Alors, est-ce que c’est là ? au T2G

dossierRP_Clementine_Baert_s© Vincent Arbelet

Comme une spirale échappée de l’espace-temps, la voix de Clémentine Baert s’élève sur la scène du T2G, crescendo, elle monte jusque dans les aigus, se transforme en litanie, en chant profond et retombe, plombée par la réalité.

Quelle est-elle cette réalité ? Celle à laquelle s’accroche cette femme pour expliquer l’inexplicable, la disparition de l’être aimé. Serait-ce à la faveur d’un wormhole, trou dans l’espace-temps, qu’il a disparu, ou alors d’un trou noir qui avale tout et laisse l’image de l’homme aimé au bord du gouffre, présente des années plus tard, comme les étoiles mortes dont la lumière nous parvient encore.

De quoi s’agit-il ? D’un homme beau, bien mis, qui aime les vêtements de marque, les voitures de marque, qui roule au volant d’une de couleur rouge, avocat international d’affaires… Bref, d’un homme, soucieux des apparences sociales, qui disparaît. Ou alors, serait-ce une imposture, tout simplement, qui laisse celle qui se croyait aimée au bord de la folie. Donner un sens à ce qui n’en a pas, la tâche est rude pour la jeune femme qui tente le tout pour le tout pour comprendre, ne pas perdre pied et disparaître à son tour. De ce puzzle qu’elle construit et déconstruit, pour démêler le vrai du faux, la réalité de la fiction, s’échappe la voix frêle du doute, celle forte des données scientifiques, celle intérieure, presque chuchotée ou sublimée par le chant…

Écrit par Clémentine Baert, ce monologue raconte la part de subjectivité – de relativité, comme l’énoncerait Einstein – qui est en chacun de nous quel que soit l’événement vécu en commun, au même moment. C’est cette fragilité que Clémentine Baert met en scène : « C’est ce que j’essaye de travailler au plateau, sur la subjectivité du point de vue notamment, grâce à la lumière que Philippe Gladieux crée en direct et qui joue sur les persistances rétiniennes du public. Il essaye de rendre visible le noir ou les paradoxes d’astrophysique en temps réel. De même, Alexandre Meyer crée des sons dont on n’est jamais certains de les entendre ou de les imaginer. »

 De ce moment de théâtre, émerge une question : que reste-t-il de nos instants de vie partagés, que reste-t-il au fond de chacun d’entre nous ? Magnifique questionnement qui signe la réussite de cette pièce, interprétée avec justesse et talent par son auteure.

Plûme

Jusqu’au 26 avril à 20 h 30
T2G – Théâtre de Gennevilliers
41, avenue des Grésillons
92230 Gennevilliers
www.theatre2gennevilliers.com

Conception, interprétation : Clémentine Baert
Lumière, espace : Philippe Gladieux
Son : Alexandre Meyer
Conseil artistique 1re étape de travail : cile Musitelli
Graphisme : Marieclairegrafilles

 

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