Affaires courantes, au Théâtre de Belleville

Grandeur et décadence d’un grand patron d’industrie qui a réussi dans les affaires, mais dont la vie privée part en lambeaux.

Achille Harlay de Thou, patron cynique et sociopathe d’une transnationale d’essuyage industriel, dont le produit phare est le « papier toilette », est tellement puissant qu’il s’arroge tous les droits… manipuler, maltraiter, acheter tout et tout le monde, du moment qu’il en tire un profit.

Il faut dire que ses talents d’orateur et son chéquier lui facilitent grandement la tâche ; des ouvriers en grève à ces proches collaborateurs en passant par les propriétaires d’une maison qu’il convoite, il arrive toujours à ses fins. Tout a un prix, peu importe lequel !

Mais ce personnage odieux a une faille, une blessure secrète qui le dévore de l’intérieur et qui lui fera prendre une décision radicale.

Grâce à l’écriture de Xavier-Valéry Gauthier, d’une grande précision et d’une grande férocité, les comédiens sont convaincants et à l’aise dans cette critique d’une société ultracapitaliste et inhumaine. Mention spéciale à Brontis Jodorowsky qui joue de manière subtile un patron dénué d’empathie, qui ne sait pas comment gérer ses émotions les plus intimes.

La mise en scène qui utilise les ouvriers de l’usine pour modifier le décor en fonction des lieux où se situe l’action est une idée plutôt réussie.

C’est une pièce à voir car elles ne sont pas si nombreuses à montrer de façon aussi crue la réalité d’une société vue des deux faces d’une même « pièce » !

Armelle Gadenne


Texte :
Xavier-Valéry GAUTHIER
Mise en scène : Diane CALMA et Xavier-Valéry GAUTHIER
Distribution : Brontis JODOROWSKY, Juliette CROIZAT, Christophe LABAS-LAFITE, Marjorie de LARQUIER, Diane CALMA, Xavier-Valéry GAUTHIER, Manuel MARTIN

Théâtre de Belleville
94 rue du Faubourg du Temple
75011 Paris
http://www.theatredebelleville.com/programmation/affaires-courantes

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“Hotel Paradiso”, au théâtre Bobino

Markus Michalowski et Hajo Schüler, les fondateurs du collectif Familie Flöz, ont été formés à l’école Folkwang, université d’arts libéraux située à Essen, en Allemagne, qui a notamment accueilli dans ses murs des artistes comme Pina Bausch, célèbre danseuse et chorégraphe allemande.

Leurs spectacles, qui allient principalement la danse, le mime, la musique et l’acrobatie, sont un hommage au cinéma muet. Chaque émotion ou attitude est jouée de façon appuyée jusqu’à rendre les situations cocasses, drôles ou émouvantes. Tout est prétexte à faire réagir le public et c’est réussi.

Les masques imaginés et réalisés par Hajo Schüler sont disproportionnés – grands nez, grandes oreilles – par rapport aux corps des comédiens qui sont comme des marionnettes douées de vie.

Hotel Paradiso est un spectacle plein de fraîcheur, extrêmement drôle et un rien loufoque, qui joue aussi sur le comique de situation et de répétition.

Comme son titre l’indique, l’histoire a lieu dans un hôtel quatre étoiles situé à la montagne et tenu par la famille Flöz. Elle est composée de la grand-mère qui joue beaucoup de sa canne, du frère et de la sœur qui se battent comme des chiffonniers pour en prendre la direction – cela donne lieu à de vilains tours de haut vol comme déchirer les nouveaux rideaux installés par la sœur ou casser les disques préférés du frère…, car la musique, et aussi la danse, sont très présents dans ce spectacle.

L’un des lieux centraux étant quand même « la cuisine », dont on ne voit que la porte et qui est occupée par le cuisinier à tête de cochon ou de veau… on ne sait pas trop, et son chien qui aboie dès que quelqu’un veut y entrer. Jusqu’au moment où les morts commencent à défiler de façon de plus en plus soutenue, y compris le chien, donnant beaucoup de travail en cuisine, à entendre la scie circulaire qui découpe les os.

Je vous invite à aller découvrir ce spectacle original et inventif où se croisent plus d’une quinzaine de personnages joués par seulement quatre comédiens, autant dire que le rythme est soutenu. Vous y croiserez d’autres héros ordinaires comme la femme de ménage cleptomane, amoureuse du fils de famille, et les clients de l’hôtel, tous aussi loufoques les uns que les autres.

Armelle Gadenne

Auteur : la Familie Flöz
Interprètes : Sébastien Kautz, Marina Rodriguez-Llorente, Thomas Rascher, Frederik Rohn, Hajo Schüler, Michael Vogel et Nicolas Witte
Réalisateur/Metteur en Scène : Michael Vogel

Du 16 janvier au 4 février 2018
Bobino
14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris
Tél. : 01 43 27 24 24
http://bobino.fr/?fiche=1167

 

“Premier amour” de Samuel Beckett, au Théâtre de Nesle

 

Affiche Premier Amour.Nesle-1

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Photos Armelle Gadenne

Premier texte de Beckett écrit en français en 1946, comme pour s’isoler de ses racines, et publié en 1970, Premier amour est un texte qui n’était pas prévu au départ pour la scène. Il n’y a d’ailleurs aucune indication de mise en scène, ce qui laisse libre cours au comédien et au metteur (là, à la metteuse en scène) d’imaginer le décor et les attitudes du personnage.

C’est l’histoire surréaliste d’un homme asocial qui, après avoir perdu son père, se retrouve à la rue et se réfugie dans le cimetière où ce dernier est enterré. Il aime la compagnie des cadavres, dont il trouve l’odeur plus agréable que celles des vivants [… qui puent…]. Pourtant, ses petites habitudes ordinaires vont être bousculées par l’arrivée d’une femme avec qui il vivra, malgré lui, une vie dont il ne veut pas et qu’il finira par fuir pour retrouver sa solitude et ses souffrances physiques.

À travers les souvenirs de son premier et seul amour, il va nous raconter sa vie avec cynisme et truculence.

Tout commence par des bruits de pas sur le gravier d’une allée. Le narrateur arrive sur scène où flottent des pages attachées à des fils, comme des souvenirs retenus pour ne pas les oublier, et pose son sac sur un banc sur lequel il s’assied.

Il a l’habitude de s’installer sur ce banc pour profiter de la solitude qu’il recherche à tout prix. Ses seules compagnes étant ses douleurs qui lui font oublier toutes formes d’émotions.

Puis il raconte son histoire, l’expulsion de sa chambre après la mort de son père, ses errances, la rencontre avec « lulu » cette prostituée qui va l’accueillir chez elle et qui va prendre soin de lui malgré son attitude acariâtre…, jusqu’à sa fuite pour retrouver sa tranquillité d’esprit et ses souffrances physiques.

Pascal Humbert donne au public de façon généreuse et lui permet de rentrer dans ce texte qui trouble et dérange autant qu’il fait rire.

La mise en scène de Mo Varenne est sobre et colle bien à ce héros désenchanté et si attachant.

Allez voir cette pièce unique, annonciatrice de l’œuvre de Samuel Beckett.

Armelle Gadenne

Pascal Humbert dans le seul-en-scène « Premier Amour »
Auteur : Samuel Beckett
Mise en scène de Mo Varenne

Les vendredis du 5 janvier au 23 février 2018 à 19h,
Au Théâtre de Nesle
8 rue de Nesle, 75006 Paris
http://www.theatredenesle.com/
Tél. : 01 46 34 61 04

 

 

 

“Mon Ange” au Théâtre Tristan Bernard

 

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« Inspiré d’une histoire vraie, Mon Ange relate l’incroyable destinée d’une jeune fille kurde devenue malgré elle le symbole de la résistance lors du siège de la ville syrienne de Kobané en 2014-2015. »

L’ange de Kobané c’est Lina El Arabi, seule sur scène en robe du soir noire.

Le décor, une voûte de feuillage ; tour à tour feuilles de vigne de la ferme familiale ou camouflage ? Au sol, un monticule de terre.

Lina El Arabi est habitée par Rehana-la guerrière, et par toutes les combattantes mortes d’avoir pris les armes pour défendre leur liberté et leur pays face à Daesh. Elle dégage une telle force, une telle détermination, qu’elle en est impressionnante.

À travers sa voix cassée, puissante et tout en nuances, elle fait revivre la bienveillance de son père, la détresse et la peur de sa mère, la violence et la brutalité de ses bourreaux, la douleur et la haine des combattantes qu’elle rejoint… Et puis son corps, droit et fier, qu’elle utilise pour jouer tous les personnages de la pièce… fragile et menu ou si menaçant qu’il semble grandir, s’étoffer.

Tour à tour petite fille de son père qui lui apprend à manier le fusil, jeune fille qui décide de son avenir : elle sera avocate, et bien dans son temps : elle écoute du Beyoncé, Rehana va passer brutalement d’une insouciance heureuse à la violence de la guerre. Cette guerre qui fera naître en elle une détermination sans faille de faire face au fanatisme de Daesh, jusqu’à la mort. Le passage où elle nettoie son fusil les yeux bandés en détaillant chaque geste raconte le passage de la victime désignée à la combattante prête à tout.

Lina El Arabi joue avec passion, sans se ménager. Au fur et à mesure de l’histoire sa voix se brise, on devine une profonde tristesse et des sanglots qui ne peuvent pas sortir, mais la rage est plus forte que tout et la porte pendant plus d’une heure la laissant à bout de souffle à la fin de la pièce. Elle donne tout, avec une grande générosité.

La mise en scène de Jérémie Lippman est brute et dépouillée. Les lumières de Joël Hourbeigt et l’univers sonore d’Adrien Hollocou sont indissociables. Je retiendrais le crépitement des mitraillettes, l’explosion du 4×4, le claquement sec des coups de feu qui sont si violents que le public sursaute, semblant pris dans les tirs croisés, les acouphènes après les tirs… À la fin, le corps de Rehana, debout avec son fusil, transformée en statue de bronze, fait d’elle une martyre.

Le magnifique texte de Henry Naylor et la traduction d’Adelaïde Pralon nous plongent au cœur de la terreur et de l’insensé. Ils nous font toucher du doigt une réalité d’une violence inouïe. Dans cette pièce tout respire l’intelligence et l’humanité. Allez voir cette pépite !

Armelle Gadenne

Jusqu’au 6 janvier 2018
Théâtre Tristan Bernard
64, rue du Rocher
75008 Paris
Tél. : 01 45 22 08 40
http://www.theatretristanbernard.fr/

Mon Ange – « Angel » de Henry Naylor
Avec Lina El Arabi
Traduction : Adélaïde Pralon
Mise en scène : Jérémie Lippman
Décors : Jacques Gabel
Costumes : Colombe Lauriot-Prévost
Lumières : Joël Hourbeigt
Musique originale : Adrien Hollocou

 

 

“La Chambre de Marie Curie”, au Théâtre de l’Épée de Bois

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L’orage, des coups de tonnerre violents. Le corps de Pierre Curie est étendu au milieu d’une pièce. Il est mort renversé par un fiacre un jour de pluie. « A quoi pensait-il ? », se demande Marie Curie. Plusieurs fois, elle va passer devant le mort et être saisie, bouleversée en voyant l’être aimé sans vie, parti trop tôt et trop brutalement. « Il n’y a pas que la science qui est en deuil ! » Puis va s’installer un dialogue entre l’époux défunt et sa jeune veuve.

Dans cette pièce chaque scène, chaque situation, est rythmée par la nuit, avec en fond sonore : l’orage ou la musique (bravo à Mickaël Vigier et Lionel Haug). Au début, les coups de tonnerre sont assourdissants et m’ont fait ressentir la violence de la perte, le déchirement qu’éprouve Marie, femme amoureuse, jeune veuve désemparée et mère de deux petites filles devenues orphelines de leur père.

Comment continuer sans l’être avec qui elle partageait l’amour et la recherche. Elle est en exil de son pays et de son mari. Elle se décrit comme une somnambule à la dérive, une âme sans corps. Penchée sur sa dépouille, Marie parle à Pierre. Elle se souvient…

À travers leurs souvenirs les deux époux, joués par Jean-Michel Fête, un Pierre Curie doux et passionné, et Soizic Gourvil, merveilleuse Marie Curie à laquelle elle ressemble quasiment trait pour trait, le spectateur va accéder à l’intimité du couple. Les souvenirs se réinventent : leur rencontre d’abord, leur passion naissante, les débuts sans argent, la chambre de Marie dans une soupente, le froid, la glace qu’il fallait casser pour pouvoir se laver. S’aimer, travailler, chercher.

Cette recherche qui les unit plus que tout et qui les fait se lever la nuit pour aller au laboratoire admirer les fioles bleues luminescentes et chercher, chercher encore. « C’est injuste de mourir. »

Marie devra poursuivre seule son rêve scientifique et humanitaire. Le temps passe, la Grande Guerre est là, Marie s’engage sur le front pour secourir les blessés et fait équiper des camions, « les petites Curie », d’appareils à rayons X pour repérer les fractures et localiser les éclats d’obus. Grâce à ses carnets de notes, elle a laissé les traces de son organisation et surtout des interventions effectuées. À la radio et au micro, les acteurs égrainent les noms des soldats de toutes nationalités. C’est un moment fort qui nous rappelle que beaucoup d’étrangers des colonies se sont battus pour la France.

Je termine cette chronique par une pensée à Filip Forgeau, dont la mise en scène est sobre et inventive. Tout m’a plu. Courez voir cette pièce sur l’amour, la volonté et le courage, vous serez touché.

Armelle Gadenne

Du 4 au 23 décembre 2017
Du lundi au vendredi à 20 h 30 – le samedi à 16 h et 20 h 30
Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre – 72012 Paris
01 48 08 39 74 – 01 48 08 18 75 – www.epeedebois.com

Texte et mise en scène : Filip Forgeau
Avec : Soizic Gourvil et Jean-Michel Fête
Lumières : Mickaël Vigier
Univers sonore : Lionel Haug
Durée du Spectacle 1 h 20 – À partir de 13 ans

 

 

 

“Price” au T2G

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© Jean-Louis Fernandez

 

La pièce est tirée du roman éponyme de Steve Tesich, qui traite du passage brutal à l’âge adulte de son héros, Daniel Boone Price.

Tout commence par un concours de lutte qui va décider de l’avenir de Price, 18 ans, qui vit dans l’Amérique des années 60, dans l’Est Chicago plus précisément, banlieue industrielle et prolétaire frappée par le chômage.

Quel futur pour Daniel et pour ses amis : Larry Misiora, le rebelle, et Billy Freund qui ne se remet pas de la mort de son père ? Vont-ils pouvoir préserver leur amitié ? Vont-ils suivre les traces de leurs parents : l’usine, une vie subie et désenchantée ?

L’histoire respire l’authenticité, elle capte les incertitudes de l’adolescence. Le jeu des acteurs est intéressant et très travaillé.

Même si je n’avais pas lu le livre, il m’a semblé que l’adaptation et la narration étaient fidèles au roman de Tesich.

Antoine Kahan, qui joue Daniel, est subtil et d’une grande sensibilité. J’aurais cependant aimé que certaines émotions soient plus lisibles et plus bouleversantes, comme le choc pour le héros de voir la réalité de Rachel, son premier et grand amour d’adolescent dont il attend tout, jouée par Inès Cassigneul parfaite en perverse-narcissique ; la révélation du secret de ses parents ; la mort de son père. Peut-être n’ai-je pas compris à quel point le personnage est perdu et dépassé par les événements ?

Les personnages et les situations gravitent autour de Price en fonction du lieu où se situe l’action. L’espace, vaste, est conçu de telle manière que les acteurs qui ne sont pas impliqués dans une scène restent sur place pour pouvoir intervenir à tout moment et faire évoluer l’histoire. Cela fonctionne et rend fluide chaque situation, même si parfois j’ai dû faire un effort de concentration pour ne pas perdre le fil des événements et comprendre où je me trouvais et ce qui se jouait, tant le rythme est soutenu.

J’ai été particulièrement marquée par des passages crus comme le jeu de Rodolphe Dana en père de Rachel débraillé et alcoolique, qui dégage quelque chose de malsain et de vulgaire ; la mort du père de Daniel – Simon Bakhouche – qui se déshabille exposant son corps pratiquement nu au public –, les scènes de sexe hyperréalistes…

Je n’ai pas vu passer les deux heures que dure la pièce et en sortant j’étais un peu perdue. Tout n’est pas parfait dans cette adaptation, mais malgré tout l’histoire, la recherche de la justesse de jeu et des situations m’ont intéressée.

Je trouve cette façon de travailler de manière collective riche et passionnante. Je trouverais très intéressant d’assister à cette recherche pour une pièce en construction.

Armelle Gadenne

Du 16 novembre au 2 décembre
lundi, jeudi et vendredi à 20h, samedi
à 18h et dimanche à 16h

PRICE au T2G
http://www.theatre2gennevilliers.com/
Texte : Steve Tesich (Éditions Monsieur Toussaint Louverture)
Traduction : Jeanine Hérisson
Création collective : dirigée par Rodolphe Dana adaptation
Avec : Simon Bakhouche,
Grégoire Baujat,
Inès Cassigneul,
Rodolphe Dana,
Françoise Gazio,
Antoine Kahan,
Lionel Lingelser.

“Le Quai des Brumes” au Théâtre de l’Essaïon

Jean, déserteur de l’armée coloniale, débarque au Havre dans l’espoir de fuir les combats et de quitter la France. Il se réfugie chez Panama, un bar situé près des docks où il rencontre Nelly, une jeune fille fragile et sans repères. C’est le coup de foudre. Terrorisée par son inquiétant tuteur, Zabel, Nelly vit dans la peur. D’autres personnages gravitent autour des deux amants : Lucien, un petit truand de quartier à la recherche de Maurice, l’amant de Nelly, qui a disparu sans doute assassiné par Zabel ; Michel, un peintre suicidaire… Dans ce huis clos fatal, Jean va inexorablement à la rencontre de son destin.

Le metteur en scène et comédien Philippe Nicaud, a adapté le film du duo Carné-Prévert pour le théâtre, d’après le roman éponyme de Pierre Mac Orlan, publié en 1927.

Dès que je suis entrée dans la salle, j’ai eu l’intuition que j’allais passer un moment émouvant. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais en voyant le décor et tous les personnages sur scène, chacun à sa place et dans son rôle, avec l’accordéon en fond sonore, j’ai été touchée et curieuse de ce que j’allais découvrir.

Je n’ai pas été déçue tant le jeu des comédiens est intense et diffuse la poésie de Jacques Prévert avec une grande force. Comme ils sont généreux, habités par le désespoir, les failles et le besoin d’amour et de reconnaissance de leurs personnages. Jean et Nelly, dont le coup de foudre va leur faire vivre une courte mais profonde passion et construire des rêves de bonheur et de liberté ; Zabel, l’oncle inquiétant et dangereux qui, malgré tout, laisse transparaître sa fragilité d’homme amoureux et prêt à tous les extrêmes. J’ai ressenti chaque émotion, la colère, la tristesse, le désespoir de Michel et la rage de Lucien, joués par Sylvestre Bourdeau, impressionnant.

La bienveillance aussi, celle de Panama qui, l’air de rien et sans poser de questions, est à l’écoute et prêt à aider ceux qui sont dans la peine. Chapeau bas à M. Nicaud, à ses talents de metteur en scène, de comédie et… de musicien.

L’espace était saturé de désespérance et pourtant j’étais captivée et heureuse d’assister à une représentation d’une telle qualité.

Le décor est un mélange d’accessoires bruts. La façon dont Philippe Nicaud a imaginé chaque lieu simplement en modifiant la position des objets ou en changeant l’intensité lumineuse est astucieuse. Le camion composé d’une caisse, de deux projecteurs et de tabourets avec le bruit du moteur en fond sonore, est bluffant de réalisme. Il sollicite notre imagination et cela fonctionne. Pour chaque lieu, les objets sont installés par les acteurs de façon simple et précise en fonction de là où se situe l’action.

Des répliques entre Jean et Nelly résonnent encore en moi, non pas celles auxquelles tout le monde pourrait s’attendre, mais celles-ci : « Tu vas où ? Je sais pas. Alors on va du même côté… » Suivez Jean et Nelly, allez donc à l’Essaïon voir cette pépite. Vous en ressortirez bouleversé et ravi d’avoir vécu pour un temps ce moment de partage et d’émotions.

Armelle Gadenne

 

Adaptation théâtrale inédite tirée du scénario original de Jacques Prévert.
– Auteur : Jacques Prévert
– Mise en scène : Philippe Nicaud
– Distribution : Idriss, Sara Viot, Fabrice Merlo, Pamphile Chambon, Sylvestre Bourdeau, Philippe Nicaud

Du 6 octobre 2017 au 14 janvier 2018 :
les vendredis, samedis à 19 h 30 et les dimanches à 18 h
Relâches : 24 et 31 décembre
http://www.essaion-theatre.com/typespectacle/55_6-ans-et-plus.html

“Les Aveugles”, au T2G

Peu avant la parution de sa pièce, Maeterlinck écrivait : « Quelque chose d’Hamlet est mort pour moi le jour où je l’ai vu mourir sur la scène. La représentation d’un chef-d’œuvre à l’aide d’éléments accidentels et humains est antinomique. »

Il aurait été dommage de tenir compte des réserves émises par l’auteur et de ne pas mettre en scène cette œuvre originale et puissante sur l’éveil à la réalité, à la conscience de sa propre mortalité à travers l’histoire d’aveugles abandonnés en pleine nature. Loin de leur hospice, ils attendent le retour d’un vieux prêtre qui les a guidés jusque-là, parti, et qui ne reviendra pas…

La mise en scène est étonnante : les spectateurs pénètrent dans une salle remplie de brouillard et s’asseyent sur des chaises installées dans tous les sens. Les acteurs (six hommes et six femmes) sont assis parmi eux. « Plus de face-à-face, mais un mélange », explique Daniel Jeanneteau. Le jeu est sobre et semble curieusement spontané.

La pièce commence au moment où les aveugles s’interrogent sur l’absence du prêtre. Leur inquiétude face à l’isolement, à l’environnement et aux bruits qu’ils ne connaissent pas grandit peu à peu. Ils s’encouragent, se questionnent et essaient de se rejoindre pour se rassurer, jusqu’au moment où l’un d’entre eux découvre le cadavre du prêtre.

Enveloppés d’obscurité et de mystère, ils cherchent des repères, des raisons d’espérer : le nouveau-né d’une des aveugles, voyant, ne peut-il les guider… Tout évoque le désespoir et la fin.

L’expérience sensorielle et humaine est forte et singulière, le public est plongé dans les mêmes conditions d’isolement et de perte de repères que les aveugles… Je me suis d’ailleurs surprise à fermer les yeux pour mieux ressentir le texte et les émotions des personnages, et à me laisser porter par les sons : murmures, lamentations, cris, etc.

Le parti pris de Daniel Jeanneteau est clairement de réunir, de rapprocher émotionnellement : « Cela partirait d’une assemblée disloquée pour, petit à petit, éprouver quelque chose ensemble, peut-être construire une émotion. »

J’ai aimé vivre pleinement cette aventure étrange et loin de ma réalité quotidienne. Je vous encourage à la vivre à votre tour.

Armelle Gadenne

Texte Maurice Maeterlinck
Mise en scène Daniel Jeanneteau
Avec : Makrina Anastasiadou – Solène Arbel – Stéphanie Béghain – Pierrick Blondelet – Geneviève de Buzelet – Jean-Louis Coulloc’h – – Estelle Gapp – Charles Poitevin – Benoît Résillot – Azzedine Salhi – Gaëtan Sataghen  – Anne-Marie Simons

Jusqu’au 25 septembre
T2G – Théâtre de Gennevilliers
41, avenue des Grésillons
92230 Gennevilliers
http://www.theatre2gennevilliers.com/les-aveugles/
Lundi, jeudi et vendredi à 20 h,
Samedi à 18 h, dimanche à 16 h
avec l’Ircam
Plateau 1 – 1 h 10

 

“Agatha”, au Café de la danse

On a déjà analysé les motivations qui ont poussé Marguerite Duras à écrire un roman sur un sujet aussi délicat… l’inceste. Sa relation complexe avec son petit frère adoré, mort trop tôt, semble en être le point de départ. Peu importent ses origines, il fallait oser rendre concret ce sentiment passionnel jusqu’au point de non-retour, qui peut exister aussi entre un frère et une sœur. La passion ne balaye-t-elle pas tout sur son passage, sans tenir compte de la bienséance et de la morale ?

 Alexandra Larangot et Florian Carove sont formidables, jouant les émotions des personnages avec beaucoup de rigueur et de justesse. Elle, tout en retenue et essayant d’être courageuse et positive face à ce choix difficile de la séparation, et lui déchiré à l’idée de la perdre, tour à tour enjôleur et volcanique, s’appliquant à faire revivre leur amour, à la faire céder grâce à la puissance des souvenirs d’enfance.

Même si le sujet est grave et dérangeant, j’ai été touchée par la souffrance de ce frère et de cette sœur prisonniers de leur amour interdit, souffrance que les deux acteurs arrivent à faire partager au public.

On peut regretter que le travail du metteur en scène, Hans Peter Cloos, soit parfois un peu trop appuyé, avec ses images diffusées sur le mur – il semblerait que cela devienne une mode dans beaucoup de mises en scène théâtrales – images qui sont censées rappeler des moments d’enfance : la barque avec les enfants qui dorment, notamment. D’autres passages sont plus ésotériques, renvoyant à la mort peut-être (les squelettes ?), ou ce baigneur recouvert de sang et poignardé ?? J’avoue avoir eu du mal à en saisir le sens profond.

Cela n’enlève en rien la qualité de cette œuvre forte qui joue avec les mots et les souvenirs jusqu’à la folie. L’écriture est d’une beauté à couper le souffle et d’une grande précision pour décrire le désarroi, la passion et toutes ces émotions qui, tour à tour, habitent les personnages. Allez la découvrir au Café de la danse et entrez dans cet univers poétique et trouble.

Armelle Gadenne

De Marguerite Duras
Mise en scène : Hans Peter Cloos
assisté de Clémence Bensa
avec Florian Carove et Alexandra Larangot
Décor : Marion Thelma
Costumes : Marie Pawlotsky
Lumière : Nathalie Perrier
Vidéo :  Matti Dolleans
Musique :  Pygmy Johnson
Photographies du spectacle : Laurencine Lot

Du jeudi 7 septembre au samedi 7 octobre 2017
Café de la Danse
5, passage Louis-Philippe
75011 Paris
du mardi au vendredi à 20 h 30,
le samedi à 17 h 00 et 20 h 30,
le dimanche à 16 h 30.
http://www.cafedeladanse.com/agatha-6/

Monsieur Nounou, au théâtre Rive Gauche

DP Monsieur Nounou

« Comment je suis devenu vaudevilliste ? C’est bien simple. Par paresse. Cela vous étonne ? Vous ignorez donc que la paresse est la mère miraculeuse, féconde du travail. »
Georges Feydeau

Les mœurs légères de leur nourrice Justine ne conviennent pas à M. et Mme Veauluisant qui ont donc décidé de la renvoyer et d’embaucher une nouvelle « Nounou ». C’est sans compter sur la détermination de Justine de conserver son emploi et de l’intérêt que lui portent Médard, leur domestique coureur de jupons mais néanmoins jaloux, et Balivet, jeune clerc de notaire amoureux de la nourrice, qui s’introduit chez Monsieur et Madame dans le but de la séduire. Médard surprend Balivet et menace de le tuer ; ce dernier se réfugie dans la chambre de Justine et en ressort habillé en… nourrice. Tous, Justine exceptée, s’imaginent qu’il s’agit de sa remplaçante.

Selon la définition, un vaudeville est une comédie sans intentions psychologiques ni morales, fondée sur un comique de situations et sur une action pleine de rebondissements, de portes qui claquent et parfois grivoise, l’intrigue jouant sur les quiproquos. J’ai mis un certain temps à pouvoir écrire cette chronique tant j’ai été déçue et énervée d’assister à un spectacle aussi mal joué. Des comédiens qui oublient leur texte, qui crient et bougent dans tous les sens, à tel point que l’un d’entre eux en a fait tomber la baignoire sensée être pleine, qui devait servir à l’un de ses acolytes pour prendre un bain, sans pourtant dégager l’énergie positive du vaudeville. Ce même texte réécrit par Emmanuelle Hamet, avec des références musicales et politiques récentes, lourdes, faciles et même pas drôles…

Je suis énervée, car je ne comprends pas comment l’on peut mépriser à tel point le public en lui servant un spectacle si pénible à regarder. Est-ce la paresse de Feydeau qui aurait gagné la troupe, sans pour autant qu’elle y trouve la fécondité ? Ici pas de miracle, l’auteur a dû se retouner dans sa tombe.

D’aucuns auront été enchantés de voir Tex (animateur de télévision et humoriste) sur scène, le seul ce jour-là à tirer son épingle du jeu.

La scène française fourmille de talents qui ne demandent qu’à travailler. Peut-être serait-il judicieux de leur ouvrir les portes de certains théâtres pour stimuler et renouveler les comédiens. Si vous allez quand même voir la pièce, peut-être aurez-vous plus de chance que moi ??

Armelle Gadenne

Pièce en 1 acte de Georges Feydeau et Maurice Desvallière
Mise en scène : Luq Hamett
Adaptation : Emmanuelle Hamet
Avec : Tex, Belen Lorenzo, Éric Massot, Jacques Bouanich et Lionel Laget
Décors : Claude Pierson
Construction : Les ateliers décors
Musique originale : Christian Germain

Jusqu’au 30 juillet 2019
Du mardi au samedi à 21h
Matinées les samedis à 17 h (jusqu’au 01/07 inclus)
et les dimanches à 15 h 30
Théâtre Rive Gauche
6 rue de la Gaîté
75014 Paris

Les Voisins du dessus, à la Gaîté-Montparnasse

Dossier de presse Voisins du Dessus - 2016Chansons à tous les étages
J’échange mes voisins du dessus contre cette chorale en noir et fushia, qui arbore en signe de reconnaissance des objets hétéroclites : cuillères, tours Eiffel, éponges, barrettes… (qu’importe, pourvu qu’ils soient rose fluo) accrochés aux vêtements ou dans les cheveux des chanteurs.

À l’origine, ils étaient une bande d’amis, maintenant, la troupe compte environ 100 chanteuses et chanteurs qui se relaient sur scène et partagent sans réserve leur bonne humeur et leurs chansons avec un public familial et amical conquis, toujours plus important.

Ce soir-là (le 15 mai), nous fêtions vingt ans d’amitié franco-russe avec le chœur Sokolyata, en première partie du concert. Car Les Voisins aiment inviter d’autres artistes sur scène pour des moments de partage.

Comment ne pas tomber sous le charme de ces joyeux lurons, de tous âges et de tous horizons que je retrouve régulièrement, avec un plaisir d’autant plus grand qu’à chaque concert, il m’est permis de chanter et de me prendre pendant quelques minutes pour l’une des leurs. Car, dès la création des Voisins du dessus, Jean-Marie Leau, le maître de chœur, a eu la bonne idée d’instaurer la distribution d’un feuillet reprenant le texte d’une chanson de leur répertoire, à l’entrée du théâtre. Après une répétition faite sous sa bienveillante direction, dans le chaos et la bonne humeur, tous les spectateurs chantent, transformant la salle en chorale géante. Il faut le vivre pour ressentir cette générosité diffusée par la troupe répartie dans la salle pour aider le public, c’est réellement impressionnant et enthousiasmant.

Eh oui ! Non contents de chanter des chansons aux textes originaux, souvent drôles et décalés – qui parlent de haricots, des gens qu’ils détestent ( ;-)) ou de lits qui grincent, de Bison futé, d’accordéons, de violoncelles… –, ils nous disent aussi que « la vie nous invite à danser » et qu’« ils sont zinzins ». Ils réveillent ce petit grain de folie que nous avons tous au fond de nous et qui nous fait du bien.

Un « clap » spécial à Patrick Delage à l’humour potache et à la diction parfaite (ah !  la liste des chanteurs débitée à la vitesse de la lumière à la fin du spectacle…)

Si la vie nous invite à danser, moi, je vous invite à aller sur leur site :
http://www.lesvoisinsdudessus.fr/wordpress/tag/chorale-virtuelle/
et
Twitter/VoisinsDuDessus
Instagram/LesVoisinsduDessus

Armelle Gadenne

Prochaines apparitions publiques

Vendredi 19 mai à 19 h 30 :
place de la République, à Paris, pour clôturer la journée mondiale des MICI. https://www.afa.asso.fr/article/nos-actions/mobilisation/journee-mondiale-des-mici.html)

Samedi 24 juin après-midi à Cergy dans le cadre de « La folle journée de Cergy » : Animations dans toute la ville, dans les lieux sportifs et culturels.

Dimanche 25 juin vers 18 h au Festival de chorales « Voix sur berges », quai de Jemmapes et quai de Valmy dans le 10e arrondissement.
http://www.voixsurberges.com/

Z’humains ! Conférence anti-fin du monde, au théâtre de Belleville

Nous faire réfléchir aux fléaux qui menacent notre planète : agriculture et élevage intensifs, réchauffement climatique, nucléaire…, mais avec légèreté et humour !

Pari réussi de la part de Catherine Dolto (pédiatre et haptothérapeute de son métier), enseignante bienveillante, et Emma la clown, à l’énergie communicative et tout aussi bienveillante, qui font l’état des lieux de l’influence de l’humain sur son biotope. Les deux comparses ponctuent leurs échanges d’animations ludiques et didactiques sur “Poyer Punt” (pour Power Point) projetées sur écran. Elles nous rappellent nos origines et les principales étapes de l’évolution de l’espèce humaine, mais aussi la disparition des dinosaures (tués par un gros caillou en pâte à modeler) ou le mode de vie de l’« homo sapiens sapiens », notre ancêtre direct.

Les interactions avec le public sont nombreuses ; le gros ballon en forme de globe terrestre que l’on se renvoie, notamment, nous fait comprendre que nous jouons avec la terre, alors qu’elle est fragile. Les interventions d’Hubert Reeves, filmées et projetées sur l’écran, mais aussi celles de Matthieu Ricard et José Bové, qui ont prêté leur voix à des chaussettes transformées en marionnettes, viennent conforter leur propos.

On rit beaucoup des facéties d’Emma la clown, mais aussi des fous rires de Catherine Dolto. Elles nous rappellent, avec bonne humeur et un peu de sérieux quand même, qu’il serait temps et judicieux de réfléchir à une autre façon d’envisager notre avenir et celui de notre planète, qui sont quand même étroitement liés.

Un spectacle aussi réjouissant qu’indispensable… ne le manquez pas !

Armelle Gadenne

Avec Emma la clown et Catherine Dolto
De /par Catherine Dolto et Meriem Menant
Mise en scène Kristin Hestad
Lumière Nicolas Lamatière
Son et régie générale Romain Beigneux-Crescent
Costumes Anne de Vains
Vidéo Yann de Sousa
Conception musicale Patrice et Henry Blanc-Francart
Production Compagnie La Vache Libre

Jusqu’au 30 avril 2017
Du mardi au samedi à 21 h 15, dimanche à 14 h 30
Théâtre de Belleville
Entrée : Passage Piver
94, rue du Faubourg-du-Temple
75011 Paris
http://www.theatredebelleville.com/saison-16-17/item/365-z-humains

En tournée les 23 et 24 mai à 21 h
au Théâtre de l’Atelier,
1, place Charles-Dullin
Paris 18e
Retrouvez tous les spectacles sur le site : www.emmalaclown.com

Le Jeu de l’amour et du hasard, au théâtre Michel

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Voici une pièce qui se joue des traditions des mariages arrangés où les principaux intéressés n’ont pas le droit de cité, sauf que…

… L’héroïne, forte et déterminée, va faire entendre sa voix pour pouvoir découvrir, à couvert, en échangeant sa place avec sa servante, son prince charmant qui en fera tout autant.

Qui de Silvia, Arlequin, Lisette et Dorante sera aimé de qui ? C’est avec légèreté et beaucoup d’amusement que l’on assiste à ce marivaudage, sous les yeux de M. Orgon et de son fils, Mario, père et frère de Silvia, qui, au courant des stratagèmes, s’ingénient à brouiller les pistes.

Cette pièce, vieille de 287 ans, qui remet en cause les préjugés liés à la classe sociale et se moque de l’ordre établi, se la joue résolument moderne avec des airs Pop rock et des costumes colorés.

La mise en scène de Salomé Villiers, originale – à découvrir notamment les petits films projetés sur un drap blanc qui font le lien entre les actes –-, est joyeuse et enlevée. Les acteurs prennent un réel plaisir à jouer ensemble et à communiquer leur bonne humeur aux spectateurs.

C’est une comédie à voir absolument. Dépêchez-vous, le temps nous est compté.

Armelle Gadenne

Du 5 avril au 6 maiJEUDEL'AMOUR6
Du jeudi au samedi
à 21h00

Le samedi et dimanche
à 16h15

Théâtre Michel
38 rue des Mathurins, 75008 Paris
Théâtre Michel

Auteur : Marivaux
Mise en scène : Salomé Villiers
Assistée de : Lisa de Rooster
Vidéo : Léo Parmentier
Avec :
Salomé Villiers (Silvia)
Raphaëlle Lemann (Lisette)
Philippe Perrussel (M. Orgon)
Bertrand Mounier ou Pierre Hélie (Mario)
François Nambot (Dorante)
Étienne Launay (Arlequin)