“Barbara et l’homme en habit rouge” au Théâtre Rive Gauche

 

Tendres retrouvailles avec Barbara au Théâtre Rive Gauche

Le nouveau théâtre d’Éric-Emmanuel Schmitt et Bruno Metzger accueille depuis fin janvier, une délicate évocation de la grande chanteuse française, disparue en 1997. Un récit musical écrit par Roland Romanelli, qui fut son compositeur et son accompagnateur, et joliment interprété par Rebecca Mai. Un « revival » très réussi.

Ce spectacle chasse les regrets et pose un sourire nostalgique sur le passé. À tous ceux qui auraient voulu connaître la grande Barbara, partager un peu d’intimité avec elle, le Théâtre Rive Gauche offre une incursion poétique dans l’univers mystérieux de l’artiste, qui manque tant à la scène française. Embarquement pour la grâce, la sensibilité et le talent.

« La vie, la musique, l’amour »
Le capitaine de cette croisière étrange et poétique, celui qui lève un coin de voile sur l’univers en clair-obscur de la « Dame en noir » n’est autre que Roland Romanelli, son compositeur et son accompagnateur durant vingt ans. Crinière et bouc gris, stature solide campée entre piano et accordéon, Romanelli nous conte « sa » Barbara ou plutôt « ses » Barbara. D’abord, la chanteuse qu’il admirait alors qu’il accompagnait Colette Renard ou Mouloudji et qui le convoqua manu militari pour l’embaucher alors qu’il n’avait que 20 ans. Puis, celle qui le subjugua et le choisit pour amant, lui apprenant tout à la fois « la vie, la musique, l’amour ». Enfin, le monstre sacré pour qui Roland Romanelli composa les plus belles mélodies et qui restera pour l’éternité sa « muse ».

Magie de l’incantation nostalgique ! À son invocation, la « Longue dame brune » apparaît. Une silhouette, une voix… Sans imiter, sans trahison, ni plagiat, Rébecca Mai, chanteuse et comédienne talentueuse, ressuscite avec justesse et sensibilité la « chanteuse de minuit ». Le charme, un peu vénéneux, agit et des extraits sonores achèvent de nous rendre « notre » Barbara.

Jolis moments d’émotion
Le récit, entrecoupé de chansons interprétées avec tact, alterne les souvenirs tendres ou plus graves et les anecdotes cocasses. Sait-on que Barbara était un peu cleptomane ou qu’elle a écrit Göttingen pour remercier des étudiants allemands d’avoir transporté son piano au beau milieu de cette ville ? Roland Romanelli raconte, se confie. Le violoncelle de Jean-Philippe Audin l’accompagne dans une nostalgie presque palpable. À certains moments, la voix du vieil amant se trouble et les regards des spectateurs s’embrument. L’émotion si particulière des derniers concerts de Barbara n’est pas loin. Intimiste et sobre, la mise en scène d’Éric-Emmanuel Schmitt respecte ces jolis moments d’émotion que l’on aimerait tant prolonger. Et même si les grands classiques sont au rendez-vous (notamment L’aigle noir, 1964 Nantes), le temps passe trop vite au fil de (seulement) vingt chansons. Seule option, à la fin de ce spectacle, réussi et touchant, qu’il faut saluer : se précipiter sur la discographie complète de l’artiste. En chantonnant pour prolonger la nostalgie. « Voilà combien de jours, voilà combien de nuits… Voilà combien de temps que tu es reparti(e) ! »

Charles Desjardins

Théâtre Rive Gauche – 6 rue de la Gaîté – 75014 Paris
www.theatre-rive-gauche.com
Depuis le 28 janvier 2016
Du mardi au samedi à 19 h
Location : 01 43 35 32 31

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