“Un soir chez Victor Hugo”, au Théâtre de La Loge

À deux cents mètres de la rue de Charonne, dans un square parisien, nous assistons à l’arrivée de Victor Hugo en exil à Jersey, qui pourchassé par la police de Louis-Napoléon Bonaparte, est d’une humeur massacrante et ne cesse de vociférer. En costumes d’époque, valise à la main, ses enfants Charles, Adèle et son compagnon, tentent de se frayer un chemin à travers les allées et de le suivre. S’approchant de nous, ils nous invitent à les accompagner à une séance de spiritisme au Théâtre de La Loge.

Là, certains assis dans des canapés, d’autres sur des sièges en fer autour de petites tables qui supportent une bougie incandescente, le tonnerre gronde et les rideaux du salon se tirent devant deux grandes fenêtres. Nous sommes en 1852, à Marine Terrace, la demeure familiale.
Adèle chante en débarrassant la grande table ronde qu’une nappe entièrement blanche et immaculée laisse à comprendre qu’elle sera le lieu de toutes les surprises.
Au-dessus d’elle, les mains rejointes, la famille Hugo démarre une séance de spiritisme.vz-AACBF110-16BC-4D7E-9B8E-7DE2EA0F5291.jpeg

Sourire narquois ou frisson… on se laisse prendre au jeu dès les premières minutes. Et si c’était vrai ? Et si c’était vrai les conversations que ce grand écrivain et homme politique des plus sérieux, admiré de tous, avaient entretenu avec l’au-delà. Quel besoin aurait-il eu de se démarquer sur ce terrain qui a contrario ne pouvait que provoquer raillerie et moquerie ? On s’interroge au cours de la séance en entendant Hugo converser par la voix de son fils Charles, médium, avec Shakespeare, Racine, Chateaubriand… On glisse un sourire amusé quand tour à tour chacun se vante de communiquer dans un langage animalier avec le tigre, l’araignée… On s’émeut quand Hugo « re »communique avec Léopoldine, sa première fille, noyée dix ans plus tôt.

Esprits libres… allez-y. Les plus sceptiques passeront un bon moment et revisiteront des pages d’histoire et de poésie. Les autres seront peut-être tentés à l’issue de ce spectacle déambulatoire de faire bouger les verres.

Carole Rampal

Dernière représentation sur Paris le 12 octobre à 19h00. Mais aussi en mai 2018, au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.

Sur une mise en scène de Lucie Berelowitsch
Avec : Claire Bluteau, Vincent Debost, Jonathan Genet, Thibault Lacroix &
Lumières : Kelig Le Bars
Musique : Sylvain Jacques
Administration & production : Agathe Perrault
Diffusion : Geneviève de Vroeg-Bussière
Production : Les 3 sentiers

 

Théâtre de La Loge – 77 rue de Charonne, 75011 Paris.
Tél. : 01 40 09 70 40
http://www.lalogeparis.fr/programmation/1331_un-soir-chez-victor-h.php

 

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