Le Cid, au théâtre du Ranelagh

crédit photos : Jérémy Circus

Énergie et fraîcheur. Ces deux mots pourraient caractériser cette version du Cid, orchestrée par Jean-Philippe Daguerre, qui s’est déjà attelé à des adaptations en vers avec la même troupe, notamment un Cyrano de Bergerac très réussi.

Qui n’a pas étudié ce grand classique à l’école ? Amour-passion, devoir familial, exaltation des valeurs de bravoure et d’honneur : tous les ingrédients de la tragédie sont réunis. Il fallait bien le sens de la mise en scène de Daguerre et le talent des comédiens de la compagnie Le Grenier de Babouchka pour nous entraîner dans cette histoire pleine de fureur et de passion… si éloignée des préoccupations de notre époque !

Pourtant, la grande affaire du Cid reste l’amour : l’amour filial, l’amour de son roi (n’oublions pas que la pièce a été écrite sous le règne de Louis XIII), mais surtout l’amour sacralisé, considéré comme loi suprême. Or, qu’y a-t-il de plus intemporel que l’amour ?

Même si le texte de Corneille n’est pas dénué d’une certaine emphase propre au XVII siècle, la troupe de comédiens réussit à rendre étonnamment naturel son phrasé si particulier – ah ! les beaux alexandrins ! – et à dépoussiérer des tirades devenues un peu trop familières.

L’interprétation est pleine de panache et très homogène. On ne s’ennuie pas une minute grâce à une mise en scène bien rythmée, alternant action et émotion, comme dans les meilleurs films de cape et d’épée. On reconnaît au passage l’excellent Stéphane Dauch  qui jouait le rôle titre de Cyrano –, dans le rôle du comte de Gomès, père de Chimène. La lumière et les costumes, très réussis, nous transportent aisément à la cour de Castille.

L’idée d’ajouter des intermèdes musicaux de tonalité hispanisante afin de rythmer les différents actes allège agréablement la pièce. De même, les personnages du roi (excellent Didier Lafaye), sorte de bouffon qui zozote, et d’Elvire (Sophie Raynaud), servante délurée, apportent une touche de fantaisie bienvenue.

Tout le mérite de cette adaptation est donc de souffler un vent de fraîcheur sur un « monument » de la tragédie française et de rendre le texte accessible à tous les publics.

Véronique Tran Vinh

Mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, assisté de Nicolas Le Guyader.
Musique de Petr Ruzicka, décors de Frank Viscardi, combats de Christophe Mie, Costumes de Virginie Houdinière.
Avec : Manon Gilbert, Thibault Pinson, Charlotte Matzneff, Didier Lafaye, Stéphane Dauch, Edouard Rouland, Christophe Mie, Sophie Raynaud, Yves Roux, Mona Thanaël.

 

Actuellement au Théâtre du Ranelagh
Du mercredi au samedi à 20 h 45
Samedi à 15 h
Dimanche à 17 h
6, rue des Vignes
750162 Paris
01 42 88 64 44
www.theatre-ranelagh.com

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