“Dernier carton”, au Théâtre du Gymnase Marie Bell

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Le rideau s’ouvre.

Assis sur un “dernier carton”, le visage ombrageux, Richard Santenac, la soixantaine bien passée, animateur d’une émission littéraire, le portable à la main, hésite à composer le numéro. Quelques secondes plus tard, sur un répondeur, il déposera, à Diane, le message d’un amant affligé après une rupture douloureuse qui tente dans un élan désespéré de renouer contact avec la femme qu’il aime encore.

À ses pieds, deux rouleaux de gros scotch adhésif jonchent sur le sol, à côté d’une bouteille de whisky à moitié vide. À deux mètres de lui, Oussama, le déménageur, attend de pouvoir prendre le dernier carton sur lequel il est assis.

Agité par la souffrance qui l’habite, Richard se lève d’un bond.

Oussama s’inquiète pour lui. Étonnamment plus préoccupé par les états d’âme du présentateur vedette qu’affairé par son job, il ne semble plus s’intéresser au dernier paquet à charger.

Un zeste arrogant, Richard l’exhorte à accélérer la cadence.

Oussama reste face à lui et le questionne pour savoir ce qu’il a pensé du manuscrit qu’il lui a fait parvenir via la chaîne. Pantois et pressé d’en finir avec cette situation qu’il ne comprend pas et ce transporteur à la personnalité étrange, Richard l’expédie. Oussama réussit à retenir sa curiosité en exposant le récit de son roman présentant d’étranges similitudes avec sa vie et celle de Diane.

Nerveux, Richard se sent joué de cet homme qui n’en finit pas de s’imposer à lui. La tension monte. Hors de lui, il l’empoigne et le frappe.

Mais voilà. La différence d’âge entre les deux a raison du plus vieux qui finit pieds et poings liés à un escabeau. La raison du plus musclé n’est pas toujours la plus forte face à un vieux loup désespéré et agressif.

Dans de nombreux rebondissements, les deux hommes vont s’affronter.

Les dialogues percutants dont l’écriture revient à Olivier Balu tiennent en haleine le spectateur. Patrice Laffont (Richard Santenac) et Michaël Msihid (Oussama) dans une complicité évidente se réunissent dans une vraie performance d’acteurs où l’émotion est là au cœur de la psychologie de leurs personnages.

Laurent Ziveri l’a bien compris et a choisi, pour cette nouvelle mise en scène, une scénographie épurée qui laisse d’autant place à remarquer ce duo de choc.

Carole Rampal

Des mots pour vous dire

 

Dernier cartonJusqu’au 1er avril 2020
Lundi, mardi et mercredi à 20h00

Petit Théâtre du Gymnase Marie Bell
http://theatredugymnase.paris/dernier-carton/
38 boulevard de Bonne-Nouvelle
75010 Paris
01 42 46 79 79

 

 

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