonnable. C’est une immersion dans ce que peut offrir de plus brut le travail des corps et des muscles.

Ce moment d’une grande qualité scénographique, proposé par Yaron Lifschitz et la Compagnie Circa, est accompagné par une bande son aux rythmes aussi divers que le jazz, les musiques irlandaise et asiatique, des airs de capoeira ou du Brel, entre autres. Belle idée qui porte le spectacle.

Rester vigilant et attentif aux autres

Les contorsions, seul ou à plusieurs, sont toujours impressionnantes ; les numéros en hauteur avec trapèze, cordes ou tissus aériens sont moins originaux que ceux qui se passent au sol, mais néanmoins tout aussi « musclés ». L’attention que se portent les acrobates démontre bien que tout est potentiellement dangereux et réclame de la part des artistes une vigilance de tous les instants.

Vous retiendrez votre souffle, serez admiratif ou plutôt amusez comme dans ce numéro où les acrobates essaient de se lécher le coude. Les plus souples y arrivent les autres pas… Je vous invite à essayer, ce n’est pas gagné !

Allez voir dès que possible cette troupe issue du cirque australien qui fait figure de référence au sein du cirque mondial, tant cet art est ancré dans l’ADN du pays. Elle offre 1 h 10 d’un spectacle original, qui interroge sur la brutalité des relations humaines et la solidarité. Dans ces temps troublés, ce n’est pas un vain mot.

Armelle Gadenne

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La Scala de Paris
13, boulevard de Strasbourg – Paris 10e
Tél. : 01 40 03 44 30

Créé par Yaron Lifschitz et la Compagnie Circa

“Une leçon d’histoire de France”,  Théâtre de Poche Montparnasse

crédit photo : Alejandro Guerrero

 

Dans ce seul en scène Maxime d’Aboville campe un professeur d’histoire qui donne deux leçons d’histoire de France. Passionné, survolté et quelque peu psychorigide ce prof nous entraîne de l’an mil à Jeanne d’Arc et de la bataille de Marignan au Roi-Soleil.

À travers les mots de Dumas, Michelet, Hugo, Saint-Simon, Duruy, Chateaubriand et Bainville, le comédien propose au public de revisiter, en deux parties, les moments forts de notre histoire. C’est ainsi que nous redécouvrons l’avènement et le règne des Capétiens, celui des Valois, la guerre de Cent Ans, entre autres. L’histoire de cette petite bergère qui conduit Charles VII à Reims, les circonstances de l’assassinat du duc de Guise, de celui d’Henri IV par Ravaillac…

Maxime d’Aboville sautille, éructe, s’emporte, fouette la baguette qui lui sert à situer l’action sur une vieille carte de France. Il ne ménage pas sa peine pour rendre vivants tous les récits et anecdotes qui ont fait notre histoire.

Voici une belle occasion pour le spectateur de vérifier ses connaissances en famille, ou de les compléter, et de répondre aux questions de ce maître d’un autre temps, en blouse grise et chaussures à guêtres.

 

Théâtre de Poche Montparnasse
75, boulevard du Montparnasse
75006 Paris
Tél. :     01 45 44 50 21
www.theatredepochemontparnasse.com

 

Une leçon d’histoire de France
De l’an mil à Jeanne d’Arc/de 1515 au Roi-Soleil
De et par Maxime d’Aboville

Samedi 15 h partie I / 16h30 partie II

 

“Dans les forêts de Sibérie”, Théâtre de Poche Montparnasse

 

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La solitude comme compagne, loin des contraintes et de la folie de la civilisation. Contempler la nature, vivre à son  rythme, lire, boire de la vodka, fumer, couper du bois, pêcher, a été le quotidien de Sylvain Tesson pendant six mois.

William Mesguich est formidable dans la peau de l’écrivain, Prix Médicis en 2011 pour son ouvrage éponyme, qui réfléchit à sa condition d’être humain et nous offre un moment fort et poétique dans ce milieu hostile qu’est la Sibérie. L’adaptation de Charlotte Escamez et la mise en scène du comédien nous enchantent. On admire cet homme attachant qui se soumet totalement à la nature, on aimerait habiter cette cabane et on envie son courage d’avoir tout quitté pour affronter ses doutes, ses contradictions, sa réalité profonde, et le paysage brutal et potentiellement dangereux des forêts de Sibérie et du lac Baïkal. Quelle richesse et quelle force intérieures pour avoir supporté ces mois de face à face avec soi-même.

A la fois drôle, poétique et désenchanté, ce spectacle est vivifiant et terrifiant. Vivifiant parce que cette aventure humaine est encore possible et a produit un texte d’une grande puissance. Terrifiant car le temps nous est compté et celui de nos enfants encore plus, avant que la terre nous fasse payer notre inconscience d’apprentis sorciers.

Plongez-vous dans ce monde où tout est ralenti et contemplatif. Allez découvrir les « lectures idéales » de Sylvain Tesson et la liste de ses équipements – outils et vêtements – qui lui ont permis de poursuivre sa réflexion sur la lenteur et la simplicité d’une vie calée sur le rythme retrouvé d’une nature pour le moment intacte.

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

Théâtre de poche Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 50 21
theatredepoche-montparnasse.com

Jusqu’au 8 avril 2020
Du mardi au vendredi 19 h

Dans les forêts de Sibérie
D’après le livre de Sylvain Tesson
Mise en scène et interprétation : William Mesguich

“Les Carnets de Harry Haller”, au Théâtre du Roi René

HARRY 2© Hervé Vallée

 

Allemagne. Un peu avant les années 30. Ce soir-là, il pleut. Des night-clubs s’échappent du piano les notes de Honeysuckle Rose du célèbre jazzman Fats Waller.

Harry Haller, écrivain, enfermé chez lui dans une solitude qu’il recherche autant qu’elle l’étouffe, cherche sens à sa vie et se désespère devant son absurdité. Poussé par un besoin d’échapper à son angoisse existentielle, il décide dans un élan de sortir de ses murs. L’effervescence de la ville le revigore jusqu’à stimuler son imaginaire.

Frédéric Schmitt incarne avec profondeur le personnage des Carnets de Harry Haller de Hermann Hesse dont il ne dénature aucune des pages qu’il nous rapporte avec beaucoup de receptivité. En complicité avec la salle à qui il se livre en toute transparence dans son intériorité, il nous entraîne dans sa déambulation nocturne à travers les rues et les ruelles où connecté pleinement à lui-même tout l’interpelle :  un escalier, des plantes, les lampadaires, des reflets dans l’eau, un mur, le goût d’un bon verre de vin, mais aussi un théâtre magique dont les lettres lumineuses rouges dansent pour mieux l’éclairer.

Frédéric Schmitt brise le quatrième mur, et derrière ses lunettes noires imposantes qui cachent des yeux verts, s’immobilise devant les spectateurs dont ils accrochent le regard.

Il n’hésite pas non plus à s’inviter au dernier rang dans un fauteuil pour mieux relater, la salle dos tournée, l’histoire d’Harry Haller.

Le comédien porte avec beaucoup de prestance et de variation dans les tons de voix, ce très beau texte dans un seul en scène à aller voir et qui donne envie de découvrir le roman pour ceux qui ne l’auraient pas lu.

Point faible : sa scénographie, pratiquement absente volontairement au début de la pièce, mais qui semble décalée et peu recherchée à certains moments.

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire
Du jeudi au samedi à 19h30 jusqu’au 7 mars 2020
Théâtre du Roi René
http://theatreduroirene.com/
12 rue Edouard-Lockroy
75011 Paris
Métro : Parmentier

théâtre roi réné

Extrait du roman des premières pages des Carnets de Harry Haller jusqu’au Traité du Loup des Steppes de Hermann Hesse
Mise en scène : Jean-Christophe Barbaud
Interprétation : Frédéric Schmitt
Lumière : Sophie Corvellec
Création graphique : Vincent Treppoz

 

“Dernier carton”, au Théâtre du Gymnase Marie Bell

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Le rideau s’ouvre.

Assis sur un “dernier carton”, le visage ombrageux, Richard Santenac, la soixantaine bien passée, animateur d’une émission littéraire, le portable à la main, hésite à composer le numéro. Quelques secondes plus tard, sur un répondeur, il déposera, à Diane, le message d’un amant affligé après une rupture douloureuse qui tente dans un élan désespéré de renouer contact avec la femme qu’il aime encore.

À ses pieds, deux rouleaux de gros scotch adhésif jonchent sur le sol, à côté d’une bouteille de whisky à moitié vide. À deux mètres de lui, Oussama, le déménageur, attend de pouvoir prendre le dernier carton sur lequel il est assis.

Agité par la souffrance qui l’habite, Richard se lève d’un bond.

Oussama s’inquiète pour lui. Étonnamment plus préoccupé par les états d’âme du présentateur vedette qu’affairé par son job, il ne semble plus s’intéresser au dernier paquet à charger.

Un zeste arrogant, Richard l’exhorte à accélérer la cadence.

Oussama reste face à lui et le questionne pour savoir ce qu’il a pensé du manuscrit qu’il lui a fait parvenir via la chaîne. Pantois et pressé d’en finir avec cette situation qu’il ne comprend pas et ce transporteur à la personnalité étrange, Richard l’expédie. Oussama réussit à retenir sa curiosité en exposant le récit de son roman présentant d’étranges similitudes avec sa vie et celle de Diane.

Nerveux, Richard se sent joué de cet homme qui n’en finit pas de s’imposer à lui. La tension monte. Hors de lui, il l’empoigne et le frappe.

Mais voilà. La différence d’âge entre les deux a raison du plus vieux qui finit pieds et poings liés à un escabeau. La raison du plus musclé n’est pas toujours la plus forte face à un vieux loup désespéré et agressif.

Dans de nombreux rebondissements, les deux hommes vont s’affronter.

Les dialogues percutants dont l’écriture revient à Olivier Balu tiennent en haleine le spectateur. Patrice Laffont (Richard Santenac) et Michaël Msihid (Oussama) dans une complicité évidente se réunissent dans une vraie performance d’acteurs où l’émotion est là au cœur de la psychologie de leurs personnages.

Laurent Ziveri l’a bien compris et a choisi, pour cette nouvelle mise en scène, une scénographie épurée qui laisse d’autant place à remarquer ce duo de choc.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

 

Dernier cartonJusqu’au 1er avril 2020
Lundi, mardi et mercredi à 20h00

Petit Théâtre du Gymnase Marie Bell
http://theatredugymnase.paris/dernier-carton/
38 boulevard de Bonne-Nouvelle
75010 Paris
01 42 46 79 79

 

 

“Cyrano” d’Edmond Rostand, au Théâtre le Funambule Montmartre

 

Cyrano comme vous ne l’avez jamais vu.

Sous le masque d’où dépasse un nez magistral, un roc, un pic, un perchoir à oiseaux se cachent tour à tour Iana-Serena de Freitas, Macha Isakova et Mathilde Guêtré-Rguieg qui campent chacune tous les personnages de la pièce (Cyrano, Roxane, Montfleury, le patissier Ragueneau, le beau Christian de Neuvillette, l’affreux et puissant comte de Guiche, La Duègne). Masquées, démasquées, remasquées, elles investissent le plateau mais aussi la salle du Théâtre du Funambule dans une aisance corporelle, revêtues de costumes commedia dell’arte qui font rêver.

Dans une ambiance feutrée aux bougies, le spectateur est transcendé par cette scénographie haute en couleurs, signée Bastien Ossart, où l’humour a sa place, entre autres quand Ragueneau explique avec facétie comment confectionner des tartelettes amandines et descend dans le public pour l’inviter à les manger, ou la vieille Duègne, chargée de surveiller Roxane, se trémousse dans une robe gonflante aussi laide qu’elle.

Du rire… de la tristesse, de l’émotion… qui atteint son apogée à la dernière scène.

Ces trois comédiennes talentueuses clament les vers dans une énergie  rendant littéralement vivants tous les protagonistes qu’elles incarnent.

Les alexandrins d’Edmond Rostand sont restitués avec originalité et brio. Bravo !

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

À partir du 2 février,
du mercredi au samedi à 19h ou 21h
et les dimanches à 15h30.

Mise en scène : Bastien Ossart
Avec Iana-Serena de Freitas, Macha Isakova, Mathilde Guêtré-Rguieg
Une production Théâtre Les Pieds Nus
& Le Funambule Montmartre
Lumières : & Le Funambule Montmartre
Funambule Montmartre
Une production Théâtre Les Pieds Nus
https://www.funambule-montmartre.com/cyrano
53, rue des Saules, 75018 Paris

#theatreparisien

 

 

“L’Art du rire” – Jos Houben à La Scala Paris

© Giovanni Cittadini Cesi

Enseignant, comédien et metteur en scène, Jos Houben anime à La Scala un seul en scène d’un genre particulier puisque les spectateurs assistent à une masterclass sur le rire, devenant pendant une heure « élèves du rire ».

Comment faire rire ?
A l’aide d’exemples mimés, inspirés de nos attitudes et comportements notamment face à ces petits accidents qui, potentiellement, peuvent écorcher notre dignité, le comédien analyse minutieusement les mécaniques du rire et explique ses causes et ses effets.

En philosophe et anthropologue averti du rire, Jos Houben nous éclaire sur notre corps et sa gestuelle. Il les dissèque pour expliquer tout le processus d’hilarité lié à notre gaucherie ou aux potentielles maladresses dont nous sommes victimes lorsque nous sommes distraits. Dans ces moments-là nos conditionnements sont liés à notre peur du ridicule.

Être digne c’est être vertical, être ridicule est lié à la perte de cette verticalité d’Homo erectus. C’est aussi être confronté au regard des autres qui est redouté car infiniment cruel pour note égo.

Le spectacle de Jos Houben va crescendo tant il maîtrise son sujet et sait doser les ressorts comiques. Grâce à son regard aiguisé et à son grand corps d’homme caoutchouc, notre professeur provoque notre sourire ou notre rire en imitant les premiers pas maladroits d’un bébé, les différentes démarches des gens dans la rue, les ondulations du poisson immobile dans son bocal ou la façon de se répandre d’un camembert trop fait – jamais je n’aurais penser qu’imiter un fromage puisse être aussi drôle -, ou encore l’étonnement des visiteurs face à une œuvre d’art moderne…

Dépêchez-vous de vous inscrire à cette masterclass de bonne humeur partagée et stimulante. C’est bon à prendre dans ces temps grisouilles !

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

La Scala Paris
13, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30
lascala-paris.com

Du 5 au 22 février 2020 à 19 h
Les dimanches à 18 h

L’Art du rire
Écriture et interprétation :
Jos Houben

“sspeciess” de Daniel Linehan (Hiatus), au Théâtre de la Cité internationale

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Le vent souffle fort sur la scène du Théâtre de la Cité internationale, ce jeudi 6 février. Cinq danseurs semblent sortir de la torpeur d’une nuit urbaine. Sous des néons à la lumière trop crue, ils se réveillent avec lenteur. Quand “l’une” d’entre eux, allongée près de son compagnon, lui révèle qu’elle a une vision : un oiseau entre deux nuages, puis surgit un écureuil, un chien, une lueur…

Les bruits stridents de la cité déchirent l’aube. Il est l’heure de se lever.
Cinq corps s’animent dans un mouvement de balancement comme soumis à l’apesanteur. Pendant une heure trente, dans une synergie commune, ils chancèleront, dodelineront, cahoteront, balleront bras, jambes, oscilleront comme des astres inéluctablement reliés entre eux et à la nature.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’homme inexorablement relié à son univers lui appartient, et se fond en lui comme les détritus qu’il génère et tapissent l’espace. À l’instar de la mer qui s’agite, s’approche et fuit dans un jeu de va-et-vient, Gorka Gurrutxaga Arruti, Anneleen Keppens, Victor Pérez Armero, Louise Tanoto et David Linehan se retouveront mêlés au creux de la vague dans un éternel recommencement.

L’obscurité prendra place : le spectacle est terminé.

C’est inspiré des écrits du philosophe et écologiste britannique Timothy Morton que le danseur et chorégraphe américain, Daniel Linehan (lui-même sur scène), a choisi d’en proposer une lecture par la “non-danse” et présente pendant deux jours “sspeciess” au Théâtre de la Cité internationale.

Il prolongera sa tournée, le 4 février 2020 : Théâtre de Liège, Festival Pays de Danses ; les 12 et 13 mars 2020 : La Filature, Mulhouse ; les 12 et 13 juin 2020 : Kaaitheater, Bruxelles.

Un chorégraphe à continuer de suivre..

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Théâtre de la Cité internationale
www.theatredelacite.com
17, boulevard Jourdan, 75014 Paris
Avec le festival Faits d’hiver

Concept & chorégraphie :
Daniel Linehan (Hiatus)
Dramaturgie : Alain Franco
Assistant artistique :
Michael Helland
Scénographie : 88888
Costumes : Frédérick Denis
Lumière : Gregory Rivoux
Son : Michael Schmid &
Raphaël Henard

Création & interprétation :
Gorka Gurrutxaga Arruti,
Anneleen Keppens, Daniel Linehan, Victor Pérez Armero, Louise Tanoto

 

“Choses vues”, de Victor Hugo, au Théâtre de Poche Montparnasse

© Alejandro Guerrero

Victor Hugo est un témoin précieux de son temps. Précieux par son regard réaliste sur ses contemporains, précieux par son humanité et sa poésie de la vie.

Il a tous les talents – poète, dramaturge, romancier et dessinateur – le plus important étant celui de rendre précieux les événements dont il est témoin et qu’il note dans son recueil de mémoires depuis son adolescence.

Pour qui connaît ses engagements politique, littéraire et social, le lecteur est toujours au cœur de l’action.

Christophe Barbier, qui a choisi les textes, nous fait découvrir ou redécouvrir ce musée vivant de tous les événements qui ont émaillé la vie de Victor Hugo. Ces Choses vues qu’il présente au public avec Jean-Paul Bordes forment un voyage personnel scandé par des drames familiaux, à travers deux empires, deux monarchies et deux républiques, une œuvre littéraire et théâtrale foisonnante, et l’exil.

Les deux comédiens, complices et tout en nuance, se répondent dans une mise en scène simple et fluide parmi des kakémonos imprimés de dessins et de textes rédigés par l’auteur.

On est touché par certaines réflexions de Hugo et souvent étonnés de l’actualité, et de ses propos et de son verbe.

Je vous encourage à aller passer une heure et demie avec l’un des hommes les plus exceptionnels de notre histoire littéraire, l’immense Victor Hugo.

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

Théâtre de Poche Montparnasse
75, boulevard du Montparnasse
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 50 21
theatredepoche-montparnasse.com

À partir du 28 janvier
Du mardi au vendredi 21 h

Choses Vues de Victor Hugo
Avec
Christophe Barbier
Jean-Paul Bordes
Mise en scène : Stéphanie Tesson