“La Femme rompue” au Théâtre Hébertot

Seule dans le noir, personne ne l’avait vue sur la scène. Depuis combien de temps nous observait-elle ? Les rideaux étaient déjà ouverts.
La salle plongeant dans l’obscurité, une lumière jaune inonde un  lit aux draps orange. Là, dans un grand pyjama noir, sa chevelure blanche remontée dans un élastique, assise en tailleur, elle se tait.
Dans un soupir, elle se couche sur son matelas, respire, se retourne, ne sachant quelle position adopter. Ses pieds nus s’agitent.

Enfin, elle s’exprime. « Les cons ! » : le ton est donné pour 1h10 où Josiane Balasko seule en scène va brailler envers et contre tous, cette nuit de réveillon, ce qui la taraude et l’empêche de trouver le sommeil quand ses voisins du dessus se permettent de faire la fête.

Amère, aigrie mais parce qu’elle est aussi intègre – « Moi, j’étais droite, pure, intransigeante. Dès l’enfance, j’ai eu ça dans le sang de ne pas tricher » –, cette mère de famille va livrer ses souffrances, ses attentes non comblées, dans une franchise sans ambages.

Car des déboires, elle n’en manque pas. Non plus d’une rage de vivre que les autres ne pourront lui prendre quand la vie lui a retiré définitivement sa fille, son fils dont elle souhaite récupérer la garde et… l’amour.

Les mots de Simone de Beauvoir glissent avec naturel dans la bouche de Josiane Balasko qui rend fidèle ce texte intégré à une époque où la femme au foyer devait s’oublier au profit de son mari et de ses enfants sans parvenir à trouver sa place. Avec sensibilité, Josiane Balasko sait rendre ce récit touchant. On pourrait s’attendre cependant qu’il soit interprété avec plus de force. Un jeu d’actrice qui semble voulu par Hélène Fillières, la metteure en scène. Un petit regret quand on connaît l’énergie de Josiane Balasko qui aurait pu apporter à Monologue encore plus d’intensité émotionnelle et nous faire vibrer davantage.

Carole Rampal

D’après Monologue : un texte extrait de La Femme rompue de Simone de Beauvoir
Avec Josiane Balasko
Mise en scène : Hélène Fillières
Lumières : Éric Soyer
Costumes : Laurence Struz
Scénographie : Jérémy Streliski
Création musicale : Mako
Assistante à la mise en scène : Sandra Choquet

Depuis le 15 février 2018
Du mardi au samedi à 19h
Théâtre Hébertot
78 bis boulevard des Batignolles
75017 Paris
https://theatrehebertot.com/la-femme-rompue/

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