Exposition : “Sol y sombra”, de Miquel Barceló

De gauche à droite : Atelier avec six taureaux, 1994.© Galerie Bruno Bisc hofberger, Männed orf, Suisse. Grand mur de têtes, 2016. © Véronique Tran Vinh. La suerte de matar, 1990. © Galerie Bruno Bisc hofberger, Männed orf, Suisse.

L’art et la matière

L’exposition nous plonge dans l’univers singulier de l’artiste contemporain, né à Majorque, à travers une centaine de tableaux, dessins, sculptures et céramiques. L’œuvre de ce créateur prolifique et protéiforme est dans la lignée de celle de Picasso. D’où l’évidence de cet hommage rendu dans le musée du génie tutélaire.

Dans la sélection proposée au sous-sol de l’hôtel Salé, on retrouve les thèmes de prédilection et les sources d’inspiration communs aux deux artistes : la tauromachie (une salle comportant des œuvres très belles sur la corrida y est consacrée), le monde méditerranéen ou l’atelier de l’artiste. Miquel Barceló partage aussi avec Pablo Picasso le goût de la recherche expérimentale.

La matière – travaillée ou grossière, triturée, malaxée – est omniprésente dans son travail et lui confère un fort pouvoir d’évocation. Dans ses tableaux, des têtes de poisson semblent flotter à la surface de la toile ; les épaisseurs d’une forme concentrique suggèrent une arène, le cratère d’un volcan ou encore un tourbillon sans fin. Plus étonnant encore, le « grand mur aux têtes », composition en briques, fait penser à un monument sacré, avec des figures étranges jaillissant de l’argile telles des gargouilles ou des divinités inconnues.

Il y a toujours un souffle organique chez Barceló. Ses sculptures donnent à voir des créatures hybrides, comme cette hydre à trois têtes (lui-même ?), qui semble surgie des profondeurs abyssales – la mer n’est jamais très loin avec l’artiste majorquin –, ou ces amphores aux visages gravés en creux, qui paraissent étrangement humaines. Une scénographie intelligente montre en contrepoint quelques œuvres ou photographies choisies dans la collection du maître andalou.

Enfin, cette exposition est l’occasion de redécouvrir l’hôtel Salé, un petit bijou du XVIIe siècle, magnifiquement restauré et réouvert en 2014. Ne manquez pas les sculptures dans le jardin, qui évoquent Giacometti et ses figures filiformes, mais à la manière de Barceló.

Véronique Tran Vinh

Deux lieux et deux expositions 

Aux peintures et céramiques présentées par le musée Picasso fera écho l’œuvre gravé de Barceló à la Bibliothèque nationale de France.

 

Jusqu’au 31 juillet 2016
Musée national Picasso
5, rue de Thorigny
75003 Paris
Tél. : 01 85 56 00 36

Jusqu’au 28 août 2016
BNF François-Mitterrand, Paris 13e
Quai François-Mauriac
75013 Paris

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