La Maison de Poupée au Théâtre du Lucernaire

La neige déferle sur la scène du Lucernaire, en haut de l’escalier, et scintille sous les projecteurs qui illuminent un charmant salon bourgeois. Mais qu’apporte donc le père Noël au pied du sapin dans cette petite famille norvégienne de la fin du XIXe siècle ? Torvald s’énerve : Nora a encore trop dépensé. Ah, son « petit étourneau », son « alouette », a besoin de son mari pour la protéger et lui indiquer dans quelle direction voler. Et puis « il ne la désire pas autrement qu’elle est » et «  l’idée ne viendrait pas à Nora d’agir contre le gré de son mari ».
Alors tout va bien ?

Cela pourrait, si Nora n’avait pas fait un faux en écriture (en cachette !) auprès de la banque où Torval travaille lui-même. Geste d’amour envers son époux : c’était pour lui offrir des vacances qui le rétabliraient d’une période de mauvaise santé. Mais voilà, Torvald ne transige sur rien, a un sens aigu de la morale, des conventions, des convenances, et du travail. D’ailleurs, il est passé directeur et en profite pour créer un service sain et licencier Krogstad, un de ses employés à la moralité douteuse. C’est sans savoir que son commis est le créancier de Nora.

La nuit tombe sur la ville. La scène plonge dans l’obscurité. Seul Krogstad, impassible, éclairé dans l’encadrement de la porte, apparaît. L’angoisse s’installe dans la salle…

… Nora, « l’alouette », « le petit étourneau » rêvera de quitter le nid familial.

Outre, un thriller bien ficelé, c’est une brochette de comédiens doués qui incarnent sur un ton au plus juste la pièce de Henrik Ibsen. Florence Le Corre (Nora) pétille de vie et de charme et déploie un talent certain. Philippe Calvario (Torvald) est traversé d’une énergie qu’il canalise avec force. Philippe Person (Krogstad) capte par sa force tranquille. Et Nathalie Lucas (Madame Linde) campe avec naturel l’amie de Nora.

Les musiques, Perfect Day de Lou Reed, The End des Doors et… Le Foxy Lady de Jimi Hendrix (dansé de façon endiablée par Florence Le Corre), ajoutent à l’ambiance anxiogène.

Au-delà de l’intrigue, Une maison de poupée, écrite en 1879, brosse un tableau critique du mariage, et particulièrement de la position de l’épouse pliée sous le fardeau des traditions.

La pièce, inspirée d’un fait réel, créera en son temps un scandale et sera interdite.

Carole Rampal

 Jusqu’au 21 janvier 2017

Théâtre Le Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs75006 Paris
http://www.lucernaire.fr/theatre/933-une-maison-de-poupee.html

Auteur : Henrik Ibsen
Adaptation et mise en scène : Philippe Person
Traduction : Régis Boyer
Lumières : Alexandre Dujardin
Décor : Vincent Blot

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