“Les Carnets de Harry Haller”, au Théâtre du Roi René

HARRY 2© Hervé Vallée

 

Allemagne. Un peu avant les années 30. Ce soir-là, il pleut. Des night-clubs s’échappent du piano les notes de Honeysuckle Rose du célèbre jazzman Fats Waller.

Harry Haller, écrivain, enfermé chez lui dans une solitude qu’il recherche autant qu’elle l’étouffe, cherche sens à sa vie et se désespère devant son absurdité. Poussé par un besoin d’échapper à son angoisse existentielle, il décide dans un élan de sortir de ses murs. L’effervescence de la ville le revigore jusqu’à stimuler son imaginaire.

Frédéric Schmitt incarne avec profondeur le personnage des Carnets de Harry Haller de Hermann Hesse dont il ne dénature aucune des pages qu’il nous rapporte avec beaucoup de receptivité. En complicité avec la salle à qui il se livre en toute transparence dans son intériorité, il nous entraîne dans sa déambulation nocturne à travers les rues et les ruelles où connecté pleinement à lui-même tout l’interpelle :  un escalier, des plantes, les lampadaires, des reflets dans l’eau, un mur, le goût d’un bon verre de vin, mais aussi un théâtre magique dont les lettres lumineuses rouges dansent pour mieux l’éclairer.

Frédéric Schmitt brise le quatrième mur, et derrière ses lunettes noires imposantes qui cachent des yeux verts, s’immobilise devant les spectateurs dont ils accrochent le regard.

Il n’hésite pas non plus à s’inviter au dernier rang dans un fauteuil pour mieux relater, la salle dos tournée, l’histoire d’Harry Haller.

Le comédien porte avec beaucoup de prestance et de variation dans les tons de voix, ce très beau texte dans un seul en scène à aller voir et qui donne envie de découvrir le roman pour ceux qui ne l’auraient pas lu.

Point faible : sa scénographie, pratiquement absente volontairement au début de la pièce, mais qui semble décalée et peu recherchée à certains moments.

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire
Du jeudi au samedi à 19h30 jusqu’au 7 mars 2020
Théâtre du Roi René
http://theatreduroirene.com/
12 rue Edouard-Lockroy
75011 Paris
Métro : Parmentier

théâtre roi réné

Extrait du roman des premières pages des Carnets de Harry Haller jusqu’au Traité du Loup des Steppes de Hermann Hesse
Mise en scène : Jean-Christophe Barbaud
Interprétation : Frédéric Schmitt
Lumière : Sophie Corvellec
Création graphique : Vincent Treppoz

 

“Dernier carton”, au Théâtre du Gymnase Marie Bell

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Le rideau s’ouvre.

Assis sur un “dernier carton”, le visage ombrageux, Richard Santenac, la soixantaine bien passée, animateur d’une émission littéraire, le portable à la main, hésite à composer le numéro. Quelques secondes plus tard, sur un répondeur, il déposera, à Diane, le message d’un amant affligé après une rupture douloureuse qui tente dans un élan désespéré de renouer contact avec la femme qu’il aime encore.

À ses pieds, deux rouleaux de gros scotch adhésif jonchent sur le sol, à côté d’une bouteille de whisky à moitié vide. À deux mètres de lui, Oussama, le déménageur, attend de pouvoir prendre le dernier carton sur lequel il est assis.

Agité par la souffrance qui l’habite, Richard se lève d’un bond.

Oussama s’inquiète pour lui. Étonnamment plus préoccupé par les états d’âme du présentateur vedette qu’affairé par son job, il ne semble plus s’intéresser au dernier paquet à charger.

Un zeste arrogant, Richard l’exhorte à accélérer la cadence.

Oussama reste face à lui et le questionne pour savoir ce qu’il a pensé du manuscrit qu’il lui a fait parvenir via la chaîne. Pantois et pressé d’en finir avec cette situation qu’il ne comprend pas et ce transporteur à la personnalité étrange, Richard l’expédie. Oussama réussit à retenir sa curiosité en exposant le récit de son roman présentant d’étranges similitudes avec sa vie et celle de Diane.

Nerveux, Richard se sent joué de cet homme qui n’en finit pas de s’imposer à lui. La tension monte. Hors de lui, il l’empoigne et le frappe.

Mais voilà. La différence d’âge entre les deux a raison du plus vieux qui finit pieds et poings liés à un escabeau. La raison du plus musclé n’est pas toujours la plus forte face à un vieux loup désespéré et agressif.

Dans de nombreux rebondissements, les deux hommes vont s’affronter.

Les dialogues percutants dont l’écriture revient à Olivier Balu tiennent en haleine le spectateur. Patrice Laffont (Richard Santenac) et Michaël Msihid (Oussama) dans une complicité évidente se réunissent dans une vraie performance d’acteurs où l’émotion est là au cœur de la psychologie de leurs personnages.

Laurent Ziveri l’a bien compris et a choisi, pour cette nouvelle mise en scène, une scénographie épurée qui laisse d’autant place à remarquer ce duo de choc.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

 

Dernier cartonJusqu’au 1er avril 2020
Lundi, mardi et mercredi à 20h00

Petit Théâtre du Gymnase Marie Bell
http://theatredugymnase.paris/dernier-carton/
38 boulevard de Bonne-Nouvelle
75010 Paris
01 42 46 79 79

 

 

“L’Art du rire” – Jos Houben à La Scala Paris

© Giovanni Cittadini Cesi

Enseignant, comédien et metteur en scène, Jos Houben anime à La Scala un seul en scène d’un genre particulier puisque les spectateurs assistent à une masterclass sur le rire, devenant pendant une heure « élèves du rire ».

Comment faire rire ?
A l’aide d’exemples mimés, inspirés de nos attitudes et comportements notamment face à ces petits accidents qui, potentiellement, peuvent écorcher notre dignité, le comédien analyse minutieusement les mécaniques du rire et explique ses causes et ses effets.

En philosophe et anthropologue averti du rire, Jos Houben nous éclaire sur notre corps et sa gestuelle. Il les dissèque pour expliquer tout le processus d’hilarité lié à notre gaucherie ou aux potentielles maladresses dont nous sommes victimes lorsque nous sommes distraits. Dans ces moments-là nos conditionnements sont liés à notre peur du ridicule.

Être digne c’est être vertical, être ridicule est lié à la perte de cette verticalité d’Homo erectus. C’est aussi être confronté au regard des autres qui est redouté car infiniment cruel pour note égo.

Le spectacle de Jos Houben va crescendo tant il maîtrise son sujet et sait doser les ressorts comiques. Grâce à son regard aiguisé et à son grand corps d’homme caoutchouc, notre professeur provoque notre sourire ou notre rire en imitant les premiers pas maladroits d’un bébé, les différentes démarches des gens dans la rue, les ondulations du poisson immobile dans son bocal ou la façon de se répandre d’un camembert trop fait – jamais je n’aurais penser qu’imiter un fromage puisse être aussi drôle -, ou encore l’étonnement des visiteurs face à une œuvre d’art moderne…

Dépêchez-vous de vous inscrire à cette masterclass de bonne humeur partagée et stimulante. C’est bon à prendre dans ces temps grisouilles !

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

La Scala Paris
13, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30
lascala-paris.com

Du 5 au 22 février 2020 à 19 h
Les dimanches à 18 h

L’Art du rire
Écriture et interprétation :
Jos Houben

“Choses vues”, de Victor Hugo, au Théâtre de Poche Montparnasse

© Alejandro Guerrero

Victor Hugo est un témoin précieux de son temps. Précieux par son regard réaliste sur ses contemporains, précieux par son humanité et sa poésie de la vie.

Il a tous les talents – poète, dramaturge, romancier et dessinateur – le plus important étant celui de rendre précieux les événements dont il est témoin et qu’il note dans son recueil de mémoires depuis son adolescence.

Pour qui connaît ses engagements politique, littéraire et social, le lecteur est toujours au cœur de l’action.

Christophe Barbier, qui a choisi les textes, nous fait découvrir ou redécouvrir ce musée vivant de tous les événements qui ont émaillé la vie de Victor Hugo. Ces Choses vues qu’il présente au public avec Jean-Paul Bordes forment un voyage personnel scandé par des drames familiaux, à travers deux empires, deux monarchies et deux républiques, une œuvre littéraire et théâtrale foisonnante, et l’exil.

Les deux comédiens, complices et tout en nuance, se répondent dans une mise en scène simple et fluide parmi des kakémonos imprimés de dessins et de textes rédigés par l’auteur.

On est touché par certaines réflexions de Hugo et souvent étonnés de l’actualité, et de ses propos et de son verbe.

Je vous encourage à aller passer une heure et demie avec l’un des hommes les plus exceptionnels de notre histoire littéraire, l’immense Victor Hugo.

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

Théâtre de Poche Montparnasse
75, boulevard du Montparnasse
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 50 21
theatredepoche-montparnasse.com

À partir du 28 janvier
Du mardi au vendredi 21 h

Choses Vues de Victor Hugo
Avec
Christophe Barbier
Jean-Paul Bordes
Mise en scène : Stéphanie Tesson

“À la recherche du temps perdu” de Marcel Proust, au Théâtre de la Contrescarpe

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 ©Fabienne Rappeneau

 

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs. Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement redingote et chapeau, et par la bouche de Proust nous transporte au temps jadis, dans la mémoire de l’écrivain.

Là resurgissent son amour pour Albertine, la maison de Combray, la mort de sa grand-mère, sa fascination pour la duchesse de Guermantes, sa sensation extatique pour la fameuse madeleine trempée dans une tasse de thé servie par sa tante Léonie. Mais aussi, dans une introspection profonde, toutes les petites émotions de son enfance qui restituées au présent – et sous l’analyse nécessaire de l’art, chère à Proust – les rendent immortelles.

Immortelles aussi les métaphores poétiques de cette œuvre colossale constituée de sept tomes et qui résonnent par extraits choisis dans la salle de La Contrescarpe.

Le grésillement d’un phonographe, le crissement d’un landeau qui se déplace comme par magie sur scène, une coiffeuse et un vieux lampadaire rappellent le XIXe siècle.

Écharpe et pot de fleurs donnent vie aux états d’âme de Marcel entre les mains de David Legras qui, sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

 

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Texte  : Marcel PROUST
Avec : David LEGRAS
Mise en scène : Virgil TANASE

Du 20 janvier au 30 mars
Les dimanches à 20h30
Les lundis à 21 h

Théâtre de la Contrescarpe
5, rue de Blainville
75005 Paris
Tél. : 01 42 01 81 88
https://theatredelacontrescarpe.fr/a-la-recherche-du-temps-perdu

“Mon Isménie” d’Eugène Labiche, au Théâtre de Poche-Montparnasse

Mon Isménie affiche

”Depuis quelque temps, le prétendu se brosse beaucoup dans cette maison !” (Chiquette, scène I)

Vancouver veille jalousement sur sa fille, au point de vouloir se la garder pour lui et de contrecarrer tout projet de mariage. Il renvoie donc systématiquement tous les “prétendus” sous des prétextes divers et contre tout bon sens, au grand dam de toute la maisonnée et surtout de sa fille Isménie. Voilà pour l’argument.

Si monter une pièce de Labiche a longtemps été, pour certains metteurs en scène, une concession au théâtre de boulevard, c’est devenu, comme pour Feydeau, un passage obligé, que Daniel Mesguish concrétise aujourd’hui… en se réservant le plaisir de faire un sort au texte, forcément. Il faut dire que l’auteur lui fait, lui aussi, un “boulevard”, en la matière, propice à détournements divers : apartés, couplets lyriques, monologues, digressions, etc., que le metteur en scène se hâte de multiplier, à l’envi, en sautant sur la moindre occasion. Il flirte ainsi avec les cartoons façon Tex Avery, la bande dessinée, le comique de répétition, ponctue le texte de bruitages divers, de jeux de scène décalés, de chorégraphies millimétrées, prend les mots au pied de la lettre, noie le tout dans la fumée, et impose aux comédiens un rythme soutenu, eux qui sont déjà soumis à la mécanique de précision Labiche !

C’est enlevé, ça ne fait pas dans la dentelle, c’est servi par de talentueux comédiens doués pour l’improvisation (Sophie Forte, Guano, Frédéric Souterelle, Alice Eulry d’Arceaux) ou délibérément à contre-emploi (Chiquette, la bonne, est jouée par Frédéric Cuif) qui donnent de leur personne, campent des personnages à la Daumier, gonflés comme des baudruches, s’adressent au public, et assument le kitch, le tout sans décor, mais avec accessoires.

Mesguish surjoue Labiche, et c’est tant mieux (même si les trouvailles ralentissent quelquefois le rythme). Le texte est jubilatoire, on y entre comme dans une maison bourgeoise dont on aurait bousculé les meubles, les mots y sont à la fois surannés et surréalistes. Le public ne boude pas son plaisir, on en sort réjouis, les comédiens nous attendent tout sourires à la sortie, on leur dit bravo… tiens, j’ai envie de fraise de veau, ça tombe bien, il y a un “bouillon” juste à côté !

Florence Violet

Des mots pour vous dire

À partir du 14 janvier 2020
Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

Représentations du mardi au samedi 21 heures, dimanche à 17 h 30
Relâches exceptionnelles les 1er et 24 février
Mise en scène : Daniel MESGUICH
Airs et illustration sonore : Hervé DEVOLDER
Costumes : Corinne ROSSI
Scénographie : Stéphanie VAREILLAUD

Avec
Frédéric CUIF : Chiquette
Alice EULRY d’ARCEAUX : Isménie
Sophie FORTE : Galathée
GUANO : De Dardenboeuf
Frédéric SOUTERELLE : Vancouver

 

“En couple”, à la Folie Théâtre

 

Affiche en couple

En couple (situation provisoire) de Jean-Michel Ribes reprend pour une 3e saison, à La Folie Théâtre, du 24 janvier au 29 mars 2020 (tous les vendredis et samedis à 20h et les dimanches à 18h30).
Une mise en scène de Frédéric Gray, assisté cette fois par Olivier Troyon.
En 2020, c’est  Alexandra Causse qui donnera la réplique à l’incontournable Frédéric Gray (sur les planches également), toujours accompagné  de Julie Fabioux.

En 2018, cette comédie a remporté, aux P’tits Molières, le prix du “Meilleur Spectacle d’humour”.

Une récompense bien mérité : DMPVD s’en souvient pour avoir assisté au spectacle et l’avoir chroniqué https://bit.ly/2NJu0jf.

À une période où on a besoin de rire, allez-y et découvrez pour ceux qui ne le connaissent pas encore ce petit théâtre parisien qui produit chaque année des pépites.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Lien vers la bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=lp8Tkd5zEE4&feature=youtu.be

“Comparution immédiate II : Une loterie nationale ?”, au Théâtre du Rond-Point

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Dominique Simonnot n’invente rien. Fidèlement, elle retranscrit le déroulement et les paroles prononcées lors des audiences en comparution immédiate. Paris, Versailles, Nanterre, Nancy, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer… les tribunaux, elle les connaît bien pour les avoir fréquentés depuis des années : en 1998, elle crée au journal Libération, “Les Carnets”, puis plus tard, au Canard enchaîné “Coups de barre”, deux rubriques judiciaires.

Après Comparution immédiate, une justice sociale ?, en 2017, la journaliste et le metteur en scène Michel Didym se réunissent en 2020 autour de nouvelles affaires et transforment les planches du Théâtre du Rond-Point en un véritable prétoire où préside Bruno Ricci, tour à tour en juge, avocat, greffier, policier, mais aussi se présente sous les traits d’un cambrioleur, toxicomane, voleur, sans-papiers, mari violent…

Pendant une heure et quinze minutes, seul en scène, le comédien expose au cas par cas la réalité terrain de nombre de procédures menées avec un arbitrage différent selon l’heure à laquelle elles se déroulent (passé minuit pour certaines), la sensibilité du procureur, son état de fatigue, l’intervention d’un avocat souvent commis d’office et qui n’a pas eu le temps d’étudier avec exactitude les faits reprochés à son client.

Une justice expéditive faute de moyens qui ressemble de plus en plus à une parodie et s’écarte des principes qu’elle doit incarner.

Alors comparution immédiate égale loterie nationale ? La question ne se pose plus au fil des minutes et la certitude gagne le spectateur.

Un sujet grave où l’humour sait aussi se glisser entre les pages des dossiers et Bruno Ricci dans la peau de ces multiples protagonistes.

 

Carole Rampal


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De Dominique Simonnot
Mise en scène : Michel Didym
Assistant à la mise en scène : Yves Storper
Collaboration artistique et interprétation : Bruno Ricci
Scénographie : David Brognon, en collaboration avec Stéphanie Rollin
Lumière : Sébastien Rébois
Son : Michel Jaquet
Costumes : Éléonore Daniaud

Du 8 janvier au 2 février 2020
Théâtre du Rond-Point
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris

https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/comparution_immediate_ii/

 

 

“Didon et Enée, Henry Purcell”, Opéra Côté Chœur

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© B. Guillemet

 

La compagnie Opéra Côté Chœur nous offre l’opportunité de voir l’opéra baroque de Purcell d’une façon très dépouillée, dans le souci de répondre à un cahier des charges tenant compte d’une économie de moyens et d’un espace scénique réduit, tant pour les musiciens que pour les chanteurs.

C’est ainsi que trois musiciens – un pianiste et chef de chœur, une violoniste et une violoncelliste – accompagnent les solistes et le chœur Vox Opéra, chœur lyrique parisien qui travaille en étroite collaboration avec Opéra Côté Chœur.

Cette histoire d’amour contrariée entre la reine Didon et le prince troyen Enée nous emmène à Carthage. Alors que tout devrait être réuni pour un hymen sans nuages, une magicienne fomente la ruine de notre héroïne et la destruction de Carthage en forçant Enée à retourner à Troie. Désespérée par le départ d’Enée, Didon se donnera la mort.

Bernard Jourdain et son équipe ont fait preuve d’une grande créativité pour monter cette œuvre. Avec peu de moyens, ils ont imaginé un spectacle qui propose à tous les publics (des mélomanes aux scolaires) une œuvre forte et prenante. Avant chaque acte, les choristes donnent des extraits en français de l’Eneide de Virgile dont s’est inspiré Nahum Tate, le librettiste de Purcell, permettant ainsi aux spectateurs de comprendre l’intrigue.

La mise en scène tragi-comique très réussie de Bernard Jourdain nous emmène à Carthage, lieu de tous les espoirs et tourments des héros.

Isabelle Huchet, avec ses surprenants costumes unisexes, crée un chœur homogène et mouvant au gré de l’imagination de la chorégraphe Delphine Huchet. Ses jeux de chaises et de voiles, déplacés et animés par les choristes, contribuent à situer l’action soit dans le palais de la reine ou le port, soit dans la grotte de la magicienne maléfique.

Opéra Côté Chœur a pour vocation de produire et de diffuser des spectacles dans des budgets raisonnables et d’une grande exigence artistique et musicale.

La compagnie s’adresse aux directeurs de théâtre à des municipalités et à des groupes scolaires qui ont envie de proposer une œuvre lyrique à leurs publics, dans le souci de trouver des solutions pour l’adapter au lieu choisi.

C’est une formidable idée que de rendre accessible au plus grand nombre des œuvres de l’opéra classique. Allez sur le site de la compagnie et découvrez la richesse de ses créations, et le talent des artistes. Écoutez, admirez, et surtout parlez-en autour de vous.

Armelle Gadenne

Des mots pour vous dire

Lieux, dates et heures des prochaines représentations
Le 8 février à 16 h au théâtre André Malraux à Sarcelles
Le 30 avril à 14h 30 au théâtre Gérard Philippe à Bonneuil-sur-Marne

Mise en scène : Bernard Jourdain
Direction musicale : Antoine Terny
Chorégraphie : Delphine Huchet
Costumes : Isabelle Huchet

Avec :
Claire-Elie Tenet
Morgane Kypriotti
Sébastien Obrecht
Et le chœur Vox Opéra
Instrumentistes :
Aurore Daniel
Aloïs Renard

Compagnie Opéra Côté Chœur
32, rue du Château
94170 Le Perreux-sur-Marne
Tél. : 06 24 36 71 12
opera-cote-choeur.fr

 

“Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde”, au Théâtre la Contrescarpe

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Un spectacle esthétique tout en finesse : Elliot Jenicot et Anaïs Yazit déchiffrent avec élégance les partitions de la vie de ce compositeur inclassable qu’était Erik Satie.

Avec la grâce d’une cygogne noire, grand et filiforme, dans un costume trois-pièces, binocles sur le nez, parapluie sur le bras, chapeau melon sur la tête, Elliot Jenicot arrive devant nous et invite Anaïs Yazit à la danse. Dans une robe blanche aux motifs noirs, assortie à ses chaussures, cette nouvelle comédienne dont le talent ne tarde pas à s’exprimer paraît tout aussi à l’aise que l’ancien pensionnaire de la Comédie française. Un jeu de contraste de lumières sur fondu rose donne éclat à la scène. Sur un grand écran blanc, sur les notes de Gymnopédies et Gnossiennes, l’illustrateur Suki dessine trait par trait le portrait de l’artiste, fait tomber la pluie,  défiler le temps et l’arrête.

Stylo et bloc-notes à la main, Anaïs Yazit qui pour cette fiction théâtrale est infirmière doit interroger son nouveau patient, Elliot Jenicot, qui s’est glissé pour une heure et demie dans la peau du pianiste honfleurais. Sur un ton familier surprenant – le public comprendra pourquoi à la fin –, ils échangent sur sa vie et livrent pêle-mêle au public les éléments de sa vie : son enfance douloureuse, ses fréquentations aux cabarets Le Chat noir, L’Auberge du Clou, ses amitiés avec Debussy, Cocteau, Picasso, Ravel, son amour de courte durée avec la peintre Suzanne Valadon, son influence sur le groupe des Six, ses rapports difficiles avec la critique, sa pauvreté, son addiction à l’alcool, sa personnalité iconoclaste qui collectionnait pléthores de parapluies, costumes identiques et de nombreuses lettres qu’il n’ouvrait jamais même s’il y répondait.

Ce très joli spectacle est éligible aux Molière 2020. Souhaitons lui bonne chance!
Ne pas tarder à aller le voir. Il a lieu : du mardi au samedi à 19h. Les dimanches 1er, 15, 22 et 29 décembre à 14h30. Puis, le dimanche 5 janvier à 14h30.

Actuellement aussi au Théâtre La Contrescarpe, Anna Karénine, du même metteur en scène, Laetitia Gonzalbes. Un spectacle déjà chroniqué par DMPVD en décembre 2018 : https://bit.ly/34EoBRh

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

Théâtre de la Contrescarpe
https://theatredelacontrescarpe.fr/
5 rue de Blainville
75005 Paris
01 42 01 81 88,

 

 

“Galatée ou la rencontre surréaliste de Dali et Gala”, au Théâtre de la Contrescarpe

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Fulgurante… la rencontre de Salvator Dali et Gala – qui deviendra sa femme pendant quarante-cinq ans. Mathilde Aurier recrée ce coup de foudre avec originalité dans son propre imaginaire et sur les planches de la Contrescarpe.

Elle puise dans l’existence de ce couple mythique des éléments de leur propre vie (mariage de Gala et Paul Éluard, sa maladie, micro-sieste de Dali…) et les croise dans une fiction (meurtre par Gala de son père, sœur dominante de Dali…) et une vision « surréaliste ».

Dans l’obscurité, Gala et Dali dorment et laissent exprimer avec force leur énergie. Gala dans un fauteuil pour handicapé, Dali dans un fauteuil confortable, une petite cuiller à la main. La chute du couvert sur le sol sonne la fin de la sieste et dans sa hâte de rester lié à son inconscient, le peintre se lève d’un bond et empoigne pinceaux et palette. Sur la toile, formes et couleurs, sans censure ni code se déploient. Maria, sa sœur, intervient et tente de le ramener timidement à des contingences matérielles : il y a une fuite au plafond. Dali la rudoie pour la énième fois. Mais plus pour longtemps. En attendant, il replonge dans un somme.

Gala, enfin réveillée, échange avec Paul, son mari. Amoureux, le poète lui a composé des vers. Gala se moque de lui encore et encore, comme toujours. Blessé, par vengeance, Paul lui administre une dose de somnifère, contacte l’hôpital et la fait y retourner : elle est déjà suivie en psychiatrie pour avoir assassiné ses parents.

Dali et Gala, appesantis dans leurs songes, se croisent à travers rêves. C’est le choc. Ils feront tout pour se rejoindre dans le réel sensible.

Quoi en penser ? La mise en scène est bien étudiée et bien ficelée sur un scénario cohérent, ce qui n’était pas gagné par avance. Mathilde Aurier nous embarque facilement dans l’univers surréaliste où elle invente ses propres références. Les comédiens s’épanouissent sur scène et vivent leur personnage. Un hommage à Dali mais plus ouvertement un rappel à ce mouvement qui se voulait un art de vivre.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

 

Spectacle éligible aux Molières 2020

Écrit et mis en scène par Mathilde Aurier
Distribution : Lola Blanchard (Gala), Baptiste Carrion-Weiss (Dali), Théo Delezenne (Paul Éluard), Eva Ramos (Maria)

Mardis à 21h : 26 novembre et 10 décembre
Mercredis à 21h : jusqu’au 27 novembre et le 11 décembre

5 rue de Blainville
75005 PARIS
M° Place Monge
Tél. : 01 42 01 81 88
www.theatredelacontrescarpe.fr

“Phèdre”, au TNP Villeurbanne

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© Michel Cavalca

Deux bancs se font face, seul un subtil éclairage joue d’ombre et de lumière comme un pinceau, soulignant un regard, un mouvement, un drapé… dans le tableau. Aux extrémités de la scène des ouvertures donnent sur le monde extérieur d’un côté et de l’autre sur les appartements de Phèdre.

Dans ce quasi dénuement de la scène, le texte de Racine, porté magistralement par les mêmes comédiens que ceux d’Hippolyte, de Garnier (lire ma chronique), est rendu à sa beauté. Son rythme, ses alexandrins, sa retenue s’expriment à la fois dans les corps et dans les mots. C’est du grand art.

Même si les personnages sont, ici aussi, les jouets des dieux et déesses de l’Olympe :
« Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée :
c’est Vénus tout entière à sa proie attachée. »,
il leur reste les doutes qu’ils laissent parfois émerger, affleurant à la surface du tumulte. Thésée précipite Hippolyte, son fils, dans la mort alors qu’une petite voix intérieure lui chuchote qu’il n’est pas coupable. Mais le drame est là dans toute sa dimension tragique : le jeune Hippolyte mourra et Phèdre se suicidera.

La grande salle du TNP affiche complet pour toutes les représentations… à juste titre. Nombreux sont les lycéens qui viennent entendre pour la première fois du Racine. On est émus pour eux et on se sent privilégiés d’assister à pareil spectacle qui demande autant d’exigence et de rigueur pour rendre au texte de Phèdre toute sa beauté.

Un grand merci à Christian Schiaretti d’avoir programmé les deux joyaux de la langue française que sont l’Hippolyte de Garnier et le Phèdre de Racine en sa dernière année à la tête du TNP.

Plûme

Jusqu’au 30 novembre au TNP Villeurbanne
https://www.tnp-villeurbanne.com/
8 place Lazare-Goujon
69627 Villeurbanne

Phèdre de Jean Racine
Mise en scène : Christian Schiaretti
Avec Francine Bergé, Louise Chevillotte, Philippe Dusigne, Juliette Gharbi, Kenza Laala, Clémence Longy, Julien Tiphaine et Marc Zinga
Scénographie : Fanny Gamet
Lumières : Julia Grand
Costumes : Mathieu Trappler 
Assistante costumes : Laura Garnier
Maquillage et perruques : Françoise Chaumayrac
Son : Laurent Dureux
Assistant à la mise en scène : Colin Rey
Stagiaires à la mise en scène : Mégane Arnaud, Salomé Bloch, Rodolphe Harrot, Sylvain Macia, Léo Martin
Stagiaire à la scénographie : Ariane Chapelet

“Tchékhov à la folie”, au Théâtre de Poche-Montparnasse

TCHEKHOV A LA FOLIE (Jean-Louis Benoit 2019)crédit photo : Victor Tonelli

La Demande en mariage et L’Ours : deux farces distinctes en un acte, souvent représentées au cours d’un même spectacle, et pour cause.
Ces deux “plaisanteries” comme les nommait Anton Tchékhov brossent le tableau d’une Russie rurale du XIXe siècle et dessinent les mêmes contours du mariage et des raisons qui l’y conduisent entre intérêts terriens et… et quand l’amour s’en mêle…
Rien ne va plus, d’autant que les protagonistes dotés d’un tempérament agreste bondissent respectivement sur leurs voisins à la moindre occasion, à propos du moindre sou ou de parcelle des “Petits prés aux bœufs”. C’est ce qui arrive entre Lomov, Natalia Stepanovna et son père (La Demande en mariage). Une journée qui s’annonçait pourtant sous de joyeux auspices : Lomov venait demander à Stepan la main de sa fille qui en est enchanté. Oui mais voilà, Natalia et Lomov, désireux pourtant de ce mariage, sont incapables de se contrôler et se querellent sur tout jusqu’au sujet de leurs chiens.

Quant à Grigori Stépanovitch Smirnov, il ne vient pas rendre une visite de courtoisie à la veuve Elena Ivanovna Popova (L’Ours). Désespéré par des dettes qu’il doit honorer demain, il lui réclame son dû. Femme honnête, elle consent à régler les factures de son feu mari mais après-demain quand son intendant sera de retour. Ce n’est pas dans deux jours mais aujourd’hui que Grigori en a besoin : il est sur la paille. Il décide de prendre place sur le divan et, comme s’il était chez lui, interpelle le laquais pour obtenir un verre d’eau.

Vieil “ours”, misogyne, sa patience est à rude épreuve devant le refus encore plus persistant d’Elena qui n’a qu’une hâte, revenir dans sa chambre et s’y enfermer pour vivre en ermite son veuvage. Car elle reste fidèle à cet homme infidèle même à travers la mort. Que Grigori le sache, lui, amer de l’amour qui a choisi de mettre toutes les femmes dans le même panier. Et c’est qu’elle a du caractère et ne s’en laisse pas conter. Elle ne se dérobera pas et ira relever le duel d’armes – si peu féminin soit-il – que cet hobereau lui impose. Face à sa trempe, Grigori tombe sous le charme et à ses pieds la demande en mariage.

La mise en scène, signée Jean-Louis Benoit, est explosive tout comme les personnages de ces deux farces. Émeline Bayart, Jean-Paul Farré, et Manuel Le Lièvre campent leur personnage avec pétulance. L’énergie circule sur scène, et dans le tumulte des colères, la table se retourne, les chaises se renversent, les fenêtres s’ouvrent, se ferment, les murs se déplacent dans un décor amovible. Sur fond sonore de bruits d’animaux de la ferme, objets, papiers peints et costumes nous transportent à la campagne.

Les répliques s’enchaînent bien sûr mais le jeu des acteurs, bien rompus à l’exercice, excelle par les mimiques d’Émeline Bayart qui n’a pas son pareil, les tics de Manuel Le Lièvre et les expressions de Jean-Paul Farré. Le grotesque des situations prend : le rire gagne la salle.

Le spectacle se termine. Trop tôt, on aurait voulu rester plus longtemps avec eux.

Carole Rampal

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Représentations du mardi au samedi à 21h, dimanche à 17 h 30
Théâtre de Poche-Montparnasse : réservations par téléphone au 01 45 44 50 21, au guichet du théâtre, ou via le site www.theatredepoche-montparnasse.com

Textes : Anton Tchékhov
Traduction : André Markowicz et Françoise Moravan
Metteur en scène : Jean-Louis Benoit
Avec
Émeline Bayart : Natalia (La Demande en mariage), Éléna (L’Ours)
Jean-Paul Farré : le beau-père (La Demande en mariage), Grigori (L’Ours)
En alternance : Manuel Le Lièvre et Mathieu Boulet :
Lomov (La Demande en mariage), Louka (L’Ours)
Décor : Jean Haas
Costumes : Frédéric Olivier
Assistant à la mise en scène : Antony Cochin

 

 

“La vie de Galilée”, à La Scala Paris

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Philippe Torreton ne pouvait pas passer à côté d’un aussi beau rôle, il incarne un Galilée déterminé et lucide, capable de passer de la légèreté quand il transmet son savoir, à une extrême gravité face à l’obscurantisme. Les mots de Brecht raisonnent de façon étrangement actuelle dans cette belle mise en scène de Claudia Stavisky.

La vérité, mais à quel prix ?
Comment révéler la vérité et résister à la pression et surtout aux menaces qui pèsent sur celui qui contredit l’ordre établi ? Avec beaucoup de courage, de ténacité, d’intelligence, et la conviction que l’on a découvert quelque chose d’essentiel pour l’humanité.

Mais au XVIIe siècle l’Église est puissante et craint une remise en cause profonde de l’équilibre du monde et de l’existence même de Dieu. Galilée en subira les conséquences et devra ruser pour poursuivre ses travaux malgré le manque de liberté et le danger d’être de nouveau emprisonné.

Dans la peau de Galilée
Pratiquement tout le temps sur scène, Philippe Torreton incarne un Galilée dans la force de l’âge jusqu’à un âge avancé, on assiste à une transformation physique subtile de la part du comédien. Il entraîne avec lui tous les acteurs, dont certains jouent plusieurs rôles, que l’on sent investis et emmenés par une histoire et un texte puissants, et un acteur principal charismatique.

Par des jeux de lumière, la scène est tour à tour le bureau de Galilée, la salle de l’arsenal de Venise ou le palais du Vatican dans une valse de meubles qui se déplacent au gré des lieux où se joue l’action. Très beau et impressionnant de créativité.

Les 2h35 de spectacle ne doivent pas vous freiner…, on ne les voit pas passer. Courez observer les étoiles à travers le télescope de Galilée, allez à la découverte de l’univers de Brecht.

Scribo

Théâtre de La Scala Paris
13, boulevard de Strasbourg
Paris, 10e
https://lascala-paris.com/programmation/la-vie-de-galilee/

Du 10 septembre au 9 octobre
Du mardi au samedi à 20 h 30
Le dimanche à 17 h

Distribution
Texte  : Bertolt Brecht
Mise en scène : Claudia Stavisky
Avec : Philippe Torreton, Gabin Bastard, Frédéric Borie, Alexandre Carrière, Maxime Coggio, Guy-Pierre Couleau, Matthias Distefano, Nanou Garcia, Michel Hermon, Benjamin Jungers, Marie Torreton
Assistant à la mise en scène : Alexandre Paradis
Scénographie et costumes : Lili Kendaka
Lumière : Franck Thévenon

“Venise n’est pas en Italie”, au Théâtre Lepic

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Déjà grand, svelte, blond avec des racines légèrement noires qui intriguent, émoustillé comme on peut l’être à 15 ans, timide, Émile entre en scène et de trois bonds de cabri gagne un pupitre où d’un air rêveur, il extrait sur son journal intime, l’ouvre, et commence à livrer d’un ton pudique et complice au  public, ce qui l’enflamme.

C’est… C’est Pauline !

Elle est dans son lycée. Et elle l’a même regardé…

Le début d’un amour fragile dont les virages inattendus conduiront les deux amoureux par deux chemins différents jusqu’en Italie, là où Pauline, musicienne, fille d’un grand chef d’orchestre, doit jouer avec son père.

Émile s’y rendra avec ses parents qui ont accepté qu’il y aille, dans la caravane familiale, avec aussi son frère et sa petite amie d’un soir. La route sera longue et fastidieuse, et les pauses trop nombreuses auront parfois le souvenir d’arrêts sur paysages que Émile aurait voulu ne pas traverser.

Garlan Le Martelot se glisse à merveille dans le corps de cet adolescent à fleur de peau et interprète seul en scène, avec beaucoup d’humour et d’émotions la perception qu’a Émile de son entourage (père, mère, frère, Camille, les parents de celle-ci…)

Inspiré du livre d’Ivan Calberac Venise n’est pas en Italie, la mise en scène est de l’auteur lui-même.

Un grand coup de chapeau à Camille Ansquer pour cette scénographie toute en petites touches très fines et créatives qui dans une synchronicité étonnante colle à la seconde près au déroulement de la pièce.

Carole Rampal

 

Du 21 septembre 2019 au 15 décembre 2019
Jeudi, vendredi et samedi à 21h00
Matinées samedi à 17h00 et dimanche à 18h00 

Mise en scène : Ivan Calberac
Distribution : Garlan Le Martelot
Scénographie : Camille Ansquer
Lumière : Albin Sauvé
Musique : Caroline Gichuki

Théâtre Lepic
1 avenue Junot,  75018 Paris
01 42 54 15 12
www.theatrelepic.com