Jacques De Bascher, au Théâtre de la Contrescarpe

Photos : Fabienne Rappeneau

« Quel est ce bel inconnu qui pose sur l’affiche ? » Un homme dont la seule ambition consiste à exister à travers le regard de l’autre à tout prix et jouir de la vie. Son nom ? Jacques de Bascher. Pour certains « le diable de Paris ».

Ce dandy aux costumes flamboyants saura séduire les grands maîtres de la Haute Couture. Il sera le compagnon de Karl Lagerfeld, l’amant de Yves Saint-Laurent et de beaucoup d’autres moins ou pas connus qu’il rencontre au cours de soirées mondaines où sexe, alcool et cocaïne dans un cocktail molotov le consumeront jusqu’à sa perte.

Nous sommes en 1984 et Jacques de Bascher vient d’ apprendre qu’il est atteint du Sida. Il est alors âgé seulement de 33 ans. L’incompréhension de l’évènement cède à l’angoisse puis à un état de révolte que le bambocheur ne maîtrise pas quand ses coups de fils intempestifs à Karl Lagerfeld, absorbé alors par son travail, restent souvent sans réponse. Une question le taraude : que retiendra-t-on de lui ? Pas grand-chose… si Gabriel Marc, intrigué par l’élégance de cette silhouette à côté de personnalités connues, n’avait pas découvert en fouillant dans des articles de presse qui il était.

Pour l’heure, la maladie le ronge, et il décide de s’enfermer lui-même dans son appartement, loin du Tout-Paris qui le délaisse, et où il enregistre des cassettes à l’attention de Karl Lagerfeld dans l’espoir qu’il les écoutera. À travers les mois, il s’enfonce dans une spirale de détresse, loin des paillettes et du Grand Monde. Il trouvera la mort en 1989.

C’est avec brio que Gabriel Marc donne chair à ce personnage. À l’écart des critiques virulentes envers Jacques de Bascher qui le résument à un être pervers, perfide et comme un imposteur, il tente de le faire découvrir sous un autre visage, sous d’autres aspects, et réussit à le rendre humain et attachant à travers ses épreuves.

La mise en scène est bien orchestrée et le changement de costumes portés par le comédien crée la surprise à chaque fois.

Seul tout petit bémol, dans une subjectivité qui m’est propre : certaines scènes liées à sa sexualité, même si joliment interprétées, n’apportent pas grand-chose et je n’en suis pas fan.

Carole Rampal

Distribution :
Auteur et interprète : Gabriel Marc.
Mise en scène : Guila Braoudé.
Assistante mise en scène : Cécile Coves.
Création lumière : Jérôme Peyrebrune.
Chorégraphe : Julien Mercier.
Décor : Erwan Rio.

Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville, 75005 Paris
https://www.theatredelacontrescarpe.fr/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s