Les Âmes offensées, au musée du quai Branly

InuitFred Lyonnet

@Fred Lyonnet

Le temps d’un week-end, dans le cadre du programme L’Ethnologie va vous surprendre, l’ethnologue Philippe Geslin a présenté un cycle de trois « conférences », mises en scène par Macha Makeïff. Le premier volet de cette trilogie, Peau d’ours sur ciel d’avril, nous a emmenés sur les traces des derniers chasseurs Inuits. Quand l’ethnologie se met à la portée de tous grâce à une création théâtrale d’un nouveau genre.

Quelles sont donc ces âmes que l’on offense ? Elles appartiennent à ces peuplades de l’autre bout du monde qui parviennent à survivre dans des conditions hostiles et dont on voudrait décider du sort. Que ce soit les Inuits, les Soussous de Guinée ou les Massaïs de Tanzanie, Philippe Geslin part régulièrement à leur rencontre afin d’étudier leurs coutumes ancestrales, leur mode de vie ainsi que les bouleversements engendrés par le monde moderne.

Sur une scène ronde qui évoque un globe terrestre, l’ethnologue conteur s’adresse à nous par l’intermédiaire de son carnet de bord. Il nous fait part de ses observations de scientifique. Changement climatique, passage de la chasse traditionnelle aux phoques à la pêche, plus lucrative, incursion de la culture de masse dans une société traditionnelle, mais aussi anecdotes sur la vie des Inuits : tout est pointé, sans naïveté. Geslin rend hommage au passage à ceux qui ont ouvert le chemin avant lui. La projection de photographies (faites par lui-même) ou de documents d’archives sur le mur du fond vient ponctuer son récit.

À ce constat, se mêlent des réflexions plus personnelles (non dénuées d’humour) et philosophiques où transparaissent l’empathie d’un homme amené à partager le quotidien d’autres être humains et la conscience du monde qui l’entoure : « Vous n’avez pas compris que la terre vous invite, seulement. » Des voix off évoquent les légendes et les mythes qui façonnent l’identité des Inuits, identité qui perdure malgré la marche forcée vers la modernité.

Par touches légères, la mise en scène de Macha Makeïff met joliment en relief le récit de l’ethnologue. Un bloc de glace qui fond, un igloo en carton, une peau d’ours, un corbeau… et notre imagination fait le reste.

Un spectacle plein de poésie et d’humanité qui nous fait voyager avec Philippe Geslin sur la banquise des Inuits et ressentir l’émerveillement de ce « glaneur d’émotions » devant un monde à l’équilibre fragile. Souhaitons que l’explorateur poète continue à nous faire partager ses découvertes sur scène !

Véronique Tran Vinh

Avec Philippe Geslin

Mise en scène, adaptation, scénographie et costumes Macha Makeïff
Voix Philippe Geslin, Macha Makeïeff, Aïssa Mallouk Création vidéo et iconographie Philippe Geslin, Guillaume Cassar et Alain Dalmasso Assistante artistique MargotClavières Régie générale Frédéric Lyonnet Lumières Sylvio Charlemagne Créationson Jean-Claude Leita et Julien Sonnet et toute l’équipe de La Criée Façonnageécran Gerriets Structure métallique Ferronnerie du Var

Musée du quai Branly-Jacques Chirac
37, quai Branly
75007 Paris
http://www.quaibranly.fr/fr/

« Les Âmes offensées » est un cycle de trois conférences théâtrales :
Peau d’ours sur ciel d’avril
Les derniers chasseurs Inuits
Le Crayon de Dieu n’a pas de gomme
Chez les Soussous de Guinée
Les Guerriers Massaïs
Avant le départ des gazelles…

Photographies de Philippe Geslin : dans le catalogue de YellowKorner, à la librairie-galerie Hune, Saint-Germain-des-Prés.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s