“Premier amour” de Samuel Beckett, au Théâtre de Nesle

 

Affiche Premier Amour.Nesle-1

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Photos Armelle Gadenne

Premier texte de Beckett écrit en français en 1946, comme pour s’isoler de ses racines, et publié en 1970, Premier amour est un texte qui n’était pas prévu au départ pour la scène. Il n’y a d’ailleurs aucune indication de mise en scène, ce qui laisse libre cours au comédien et au metteur (là, à la metteuse en scène) d’imaginer le décor et les attitudes du personnage.

C’est l’histoire surréaliste d’un homme asocial qui, après avoir perdu son père, se retrouve à la rue et se réfugie dans le cimetière où ce dernier est enterré. Il aime la compagnie des cadavres, dont il trouve l’odeur plus agréable que celles des vivants [… qui puent…]. Pourtant, ses petites habitudes ordinaires vont être bousculées par l’arrivée d’une femme avec qui il vivra, malgré lui, une vie dont il ne veut pas et qu’il finira par fuir pour retrouver sa solitude et ses souffrances physiques.

À travers les souvenirs de son premier et seul amour, il va nous raconter sa vie avec cynisme et truculence.

Tout commence par des bruits de pas sur le gravier d’une allée. Le narrateur arrive sur scène où flottent des pages attachées à des fils, comme des souvenirs retenus pour ne pas les oublier, et pose son sac sur un banc sur lequel il s’assied.

Il a l’habitude de s’installer sur ce banc pour profiter de la solitude qu’il recherche à tout prix. Ses seules compagnes étant ses douleurs qui lui font oublier toutes formes d’émotions.

Puis il raconte son histoire, l’expulsion de sa chambre après la mort de son père, ses errances, la rencontre avec « lulu » cette prostituée qui va l’accueillir chez elle et qui va prendre soin de lui malgré son attitude acariâtre…, jusqu’à sa fuite pour retrouver sa tranquillité d’esprit et ses souffrances physiques.

Pascal Humbert donne au public de façon généreuse et lui permet de rentrer dans ce texte qui trouble et dérange autant qu’il fait rire.

La mise en scène de Mo Varenne est sobre et colle bien à ce héros désenchanté et si attachant.

Allez voir cette pièce unique, annonciatrice de l’œuvre de Samuel Beckett.

Armelle Gadenne

Pascal Humbert dans le seul-en-scène « Premier Amour »
Auteur : Samuel Beckett
Mise en scène de Mo Varenne

Les vendredis du 5 janvier au 23 février 2018 à 19h,
Au Théâtre de Nesle
8 rue de Nesle, 75006 Paris
http://www.theatredenesle.com/
Tél. : 01 46 34 61 04

 

 

 

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