Rosa Liberté, au théâtre de l’Épée de Bois

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Après la très belle Chambre de Milena, jouée au théâtre de l’Atalante en février 2016 – et chroniquée sur ce site –, Filip Forgeau persiste dans sa série de portraits « fictionnés » de femmes d’exception et signe un poème inspiré sur la militante socialiste et révolutionnaire Rosa Luxembourg.

« Ce que j’ai sur le cœur, je l’ai sur les lèvres. » Cette phrase résume à elle seule la personnalité intransigeante et révoltée de celle que l’on surnomma Rosa la Rouge et dont la vie se confond avec sa cause politique. Une phrase qu’elle répète comme un mantra dans cette pièce, librement inspirée de sa vie et de ses combats.

Une fois de plus, Filip Forgeau met en avant une personnalité féminine à travers ses écrits. Avec une mise en scène minimaliste (quelques ballons rouges qui flottent au-dessus de la scène et des jeux de lumière), il réussit à ressusciter son parcours et son engagement à partir de son assassinat le 15 janvier 1919.

Rosa l’Étrangère, Rosa la Juive, la Boiteuse… Rosa la Singulière, la Rebelle… tous ces qualificatifs ont fini par faire de la petite fille polonaise rebelle – devenue boiteuse suite à un mauvais diagnostic médical – la combattante radicale qu’elle demeurera jusqu’à sa mort. C’est une femme de mots, théoricienne du marxisme, mais aussi une femme d’action, révoltée par l’injustice, qui lutta toute sa vie contre le nationalisme et la guerre. Dans ses liaisons avec des camarades de combat, elle brûla du même feu que dans sa lutte politique.

Forgeau a su capter l’essence même du discours militant et le restitue dans ce long poème incantatoire, au rythme lancinant, presque hypnotique. Son texte est souligné par une ligne sonore et musicale, parfois douce, parfois violente. Seule sur scène, Soizic Gourvic réalise une fois de plus une très belle performance de comédienne. Avec une grande sobriété, elle réussit le tour de force de s’effacer derrière les mots tout en révélant leur puissance poétique. Un vibrant hommage à toutes celles et tous ceux qui, comme Rosa, ont donné (ou donnent) leur vie pour leurs idées.

Véronique Tran Vinh

Le texte de la pièce a paru aux éditions Les Cygnes.
Texte et mise en scène : Filip Forgeau
Avec Soizic Gourvil
Création sonore : Lionel Haug
Régie lumière : Michaël Vigier

Du 27 septembre au 9 octobre 2016
Théâtre de l’Épée de bois
Cartoucherie
Route du Champ-de-manœuvre
75012 Paris
www.epeedebois.com

Et du 11 au 23 octobre :
Hugo, de père en fils (création)

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