Pietragalla, la femme qui danse, au Théâtre de la Madeleine

De noir vêtue, sous un faisceau de lumière en  V qui l’étend vers l’éther, elle annonce dès les premiers instants : « Je suis un animal mimant, je suis un animal dansant, un être incarné et désincarné qui évolue au gré d’un rythme intérieur, d’un souffle musical, d’une conscience éclairée. »

Durant une heure et quart, Marie-Claude Pietragalla occupe seule en scène les planches du Théâtre de la Madeleine.

Elle se confie au public tandis que son corps se meut dans un état d’apesanteur. Plus qu’une passion découverte, à l’âge de 8 ans, lors d’un spectacle de Maurice Béjart qu’elle est allée voir, plus qu’une complicité musicale avec son père, enfant où elle découvre Bach, puis Mozart, la danse est pour la chorégraphe, metteuse en scène et comédienne, « une urgence à être et à vivre ». Elle se remémore ses débuts à l’Opéra de Paris où elle gravit tous les échelons jusqu’à sa nomination en 1990 de danseuse étoile, ses souvenirs avec Patrick Dupond, le travail qui l’a poussée à « s’extirper de la condition terrestre », hors de ses limites avec Rudolf Noureev.

Sans compter Mats-Ek, Jerome Robbins, William Forsythe, Roland Petit, John Neumeier, Martha Graham, Carolyn Carlson, Jiri Kylian…

Elle parvient à décrire l’indicible du mouvement, quand exprimé par les mots, la conscience lui donne alors sens quand âme et corps se confondent.

Inspirée, elle sonde l’univers et nous emmène progressivement dans son propre univers, transportée par les musiques les plus hétéroclites, glissant d’une jambe sur l’autre, du XIXe siècle –Tchaïkovsky, Jules Massenet, Adolphe Adam, Georges Bizet – , à nos jours – Max Richter, Ólafur Arnalds, Hildur Guðnadóttir, Birdy Nam Nam.

« Je suis la femme qui danse », clôt-elle le spectacle… devant un parterre de spectateurs debout, qui vient de se lever pour l’applaudir.

Carole Rampal

Théâtre de la Madeleine
Jusqu’au 4 décembre 2022
19 rue de Surène, 75008 Paris

L’écriture chorégraphique est bien sûr de Marie-Claude PIETRAGALLA. La mise en scène est signée Julien DERAOUAULT, danseur soliste du Ballet national de Marseille, avec qui elle a fondé le Théâtre du Corps, une compagnie artistique qui offre des spectacles singuliers où l’acteur danse et le danseur joue.
Lumière : Alexis DAVID.
Création musicale Wilfried WENDLING, La Muse en Circuit Louis HUGUENIN.

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