“Festival cultures de femmes, invitation au voyage”, au Proscénium

 

Dans le cadre de la 1re édition du Festival cultures de femmes, invitation au voyage, au Proscénium à Paris, qui se tient du 1er mars au 1er juin 2016, j’y ai croisé Marie Boiteux, la directrice du théâtre. L’occasion de lui poser quelques questions. Zoom sur ses réponses.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer un festival dédié aux femmes et qui s’ouvre principalement à toutes les cultures ? 
M. B. : Ce sont deux propositions de spectacles : Shéhérazade la danseuse philosophe qui mêle théâtre et danse sur fond de philosophie soufi et de mille et une nuits et Princesse Monokini est née au Japon, un spectacle drôle, poétique et émouvant mais surtout très original qui puise ses racines dans la tradition japonaise.
Ces propositions m’ont été faites à des moments différents et j’ai eu l’idée de les rassembler dans le cadre d’une programmation « internationale ». Les deux étant proposés par des femmes, je me suis ensuite axée vers la recherche de spectacles exclusivement portés par des femmes. C’est de là que l’idée du festival a germé, l’envie d’ouvrir une scène qui présente un théâtre principalement occidental aux autres continents et de proposer au public un voyage.
De fil en aiguille, le thème s’est précisé, il fallait donc que chaque spectacle traite du voyage, de l’exil, de la rencontre entre les cultures et du choc qu’il peut parfois y avoir entre elles mais surtout de ce qu’elles s’apportent les unes aux autres et de comment on ressort de cette confrontation avec l’ailleurs.
Je voulais mettre à l’honneur la femme en tant que créatrice et vecteur de culture, porteuse d’une réflexion sur le monde et ainsi permettre à des artistes féminines de nous livrer leur expérience, leur perception et leur vision.

Comment les compagnies viennent-elles à vous ? Ou comment allez-vous les chercher ? Sur quels critères avez-vous décidé de porter un spectacle sur les planches ?
M. B. : 
Sur quels critères? La qualité bien sûr et l’originalité de la proposition ! Étrangement, quelque chose s’est passé autour de l’idée du festival à ce moment-là car de nombreuses propositions de spectacles m’ont été faites, que je n’ai pas toutes retenues pour différentes raisons, en particulier lorsqu’un spectacle ne regroupait pas les différents axes sur lequel repose le festival.
J’ai contacté Nelly Quette, une metteuse en scène qui écrit sur des figures féminines populaires emblématiques afin d’accueillir La Malinche, l’histoire de la princesse Aztèque d’abord esclave puis maîtresse de Cortès qui a trahi son peuple par amour pour celui qu’elle croyait être un “Dieu blanc”. Cette pièce aborde donc le rôle historique de cette femme aux prises entre deux cultures et dont la figure reste controversée de nos jours puisque pour les uns elle est la mère du peuple mexicain moderne mais restera à jamais pour les autres, une traîtresse maudite, celle qui a précipité la chute d’une civilisation.

Le spectacle Bohème qui retrace la trajectoire des Tziganes, de l’Inde à l’Espagne en passant par les pays de l’Est a été créé à ma demande spécialement pour le festival par Nathalie Jean-Baptiste, chorégraphe de danse contemporaine qui travaille sur la fusion entre les danses du monde.

Quand j’ai parlé du festival à la compagnie Nostos, Chiara Zerlini m’a appris qu’elle travaillait sur Le Pays de l’amour, une pièce qui y aurait toute sa place: l’histoire d’une Italienne qui suit son rêve de vivre la vie parisienne et se retrouve peu à peu en proie à des questionnements sur son identité. Peut-on vraiment rester soi-même lorsque l’on quitte ses racines? Est-ce que l’ “assimilation” (mot très en vogue) peut nous rendre étranger à nous-même? Le fait que cette réflexion puisse se poser entre deux cultures qui paraissent pourtant si proches, l’Italie et la France, m’a paru d’autant plus intéressant.

Les femmes de Botany Bay sont venues rejoindre le festival. Ces femmes, c’est une bande de six comédiennes, accompagnées, il faut le dire par deux rôles masculins. Elles nous jouent l’histoire de bagnardes anglaises au XIXe siècle, enfermées à fond de cale lors de leur traversée pour rejoindre les colonies de l’Australie. Elles nous y livrent un portrait à la fois cruel et émouvant de la nature humaine et nous font partager leurs projections, leurs espoirs, leurs craintes par rapport à ce nouveau monde qui les attend.

Marie-Claire Neveu m’a proposé Nina, des tomates et des bombes, un seulE en scène élégant et explosif qui fait une critique acerbe et charmante du capitalisme et de la mondialisation. Pour moi, c’est le spectacle phare du festival, celui autour duquel peuvent s’articuler tous les autres.

Et pour finir, j’ai voulu une déclinaison jeune public du festival: Vassilissa par la compagnie Un des Sens, un conte russe qui retrace le voyage de la jeune Vassilissa pour chercher le feu chez la sorcière Baba-Yaga, rires et chansons garantis !

Combien y a-t-il de spectacles au total ? Comment pouvez-vous définir cette programmation dans le cadre de la programmation plus générale du Proscénium ?
M. B. :
Au total, il y a huit spectacles qui sont intercalés dans la programmation générale du théâtre. Le concept du festival est assez original puisqu’il s’étend de mars à début juin, l’idée étant que les spectateurs qui seront séduits par le thème puissent avoir le temps de venir voir plusieurs pièces.
Il existe pour cela un pass’festival sur le site du théâtre : www.theatreleproscenium.com

Comment réagit le public à ce Festival ? 
M. B. : Le pari était risqué et le temps nous dira si le choix d’un festival étalé dans la durée était judicieux. Pour l’instant, nous avons un très bon retour du public qui se montre particulièrement sensible au thème. Certains sont déjà venus voir plusieurs spectacles.

Personnellement, est-ce qu’il y a un ou plusieurs spectacles qui vous a (ont) le plus touché ? 
M. B. : Délicat de répondre à cette question, je défends tous les spectacles avec la même conviction puisque je les ai choisis. Donc le mieux, c’est de les voir tous !

Propos recueillis par Carole Rampal

Théâtre Le Proscénium
2, passage du Bureau, 75011 Paris
réservation : 07 68 38 32 63
Les femmes de Botany Bay  : les mercredis, à 21h30, du 4 mai au 1er juin 2016.
Vassilissa : tous les jours, à 14h30, du 25 au 29 avril et les dimanches 14, 24 avril et 1er mai à 11h00.
Nina, des tomates et des bombes :
à ce jour, tous les mardis, à 19h30, du 05 avril au 10 mai.
Le Pays de l’amour : les vendredis, à 19h30, du 15 avril au 6 mai et le dimanche 8 mai à 19h30.
Shéhérazade la danseuse philosophe : à ce jour, tous les jeudis, à 21h30, jusqu’au 26 mai.
Princesse Monokini est née au Japon : à ce jour, tous les jeudis, à 19h30, jusqu’au 28 avril .
Bohème : représentations terminées.
La Malinche : représentations terminées.

“Le Songe d’une nuit d’été” de William Shakespeare, au Théâtre Le Proscenium

 

Affiches-A3-SONGE-PR-THEATRE_26-01-4-215x300« Des quiproquos, des amoureux, des elfes, des fées, des artisans comédiens, un roi, une reine. Tous vont s’entrecroiser dans cette forêt étrange, un peu magique, le temps d’une nuit ensorcelante. »

Dès les premiers instants du Songe, on se laisse emporter dans la chaleur d’une nuit d’été où le tempo endiablé des comédiens – qui mettent, enlèvent, remettent vêtements et oripeaux selon les personnages qu’ils incarnent – répond au rythme de la pièce de Shakespeare. Derrière les situations, les expressions, ces huit-là glissent sous-entendus grivois, regards équivoques, clins d’œil anachroniques… La troupe se déchaîne, désopilante d’inventivité et on ne peut qu’applaudir la mise en scène de Flavie Fontaine et le jeu des comédiens de la Compagnie Acte4, qui gardent en bouche le texte de Shakespeare, comme un bonbon dont ils se délectent et qui parfois les fait zozoter. Et tout cela sans décor, sans costume, avec peu d’accessoires et beaucoup de talent !

L’adaptation, plus courte que le texte original, se gonfle d’ajouts scéniques pleins d’esprit et on se plaît à imaginer un Shakespeare heureux d’assister à la représentation, riant aux éclats devant toutes ces trouvailles… comme les spectateurs du Proscenium !

 

L’aventure de la pièce

L’aventure du Songe d’une nuit d’été commence fin 2014 au théâtre Montmartre-Galabru, complet pendant deux mois. Ensuite, la pièce participe avec succès au Festival Off d’Avignon, en 2015, où elle se fait remarquer.

Maintenant, la voilà installée pour plusieurs week-ends au théâtre le Proscenium, où elle restera jusqu’au 8 mai. Courez-y, la salle n’est pas bien grande et se remplit vite surtout quand les éclats de rire et la qualité sont au rendez-vous.

Plûme

Auteur : William Shakespeare
Artistes : Benoît Durand, Christelle Florence, Stéphane Martins, Maïté Merlot, Frédéric Moulin, Emilie Ramet, Matthieu Sautel, Véronique Vasseur
Metteur en scène : Flavie Fontaine

 

Du 7 mars au 7 mai à 19h et les dimanches du 6 mars au 8 mai à 15h
http://theatreleproscenium.com/

Interview avec Leah Marciano

Entretien avec Leah Marciano,
productrice et metteure en scène au théâtre et au cinéma

  Il faut que j’ai un coup de cœur. Sinon je ne me lance pas.” Leah Marciano


Vous avez débuté dans le cinéma, qu’est-ce qui vous a poussé vers le théâtre ?
Leah Marciano :
Le hasard. J’étais à la réalisation vidéo d’un petit reportage sur une pièce musicale quand je suis tombée amoureuse du spectacle, Maison Close. La troupe m’a immédiatement adopté moi et ma caméra et moi j’ai immédiatement adopté la pièce. De fil en aiguille, j’ai fini par les produire : ils avaient besoin d’une production pour continuer le spectacle et, de mon côté, j’avais une association d’une production audiovisuelle ; j’ai eu juste à modifier les statuts pour me lancer dans cette aventure avec eux. C’est comme cela que j’ai découvert le théâtre et que j’ai produit ma première pièce.

Qu’est-ce qui vous donne envie de monter une pièce ?
L. M. :
Il faut que j’ai un coup de cœur. Sinon je ne me lance pas. Il faut aussi que j’ai une bonne relation avec l’auteur.

Comment trouvez-vous les auteurs ?
L. M. : Cela dépend des pièces. Thibaut Marchand m’a envoyé sa première pièce. Bon anniversaire… ou pas !. Je connaissais Thibaut de relation dans le théâtre et il avait vu le spectacle, L’Asphodèle, que j’ai produit. J’ai bien aimé, cela m’a fait rire et j’ai eu envie de la produire. Cela s’est fait au feeling par hasard. Pour Meurtres à Cripple Creek, c’est différent. Arnaud (Cordier), un autre comédien, m’a passé son texte après avoir essayé de le monter. Il m’a dit : « Tiens, lis-le. » J’ai trouvé cela génial, je me suis engagée à la produire, et je l’ai invité à trouver un metteur en scène. Il en a cherché un ; il n’en a pas trouvé qui lui correspondait, alors, il me l’a demandé. Pour Blondie et Brunette, cela s’est imposé à moi comme une évidence. Avec ma meilleure amie, Émilie Belina Richard, on a réécrit ensemble, fait la mise en scène jusqu’à la production de la pièce. La prochaine pièce, Un Macchabée dans la baignoire, est signée Thibaut Marchand. C’est sa deuxième pièce et on avait eu plaisir à travailler ensemble pour Bon anniversaire… ou pas ! Pour l’instant, je n’ai monté que des premières pièces pour les auteurs. Ce n’est pas un choix, cela, c’est fait comme cela.

Comment travaillez-vous avec vos comédiens et comment les choisissez-vous  ?
L. M. : Les comédiens, c’est comme les pièces, c’est un coup de cœur. Je peux faire traîner des castings sur plusieurs semaines, voire sur plusieurs mois si je n’ai pas trouvé le ou la perle rare. Quand je me retrouve en répétition avec eux, avant même de travailler, je sais (grâce au casting) qu’ils colleront à ce que j’attends. Il m’est arrivé de prendre des comédiens qui ne correspondaient pas a priori au rôle. Mais, j’avais senti chez eux un potentiel immense et que je pouvais tirer un maximum d’eux. Je pense à Nathalie Touati qui joue Maggie dans Meurtres à Cripple Creek ou à Faustine Pont dans Blondie et Brunette qui est quelqu’un de très très doux dans la vie en contraste avec son personnage. Et j’ai eu ce truc quand j’ai vu ces filles-là en audition. Le coup de cœur et l’intuition sont très importants. J’ai conscience d’être très très exigeante. Je les pousse parfois très très loin, là où parfois ils pensaient qu’ils ne pourraient pas aller.

Je peux faire traîner des castings sur plusieurs semaines, voire sur plusieurs mois si je n’ai pas trouvé le ou la perle rare.” Leah Marciano

Par quel biais, « recrutez-vous » les comédiens  ?
Comme je viens du milieu du cinéma, je connais beaucoup de comédiens. 50% des comédiens que je reçois en casting, je les connais déjà. Et les 50 autres sont des réponses à des annonces.

Qu’est-ce qui vous motive généralement dans la mise en scène ?
L. M. :
J’aime bien l’idée d’être le chef d’orchestre d’éléments qui vont former une œuvre (la direction des comédiens, le costume, la bande-son…). C’est moi qui assemble tout cela, qui apporte ma vision, ma créativité.

Vous êtes metteure en scène, productrice – parfois de deux pièces dans le même temps (dernièrement Blondie et Brunette et Meurtres à Criple Creek) –, comment conciliez-vous le tout et portez-vous autant de casquettes, surtout que vous êtes présente sur toutes vos pièces ?
L. M. : Au début c’était compliqué car les deux pièces que je mettais en scène Blondie et Brunette et Meurtres à Cripple Creek se passent dans des décennies que je n’ai pas connues. J’avais l’impression, quand je sortais du travail de ces deux pièces, de vivre dans le futur. Diriger aussi 11 comédiens différents avec 11 emplois du temps différents et amener à la vie plus d’une vingtaine de personnages, cela me rendait un petit peu schizophrène. J’avais plein d’amis imaginaires ; et puis en étant organisée cela n’est pas si insurmontable que cela ; j’arrive à partitionner les choses ; avec beaucoup de patience et beaucoup d’amour c’est possible. Le prochain challenge arrive en avril parce que les trois pièces se jouent en même temps au Proscenium, avec lequel je suis en coproduction sur ces trois spectacles. Rendez-vous donc en avril, on verra si je ne tombe pas dans la schizophrénie (rire).

Vous faites aussi parfois les costumes ?
L. M. : Non mais les recherches. En amont, je découpe des choses, je les assemble sur papier en espèce de patchwork, je colle avec du scotch, et après je fais toutes les boutiques et toutes les friperies pour trouver ce que je veux, voire sur Internet. Idem pour les décors : je les dessine (je vais chez Leroy Merlin choisir ma peinture, le papier peint) et après, je demande de l’aide aux comédiens et aux garçons forts pour la perceuse et l’assemblage (rire).

Vous avez écrit pour certains films que vous avez produits – Paper Planes (2010), Le Petit Prince (2011), Luc et Leila (2013), Je suis en conflit (2014), plus rarement pour le théâtre : est-ce circonstanciel ?
L. M. : J’ai fait de la réécriture avec Blondie et Brunette mais rien à voir avec tout ce que l’auteur a écrit. Je suis plus à l’aise à écrire pour le cinéma : c’est là d’où je viens, j’y ai suivi mes études, j’ai des cours de scénario derrière moi. C’est ma passion. Maintenant écrire une pièce seule pour le théâtre, je ne m’en sens pas capable. C’est très long et ce sont des techniques que je ne maîtrise pas encore, et puis surtout les auteurs avec lesquels je travaille le font très bien. Je suis comblée avec les textes qu’on m’envoie.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire pour le cinéma ?
L. M. : L’inspiration me vient de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai envie de vivre. Paper Planes (2010) est un film de science-fiction qui se passe dans les années 80, qui parle de voyages dans le temps, là j’avais envie d’écrire une histoire d’amour, je me suis alors inspirée de films que j’aime bien. Le Petit Prince est une adaptation du roman que je connais par cœur, c’est mon roman préféré. Il y a beaucoup d’adaptations différentes et j’ai voulu proposer la mienne. Et Luc et Leila est un film autobiographique : le personnage principal est une jeune photographe (je suis photographe de mariage aussi), il lui arrive plein de choses que j’ai vécues. Cela dépend des films et des sujets.

L’inspiration me vient de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai envie de vivre.” Leah Marciano

Ces projets dans des univers différents, le théâtre et le cinéma, se nourrissent-ils mutuellement ? 
L. M. : Non. Au théâtre, il y a quelque chose de très chaleureux, il y a un rapport vraiment humain, presque tactile et très vivant qui n’existe pas au cinéma. Après au cinéma, il n’y a pas de contrainte de décors, de lieux, il y a plein de techniques pour faire passer des émotions qu’on ne peut pas avoir au théâtre – des gros plans, des travellings avant, etc.

Pourriez-vous cependant monter un même sujet au cinéma et au théâtre ?
L. M. : Pour l’instant, non et vraiment dans ma tête cela n’a rien à voir. Même si je lis et j’entends beaucoup que me pièces ressemblent à des films, que j’ai une patte très cinématographique. Quand j’ai présenté pour la première fois le dossier de Blondie et Brunette au directeur du Proscenium qui est notre coproducteur, Pierre Boiteux, la première chose qu’il m’a dit était : « En fait, tu viens de m’envoyer un film. » Et c’est vrai que l’auteur, Émilie Belina Richard est scénariste avant d’être auteur de théâtre (vient de mon école). Sans le vouloir je mélange les deux. Je m’en nourris certainement.

Vous pratiquez aussi la photo. Que recherchez-vous ou trouvez-vous dans l’art ?
L. M. : C’est vrai que je fais de la photo depuis plusieurs années. Je fais beaucoup de portraits, d’événementiels, même si de moins en moins car tous les week-ends, je suis au théâtre. Je ne recherche rien de particulier dans l’art, peut-être à m’exprimer, à raconter des histoires, dans certaines pièces juste à faire rire les gens, les faire s’évader. J’ai parfois des messages à faire passer comme dans Blondie et Brunette. Dans des pièces comme Meurtres à Cripple Creek ou Un Macchabée dans la baignoire, j’ai juste envie de faire rire les spectateurs et qu’ils aient le sourire aux lèvres en sortant.

Vous avez créé l’association WelkinLights dans quel but et en quoi consiste-t-elle ?
L. M. : Je l’ai créé en début 2010. J’avais besoin d’une structure de production audiovisuelle pour les programmes courts (Paper Planes et Le Petit Prince), les publicités, les clips, etc. À la base c’était de la production audiovisuelle, et en 2011, il a été question de produire un spectacle musical, j’ai modifié les statuts et ajouté la production de spectacles vivants. Cela a plutôt bien fonctionné. Depuis, on a produit cinq courts-métrages et cinq pièces.

Votre pièce de théâtre préférée ?
L. M. : Une préférée, non, mais j’adore Le Père Noël est une ordure. Depuis toute petite, je la regardais tout le temps. Je l’avais en VHS. Je la trouve extrêmement bien jouée et bien écrite. Pus récemment… j’aime beaucoup ce que fait Nicolas Briançon, notamment Irma la douce. J’aime beaucoup aussi Azzopardi – avec Coup de Théâtre qui s’est joué en 2014 à la Gaité Montparnasse.

Votre film préféré ?
L. M. : Ce n’est pas très original mais j’aime beaucoup ce que fait Steven Spielberg – Jurassic Park et ET. Cela me transporte. Pour moi ce n’est pas que du divertissement. Au niveau européen, j’aime beaucoup Danny Boyle. En France, Francis Weber – Le Dîner de cons ou Le Placard. J’ai des goûts très éclectiques. Mes films vraiment préférés sont des films indépendants comme Donnie Darko réalisé par Richard Kelly ou Garden State de Zach Braff qui sont porteurs de messages très universels – la famille, l’adolescence et l’amour – et très bien traités.

Une phrase qui vous définirait le mieux…
L. M. : Je ne me définis pas personnellement très bien mais un ami très proche à qui j’ai posé la question m’a répondu : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », Nietzsche.

Quels sont vos projets d’écriture et de mise en scène ? 
L. M. : Pour l’instant, Un Macchabée dans la baignoire débute sur les planches. J’ai encore les trois pièces qui tournent encore. Cela fait beaucoup. Mais j’attends avec impatience les prochains textes de mes auteurs : Arnaud Cordier et Émilie Belina Richard. Sinon j’ai un projet de co-écriture de pièce comique avec Thibaut Marchand. (Ah vous y venez). Oui mais pas seule.

Merci Leah pour cette interview
L. M. : Merci à vous, et aussi à Charlotte Calmel, mon attachée de presse, pour avoir organisé cette interview.

Propos recueillis par Carole Rampal

 

“Meurtres à Cripple Creek” au Théâtre le Proscenium

 

Une comédie policière déjantée qui nous emmène tout droit au Colorado à Cripple Creek pour un double meurtre, celui de la célèbre chanteuse Minnie Brown et de son pianiste, Joe, qu’on ne connaîtra alors jamais !

Vêtu d’un pull jacquart, la pipe à la bouche comme Sherlock Holmes, Walter Bruce, un ancien militaire reconverti en détective privé, mène l’enquête.
Plus personne n’est autorisée à sortir du petit hôtel vétuste tenu par Margaret Wilde, destabilisée par autant de monde dans son établissement et qui, surexcitée, entend, bien elle, aussi démasquer le tueur.
Des événements dont se seraient bien passés les pensionnaires, la veille de Noël. À commencer par Shirley et Andrews, faux frère et soeur, vrais voleurs, vrais amants, atterris comme par hasard dans ce motel. Arrivé sur les lieux juste après les crimes, Earl Hutchinson, un paparazzi semble être l’accusé idéal dès les premières secondes. De suite, il reconnaît Shirley, son ancienne maîtresse, et n’a pas sa langue de sa poche. Pugnace, il saura très vite susciter les soupçons envers tous les autres membres. Rien n’échappe non plus à Garry Wilde, la petite sœur de Maggy (Margaret), qui, sous sa casquette, prise pour un garçon, cherche l’attention.
Walter Bruce poursuit ses questions et ses investigations, tout en résistant aux assauts répétés de Virginia Deroses, une ancienne star de Broadway ruinée, qui entre deux verres, s’imagine être toujours sous les projecteurs.
Mais d’ailleurs qui est aussi ce nouvel enquêteur privé déjà entiché de Maggy (dont on apprendra par ailleurs très vite que Minnie Brown était amie de sa grand-mère !) ?
Que d’intrigues à dénouer sous les yeux des spectateurs qui assistent à une effervescence sur le plateau, soigneusement orchestrée entre cris, rires, chansons, excentricités et suspens.

En toile de fond, les « meubles » sur scène plantent le décor avec beaucoup de réalisme et les costumes reflètent bien l’époque des années 60.

Une première pièce écrite par Arnaud Cordier (en collaboration avec Rose Denis) avec pour metteuse en scène Leah Marciano que l’on retrouve actuellement aussi au Proscenium pour Blondie et Brunette.

Avec :  Nathalie Touati (Maggy), Clément Filluzeau (Walter Bruce), Agnès Godey (Virginia Deroses), Floriane Baret (Gary Wilde), Faustine Pont (Shirley Andrews et chorégraphe de la pièce), Arnaud Cordier (Billy Andrews et auteur de la pièce) et Arnaud Laurent (Earl Hutchinson). Musique originale Jonathan Marois.

http://theatreleproscenium.com/

À suivre : en janvier, l’interview programmée avec Leah Marciano.

Carole Rampal