Zola, l’Infréquentable, au Théâtre de la Contrescarpe

1895. Alponse Daudet, atteint d’une maladie grave, se repose dans sa chambre où il tente avec courage de réunir ses forces. Son ami Émile Zola est venu lui rendre visite et le soutenir. Il croise alors son fils, Léon, également écrivain et chroniqueur au Figaro comme son père. S’engage une conversation entre l’auteur des Rougont-Macquart et l’homme politique, converti au monarchisme et antidreyfusard. Si Zola voue une solide estime à Alphonse malgré sa divergence sur l’affaire Dreyfus, il en est tout autrement envers Léon pour lequel il ne voit en lui qu’un piètre écrivain, et un député méprisable.

Les deux hommes n’ont de cesse de s’affronter. Ils s’égratignent sur tous les sujets tant personnels que publics. Léon, vexé, ne s’inquiète pas pour autant, et se sent soutenu par ses amis politique et la presse. Il continue de railler Zola, qui, pour lui ne se sert de cette affaire que pour attirer la lumière à lui.

Zola, loin de la bassesse de Léon, ne s’émeut pas de cette invective à son encontre mais sa colère enfle face aux arguments fallacieux dirigés contre le capitaine, accusé de trahison envers l’État et qui sera condamné à perpétuité au bagne de Cayenne.

Les rapports entre les deux journalistes se corsent davantage. Ils continuent cependant de se côtoyer. Léon demande à Zola, au nom de sa mère, de prononcer l’éloge funèbre de son père qui accepte.
Devenu infréquentable par la pensée dominante de l’époque, Zola continue cependant son combat, et le 13 janvier 1898, le journal L’Aurore publie le fameux article J’accuse. Zola cherche à interpeler le président de la République et demande révision du procès. Ce qui lui vaudra un procès pour diffamation. Poussé par ses amis, il se voit contraint de s’exiler à Londres. Il reviendra quelques mois plus tard en France. En 1902, il mourra en pleine nuit, dans des circonstances étranges liées aux combustions de sa cheminée.
Léon apprend la nouvelle avec beaucoup d’intérêt mais très froidement.

Durant 1h15, dans un face-à-face détonant, Émile Zola sous les traits de Pierre Azéma, et Bruno Paviot de Léon Daudet, vont se confronter dès la première minute dans une joute verbale incisive et littéraire de haute volée.

C’est avec force qu’ils incarnent, chacun sous leur chapeau haut de forme de la fin du XIXe siècle, ces deux personnages qui se donneront avec beaucoup d’humour et de gravité leur perception des évènements.

Zola l’Infréquentable, écrit et mis en scène par Didier Caron, remet en scène une des plus grandes affaires de tous les temps, sous un angle inédit mais véridique. Un éclairage aussi sur le XXIe siècle qu’a voulu apporter le metteur en scène de Fausse note (chroniqué par DMPVD : https://cutt.ly/yNmEN7n).

Un moment de l’Histoire à aller voir sur scène.

Carole Rampal

Théâtre de la Contrescarpe
Jusqu’au 13 janvier 2023
5, rue Blainville, 75005 Paris
Du mercredi au vendredi à 21h.
Les samedis à 20h30 et les dimanches à 16h30. 

Relâches les 24 et 25 décembre.

Texte et mise en scène : Didier CARON
Distribution : Pierre AZÉMA et Bruno PAVIOT
Créateur lumières : Denis SCHLEPP
Costumes : Mélisande de SERRES
Scénographe : Capucine GROU-RADENEZ
Perruques : Vincenzo FERRANTE

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