“Barbara et l’homme en habit rouge”

La magie et le charme de la « dame brune »
jusqu’au 16 juillet

C’est l’un des couples vedettes de l’année 2016, sur les planches parisiennes : à l’affiche du Théâtre Rive Gauche, Rébecca Mai et Roland Romanelli rencontrent un succès mérité depuis le début de l’année. Ils y restent jusqu’au 16 juillet prochain. Juste avant les vacances d’été, c’est l’opportunité d’aller applaudir un duo tout en tendresse, en talent et en charme, uni par l’amour d’une grande dame de la chanson française : Barbara. Entretien à deux voix avec Roland Romanelli et Rebecca Mai.

« Barbara et l’homme en habit rouge » raconte vos souvenirs : vingt ans passés aux côtés de la grande chanteuse, à la scène comme dans la vie. Comment ce spectacle est-il né ?
Roland Romanelli.
Le rôle d’Éric-Emmanuel Schmitt a été décisif. J’ai été le voir pour lui demander de mettre en scène le spectacle, qui existait sous une version différente. Il m’a répondu : “Roland, je veux bien ! Mais, il faut aller jusqu’au bout. Si tu veux que cela intéresse les spectateurs, il faut qu’ils sachent ce qui s’est vraiment passé entre toi et Barbara.” Et, j’ai accepté, bien sûr. Mais, moi, tout seul, je n’aurais pas osé tout dire. »

Pourquoi ?
R. R. :
Par pudeur. Mais, finalement, Éric-Emmanuel Schmitt m’a convaincu. Et, en fin de compte, je suis heureux du résultat. Chaque soir, cela me fait quelque chose. Je retrouve des moments vécus, des émotions… Je suis souvent très ému.

Cela a-t-il eu un effet sur les choix musicaux du spectacle ?
R. R. :
J’ai raconté mon histoire à Éric-Emmanuel Schmitt et il a tout remis dans le bon ordre. C’est lui qui a guidé le choix des chansons, bien sûr. Éric-Emmanuel Schmitt a été un détonateur.

Roland Romanelli : « Éric-Emmanuel Schmitt a été un détonateur ! »

Travailler avec Éric-Emmanuel Schmitt, est-ce facile ?
R. R. :
Depuis le début, j’ai fait le maximum pour qu’il soit satisfait. Et je continue à écouter ce qu’il me dit. Mon métier, c’est la musique. Un musicien qui parle en scène, c’est rare. Je suis un artiste de l’ombre. J’ai toujours été derrière. Là, je me retrouve un peu devant. C’est difficile à gérer pour moi. Eric-Emmanuel a su me prendre comme je suis et me guider. Je l’écoute les yeux fermés. Je rectifie, j’essaie de m’améliorer en fonction de ce qu’il me dit. On se comprend à demi-mot. Il est tellement intelligent… C’est un plaisir !

Comment avez-vous rencontré Rebecca Mai, qui incarne et chante Barbara ?
R. R. :
Elle voulait monter un spectacle sur Barbara et a cherché à me rencontrer. Moi-même, j’étais en quête d’une interprète. Je lui ai dit : “Faites-moi écouter ce que vous faites”. Je lui ai donné trois chansons à interpréter. Et, dès que j’ai commencé à l’accompagner, au bout d’à peine 30 secondes, j’ai su que c’était bon. Je savais que j’allais être en osmose avec elle. Je lui dis “OK.”

Vous êtes en couple avec Rébecca Mai, dans la vie comme à la scène. Comme avec Barbara. Identification complète ?
R. R. :
C’est important que je le dise et que je le souligne : quand je suis avec Rébecca, je ne fais pas de transfert. Barbara, c’était Barbara. C’est intouchable. Je lui dois ce spectacle Avec Rébecca, c’est une autre histoire… Rébecca est très respectueuse de ce passé. Nous n’avons pas trop de problèmes à gérer ça.

Et Barbara, la grande Barbara ?
R. R. : Elle m’a tout appris.

Vous incarnez et vous chantez Barbara avec bonheur et sensibilité… Comment réalisez-vous ce tour de force ?
Rebecca Maï :
Barbara et moi, cela remonte a déjà longtemps. J’ai d’abord été danseuse classique. Puis, j’ai voulu faire du théâtre. Et j’ai commencé à travailler le chant, il y a une quinzaine d’années déjà. Petit à petit, j’ai donc découvert la belle chanson française et, évidemment, le répertoire de Barbara.
J’ai tout de suite été séduite. Sa tonalité est la mienne. Je me suis adaptée à ses chansons avec une facilité qui m’étonne moi-même. Il m’est arrivé d’apprendre un titre et de le chanter le soir-même.
Et puis, l’idée de faire un spectacle sur Barbara a fait son chemin… J’ai eu envie de connaître Roland. Nous nous sommes rencontrés… Il vous a raconté la suite.

Être un couple à la scène comme à la ville pour jouer ce spectacle, est-ce un atout ou, au contraire, un handicap ?
R. M. :
Ce n’est pas la même chose que d’avoir des rapports strictement professionnels. Pour un spectacle de ce type, en temps normal, j’aurais tendance à chercher à répéter et à travailler jusqu’au dernier moment. Mais Roland est d’un avis différent…
R. R. : Nous sommes au point. J’estime que nous avons suffisamment travaillé. De toutes les façons, je suis là et je ne lâche pas Rébecca une seconde (sourire).

Revenons à Barbara. Comment vivez-vous avec elle ?
R. M. : Barbara, cela fait longtemps que je la connais… Barbara se révèle dans ses chansons dans ses textes mais aussi dans ses mélodies. Je baigne dans son atmosphère depuis une quinzaine année. Le fait de vivre avec Roland ne fait que renforcer sa présence. Mais, quand je suis sur scène, je n’ai pas l’impression d’incarner Barbara. J’ai l’impression d’être moi-même. J’interprète Barbara.
Il n’y a qu’à certains moments très précis – la scène du piano ou les adieux par exemple – où la mise en scène m’oblige vraiment à être Barbara, à l’incarner. Sinon, dans les chansons, je suis moi-même. Ce sont des sentiments de femme, des émotions de femme… Je ne pense jamais à Barbara dans ces moments-là. Quand je chante Nantes, je ne pense pas au père de Barbara.

Quand on incarne Barbara, est-ce que l’on rêve de Barbara ?
R. M. : Je ne rêve pas beaucoup. Et je ne me souviens que rarement de mes rêves. Avec Barbara, je rêve plutôt éveillée. Elle fait partie des murs, des meubles. Chez nous, les photos d’elle, les livres qui lui sont consacrés m’accompagnent. Elle est un peu comme une aïeule, comme un personnage bienveillant présent dans ma vie de tous les jours.

Rebecca Maï : « Je chante Barbara, c’est un immense honneur. »

Que pensez-vous de l’album-hommage que Patrick Bruel lui a consacré à la fin de l’an dernier (Très souvent, je pense à vous…) ?
R. M. : Patrick Bruel est un fervent admirateur de Barbara, depuis tout jeune. C’est aussi un admirateur de Roland. Je l’ai rencontré à l’occasion de la sortie de ce disque. Il est vraiment charmant et charmeur. Sa démarche est totalement sincère. Il a remis Barbara à la portée de tous. C’est une excellente chose… Et il a fait appel à Roland pour le dernier titre de l’album, Pantin, que je trouve magnifique.

Barbara a-t-elle été remplacée aujourd’hui ?
R. M. :
Non, elle vivait à une autre époque, une époque où il fallait avoir à la fois l’innocence et la rage de vivre. Aujourd’hui, c’est très différent. C’est pour cela que je suis très fier de transmettre ce qu’elle nous a laissé. Je chante Barbara, c’est un immense honneur.

Propos recueillis par Charles Desjardins

BARBARA ET L'HOMME EN HABIT ROUGE (Théâtre Rive Gauche-Paris 14ème) - visuel DEFINITIF

 

Jusqu’au 16 juillet
Théâtre Rive Gauche
http://bit.ly/2908lkv

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