Exposition “Daido Moryiama” à la Fondation Cartier

 

« Peu importe la ville dans laquelle je me trouve, le monde que j’observe autour de moi pendant que je déambule dans les rues me confronte à l’excitation, au mystère, à l’érotisme. » Daido Moryiama

Daido-FR-332x470La première fois que j’ai fait connaissance avec l’œuvre du photographe japonais Daido Moryiama, c’était dans une librairie de Bruxelles, la Librairie des Galeries, où un ami désirait acquérir quelques livres d’art. Je l’attendais assise sur un petit escabeau en bois adossée à la vitrine, feuilletant ça et là, regardant les gens, pendant qu’il tourbillonnait à la recherche de l’émotion. À un moment, il me tend un ouvrage de photos : « Tiens, regarde ça ». J’ouvre le livre et là ce fut comme une porte grande battante devant moi dressée claquant sur l’évidence même, je tombe en amour de ces clichés sauvages, bruts, aux noirs d’encre huileux, aux couleurs tranchées dans des morceaux de vie grouillante, aux sujets montrant une grâce ravagée venus des bas-fonds, aux corps, à la vie, à la nuit, au danger. Clochards, prostituées, chiens errants, enfants des rues, affiches arrachées, lumières crues de bordels et de nuits de beuverie, animaux en cage, ciels sublimes, néons clignotants, ruelles sordides, corps alanguis dans la fatigue de l’amour tarifé, de la tentation des désirs éternels, fleurs majestueuses prises en gros plan étendant leur corolle tels des monstres ou des sexes de femme. Tous ces clichés pris avec le même amour de l’autre, la même attention, le même souffle lyrique, inquiet, désirant, totalement libre.

Une somptueuse scénographie qui est signée Daido Moriyama et pour la Fondation Cartier. Des compositions de grands formats sont accrochées à des cimaises dressées à la façon d’un labyrinthe dans lequel on se perd à la rencontre de tous ces fabuleux personnages… comme si on se trouvait avec eux dans ces ruelles de Shinjuku, quartier tokyoïte hédoniste et délétère. Une autre salle propose un superbe diaporama fait de quatre écrans où sont projetés des sujets cette fois en noir et blanc.

Morceaux bruts de vie, splendeurs visuelles, à ne pas louper.

 

Laurence Balan

Du 6 février-5 juin 2016
Fondation Cartier
261 boulevard Raspail, 75014 Paris
Tél. : 01 42 18 56 50

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