La Main de Leila, aux Béliers parisiens

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©Alejandro Guerrero

Voici une histoire d’amour contrarié, sur fond d’évocation historique (l’Algérie d’avant les émeutes d’octobre 1988, dirigée par l’armée et le FLN), traitée à la manière d’une fable. Le jeune Samir, passionné de cinéma, défie la censure du régime de l’époque, en rejouant les baisers les plus célèbres du grand écran dans son garage, transformé en salle de spectacle. De son côté, Leila, fille d’un puissant colonel, rêve de pouvoir choisir elle-même sa destinée. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer.

Les trois comédiens (dont deux sont coauteurs de la pièce) restituent la faconde et la vitalité du peuple algérien à travers une galerie de personnages emblématiques : les deux amoureux, Samir et Leila, contraints de se voir en cachette de leur famille ; la mère tyrannique et exubérante (excellent Azize Kabouche, aux mimiques savoureuses), le fonctionnaire de police imbu de son pouvoir ; l’ami spécialiste des petites embrouilles ; le commerçant qui profite de la pénurie alimentaire, etc.

Dans un décor fait de bric et de broc, des fils à linge structurent astucieusement l’espace. Les changements de décor et les scènes se succèdent sans temps mort, composant le tableau touchant d’une Algérie en crise, dont les soubresauts annoncent les bouleversements à venir.

La fraîcheur de l’interprétation, l’humour des dialogues et la mise en scène très rythmée (Régis Vallée a travaillé avec Alexis Michalak, est-ce un hasard ?) contribuent à la réussite de ce spectacle. On partage le quotidien de Samir et de Leila, leurs galères et leurs espoirs, rythmés par leur amour du septième art.

Et même si à la fin, la réalité finit par reprendre le dessus, l’espoir subsiste… grâce à la magie du cinéma !

Véronique Tran Vinh

Une pièce de : Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker
Mise en scène : Régis Vallée
Avec : Aïda Asgharzadeh, Kamel Isker, Azize Kabouche

Jusqu’au 31 décembre 2017
Du mercredi au samedi (à 21 h ou à 19 h selon les dates)
Le dimanche à 15 h
Relâche le 19 novembre
Théâtre des Béliers parisiens
14 bis rue Sainte Isaure
75018 Paris
http://www.theatredesbeliersparisiens.com/Spectacle/main-de-leila/

 

 

 

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12 hommes en colère, au théâtre Hébertot

©Laurencine Lot

Il fait chaud, très chaud, dans cette pièce fermée en cette fin d’après-midi, dehors l’orage menace. Douze jurés en complet-veston-cravate sont réunis pour délibérer sur la culpabilité d’un garçon de 16 ans, accusé d’avoir tué son père. L’unanimité est requise pour envoyer le présumé coupable à la chaise électrique. Mais un homme, un seul a « un doute légitime ». Un seul, comme un grain de sable… et la belle unanimité se fissure.

Du film de Sydney Lumet, il me restait en mémoire une ambiance lourde, des chemises aux manches relevées, des cravates défaites, la transpiration des 12 hommes…

Dans un décor et une mise en scène sobre et efficace, les personnages prennent une épaisseur palpable, comme l’est la tension qui monte. Une horloge blanche, lumineuse, sans aiguilles, égrène un temps arrêté loin des obligations de la vie quotidienne de chacun.

La partie est serrée, un contre onze et, petit à petit, l’un après l’autre, à force d’interrogations qui ébranlent les témoignages entendus lors de la comparution, chacun en vient à faire part de son « doute légitime ».

La pièce de Reginald Rose, écrite en 1954, interprétée avec justesse par les 12 comédiens, nous fait comprendre les positions de l’un, les peurs de l’autre, l’indifférence d’un troisième… Il n’est pas facile de se départir de ses préjugés, de ses a priori.

Notre cœur bat au fil de la soirée… Alors, coupable ou non coupable ?

Allez-y !

Plûme

Une pièce de Reginald Rose
Adaptation française Francis Lombrail
Mise en scène Charles Tordjman
Avec Jeoffrey Bourdenet, Antoine Courtray, Philippe Crubezy, Olivier Cruveiller, Adel Djemaï, Christian Drillaud, Claude Guedj, Roch Leibovici, Pierre Alain Leleu, Francis Lombrail, Pascal Ternisien et Bruno Wolkowitch
Assistante mise en scène Pauline Masson
cors Vincent Tordjman
Lumières Christian Pinaud
Costumes Cidalia Da Costa
Musiques Vicnet

Du mardi au dimanche à 19 h
Théâtre Hébertot,
78 bis, boulevard des Batignolles
75017 PARIS
Tél. : 01 43 87 23 23
http://theatrehebertot.com/12-hommes-colere/

Cirkopolis, au 13e art

 

©Patrick Lazic

Le cirque canadien Eloize et sa troupe d’artistes pluridisciplinaires (cirque, danse et théâtre) débarquent pour la première fois à Paris !

Dans un décor évoquant à la fois Metropolis et Les Temps modernes, des employés de bureau, vêtus d’impers gris à l’identique, d’abord robotisés – comme semblent le suggérer leurs allées et venues saccadées et les roues de machines omniprésentes –, vont laisser peu à peu éclater leur individualité et leur joie de vivre. Après une mise en place un peu longue, des tableaux éblouissants de performance se succèdent et, notamment, un très beau solo de danse dans un cerceau, une démonstration d’un virtuose du diabolo (discipline de la jonglerie) et un numéro de mât chinois avec deux acrobates époustouflants.

Ce show “à l’américaine” a indéniablement de l’énergie à revendre… un peu trop peut-être. Musique grandiloquente, chorégraphies très rythmées, prouesses physiques : on en prend plein les mirettes, parfois un peu au détriment de l’émotion. Ainsi, en regardant la danse du comédien avec le portemanteau, on ne peut s’empêcher de songer à la poésie qu’un Charlie Chaplin aurait insufflée à cette scène. On peut aussi regretter que le spectacle paraisse un peu décousu, faute de fil rouge entre les différentes séquences.

Malgré ces quelques réserves, on se laisse entraîner par le rythme effréné des numéros et la fantaisie de cette troupe de jeunes artistes plus doués les uns que les autres. Une palme spéciale aux acrobates danseuses – dont une contorsionniste exceptionnelle – qui conjuguent grâce et virtuosité.

Attention, énergie contagieuse ! N’hésitez pas à y aller en famille, qui sait ? vous susciterez peut-être des vocations…

Véronique Tran Vinh

Mise en scène : Jeannot Painchaud, Dave St-Pierre
Production : Juste pour rire et Cirque Eloize

Jusqu’au 29 octobre
Le 13e Art
au Centre Commercial Italie 2 dans le 13e.
Du mardi au samedi à 21 h
Le mercredi et le samedi à 16 h également
Le dimanche à 15 h
http://www.le13emeart.com/les-evenements/cirque-eloize-cirkopolis/

Lorenzaccio, au théâtre de l’Aquarium

©Patrick Berger

« Ce que vous dites là est parfaitement vrai, et parfaitement faux, comme tout au monde », déclare Lorenzaccio. Dans un monde de faux-semblants, que cherche le jeune homme dans la compagnie du tyran, quel dessein funeste prépare-t-il ?

Cette pièce longtemps qualifiée « d’injouable » revient sur les tréteaux, mise en scène par l’audacieuse Catherine Marnas. Cette dernière n’y va pas par quatre chemins, elle tranche dans le vif, resserre l’intrigue autour de huit comédiens et insuffle une vivacité toute contemporaine à la pièce d’Alfred de Musset.

Décor minimaliste, musique rock, costumes excentriques, jeux de lumières… tout concourt à une représentation moderne et trépidante. Au premier plan, un canapé (mobile) où se rencontrent les protagonistes et derrière, séparée par un rideau fait de lames de plastique transparent, Florence, ville de débauche, bouillonne.

Conspirations, trahisons, perversions… Il ne fait pas bon vivre du côté du royaume de Florence en 1537. Même si, dans les arrière-cours des maisons, des hommes se préparent à lutter pour instaurer la République. Musset fait ici allusion à la société française de 1834, Louis-Philippe vient de restaurer la royauté après les Trois Glorieuses, les journées révolutionnaires de juillet 1830.

Lorenzo, l’humble jeune homme épris d’idéaux, que personne ne reconnaît en Lorenzaccio, le jouisseur, le « mignon » d’Alexandre de Médicis, regrette sa « vertu » même s’il la sacrifie pour la bonne cause. Mais un homme, si courageux soit-il, peut-il se substituer à l’action collective des citoyens d’une ville ?

Le drame de Musset, porté magnifiquement par la troupe de comédiens et la mise en scène de Catherine Marnas, résonne à nos oreilles comme la petite musique du désenchantement présent. L’engagement sert-il encore à quelque chose quand les politiques, ne s’occupant que de leur carrière, bafouent les idéaux qu’ils ont à la bouche « Liberté, égalité, fraternité » ?

Plûme

Texte Alfred de Musset
Mise en scène Catherine Marnas (TnBA)
Avec Clémentine Couic, Julien Duval, Zoé Gauchet, Francis Leplay, Franck Manzoni, Jules Sagot, Yacine Sif El Islam, Bénédicte Simon

Du mardi au samedi à 20 h et le dimanche à 16 h
Jusqu’au 15 octobre
Théâtre de l’Aquarium
La Cartoucherie,
Route du Champ-de-Manœuvre
75012 Paris
http://www.theatredelaquarium.net/Lorenzaccio

 

 

Les Jumeaux vénitiens, au théâtre Hébertot

@Bernard Richebé

Avec cette comédie trépidante de Carlo Goldoni, nous voici propulsés pendant une heure cinquante dans l’univers de la comédie italienne du XVIIIe siècle. Même si l’argument de départ paraît un peu simpliste – deux jumeaux qui se sont perdus de vue, l’un crétin fini, l’autre homme d’esprit –, les chassés-croisés et les quiproquos en cascade qui s’ensuivent sont plus drôles les uns que les autres.

On ne peut s’empêcher de penser à Molière (sans sa noirceur) et à Marivaux (sans sa finesse). Nous sommes ici dans le registre de la farce revendiquée, avec une galerie de personnages hauts en couleur : le crétin est “vraiment crétin”, le père est cupide, prêt à offrir sa fille à tout homme qui aura une bourse bien garnie, la fille trop gâtée tyrannise son entourage… avant de faire subir le même sort à son fiancé (et futur mari ?). Ajoutons à cela un faux dévot, doublé d’un amoureux transi (excellent Olivier Sitruk), une soubrette envieuse et insolente, un ami qui n’en est pas un, une fiancée abandonnée mais déterminée à ne plus l’être… tous les ingrédients sont réunis pour offrir une intrigue pleine de rebondissements.

 La troupe de comédiens (dix au total) a de l’énergie et de la fraîcheur à revendre, et l’on rit beaucoup. Seuls petits bémols : l’interprétation, un peu inégale, et la diction, qui laisse parfois à désirer. Maxime d’Aboville est excellent, passant sans transition du rôle de crétin absolu, Zanetto, à celui de Tonino, son jumeau valeureux et plein de prestance. Grâce à son jeu expressif, il élève la bêtise au rang de chef-d’œuvre : l’œil torve, la démarche hésitante, il nous fait tordre de rire.

N’en déplaise à quelques puristes, la traduction et l’adaptation du texte faites par Jean-Louis Benoît sonnent juste et conservent toute la verve comique de Goldoni en la mettant au goût du jour. Bravo également à la scénographie de Jean Haas, superbe, qui nous transporte dans l’Italie du XVIIIe siècle.

Voici donc un moment de pure détente, sans prétention intellectuelle, qui permet d’oublier tous ses soucis. Ce n’est pas ma voisine – certes un peu âgée – qui a dormi quasiment pendant toute la pièce, qui me contredira…

Véronique Tran Vinh

Adaptation et mise en scène de Jean-Louis Benoît
Avec : Maxime d’Aboville, Olivier Sitruk, Victoire Bélézy, Philippe Berodot, Adrien Gamba-Gontard, Benjamin Jungers, Thibault Lacroix, Agnès Pontier, Luc Tremblais, Margaux Van Den Plas

 À PARTIR DU 14 SEPTEMBRE 217
Du mardi au samedi à 21 h
Samedi à 16 h 30 et dimanche à 16 h
Théâtre Hébertot
78 bis, boulevard des Batignolles
75017 PARIS
Tél. : 01 43 87 23 23
http://theatrehebertot.com/les-jumeaux-venitiens/

 

 

 

Noces, au théâtre Rive Gauche

« Nous marchons à la rencontre de l’amour et du désir. Nous ne cherchons pas de leçons, ni l’amère philosophie qu’on demande à la grandeur. »
« Qu’est-ce que le bonheur, sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène. »

Ces noces, ce sont celles d’Albert Camus avec le site romain de Tipasa et avec tous les paysages de son enfance algérienne, c’est une communion totale et érotique avec le soleil et la mer. Noces à Tipasa – mon texte préféré, avec La Mer au plus près – est empreint d’une sensualité magnifique, c’est un hymne païen à la beauté de la nature, mais c’est aussi un éloge de la contemplation – et c’est là sa force – qui nous invite à plonger au fond de nous-mêmes pour réfléchir à notre rapport au monde en tant qu’hommes. L’exil, la révolte, la mort… et à l’opposé, le désir, le bonheur, la présence au monde… autant de thèmes chers à Camus que l’on trouve dans le recueil Noces, suivi de L’Été.

Michel Voïta s’empare de ces textes, se les approprie et fait littéralement corps avec eux, allant parfois jusqu’à mimer les sensations qui l’habitent : l’eau qui glisse le long de son corps, le souffle du vent qui le traverse… Avec un grand respect pour l’auteur, il réussit à nous restituer le souffle lyrique et l’ampleur du verbe de Camus, dans un exercice de haute voltige.

Ne serait-ce que pour la beauté des mots et la profondeur de la pensée de l’écrivain – encore si actuelle – , ce spectacle est indispensable.

Véronique Tran Vinh

Texte d’Albert Camus
Adaptation et mise en scène de Michel Voïta
Avec Michel Voïta

À PARTIR DU 27 SEPTEMBRE 2017
Le mercredi à 19 h
Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté
75014 Paris
http://www.theatre-rive-gauche.com/a-l-affiche-noces.html

 

 

Les Aveugles, au T2G

Peu avant la parution de sa pièce, Maeterlinck écrivait : « Quelque chose d’Hamlet est mort pour moi le jour où je l’ai vu mourir sur la scène. La représentation d’un chef-d’œuvre à l’aide d’éléments accidentels et humains est antinomique. »

Il aurait été dommage de tenir compte des réserves émises par l’auteur et de ne pas mettre en scène cette œuvre originale et puissante sur l’éveil à la réalité, à la conscience de sa propre mortalité à travers l’histoire d’aveugles abandonnés en pleine nature. Loin de leur hospice, ils attendent le retour d’un vieux prêtre qui les a guidés jusque-là, parti, et qui ne reviendra pas…

La mise en scène est étonnante : les spectateurs pénètrent dans une salle remplie de brouillard et s’asseyent sur des chaises installées dans tous les sens. Les acteurs (six hommes et six femmes) sont assis parmi eux. « Plus de face-à-face, mais un mélange », explique Daniel Jeanneteau. Le jeu est sobre et semble curieusement spontané.

La pièce commence au moment où les aveugles s’interrogent sur l’absence du prêtre. Leur inquiétude face à l’isolement, à l’environnement et aux bruits qu’ils ne connaissent pas grandit peu à peu. Ils s’encouragent, se questionnent et essaient de se rejoindre pour se rassurer, jusqu’au moment où l’un d’entre eux découvre le cadavre du prêtre.

Enveloppés d’obscurité et de mystère, ils cherchent des repères, des raisons d’espérer : le nouveau-né d’une des aveugles, voyant, ne peut-il les guider… Tout évoque le désespoir et la fin.

L’expérience sensorielle et humaine est forte et singulière, le public est plongé dans les mêmes conditions d’isolement et de perte de repères que les aveugles… Je me suis d’ailleurs surprise à fermer les yeux pour mieux ressentir le texte et les émotions des personnages, et à me laisser porter par les sons : murmures, lamentations, cris, etc.

Le parti pris de Daniel Jeanneteau est clairement de réunir, de rapprocher émotionnellement : « Cela partirait d’une assemblée disloquée pour, petit à petit, éprouver quelque chose ensemble, peut-être construire une émotion. »

J’ai aimé vivre pleinement cette aventure étrange et loin de ma réalité quotidienne. Je vous encourage à la vivre à votre tour.

Armelle Gadenne

Texte Maurice Maeterlinck
Mise en scène Daniel Jeanneteau
Avec : Makrina Anastasiadou – Solène Arbel – Stéphanie Béghain – Pierrick Blondelet – Geneviève de Buzelet – Jean-Louis Coulloc’h – – Estelle Gapp – Charles Poitevin – Benoît Résillot – Azzedine Salhi – Gaëtan Sataghen  – Anne-Marie Simons

Jusqu’au 25 septembre
T2G – Théâtre de Gennevilliers
41, avenue des Grésillons
92230 Gennevilliers
http://www.theatre2gennevilliers.com/les-aveugles/
Lundi, jeudi et vendredi à 20 h,
Samedi à 18 h, dimanche à 16 h
avec l’Ircam
Plateau 1 – 1 h 10

 

Agatha, au Café de la danse

On a déjà analysé les motivations qui ont poussé Marguerite Duras à écrire un roman sur un sujet aussi délicat… l’inceste. Sa relation complexe avec son petit frère adoré, mort trop tôt, semble en être le point de départ. Peu importent ses origines, il fallait oser rendre concret ce sentiment passionnel jusqu’au point de non-retour, qui peut exister aussi entre un frère et une sœur. La passion ne balaye-t-elle pas tout sur son passage, sans tenir compte de la bienséance et de la morale ?

 Alexandra Larangot et Florian Carove sont formidables, jouant les émotions des personnages avec beaucoup de rigueur et de justesse. Elle, tout en retenue et essayant d’être courageuse et positive face à ce choix difficile de la séparation, et lui déchiré à l’idée de la perdre, tour à tour enjôleur et volcanique, s’appliquant à faire revivre leur amour, à la faire céder grâce à la puissance des souvenirs d’enfance.

Même si le sujet est grave et dérangeant, j’ai été touchée par la souffrance de ce frère et de cette sœur prisonniers de leur amour interdit, souffrance que les deux acteurs arrivent à faire partager au public.

On peut regretter que le travail du metteur en scène, Hans Peter Cloos, soit parfois un peu trop appuyé, avec ses images diffusées sur le mur – il semblerait que cela devienne une mode dans beaucoup de mises en scène théâtrales – images qui sont censées rappeler des moments d’enfance : la barque avec les enfants qui dorment, notamment. D’autres passages sont plus ésotériques, renvoyant à la mort peut-être (les squelettes ?), ou ce baigneur recouvert de sang et poignardé ?? J’avoue avoir eu du mal à en saisir le sens profond.

Cela n’enlève en rien la qualité de cette œuvre forte qui joue avec les mots et les souvenirs jusqu’à la folie. L’écriture est d’une beauté à couper le souffle et d’une grande précision pour décrire le désarroi, la passion et toutes ces émotions qui, tour à tour, habitent les personnages. Allez la découvrir au Café de la danse et entrez dans cet univers poétique et trouble.

Armelle Gadenne

De Marguerite Duras
Mise en scène : Hans Peter Cloos
assisté de Clémence Bensa
avec Florian Carove et Alexandra Larangot
Décor : Marion Thelma
Costumes : Marie Pawlotsky
Lumière : Nathalie Perrier
Vidéo :  Matti Dolleans
Musique :  Pygmy Johnson
Photographies du spectacle : Laurencine Lot

Du jeudi 7 septembre au samedi 7 octobre 2017
Café de la Danse
5, passage Louis-Philippe
75011 Paris
du mardi au vendredi à 20 h 30,
le samedi à 17 h 00 et 20 h 30,
le dimanche à 16 h 30.
http://www.cafedeladanse.com/agatha-6/

Trahisons, au théâtre du Lucernaire

@Alexandre Icovic

La femme, le mari, l’amant. Ce trio serait bien convenu si n’était le regard incisif d’Harold Pinter. Il dissèque les conventions bourgeoises et détourne le vaudeville annoncé en une proposition beaucoup plus subtile sur la complexité du sentiment amoureux.

Tout le monde trahit tout le monde : Emma trompe son mari Robert avec Jerry, son meilleur ami ; Robert a des liaisons ; Jerry trompe sa femme avec Emma ; quant à Emma, a-t-elle (ou va-t-elle) tromper son amant avec un autre ? Qu’en est-il des autres personnages, absents physiquement, mais évoqués sur scène ? La femme de Jerry pourrait-elle le tromper, elle aussi ? Et si oui, le trompe-t-elle avec cet homme qui la courtise ? Au fond, qui est au courant de quoi ? Insidieusement, Pinter sème le doute dans notre esprit. Personne n’est totalement honnête ou malhonnête. Les non-dits, les révélations, tout est sujet à interprétation, pour le plus grand plaisir du spectateur qui se perd en délicieuses conjectures.

Car pour Pinter, peu importe la réponse à ces questions. Ce qui l’intéresse, dans ce jeu de dupes, c’est la manière dont chacun des personnages vit sa propre vérité. Sous la légèreté apparente des rapports amoureux ou amicaux affleurent les désirs, les attentes et les fêlures de tout être humain. Dans un vertigineux jeu de flashback, il nous fait remonter le cours des événements : de l’annonce de la séparation du couple que formaient Robert et Emma à la première rencontre d’Emma et de Jerry, témoin de mariage de son ami. En remontant ainsi à la source de la relation amoureuse, il en souligne le caractère fragile, voire absurde.

Malgré une fin connue d’avance, la mise en scène réussit à maintenir une tension permanente. Le compte à rebours est signifié à l’aide d’un afficheur, manipulé par Vicent Arfa, malicieux maître du temps. Les changements de décor sont également très réussis, évoquant un véritable ballet, et participant à l’ambiance intrigante.

Le trio d’acteurs porte avec talent ce texte à l’humour incisif, même si j’ai préféré le jeu des protagonistes masculins, plus distancié, à celui de Gaëlle Billot-Danno, tout en mimiques et en moues boudeuses. François Feroleto, notamment, fait preuve d’une grande subtilité de jeu dans le rôle de l’époux et de l’ami trompés, capable d’autant de cynisme que de sensibilité.

Un très beau moment de théâtre, servi par une mise en scène tout en finesse.

Véronique Tran Vinh

De Harold Pinter
Mise en scène: Christophe Gand
Avec : Gaëlle Billaut-Danno, François Feroleto, Yannick Laurent, Vincent Arfa

JUSQU’AU 8 OCTOBRE 2017
Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 18 h
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr/theatre/1677-trahisons.html

Anne Baquet, soprano en liberté, au Lucernaire

DMPVD : THÉÂTRE – SPECTACLES – CULTURE

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi…

View original post 198 mots de plus

Madame Bovary, au Lucernaire

@ Michel Paret

Vêtu d’une redingote grise avec gilet et foulard à la mode du XIXe siècle, André Salzet entre en scène pour nous conter l’histoire de Madame Bovary. Mais ne serait-ce pas plutôt Flaubert, cheveux grisonnants, verbe impeccable, manières élégantes qui raconterait ses Bovary ? Monsieur et Madame.

Nous voici donc transportés dans la société étriquée de la petite bourgeoisie provinciale en plein XIXe siècle. Charles Bovary, follement épris d’Emma, ébloui par sa beauté, cède à toutes ses demandes. Ne lui offre-t-il pas un habit d’amazone pour monter à cheval avec le beau Rodolphe qui deviendra son amant ? Ne lui propose-t-il pas de rester à Rouen avec Léon, son futur nouvel amant, et de lui offrir des leçons de piano, et ainsi pourra-t-elle le voir au moins une fois par semaine ?

La naïveté de cet homme, auprès de qui Emma s’ennuie ferme et dont « la conversation est plate comme un trottoir de rue », est sans limites. À elle qui rêve d’un amour fou, d’une passion dévorante, digne d’un roman, il n’offre bien souvent que ronflements dans leur lit conjugal…

L’adaptation sonne juste tant elle redonne vie à l’ambiance, l’ennui, les rêves… Quelques mots bien sentis, des notes d’humour appuyées par une gestuelle éloquente, des personnages croqués en quelques détails ou postures, voilà tout le jeu d’André Salzet, appuyé par la mise en scène de Sylvie Blotnikas.

Un véritable tour de force que celui de restituer le roman de Flaubert avec un seul comédien, mais il faut dire que ce dernier a beaucoup travaillé à son adaptation, et on sent bien qu’André Salzet est entré en complicité avec Charles et Emma Bovary, et osons le dire, avec Flaubert lui-même.

À voir, sans faute !

Plûme

De Gustave Flaubert
Adaptation : André Salzet et Sylvie Blotnikas
Mise en scène : Sylvie Blotnikas
Avec
André Salzet
Voix off : Pierre Forest
Création lumière : Ydir Acef
Régie lumière : Julien Mariller
Son : Michel Parent (PFA) ET Julien Rochefort
Graphistes : Renaud Mazotti et Bruno Tesse
Photographe : Michel Parent (PFA)
Production : Théâtre Carpe Diem (Argenteuil)
Coréalisation : Théâtre Lucernaire

Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr/theatre/1594-madame-bovary.html

Jusqu’au 9 juillet, à 18 h 30, du mardi au samedi, et à 16 h le dimanche
du 12 juillet au 27 août, à 18 h 30 du mercredi au samedi et à 16 h le dimanche
du 29 août au 3 septembre, à 18 h 30, du mardi au samedi et à 16 h le dimanche

Enfin vieille ! au BO Saint-Martin

Une jolie brune qui parle à son doudou, ce n’est pas banal, et le doudou qui répond, ça l’est encore moins. Et pourtant, Laura Elko, seule en scène, discute et obéit à ce bout de marionnette bleue qui lui ordonne de faire le bilan de sa vie à 30 ans.

Tout y passe, vie professionnelle, amoureuse… sans oublier les concours ratés de danse et de piano quand elle avait 9 ans, tout ça raconté avec beaucoup d’humour. Dans cet échange, la petite voix de sa conscience lui démontre qu’elle est dans l’erreur et qu’il est temps de prendre une autre direction.

Si ce doudou a la parole, c’est que Laura Elko lui prête ses cordes vocales sans remuer les lèvres… Et de ses cordes vocales, elle sait – ô combien ! – en faire usage. Vous l’aurez compris, Laura Elko est ventriloque mais aussi chanteuse d’opéra, et bien d’autres choses encore. Cette comédienne étonnante nous emporte de tranche de vie en tranche de vie (la sienne mais aussi un peu la nôtre).

On rit beaucoup, on applaudit souvent à ce one-woman-show original. Avec elle, inutile de vous recroqueviller sur votre siège, elle vient vous chercher, vous apostrophe et parfois vous fait monter sur scène. Gonflée à bloc, pétillante, elle convoque la seule qui ne soit pas dans la salle, sa grand-mère, femme hongroise fantasque et libre qui, au soir de sa vie, prononce la phrase-titre : « Enfin vieille ! » Comme une invitation à prendre sa vie en main et donner de la voix, qu’elle a belle, comme sa grand-mère.

Venez donc passer un moment joyeux, original et intelligent avec une trentenaire talentueuse qui trace sa route loin des sentiers battus.

Plûme

Auteur et artiste : Laura Elko
Metteur en scène : Trinidad
En juin, tous les jeudis à 20 h
BO Saint-Martin
19, bd Saint-Martin
75003 Paris
http://www.theatrebo.fr/LAURA-ELKO_a330.html

Et au Festival d’Avignon
du 7 au 30 juillet (relâche les mercredis)
BO Avignon
Novotel centre – salle 2 (84)

 

 

 

 

 

Monsieur Nounou, au théâtre Rive Gauche

DP Monsieur Nounou

« Comment je suis devenu vaudevilliste ? C’est bien simple. Par paresse. Cela vous étonne ? Vous ignorez donc que la paresse est la mère miraculeuse, féconde du travail. »
Georges Feydeau

Les mœurs légères de leur nourrice Justine ne conviennent pas à M. et Mme Veauluisant qui ont donc décidé de la renvoyer et d’embaucher une nouvelle « Nounou ». C’est sans compter sur la détermination de Justine de conserver son emploi et de l’intérêt que lui portent Médard, leur domestique coureur de jupons mais néanmoins jaloux, et Balivet, jeune clerc de notaire amoureux de la nourrice, qui s’introduit chez Monsieur et Madame dans le but de la séduire. Médard surprend Balivet et menace de le tuer ; ce dernier se réfugie dans la chambre de Justine et en ressort habillé en… nourrice. Tous, Justine exceptée, s’imaginent qu’il s’agit de sa remplaçante.

Selon la définition, un vaudeville est une comédie sans intentions psychologiques ni morales, fondée sur un comique de situations et sur une action pleine de rebondissements, de portes qui claquent et parfois grivoise, l’intrigue jouant sur les quiproquos. J’ai mis un certain temps à pouvoir écrire cette chronique tant j’ai été déçue et énervée d’assister à un spectacle aussi mal joué. Des comédiens qui oublient leur texte, qui crient et bougent dans tous les sens, à tel point que l’un d’entre eux en a fait tomber la baignoire sensée être pleine, qui devait servir à l’un de ses acolytes pour prendre un bain, sans pourtant dégager l’énergie positive du vaudeville. Ce même texte réécrit par Emmanuelle Hamet, avec des références musicales et politiques récentes, lourdes, faciles et même pas drôles…

Je suis énervée, car je ne comprends pas comment l’on peut mépriser à tel point le public en lui servant un spectacle si pénible à regarder. Est-ce la paresse de Feydeau qui aurait gagné la troupe, sans pour autant qu’elle y trouve la fécondité ? Ici pas de miracle, l’auteur a dû se retouner dans sa tombe.

D’aucuns auront été enchantés de voir Tex (animateur de télévision et humoriste) sur scène, le seul ce jour-là à tirer son épingle du jeu.

La scène française fourmille de talents qui ne demandent qu’à travailler. Peut-être serait-il judicieux de leur ouvrir les portes de certains théâtres pour stimuler et renouveler les comédiens. Si vous allez quand même voir la pièce, peut-être aurez-vous plus de chance que moi ??

Armelle Gadenne

Pièce en 1 acte de Georges Feydeau et Maurice Desvallière
Mise en scène : Luq Hamett
Adaptation : Emmanuelle Hamet
Avec : Tex, Belen Lorenzo, Éric Massot, Jacques Bouanich et Lionel Laget
Décors : Claude Pierson
Construction : Les ateliers décors
Musique originale : Christian Germain

Jusqu’au 30 juillet 2019
Du mardi au samedi à 21h
Matinées les samedis à 17 h (jusqu’au 01/07 inclus)
et les dimanches à 15 h 30
Théâtre Rive Gauche
6 rue de la Gaîté
75014 Paris

Anne Baquet, soprano en liberté, au Lucernaire

Esprits chagrins, passez votre chemin ! La liberté, la fantaisie, la fraîcheur, le bonheur de chanter et de s’exprimer… c’est tout cela qu’incarne Anne Baquet dans ce spectacle aussi pétillant que des bulles de champagne. Tel un lutin espiègle, ce petit bout de femme virevolte sur scène, s’emparant allègrement de chansons françaises à l’humour bien trempé (François Morel, Marie-Paule Belle, Juliette, pour ne citer que quelques auteurs) ou d’autres plus poétiques ou plus mélancoliques, sans oublier des variations insolites sur des morceaux de… Freddie Mercury ou John Lennon. Mais qu’importe le registre pourvu qu’on ait la voix et … quelle voix !

L’originalité de cette diva hors norme transparaît dans tous les morceaux qu’elle interprète. En artiste accomplie, elle nous fait passer sans transition du rire au grave, de la fantaisie à la mélancolie. La mise en scène de Anne-Marie Gros souligne avec délicatesse sa personnalité attachante, empreinte d’une douce folie. Aussi à l’aise dans le registre de l’humour que dans celui de l’émotion, elle est d’une féminité rayonnante, mise en valeur par ses tenues et surtout, par une perruque… décoiffante !

Sur scène, Anne Baquet se donne sans compter. Elle chante, elle danse, elle joue la comédie… et elle nous emballe. Sa jolie complicité avec sa pianiste – Claude Collet, ce soir-là – fait plaisir à voir. Les chansons présentées sont à 95 % des créations, ce qui apporte une fraîcheur indéniable à ce récital pas comme les autres.

On sort de la salle du Lucernaire dans un état de douce euphorie, avec plein de notes légères dans la tête (comme cette chanson de Juliette, par ex.) :

« Affranchis de toute harmonie,
Si vous saviez comme j’vous envie,
Chantez, chantons, c’est important
Sans complexe et n’importe comment
Ça sera pas pire et même plus beau
Que ce qu’on entend à la radio…»

Véronique Tran Vinh

avec Anne Baquet
Pianiste Claude Collet, Christophe Henry ou Grégoire Baumberger
Mise en scène Anne-Marie Gros
Accessoiriste Kham-Lhane Phu
Lumière Jacques Rouveyrollis

 Jusqu’au 27 août 2017
Du mardi au samedi à 21 h
Dimanche à 19h00
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr/theatre/1592-anne-baquet-soprano-en-liberte-.html

 

Les Voisins du dessus, à la Gaîté-Montparnasse

Dossier de presse Voisins du Dessus - 2016Chansons à tous les étages
J’échange mes voisins du dessus contre cette chorale en noir et fushia, qui arbore en signe de reconnaissance des objets hétéroclites : cuillères, tours Eiffel, éponges, barrettes… (qu’importe, pourvu qu’ils soient rose fluo) accrochés aux vêtements ou dans les cheveux des chanteurs.

À l’origine, ils étaient une bande d’amis, maintenant, la troupe compte environ 100 chanteuses et chanteurs qui se relaient sur scène et partagent sans réserve leur bonne humeur et leurs chansons avec un public familial et amical conquis, toujours plus important.

Ce soir-là (le 15 mai), nous fêtions vingt ans d’amitié franco-russe avec le chœur Sokolyata, en première partie du concert. Car Les Voisins aiment inviter d’autres artistes sur scène pour des moments de partage.

Comment ne pas tomber sous le charme de ces joyeux lurons, de tous âges et de tous horizons que je retrouve régulièrement, avec un plaisir d’autant plus grand qu’à chaque concert, il m’est permis de chanter et de me prendre pendant quelques minutes pour l’une des leurs. Car, dès la création des Voisins du dessus, Jean-Marie Leau, le maître de chœur, a eu la bonne idée d’instaurer la distribution d’un feuillet reprenant le texte d’une chanson de leur répertoire, à l’entrée du théâtre. Après une répétition faite sous sa bienveillante direction, dans le chaos et la bonne humeur, tous les spectateurs chantent, transformant la salle en chorale géante. Il faut le vivre pour ressentir cette générosité diffusée par la troupe répartie dans la salle pour aider le public, c’est réellement impressionnant et enthousiasmant.

Eh oui ! Non contents de chanter des chansons aux textes originaux, souvent drôles et décalés – qui parlent de haricots, des gens qu’ils détestent ( ;-)) ou de lits qui grincent, de Bison futé, d’accordéons, de violoncelles… –, ils nous disent aussi que « la vie nous invite à danser » et qu’« ils sont zinzins ». Ils réveillent ce petit grain de folie que nous avons tous au fond de nous et qui nous fait du bien.

Un « clap » spécial à Patrick Delage à l’humour potache et à la diction parfaite (ah !  la liste des chanteurs débitée à la vitesse de la lumière à la fin du spectacle…)

Si la vie nous invite à danser, moi, je vous invite à aller sur leur site :
http://www.lesvoisinsdudessus.fr/wordpress/tag/chorale-virtuelle/
et
Twitter/VoisinsDuDessus
Instagram/LesVoisinsduDessus

Armelle Gadenne

Prochaines apparitions publiques

Vendredi 19 mai à 19 h 30 :
place de la République, à Paris, pour clôturer la journée mondiale des MICI. https://www.afa.asso.fr/article/nos-actions/mobilisation/journee-mondiale-des-mici.html)

Samedi 24 juin après-midi à Cergy dans le cadre de « La folle journée de Cergy » : Animations dans toute la ville, dans les lieux sportifs et culturels.

Dimanche 25 juin vers 18 h au Festival de chorales « Voix sur berges », quai de Jemmapes et quai de Valmy dans le 10e arrondissement.
http://www.voixsurberges.com/