“Réparer les vivants” au Théâtre Paris-Villette

2015 juin Theatre de Sartrouville "Réparer les Vivants"  d’après le roman de MAYLIS DE KERANGALversion scénique et mise en scène SYLVAIN MAURICE

 Vincent Dissez, seul en scène

Les projecteurs m’aveuglent et m’agressent. Je porte le leaflet du spectacle en lisière pour atténuer la lumière crue et blanche. Le comédien Vincent Dissez et le musicien Joachim Latarjet entrent en scène. Un halo jaune tamise la salle. Ma respiration s’apaise. Pas pour longtemps.

Vincent se dirige vers nous. Je n’arrive pas à observer s’il se rapproche de la jauge ou s’en éloigne. En ligne droite, ses pieds semblent glisser sur un tapis roulant ; à moins que suffisamment agile et svelte, son corps donne ce mouvement d’allers et de retours qu’il conservera durant tout le spectacle. Pour l’instant, Vincent s’immobilise. Comme un pressentiment, j’apprécie cette pause. Perché à une tribune, Joachim donne le tempo. Le son m’incommode.
Vincent se décide à nous raconter : Simon est un jeune homme de 19 ans, passionné de surf. Accompagné de deux de ses amis, il décide de se rendre à la plage. À quelques centaines du rivage, excité, il attend la vague qui l’emmènera voyager sur son dos et s’échouer, ravi sur le sable. Les trois lycéens s’engouffrent dans une voiture et en trombe, trop vite, empruntent le chemin du retour. Un retour sans issue pour Simon qui va mourir dans l’accident de voiture. Sa mère puis son père accourront à l’hôpital. Trop tard pour revoir leur fils. Au paroxysme de leur souffrance, un infirmier leur adressera une requête renversante : autoriser la transplantation des organes vitaux de Simon.

Ma gorge se noue, je m’efforce de respirer profondément discrètement et de sortir de l’émotion. Je considère Vincent. À nouveau, il semble “scander son corps” à un rythme effréné dans un bruit de musique fracassant. Par sa bouche, un autre protagoniste du récit intervient pour nous expliquer la suite…

Quelle énergie ! Vincent Dissez réussit à faire vivre le fameux roman de Maylis de Kerangel, Réparer les vivants, et en livre une très belle adaptation théâtrale et haletante. Applaudissements nourris à la fin du spectacle. Certains spectateurs se lèveront. Aucun bravo paradoxalement ne s’est fait pour autant entendre comme si ce sujet grave interdisait momentanément par les mots de s’exprimer.

La mise en scène est signée Sylvain Maurice. La scénographie et les lumières Éric Soyer (alors la musique et les lumières trop fortes intentionnellement ?).

Carole Rampal

Jusqu’au 17 avril 2016
au Théâtre Paris-Villette
http://www.theatre-paris-villette.fr/
Du 27 au 29 avril à La Comédie de Béthune-CDN Nord-Pas-de-Calais

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